‘The Devil’s eyes »
2014
The Offering
Cathedral of Lies
The Outsider
Devil’s Eyes
Watery Graves
Lost Soul
Ave Satanas
Crush the Cross
Je dois avouer que je n’avais pas été très enthousiasmé à l’écoute de The Unholy, 1er album de Doom’s Day. Je trouvais que les pièces étaient un peu « flat » et que la production un peu monotone ne permettait pas vraiment de donner du chien aux compositions bien que certains moments m’eussent paru un peu plus intéressants. Je voyais du potentiel mais j’avais comme l’impression qu’on était loin de la coupe aux lèvres quand même. Alors, lorsque Dave m’a demandé d’écouter le nouveau, The Devil’s eyes, j’anticipais devoir encore argumenter avec lui comme lors de la parution du 1er car lui, il l’avait bien aimé.
Et bien l’écoute est faite et le passage vers une plus grande maturité leur aura permis de mieux se présenter au point de susciter un intérêt nouveau. Les éléments entrevus dans leur 1ère offrande sont toujours présents mais le fait d’avoir justement soigné cette présentation fait que dès les 1ères notes de l’album, on embarque et on a hâte d’en découvrir plus.
Et justement ces 1ères notes sont une intro à l’orgue appuyée par un pounding puissant des autres instruments rappelant le glas et installant une atmosphère d’oppression ecclésiastique intéressante, Nous sommes prêts pour « The Offering« . L’arrivée des vocaux clean entonnant une invocation incantatoire laudative nous plonge définitivement au coeur d’un dongeon sacrilège et on réalise que nous sommes du côté noir. Le côté harsh de la voix de DooM nous y guide par la suite. Un solo intéressant est inséré au centre de la pièce et j’ai trouvé cool qu’il ne soit pas à l’emporte-pièce mais plutôt bien dosé.
Une variante de l’intro d’orgue poundée revient pour la 2ème, « Cathedral of lies« , avant de se lancer dans un rock doomisé. L’atmosphère reste encore ecclésiastique avec l’utilisation des choeurs. Mon impression d’être dans un univers semblable à celui de King Diamond ressentie à la 1ère pièce s’est accentuée dans celle-ci; la façon d’utiliser les claviers me ramenant à l’album The eye et bien sûr, son ouverture sur Eye of the witch.
« The outsider » ralentit encore plus le tempo nous amenant dans des recoins défrichés par Cathedral. Pesant, lent, oppressant, on ne veut pas rencontrer cet Outsider car ce pourrait être notre dernière rencontre… dans notre monde, bien sûr!
Le début de la pièce titre de l’album, « Devil’s eyes » nous montre que Doom’s Day ont aussi des grosses influences thrash. Même le clavier se permettra quelques mélodies rapides accompagnant très bien le côté plus agressif de cette pièce. Par contre, j’ai trouvé qu’elle n’en finissait plus de me répéter le même riff à la fin ce qui a tendance à me faire décrocher.
Sous la forme de Lamentations cette fois, « Watery grave« , retourne à un doom accompagné de voix en choeur. Par contre, une transition s’opère au milieu de la pièce nous ramenant les influences à la King Diamond mais cette fois via les atmosphères heavy à la Mercyful Fate des 1ères années que créaient le duo Sherman-Denner. Une nouvelle forme vocale transportée par une douce mélopée, est utilisée pour terminer cette pièce et on apprécie toute l’amplitude du range que DooM est capable d’atteindre.
La 6ème, « Lost souls« , est une pièce dans le style Black Sabbath, lente et pesante. Ce que j’appelle du biker metal. L’ombre de Zack Wylde et de son Black Label Society flotte également sur cette pièce qui donne le goût de prendre la route.
L’avant-dernière pièce de l’album, « Ave Satanas » débute sur une harmonie de cordes qui mène vers cet orgue qui créé tout au long de l’album cette atmosphère envoûtante. Un seul et simple couplet est offert, un salut à Satan entonné par un choeur alors que la musique déploie une triste ballade.
Dès que la dernière pièce, « Crush the cross« , a débuté j’ai eu l’impression que j’aurais un cover de Motörhead et finalement c’est pas mal dans cet esprit que cette pièce évoluera, saluant au passage Venom et présentant de façon franche cette influence thrash punk entrevue dans la pièce « Devil’s eye« .
Ils se définissent comme étant du occult metal punk et je suis bien d’accord avec eux. Ils savent créer des atmosphères gothiques/ecclésiastiques occultes avec l’utilisation de l’orgue d’église, tout en nous enfonçant dans un univers crasseux propulsé par les guitares distortionnées aux harmonies lancinantes, oppressé par le pounding du combo basse-batterie alors qu’on est bercé en trame de fond par les atmosphères d’envoûtement des claviers et que DooM nous emmène, à l’aide d’un registre vaste tant au niveau vocal en lui-même qu’au niveau des émotions qu’il suscite, vers les tréfonds où seules les prières et autres incantations aux entités qui les gouvernent auront l’heur de nous sauver.
Lex





