Grales
Remember the Earth but Never Come Back
Octobre 2022

 

Liste des pièces

  1. From Sea to Empty Sea
  2. Agony
  3. Wretched and Low
  4. All Things are Temporary
  5. Sic Transit Mundus

Pour les fans de / For fans of doom/sludge metal

Lien pour achat / Link for purchase :
https://grales.bandcamp.com/

Critique

Les Doom-Sludgers de Montréal sont de retour! Après une démo fort convaincante parue en 2019.

On nous propose un album bien constitué avec des pièces d’une durée plutôt longue pour le genre. Plus de quarante minutes échelonnées sur cinq titres. Ici on joue dans le spectre sale et crasseux du sludge. Plus Eyehategod que Crowbar. Les vocaux sont aiguisés au couteau et acérés, les riffs puissants et sans merci. On crée un mur de son, une ambiance malsaine où plusieurs sonorités s’entremêlent et déroutent l’auditeur. Dans toute pièce d’une bonne durée, nous avons comme il se doit des passages instrumentaux lourds et captivants. Rien n’est facile avec Grales et nous ne sommes pas là pour perdre notre temps. Dès les premières notes, nous sommes agrippés d’une poigne déconcertante qui ne nous libérera qu’aux dernières notes de l’album.

Grales c’est mauvais (dans le bon sens du terme), c’est éclaté, d’un désespoir chancelant et malgré tout invitant et charismatique. Avec la pièce Agony on favorise un son très noise pour ensuite cheminer dans le Stoner rock lent et cahoteux. On vacillera entre tempo parfois plus rapide pour revenir à un rythme plus lent et souffrant. Aussi on en profitera pour insérer des échantillonnages rappelant Electric Wizard ou tout autre formation dans le rock/métal occulte.

Avec Wretched and Low on priorise le riff et la structure standard sludge: des riffs encore du riff et un vocal imposant le respect en toute cruauté.

Dans All Things Are Temporary, on propose une vision nihiliste et pessimiste de la vie. Quoiqu’infinie et d’un recommencement perpétuel.

Les paroles sont bien claires à ce sujet :

« In this eternal soil
the endless rhizomes coil
The churning roots expand then
Rot away then grow again »

La dernière offrande, Sic transit Mundus est totalement inattendue et vraiment impressionnante. On explore plus au niveau de l’atmosphère, c’est plus éthéré sans délaisser l’énergie propre à Grales. Les passages quasi spatiaux et dignen d’un wormhole spatio-temporel, me rappelle le groupe Esoteric qui œuvre dans le doom très axé sur l’ambiance sans gravité, proposant une certaine errance et une ouverture vers le vaste monde.

Grales nous propose ici un album très bien fait, qui ne tombe pas dans le piège de tourner en rond du sludge. En nous invitant à explorer leur monde assez complexe et dilaté de l’humain. Une force brute exécutée de façon intelligente et affligeante par le fait même.

Les fans d’Eyehagod qui aiment un sludge légèrement plus cérébral se régaleront de cet opus.

 

-Martin Desbois