« The rise of Icarus«
2013
DAEDALEAN COMPLEX a fait paraître en novembre 2013 son 3ème album, « The rise of Icarus » un album de 8 pièces, dont une reprise de « Chrysalis » (que je souligne tout de suite vous saurez pourquoi plus loin) tirée de leur album éponyme de 2008, pour un peu plus de 36 minutes.
L’album débute avec « The Labyrinth« , une pièce atmosphérique où le clavier prend toute la place appuyé des vocalises de Lindsay Schoolcraft, et qui sert d’intro tout en mettant au clair l’identité du groupe. Si je comprends bien, le «Daedalean Complex» est le labyrinthe de Dédale. Et c’est par notre passage à travers les constructions offertes que nous atteindrons le niveau suivant de la connaissance.
Suite à cette intro, on entre dans le vif du sujet avec « Divine and conquer » qui m’a tout de suite mis à l’oreille la nouvelle mouture de leur son et je dois avouer que cette évolution m’a grandement plu. Bon, la référence à l’album « Animatronic » de The Kovenant est frappante au point que la pièce « New world order » se superposait dans ma tête par moments mais ce rapprochement me met immédiatement dans des dispositions positives pour la suite. Autre changement, Daedalus est maintenant chanteur de la formation avec une voix dans un registre différent mais quand même pas trop de celle de Herr Noxx.
Avec « Breaking the chains« , le double bass drum est dans le tapis et Daedalean Complex s’enfonce un peu plus dans le côté black de leur musique. Le côté symphonique y reste mais un peu plus à l’arrière-plan supportant cette déferle musicale. Mention honorable à la petite passe de sitar/gong/violon au deux-tiers de la composition qui forme une belle transition inattendue vers la dernière portion de la pièce.
« Darkest path » nous emmène dans un monde un peu plus mélancolique avec sa rythmique lente et cette atmosphère doom quasi funèbre appuyée avec brio par une nouvelle variante de la voix de Daedalus qui nous amène son chant clean. Le petit solo de clavier sobre et bien amené vers le milieu de la pièce est définitivement à souligner et démontre encore une fois le sérieux mis dans la qualité des compositions offertes. Daedalus a cherché les arrangements qui attirent l’oreille. On réutilise d’ailleurs ici les vocalises exécutées par la jolie voix de Lindsay Schoolcraft entendue lors de l’intro.
Suite à cette pièce languissante, « Chrysalis » débute avec une ambiance gothique et je revisite une pièce que j’avais découverte sur leur album éponyme mais revampée pour l’occasion: elle s’est définitivement fait «blackisée». De plus, non seulement la musique a t’elle été modifiée mais le vocal de Daedalus est plus grave que sur l’ancienne version et s’ajoute maintenant aussi la jolie voix de Lindsay (qui cette fois chante et ne fait pas que vocaliser) qui m’a fait penser sur le coup à la voix clean de Alyssa White-Gluz.
Avoir ces 2 versions de « Chrysalis » me ramène à l’époque où j’étais DJ et faisais jouer des pièces de groupes comme Tiamat, The Kovenant ou Dreadful Shadows, reprises en version dancefloor que l’on retrouvait sur les compilations « Extreme Club Hits » au côté de trucs plus gothiques ou technoindustriels. Un plaisir pour mes oreilles. C’est quand même drôle de dire que c’était ma pièce favorite de leur 1er album et que maintenant ces deux versions sont mes deux pièces favorites de Daedalean Complex. Vous allez peut-être dire que c’est normal puisque c’est la même pièce mais je peux dire qu’elles diffèrent quand même pas mal l’une de l’autre et que chaque version est hot.
Après cette pièce, on est accueilli par une courte intro de piano pour se lancer dans « A shattered icon » qui ramène le chant clean de Daedalus et retourne plus directement dans leur black symphonique ce qui sera également le cas avec « Echoes of your voice« . Je passe rapidement sur ces 2 pièces mais non par manque d’intérêt car celles-ci contiennent leur lot d’arrangements intéressants
La dernière pièce, où cette fois seule Lindsay chante si on exclut quelques backvocals, se présente dans un registre pas mal différent, et on a droit à une pièce aux atmosphères plus gothiques qui montre une autre des facettes possibles de Daedalean Complex (et qui rejoint plus l’esprit de l’intro de l’album). Je reste pourtant avec l’opinion que cette pièce ne sert qu’à donner le spotlight à Lindsay, mais attention ici ce n’est pas un commentaire négatif car ce spotlight, elle utilise de très belle façon. Bien que, comme je disais pas mal différente, « Ariadne’s thread » permet d’apprécier la belle voix de Lindsay et terminer l’album sur une note plus éthérée.
Mêlant des influences de black, doom, darkwave, gothic et industrial avec une subtilité orchestrale frappante, Daedalean Complex ont donc fait un album qui, en plus d’être agréable d’écoute, est très varié et permet de voir de multiples facettes de leur identité. Sur leurs deux albums précédents, je sentais moins la force et l’agressivité de leurs pièces comme s’ils s’étaient retenus malgré certaines passes intenses. Sur celui-ci, je constate une évolution musicale qui leur permet de passer des dancefloors plongés dans la lumière glauque des blacklights aux grottes sombres sans jamais perdre leur identité. Si comme moi vous appréciez un black symphonique avec une touche industrielle à la The Kovenant, vous allez adorer « The rise of Icarus » de Daedalean Complex je vous l’assure. Si The Kovenant a créé le cybermetal, Daedalean Complex pourrait en être le nouveau porte-étendard. Le groupe annonce avoir des compositions en chemin pour le prochain album. Pas besoin de vous dire que j’ai pas mal hâte. Pour l’instant, je vous laisse avec l’album complet en streaming sur leur soundcloud et en-dessous, la vidéo officielle pour « Echoes of your voice« .
Lex





