Entrevue avec Kreepy Artiste

Art gothique

J’ai rencontré un artiste qui travaille un peu plus dans l’art gothique, il fait des cercueils et des œuvres reliés à ce genre-là. J’ai été vraiment impressionnée par ses œuvres. Il est situé à Québec et son travail est présenté dans un magasin donc je vous parle un peu plus loin dans l’entrevue. Donc, commençons.

Q : Bonjour, je me présente Sophie, nouvelle pour le magazine Ondes Chocs. J’ai vu par le biais de Facebook votre art et je me suis dit que c’était vraiment intéressant. Je vois que votre nom est Kreepy Artiste, c’est votre surnom c’est bien ça?

R : Oui, Kreepy est vraiment un nom d’artiste, mon vrai nom est Bobby Poirier.

Q : Dis-moi, comment tu as commencé à faire ton art?

R : J’ai commencé à faire des plaques pour des groupes de musiques, mais rendu dans les magasins pour les vendre ça devient compliqué à cause des droits d’auteurs. En même temps, je suis un grand collectionneur avec beaucoup d’imagination.

Q : Et l’art gothique, tu as commencé ça quand?

R : Ça commence en août 2020, à 41 ans (donc, voilà pas si longtemps) ma conjointe voulait avoir un genre d’étagère en forme de cercueil, car nous avons beaucoup d’objets de collection venant d’artistes locaux aussi. C’était la première fois que je faisais ça.

Q : Ça été vraiment ça ton déclic? Le cercueil?

R : Bien en fait oui, car il s’est retrouvé sur internet (photo) et j’ai été contacté par Raphaëlle Fortier, propriétaire de la boutique Le Freak sur la rue St-Joseph à Québec. Depuis ce temps, je me dis que je n’ai pas le choix d’être artiste-là (lol).

Q : Combien environ ça te coûte pour faire une œuvre? Quels matériaux utilises-tu?

R : Ça arrive que je construise et je transforme (fait la modification). La majorité du temps, je m’assure de donner une deuxième vie à l’objet. J’essaye que ça soit le moins cher possible. On s’entend que c’est long avant de vendre un morceau à 500-600$ quand on commence. On s’entend aussi que ce sont plus les jeunes qui achètent ce genre d’œuvre et ils n’ont pas nécessairement beaucoup d’argent. J’essaye le plus possible que le meuble en tant que tel ne me coûte presque rien et je charge seulement pour mon temps.

Q : C’est vraiment cool que tu penses plus aux autres pour que ça te coûte moins cher. Est-ce que tu fais ça dans la vie de tous les jours ou plus comme passe-temps?

R : J’avais un travail avant la pandémie, mais malheureusement, j’ai dû me mettre au chômage. Donc, pour le moment ça rempli mes journées. On peut dire que je fais ça comme métier. Avec les enfants, la journée que ça ne fonctionnera plus, je vais aller me trouver du travail, mais pour l’instant il a comme eu une méga explosion.

Q : Quelles sont tes inspirations pour ton travail?

R : Mes inspirations, ce sont plus les films d’horreurs. J’ai toujours collectionné les figurines de films. Je suis un grand collectionneur de figurines et statues aussi. Donc l’inspiration est facile avec toutes ces bébelles-là.

Q : As-tu fais une école d’art? Quel est ton parcours?

R : Non, ça vraiment commencé avec le cercueil de ma conjointe. Je suis très habile pour fabriquer des choses. Après le cercueil, j’ai fait un genre de croix à partir d’un vieil arbre à chat et ça vraiment déboulé à partir de là.

Q : Pourquoi as-tu décidé de faire de l’art gothique?

R : Je considère plus mon art comme étant de l’horreur que gothique. Ça plus tourné au gothique grâce à Raphaëlle qui m’a fait rentrer au Freak pour vendre mes œuvres et la clientèle est plus pour ça donc, je me suis ajusté en conséquence. Mais comme je le disais, je fais aussi des choses de musique.

Q : Vu que nous sommes basés sur la musique, je voudrais savoir quel style de musique tu écoutes? Disons, quand tu travailles qu’est-ce que tu écoutes?

R : Disons que j’écoute de tout. J’écoute beaucoup de rock/métal, mais dans le métal je dirais que j’écoute moins de Death métal.

Q : S’il y a quelqu’un qui voudrait faire la même chose que toi, tu lui dirais quoi? Quels seraient tes conseils?

R : Je lui dirais de ne pas compter son temps de un. N’ait pas d’attente au départ, fait ça car tu aimes ça. Commence à faire des trucs pour toi, comme moi je l’ai fait. Il y a des semaines que c’est plus mort que d’autres, mais il ne faut pas se décourager. Il faut vraiment faire ça par passion.

Q : Qu’est ce qui a fait en sorte que tout déboule, que tu te fasses connaître?

R : La journée où je suis rentré au Freak, j’ai aussi fait un studio à Québec (Studio Sonum), qu’un membre du groupe La Corriveau (Marc Légaré) possède, j’ai mis mes plaques de musique avec son accord. Après le Freak a fait un genre de vidéo promotionnelle pour un party d’Halloween et j’ai fait des cercueils et ils m’ont dit que ça me prenait un nom d’artiste pour le générique. En 3 mois, tout s’est fait en même temps.

Q : As-tu des rencontres marquantes/qui t’ont frappées depuis que tu fais ça?

R : Pas vraiment, il y a RottenZ de chez Freak que j’aime bien ses œuvres depuis longtemps, donc que mes œuvres se retrouvent à côté des siennes, je n’en reviens pas! Et Raphaëlle, la propriétaire du Freak, qui m’a ouvert la porte, sans elle je ne pense pas que mon art se serait rendu là.

Q : As-tu des objectifs à atteindre ou tu les as déjà atteints?

R : Mon objectif le plus gros, je l’ai atteint avec la chaîne de TV Frisson TV. L’émission Sur la route de l’Horreur, ils ont passé quelques-unes de mes œuvres sur le Podcast et en même temps ils ont fait un concours avec un de mes cercueils. Et au courant des prochains mois, ils sont censés venir chez moi pour me filmer en train de faire un cercueil, pour qu’après on aille au Freak vu que ça concorde avec leur vision.

Q : Tes voisins en pensent quoi?

R : Je suis presque sûr qu’ils me trouvent louche de faire des cercueils dans ma cours, vu qu’ils ne savent pas ce que je fais dans la vie!

Q : Un mot pour la fin ?

R : Si vous voulez des plaques personnalisées ou des cercueils avec des Crest/logo de bands j’en fais aussi. C’est juste que vous ne les verrai pas sur ma page à cause des droits d’auteurs. Je suis toujours ouvert à rencontrer des gens, juste me le laisser savoir en privé.

-Entrevue réaliée par Sophie Larose