Vendredi 9 Décembre, Foufounes Électriques – Teramobil, Brought by Pain, Unbeing, Tempête et Intonate.
Le progressif était à l’honneur vendredi dernier aux Foufounes Électriques alors que Xtrem Productions avait rassemblé sur un même line up, cinq des meilleurs groupes ProgMetal de la région montréalaise et de plus quatre de ceux-ci profitaient de l’occasion pour lancer leur plus récent enregistrement. C’était donc une soirée somme toute assez exceptionnelle qui promettait de nous en mettre non seulement plein les oreilles mais aussi plein les yeux si l’envie nous prenait de suivre la progression des notes en regardant les mains des musiciens.
Arrivé tôt sur place car j’avais rendez-vous avec notre nouvelle photographe, Marjolaine Desfossés, j’en profite pour me prendre deux bières pas chères (Ce n’est pas que j’avais bein soif mais ça coupe le temps d’attente entre la première et la deuxième bière) et pour saluer les habituels piliers de bar du vendredi soir bien installés au bout du comptoir échangeant comme toujours sur la musique, la semaine de travail, la musique encore et tout plein d’autres trucs qui font qu’il est toujours plaisant de leur piquer une petite jasette en allant porter mon manteau au vestiaire tout près d’eux. Mention spéciale au chandail en laine de Slayer aux couleurs de Noël que portait Francis. Ça ne passait pas inaperçu et ça va très bien avec son tempérament festif.
C’est justement au vestiaire que je finis par rencontrer Marjolaine et on se dirige vers l’entrée, question de récupérer les accès qui nous sont octroyés et discuter un peu de ce que sera la soirée. Vous pouvez constater une partie de son excellent travail grâce aux photos que vous verrez accompagner le texte et si vous ne les avez pas encore toutes vues, voici le lien pour voir le reste de ses photos de la soirée. Patientant maintenant en charmante compagnie pour l’ouverture des portes, j’attends également Chrystoff qui lui était assigné au spectacle de Noël de Jaune Prodz qui se tenait le même soir au Petit Campus. Un détour par les Foufs pour Chrystoff qui lui aura permis de récupérer son t-shirt Ondes Chocs et piquer une petite jasette fort appréciée car on n’a pas souvent l’occasion de se côtoyer puisque nos assignations nous mènent rarement au même endroit… naturellement.
Bon maintenant que j’ai quand même parlé pas mal de vêtements et que vous savez ce qui s’est passé pendant qu’on attendait l’ouverture des portes, il était donc temps de monter à l’étage pour le début du spectacle.
C’est avec un retard d’une quinzaine de minutes sur l’horaire annoncée que les gars d’Intonate sont montés sur scène pour débuter la soirée devant une salle qui tardait à se remplir. Faisant fi de cette situation et pas les plus bavards sur une scène, ils se sont lancés pour une demi-heure où le Death Metal fut la ligne directrice principale agrémenté de passage Doom ainsi que certains moments mélodiques plus introspectifs et, thème de la soirée oblige, quelques structures musicales à la rythmique atypique. Probablement le groupe le moins Prog/Tech de la soirée, il s’acquittait de leur rôle de groupe d’ouverture de soirée avec brio en offrant des compositions intéressantes qui étaient fortement acclamées par la foule qui grossissait à vue d’oeil. Ils ont finalement reçu les copies physiques de leur album, allez vous procurer ça.
Après une quinzaine de minutes, c’était maintenant au tour de Tempête de venir nous rincer quasi littéralement les oreilles. Je dis «rincer» parce que la musique de Tempête est aux antipodes de ce qu’Intonate venait de nous offrir. Puisant dans une énergie Punk débordante propulsée par des beats souvent Crust à la batterie, ils peuvent aussi bien nous jouer du Hillbilly Punk que du Grindcore avec une petite passe Funk ou Jazz dans la même toune et tout ça sans à-coups. Comme dans le bon vieux temps où les genres n’étaient pas encore embrigadés et que des groupes comme Naked City ou Old Lady Driver nous challengeaient le cerveau. Et si ce n’est pas assez, Marc, Nick et Dug ne se confinent pas à leur seul instrument dans leur musique mais jouent aussi de celui de l’autre et ils nous le montrent alors que Marc et Nick se sont échangés basse et guitare pour interpréter la dernière pièce de leur prestation. C’est rafraîchissant pour mes oreilles d’entendre ce melting pot musical qui nous est livré dans la bonne humeur et une douce folie entrecoupé des interventions un peu malhabile de Marc entre les tounes mais qui parvient tout de même à nous dire l’essentiel soit que c’était le re-lancement de leur album «Verrats» paru il y a quelques mois, qu’il y avait des CD et des t-shirts (pour une première fois historique dans leur carrière) à la table de marchandise et que c’était la fête de Nick, leur guitariste. Ce fut une prestation plaisante et intense qui m’a semblé apprécier par le plus grand nombre au son des acclamations entendues et méritées.
Après une pause qui s’est légèrement étirée, c’était maintenant au tour de Unbeing de venir nous présenter leur version de la musique Prog qui, dans leur cas, est instrumentale et additionnée de la présence d’un clavier qui fait plus que de l’accompagnement. Tellement instrumental qu’ils avaient la mauvaise habitude de jouer leur set sans parler à la foule ce qu’ils ont corrigé et qui aura permis à Alexandre d’annoncer entre autres, qu’ils lançaient leur nouvel album «Trinity» et de faire un bon trait d’humour en remerciant les groupe de la soirée: Into Cake, Trempette, Brought by Train et Playmobil.
Parlant d’addition, ils ont maintenant Mat Paré à la deuxième guitare qui entretient son hyperactivité en jouant dans un énième band et Alekseiev Delbes à la batterie que j’avais déjà vu avant dans son ancien groupe et qui est toujours fascinant à voir jouer de par la technique qu’il emploie et la façon gracieuse qu’il a de tout faire paraître simple. Comme un boxeur qui cogne pour assommer mais qui le fait en dansant. D’ailleurs, ce feeling dansant est aussi partagé par les autres musiciens qui headbangent à l’unisson. Il se propage aussi à la foule fort appréciative qui se laisse emporter dans quelques moshpits alimentés par la groove et le chugging Death de leurs moments les plus intenses. Ils ont terminé leur set avec leur succès incontournable, «Chuck Norris», un autre danseur(!) en son genre.
C’était maintenant au tour du groupe le plus méchant de la soirée de s’exécuter, Brought by Pain. C’est aussi le seul groupe avec un chanteur qui ne fait que ça et il s’acquitte de sa tâche avec énergie et ne se contente pas d’être figurant quand sa voix n’est pas requise. Telle une déferlante balayant tout, leur TechDeath est un barrage sonique où une bonne place est laissée aux mélodies et les gars s’échangent les moments techniques sur leur instrument sans ralentir le tempo. C’est méchant et en même temps déstabilisant par moments lorsqu’ils passent en mode structures atypiques. Et c’est bien parfait parce que la foule maintenant compacte à l’avant-scène en redemandait. Elle en a reçu et va en recevoir encore plus puisque c’était la sortie de leur nouvel EP de trois chansons «Crafted by Society»!! De la vraie bombe!
Il allait maintenant être temps pour Teramobil, le groupe le moins Metal de la soirée. Bon, là j’imagine déjà ceux qui m’envoient promener et gueulent que je ne connais rien. Je leur répondrai que je maintiens ce que je dis et je m’explique. La musique de Teramobil est hors de tout doute brutale, intense, agressive et… ai-je dit brutale? Oui! Alors je le répète… mais comporte bien peu de structures Metal même si parfois elle groove un peu comme du Death. Et bien que je n’ai pas vraiment besoin d’eux pour backer cette opinion, je vous ferai remarquer que Teramobil n’a pas son sceau «Metal» approuvé par Encyclopedia Metallum non plus puisqu’il n’y est pas listé. Bon, maintenant que je viens de partir un débat que je ne tiens pas à porter plus avant, retournons au spectacle.
Les gars de Teramobil sont montés sur scène un peu après 0h15. La salle était encore aussi pleine même si ça faisait déjà quatre heures que la soirée avait débuté et qu’à cette heure tardive, il était évident que tous qui devaient voyager en transport en commun devaient maintenant oublier le métro car le show finirait trop tard. Que tous soient restés montre sans aucun doute la renommée du groupe, portée par la présence du bassiste Dominic «Forest» Lapointe dont le nom n’est plus à faire, mais dont les deux compères Mathieu Bérubé (guitare) et Alexandre Dupras (batterie) méritent tout autant leur part du spotlight. Ça fait que regarder un show de Teramobil, c’est tout un exercice pour réussir à tout voir et entendre. D’ailleurs, je ne semblais pas le seul qui ne suivait pas tout car il y avait toujours un délai entre la fin des pièces et la réaction de la foule comme si elle se laissait surprendre par la fin. Bon, on peut mettre ça sur le compte du fait qu’ils lançaient leur nouvel album «Magnitude of Thoughts» et que certaines pièces étaient inconnues mais pourtant cette réaction face à ce genre de musique extrême se produit relativement souvent et c’est drôle à dire mais ça me fait toujours penser à la réaction des spectateurs de compétition de plongeon ou de Big Air (snowboard). Ils voient l’envol, n’ont aucune idée si l’athlète a fait deux ou trois vrilles pour accompagner ses deux ou trois renversés pendant le vol tout en étant parfaitement conscients qu’il se passe plein de trucs dans les airs et retiennent leur souffle à l’atterrissage lançant leur clameur lorsqu’ils sont sûrs et certains que tout s’est bien terminé et surtout sans chute. Et c’est bien compréhensible que l’oeil et l’oreille n’arrivent pas à tout suivre car ça va vite et rarement dans le sens qu’on s’attend… Tout ça étant dit, ça n’empêche pas que j’ai, comme tout le monde sur place, apprécié leur talent et dextérité hors du commun bien que la compréhension de cette musique dépasse parfois la capacité de mes neurones…!! Ça vaut aussi pour certaines interventions parlées de Mathieu qui, parfois sonnent vaguement «vague», mais ce n’est pas grave parce qu’ils font en masse parler leur instrument et aux sons qui sortent de là, ils les font sûrement parler dans des langues qui leur sont étrangères ou dire des choses secrètes. Ils rendent vivant la définition même du mot «Torture»: Faire subir des supplices physiques afin d’obliger (l’instrument) à dire ce qu’il refuse de révéler… et même parfois ce qu’il ne savait pas connaître. En tout cas, il est évident que leurs talents de tortionnaire étaient plus qu’appréciés par la foule au regard fixé vers la scène et c’est fort satisfait qu’ils ont pu quitter l’enceinte des Foufounes Électriques après cette démonstration de virtuose.
Cette soirée aura donc permis d’apprécier cinq groupes qui, chacun à sa façon, cherchent à dépasser, de près ou de très loin, les limites des genres établis et le réussissent très bien. Dans un univers musical qui a tendance à se sectariser et à surspécialiser les genres, c’est intéressant et encourageant d’entendre ces amalgames de sons et rythmes atypiques dans une enveloppe Metallisée.
En terminant, je tiens à remercier les groupes et l’équipe du son, la gentille barmaid qui se rappelle quand ma bière a besoin d’un quartier de lime ou non et bien sûr à Xtrem Productions pour nous avoir permis à Marjolaine et moi-même d’assister à cet excellent spectacle et vous en rapporter photos et compte-rendu.
À bientôt et merci de m’avoir lu!!
Lex Ivian















