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Mercredi passée, le 10 juin avait lieu une visite qui est maintenant de plus en plus attendue dans la métropole québécoise et je parle du spectacle d’Apocalyptica qui se tenait au Metropolis présenté par Evenko (que je tiens à remercier pour les accès fournis gracieusement à notre photographe Marie-Noëlle et moi-même). Pour l’événement, Apocalyptica était accompagné par nos compatriotes de l’ouest canadien, le groupe de Vancouver, Art of Dying.

En arrivant sur place pour le début de la soirée, je ne fus pas du tout étonné de voir que la salle était pas mal remplie, Apocalyptica a toujours eu la cote à Montréal depuis ses tout débuts et contrairement à beaucoup de spectacle, où la salle est vide pour les groupes d’ouverture, ici les spectateurs arrivent tôt car ils veulent avoir les meilleures places assises pour assister au spectacle.

Donc comme je disais, c’est avec un balcon bien rempli et un parterre où on commençait à être coude à coude que la formation Art of Dying s’est élancée pour ouvrir la soirée. Je ne suis pas un grand fan de ce genre de rock un peu glam et je dois admettre que je m’attendais à une réaction beaucoup plus timide de la foule. Ce ne fut pas vraiment le cas. Dès les premières pièces, j’ai pu constater que ceux-ci avaient leur lot de fans et ceux-ci tenaient à montrer qu’ils étaient là. D’ailleurs, on pouvait localiser rapidement leur présence car la clameur accueillant la fin de chaque pièce provenait principalement d’un endroit précis du parterre comme si naturellement leurs fans s’étaient regroupés. Ma surprise face à cette présence de fans en nombre appréciable semble avoir été partagée par leur chanteur, Jonny Hetherington, qui naturellement en a profiter pour établir une interaction et nous demander de faire les backvocals pour certaines pièces avec un succès plus que mitigé toutefois. Peu importe, le groupe de Vancouver en a fait fi et Jonny a sans cesse relancé la foule pour bien la garder dans l’ambiance allant jusqu’à nous offrir de chanter le refrain de leur hit, «Rise Up», en français. Et son énergie se communiquait à la foule car plus leur prestation avançait et plus je voyais de gens se branler la tête ou les fesses. J’imagine qu’ils se seront accrochés de nouveaux fans mais ils n’auront pas réussi avec moi. Surtout que j’ai trouvé la performance des deux cordistes pas mal statique et sans grand intérêt. Quand la musique est simple, il me semble que ce serait cool de lever la tête et sourire à la foule. Enfin, chacun sa façon de gérer sa présence sur scène… et à ce que j’ai pu voir, c’est Jonny qui fait l’action sur la scène et les autres jouent de la musique.

Il était maintenant temps pour la tête d’affiche de la soirée, Apocalyptica. Autant le groupe précédent me laisse indifférent, autant je suis fan d’Apocalyptica depuis leur tout début. Et j’aime autant certaines de leurs compositions que leurs reprises des pièces de Metallica et Sepultura. D’ailleurs, je trouvais toujours ça un peu poche que les gens réagissaient moins lors de leurs compositions originales que lors de leurs reprises lors des trois concerts précédents où je les avais vus. Ce fut encore un peu le cas pour cette soirée mais la différence n’était pas aussi frappante. Les pièces du nouvel album sorti il y a à peine 2 mois semblaient connues et appréciées. Une chance car elles composaient la moitié du setlist de la soirée, le restant étant partagé également en reprise et pièces tirées de «Worlds collide». Pour ma part, j’apprécie beaucoup le fait que leurs compositions originales laissent beaucoup de place à la batterie et la voix et permettent également leur mise en vedette. Une belle preuve d’humilité de la part des violoncellistes.

 

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L’atmosphère était donc survoltée et les membres d’Apocalyptica, comme toujours, paraissaient très touchés de l’accueil et les grands sourires sur scène étaient de mise. D’ailleurs, Perttu faisait le symbole du cœur en joignant ses doigts alors que je soupçonne qu’Eicca rougissait de plaisir; il m’a toujours paru si timide et réservé sur scène, contraste frappant avec toute l’énergie déployée sur son instrument et quasi paradoxal puisqu’il partage la tâche de présenter les pièces avec Perttu tout en racontant des anecdotes de la tournée. De son côté, Paavo était Paavo, jetant des regards enjôleurs aux demoiselles à l’avant-scène.

 

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Côté musical, pas besoin j’imagine de vous convaincre, que la formation assure solide. Leur nouveau chanteur Franky Perez ne donne pas sa place et en prend même plus se permettant une incursion dans la foule pour chanter; le batteur est aussi un soliste hors pair enchaînant les roulements et faisant définitivement plus que d’assurer la rythmique. Pour ce qui est des trois membres principaux, je laisserai parler mon cœur et vous dirai que leur jeu est vraiment parfait et d’une dextérité et maîtrise exceptionnelles.

On a donc eu une performance hors du commun, d’une durée d’une heure trente où ils ont interprété leurs reprises en milieu de performance question de crinquer un peu plus la foule même si les crinquer plus allait faire sauter le Metropolis. Un enchaînement formé de «Inquisition Symphony» (Sepultura cover), «The Unforgiven» (Metallica cover), «One» (Metallica cover) et «Refuse/Resist» (Sepultura cover). Ce quatuor de pièces s’est définitivement avéré le moment survolté de la soirée avant de ramener leur nouvel album avec la pièce titre «Shadowmaker» puis «Slow Burn» qu’ils jouaient pour la première fois en public, suivi de deux pièces supplémentaires de «World Collide», les deux autres de cet album ayant été jouées avant les reprises.

C’était maintenant le temps du rappel. «Dead man’s eyes», également de leur plus récent album, a terminé la soirée et c’est avec le sourire aux lèvres, bien que je suis sûr qu’ils en auraient pris beaucoup plus si ça s’était avéré le cas, que les gens ont quitté la salle avec je suis sûr une promesse personnelle et solennelle de ne pas les manquer à leur prochaine visite. En tout cas, j’aime penser que tous se sont fait la même promesse que moi car un spectacle d’Apocalyptica n’est plus un simple spectacle mais plutôt un événement en soi; la preuve en étant la non-nécessité d’avoir un line up qui contenait plus qu’un groupe en support.

Lex