Dans le but de vous en offrir toujours plus, Ondes Chocs reçoit parfois des soumissions de chroniques ou critiques de shows/albums.  Lorsqu’elle conviennent, nous les publions ensuite sour l’onglet « Fan View », une autre manière pour nous de couvrir un peu plus de terrain.  Ce texte du show de The Affected vendredi dernier à Montréal nous est offert par Sylvain Latour!  Thanks man! – Dave

 

Ma dernière « review » de spectacle remonte à l’époque du défunt zine abitibien Arsenic en 2007, alors qu’avait eu lieu le festival des « 25 ans du Métal Québécois » au Club Soda, là où étaient revenus d’outre-tombe bon nombre de groupes phares de la scène métal des années 80s et 90s comme D.B.C., OBLIVEON et NECROTIC MUTATION. Ironiquement THE AFFECTED  faisaient partie du bal. Reformés en 2006 après nombreuses années d’inactivité et d’expérimentations sous un autre nom (MUD DOGZ), le quartet à tendance thrash/crossover se produisait pour une des rares fois, au Bistro de Paris, petit bar rempli de chaleur humaine sur Saint-Denis. Ils étaient accompagnés par deux groupes plus « accessibles », soit LE NEZ et TORK.

 

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A mon arrivée, c’est le punk rock nasal du premier qui se faisait sentir, j’avais donc manqué TORK. LE NEZ et ses disciples testaient la sono de façon correcte avec un chanteur sautant à la verticale et un guitariste courageux dont l’instrument déclarait forfait à cause d’un mauvais rhume, altérant un matériel confusionné entre LES TROIS ACCORDS et le Sub Pop grunge. Seul le batteur arborant un t-shirt de CELTIC FROST me semblait un lien tangible avec le groupe pour qui ils ouvraient.

THE AFFECTED ne tardèrent pas à s’imposer avec du métal solide, des riffs Bay Aériens parsemés de NYC grooves, comme si une fusion entre TESTAMENT et CRUMBSUCKERS était valide. Les premières chansons issues de leur album éponyme paru il y’a deux ans imprègnent l’endroit d’une matière plus « rock » mais très convaincante. »Démérol », « Slavery », « Buzz », « C’est comme ça », entre autres, sont interprétées par des musiciens aguerris, menés au front par un remarquable entertainer (Martin Pelletier – guitare/voix) qui de manière efficace, viole les conventions avec un timbre frisant parfois Bon Scott d’AC/DC, John Connely de NUCLEAR ASSAULT, et un pitbull bien dressé. Habile avec l’auditoire, il s’engueule même avec un spectateur via sa sympatique figure style un peu genre George Clooney qui baigne dans un éclairage minimal : « Bruno! Ta yeule tabarnak!!! » 

 

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Et soudainement, l’accélérateur est collé au plancher. Le band « switch » radicalement dans la période de leur demo ’89 et c’est dans ta face en crisse. On ne rit plus, on a presque la yeule à terre devant l’exécution de « The Affected », « Shut up and Roll » et particulièrement « Culture Shock », où l’instrumentation  saccadée et presque fusion qui se prolonge, pourrait laisser croire que WEHRMACHT et SUICIDAL TENDENCIES ont déjà fait des petits. Stéphane Gauthier se révèle brillamment dans cette pièce avec les brefs solos de basse, il est « s’a coche! » Mike Cope (guitare – ex-Lankhmar) prend aussi possession du micro et se permet de « blower » quelques solos étonnants. Louis Bélanger est impeccable sur les drums, et grimace beaucoup sa vie dans l’accomplissement de sa mission, même en chantant durant « Blitzkrieg », le vieux tube du groupe britannique BLITZKRIEG rafraîchi plus tard par METALLICA. Une belle façon de terminer un beau flashback, dans un concert intime où se trouvaient quelques vieux chums (nottament Vincent Peake) qui ont vécu la période avec le fameux show du « Lundi Noir » au Spectrum, où « Les Affectés » s’étaient produits avec Soothsayer, D.B.C. et « Les Fourmis Débuzzées » (Groovy Aaardvark.). And Bruno answered back: « Ta yeule !!  »

 

Sylvain Latour