Havok
« Unnatural Selection »
Parmi la tonne de groupes qui font partie de la nouvelle génération de thrash metal inspirée tout droit des années 80, un s’est franchement démarqué du lot au cours des dernières années, le quatuor américain Havok, originaire du Colorado. Et ce, spécialement avec la sortie en 2011, de leur deuxième album en intitulé Time is Up, que je considère comme étant le meilleur album des 5 dernières années tous genres confondus! Évidemment avec ce chef-d’œuvre, le groupe avait placé la barre de mes attentes extrêmement haute, quasiment même hors d’atteinte, alors comment puis-je faire autrement qu’être déçu?
C’est donc à la fois avec beaucoup d’impatience, mais aussi avec un brin d’anxiété que j’attendais la sortie de ce nouvel opus d’Havok qui comptait désormais dans ses rangs un nouveau bassiste, du nom de Michael Leon (The Absence) en remplacement de Jesse de Los Santos. Décidément, mes craintes étaient malheureusement fondées et Unnatural Selection n’est certainement pas à la hauteur de mes attentes démesurément gonflées par Time is Up.
Voici en détail les raisons de mes sentiments partagés envers le nouveau-né d’Havok. Premièrement, l’allbum commence en force avec la première pièce nommée I am the State, libérant un peu de tensions et me laissant envisager que toutes mes craintes étaient peut-être finalement injustifiées, Havok est au sommet de la montagne et ils ont bien l’intention d’y rester! Ensuite, on enchaine en terrain de connaissance avec ce qui fut leur premier extrait vidéo de ce nouvel album, Give me liberty… or give me death. Encore une fois, il n’y avait nullement lieu de s’inquiéter, tous les ingrédients sont réunis pour nous offrir du Havok à son meilleur. Mais c’est alors que tout semblait sous contrôle que mes premiers points d’interrogation ont commencé à apparaître, d’abord avec la pièce It is True qui semble s’éloigner de ce qu’Havok nous avait habitués précédemment, mais qu’à cela ne tienne, un groupe ne peut pas toujours se répéter sans cesse, et Havok a certes le talent requis pour innover et aller de l’avant, j’imagine que c’est ce qu’ils ont tenté d’expérimenter avec cette pièce que me rappelle vaguement Voïvod. Enfin, je n’étais pas encore au bout de mes surprises avec ce qui allait suivre, Under the Gun qui possède également son lot d’expérimentations, spécialement au niveau de son approche vocale assez particulière s’éloignant ainsi du son thrash traditionnel et des riffs très rock et groovy, dont un me faisant drôlement penser à du Pantera,. Maintenant rendu presque à mi-chemin, je commence à me faire à l’idée que cet album n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais, un peu déçu sur le coup c’est certain, mais jamais autant qu’avec le dernier Megadeth. Justement, en parlant de Megadeth, les deux pièces suivantes Waste of Life et Living Nightmare possèdent quelques similitudes avec ce dernier. Heureusement, elles n’ont rien à voir avec Super Collider! La septième pièce, Chasing the Edge est largement dominée par un beat mid-tempo qui vient assez vite redondant quoique celui-ci soit coupé par une suite d’excellents solos. Et, on revient une fois de plus en mid-tempo et avec des influences de Megadeth (Angry Again?) pour Worse than War. Puis le groupe se gâte avec une bonne reprise de Black Sabbath, le classique de 1971, Children of the Grave, un choix qui peut sembler étrange venant d’un groupe de thrash, mais au point où j’en suis, pourquoi pas? Avant de terminer en force avec la pièce titre, Unnatural Selection qui semble considérablement inspirée par Slayer et par le Metallica des bonnes années, du thrash à l’état pur, un punch final qui finit assez abruptement, mais qui réussit néanmoins à me reconquérir. J’en aurais tellement voulu plus comme celle-là!
Somme toute, bien qu’il se classe toujours un peu au-dessus de la moyenne, puisque ponctué de quelques moments forts qui sont eux-mêmes accentués par une production sans failles, Unnatural Selection est un album qui m’a laissé sur mon appétit, car non seulement il manque de constance, mais il a également la tâche ingrate de succéder à un chef-d’œuvre magistral. Peut-être que la prochaine fois, je serai moins exigeant envers Havok, d’ici là je vais plutôt me rabattre sur Dawn of the End, le dernier album d’Hatchet afin d’assouvir mes besoins de Thrash metal!!
7.5/10





