Quand un groupe de la scène locale a plus d’une 10aine d’années d’existence, il est assez rare que je n’ai pas vu une de leur prestation sur scène. Et quand ça adonne, c’est souvent le cas de formations qui sont de l’extérieur de Montréal où j’habite depuis toujours. Plus tôt cette année, j’ai réglé cette anomalie avec Blinded by Faith de Québec lors de leur passage au Café Chaos et c’est encore une fois à cet endroit que jeudi passé j’ai corrigé cette lacune envers Cryptik Howling de Rouyn-Noranda. Le groupe tenait la tête d’affiche de cette soirée soutenu par Chariots of the Gods qu’on peut considéré comme une co-tête d’affiche considérant la qualité de leur spectacle. Pour ouvrir la soirée, organisée par Solaris Booking, 2 groupes montréalais – Brimstone & Fire et Korriban.
Comme j’arrivais sur place, il y avait comme très souvent sinon tout le temps, Alain de Québec-Métal qui fumait une dernière cigarette avec Dug, le soundman pour la soirée, avant d’aller s’installer. J’étais donc à temps mais Dug enlignait l’escalier, fallait donc me dépêcher de régler les formalités d’accès avec Gauthier, le préposé au vestiaire/billetterie. Le temps de choisir le motif de l’étampe de la soirée, de me badigeonner l’avant-bras et j’étais admis. Je voudrais d’ailleurs remercier le Café Chaos qui a été la 1ère salle de spectacle à Montréal à nous offrir l’accès à tous les spectacles présentés dans son enceinte.
Quand je suis finalement arrivé en haut, Brimstone & Fire était déjà sur scène. Avec une demoiselle au clavier. Bon, té qui toi (je demande parce qu’elle n’est pas mentionnée sur leur page) qui vient nous envoûter avec des ambiances tirées de « twilight zone » … flyées quand c »est le temps mais aussi oppressantes quand l’atmosphère se veut « doom ». En tout cas, belle job. D’ailleurs, je vous invite à aller écouter leur 1ère pièce, « Psylocibes, disponible pour écoute sur leur Reverbnation en cliquant ici. En général, j’ai trouvé que leur musique n’est rien de très compliquée mais ça possède une bonne groove oppressante, un bon mélange de vocal, un background flyé avec le clavier et l’ajout de 2 congas et un floor-tom (merci Dug pour la précision) complète bien le drum. J’ai moins aimé – mais c’est mon problème après 30 ans à écouter plein de groupes – le fait que plusieurs passages des pièces sont associables directement à d’autres pièces comme pour le début de la pièce « Tincture », je suis encore en train de me demander c’est calqué sur quoi et ça me gosse parce que c’est vieux mais je devrais m’en rappeler. J’ai pensé Iron Butterfly … non. Jethro Tull … non plus. Gryphon?? Ahhrrg, je sais c’est quoi. Anyway, vous voyez aux noms que j’énumère que j’ai senti certaines influences rock 70’s dans la musique de Brimstone & Fire ce qui est particulièrement intéressant parce que ça reste livré dans une enveloppe « métal ». Autre fait intéressant, H-Dan et Steph s’échangent percussions et guitare au fil des pièces.
Les Sith de Korriban hantaient les lieux pendant la prestation de Brimstone & Fire facilement reconnaissable à leur costume où le noir et rouge prédominent et j’ai pu voir aussi que Diane Messier était en transe encore une fois près de la scène. Je dis encore une fois parce que j’ai le goût de souligner la présence récurrente de Diane dans plein de shows à Montréal. Cette chère dame – qui d’ailleurs fait la publicité gratuite de tous les spectacles métal au Québec via sa page Club Métalbox Mag du Québec – ne manque pas une occasion d’encourager la scène locale bien qu’elle travaille tôt le matin et qu’elle doive, contrairement à moi, payer tous ses billets. Je souligne d’ailleurs le « move » de Krystal Koffin de Talamyus qui lui a offert l’accès gratuit à leur prochain show. Diane le mérite pour la vitrine qu’elle offre à la scène locale.
Bon maintenant que la pause est terminée, il est temps de retourner au spectacle. Korriban ne m’avait pas particulièrement impressionné à leur 1er show et j’avais hâte de voir où ça s’en allait. Ben, il semble que ce soit resté à la même place. Je suis désolé mais j’en ai parlé avec le guitariste Eric le Rouge (ça c’est son nom dans Ogmios mais je ne sais pas comment il s’appelle dans Korriban) après leur show et je lui ai dit qu’il devait absolument être plus « tight », qu’ils doivent aussi trouver un moyen de mieux embarquer la foule dans leur trip s’ils ne veulent pas que leur musique deviennent un trip personnel et que personne ne s’intéresse à leur prestation live. Y’a du potentiel dans leur affaire. Les compositions sont intéressantes, l’imagerie, tant au niveau des textes que des accessoires de scène est assez étoffée pour être crédible, il ne reste qu’à s’assurer que le « live » soit à la hauteur. On me disait que leur claviériste quitte le groupe. Je crois que ce serait un bon moment pour se regrouper et travailler pour que 2014 nous ramène une troupe de Sith avec le sabre entre les dents près pour nous renverser.
La montée sur scène de Chariots of the Gods allait replacer tout le monde « in tune ». Quelle belle machine pareille. Ça fait 3 fois que je les vois en spectacle dans la dernière année et c’est toujours aussi professionnel. Je dirais que ça l’a même trouvé le moyen d’avoir encore plus de cohésion. Faut dire que les gars ont tourné pas mal dernièrement et que l’expérience leur a grandement profité. Ils ont réussi à atteindre un niveau où le côté technique et plus demandant de leurs compositions ne les gêne plus sur scène. Les solos sont effectués de belles manières et la section rythmique est assurée de mains de maître. Les guitaristes ont aussi profité de leur « wireless » et se sont permis une incursion dans le pit pour une petite poursuite en cercle le temps d’un riff ou deux. Pour topper tout ça, y’a Renaud au vocal qui jase avec la foule et nous fait sentir entre chums. Un beau gros party sur scène.
C’était maintenant le temps que je découvre le groupe de l’Abitibi, Cryptik Howling. Je veux dire sur scène parce que j’avais entendu plusieurs pièces au hasard de leurs 2 premiers albums et possède le 3ème, « Synthetic ascension design », sorti au mois d’avril. Et je n’ai pas été déçu. J’avais devant moi un autre groupe qui a acquis une bonne maîtrise de sa prestation sur scène. Dominic, leur chanteur, vit les émotions de ses textes sur le stage et c’est parfois à genoux sinon toujours avec énergie qu’il performe. Pendant ce temps-là, ses comparses nous envoient chacun à leur tour leurs petites passes et on peut apprécier des musiciens qui encore une fois connaissent et contrôlent leur instrument. Une performance de pro.
On a donc passé une belle soirée avec 2 groupes en visite à Montréal et 2 groupes locaux pour les appuyer. Malheureusement, comme c’est souvent le cas, il y a eu beaucoup moins de monde que ce qui aurait été mérité. Je prends donc cette dernière ligne pour vous rappeler que vous manquez souvent des bons shows.
Cheers!
Lex























