« Whorrific »
Self release
2013
Vendredi 13 décembre 2013, c’était le jour où Jason Voorhees devenait vert ! Et oui ! En regardant le prospectus du spectacle de lancement du nouvel album de Bookakee, j’y ai aperçu ce maniaque au masque de hockey qui était tout simplement devenu vert d’inquiétude en sachant que Phil « The Necro Butcher » Langelier, chanteur de Bookakee, était dans la place avant lui. Bon, le groupe nous a démontré avec brio qu’il avait la puissance pour assurer la tête d’affiche aux Foufounes Électriques de Montréal. Le lendemain, à la demande de Phil, je me suis proposé pour servir cette critique, tel un morceau de viande fraîche que l’on offre à un itinérant champion de la boucherie festive.
L’album débute avec une intro de 23sec. judicieusement intitulée Intro où Phil scream pendant que des séquences se mêlent à sa voix puis on enchaîne avec A Night To Dismember. Ça débute avec une passe de guitare bien exécutée, suivie d’un gras de voix bien placé par Phil. Je dois dire que la mélodie est excellente et surtout écoutable mélodiquement parlant. Je m’attendais à du gros grind avec des notes sales et des mélodies diaboliques qui donnent le goût de se trancher la gorge, mais au lieu de cela j’ai découvert un groupe intéressant à entendre auditivement. Le travail des voix du chanteur me font littéralement tripper en raison de la versatilité des notes et styles qu’utilise ce dernier pendant ses partitions vocales. N’oublions pas le solo de SP Gagnon qui donne une teinte dramatique à la pièce. Passe de basse qui donne un aspect mystique à la composition. J’adore la manière dont ils ont fignolé les passes mélodiques avec les riffs plus déchirants. La rythmique de la batterie est intéressante, puisqu’il appuie bien les mélodies de guitares dans sa façon de s’exécuter.
La première pièce que j’ai entendu avant la sortie de l’album… Whorrific… Là, je capote littéralement. Ca bûche et Phil semble s’engueuler avec les légions infernales de Satan, alors qu’il livre son texte comme un véritable virtuose de la décapitation vocale. Sérieusement, j’adore le vocal de ce gars-là et je n’arrête pas de lui dire à chaque fois que le rencontre. Il y a un côté à la fois sombre et coloré dans l’ensemble de la livraison de ses vocables monstrueux, ce qui laisse une marque très intéressante pour quiconque aime chanter. Les riffs de guitares de SP et Matt Paré sont très ponctués par une basse très punché. Des sonorités à la fois enragées mélangées à des mélodies plus légères. Une pièce très complète à tous les niveaux.
Return Of The Loving Dead est une pièce qui débute avec un séquence de notes qui me donne l’impression de réveiller le prédateur en moi, alors que j’entends ce quintette dément nous raconter une histoire d’amour et d’horreur. Un mélange de morbidité et de soif de vivre à travers un monde mort, vient accaparer mon esprit. L’impact est là. Les efforts mis pour apporter une particularité dimensionnelle très horrifique à cette pièce sont palpables. Encore une fois, très versatile dans l’ensemble du contenu.
Perverted Monolith débute avec des punchs très « tasse-toé !« . À ma grande surprise, une mélodie calme vient prendre place à travers un amoncèlement de martèlement et de hurlement ultra « WIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII!!! », ce qui donne un côté fort mélodique à cette pièce qui est quand même très complète dans son ensemble, puisqu’on passe par toute les gammes d’émotions. Collaboration avec Crook (chanteuse de Valfreya), cette pièce me fait découvrir un aspect de la voix de cette dernière où l’on peut entendre des chants clean. Une facette que je ne connaissais pas de cette chanteuse qui m’a grandement surpris dans le bon sens.
La sixième pièce, Bookakee Blast, se retrouvait sur le Ep, Invasion of the Depraved, paru en 2011. Même s’il s’agit d’une vieille composition, on entend parfaitement que les gars y ont mis toute la puissance requise pour égaliser l’oeuvre en question. Bon, à 30 secondes, il y a un rythme de guitare qui mène vers une vision intéressante de la basse guitare. Comme je le citait à Mathieu Paré lors du lancement, je ne comprends pas pourquoi on n’entend pas parler davantage de Jonathan David, le bassiste de Bookakee. Ce gars-là brasse les six cordes de sa basse comme un véritables mercenaire sans pitié tout en conservant des mélodies qui le démarquent du reste de la formation. Ce que j’essaie de dire, c’est que les agencements qu’il apporte lui permettent de ne pas être caché derrière le reste de l’ensemble.
Muerte Peluda a un agencement de style qui me rappelle l’ensemble de l’oeuvre de la formation Dillinger Escape Plan. Il y a un aspect créatif très développé dans cette pièce, avec des bruits de fond qui apportent un aspect dimensionnel très intéressant. Encore une fois, la créativité des membres du groupe est à son plein régime.
Pour la suivante, DBS, bon, là vous pouvez vous obstiner sur le sens des lettres composant ce titre puisque les spéculations sont nombreuses à venir jusqu’à maintenant. Il s’agit tout de même d’un morceau de quarante-cinq secondes qui dérange.
Oui, un blastbeat dans les dents plus tard, le batteur nous shake la cage avec une rythmique entraînante dans Insulated Room. J’ai l’impression qu’il y a une légion de démon qui m’observe… Ça va bien ! En fait, là dedans, le style vocal de Phil me fait penser à une cantatrice par moment en raison du flow qu’il donne au pitch de voix qu’il emploie. Les harmonies vocales apportent une dimension puissante à l’ensemble. Les solos de guitare de SP demeurent excellents dans l’ensemble de la livraison. On peut rapidement se rendre compte que le niveau de difficulté de la guitare lead est quand même très développé et apporte un plus au tout.
En dixième position, nous avons une autre pièce que contenait Invasion of the Depraved soit Carcass Coffin. J’aime bien l’introduction à saveur classique qui donne le ton à la chanson. Puis, Phil vient nous démontrer qu’il ne faut pas se fier aux apparences, puisque la mort viendra toujours nous surprendre lorsqu’on s’y attend le moins. Ici, on obtient un style vocal très près du grindcore avec des teintes de squeals. Il faut dire que ce chanteur maitrise parfaitement les techniques appropriées afin d’extraire les meilleurs sons possibles. Par curiosité, je me suis laissé entrainer à écouter la version se retrouvant sur le Ep et la qualité de l’album est parfaite. Encore là, tout y est. Les mélodies rapides de SP et Mathieu additionnées aux tempos accélérés de JP Bouchard donnent ce qui doit caractériser Bookakee. En plus des mélodies de basse qui accentuent les montées de guitares. Bon, contre toutes mes attentes, j’ai le droit à un breakdown. Ok, j’avoue être coupable, je n’aime pas les breakdowns. Par contre, celui que j’entends ici n’est pas linéaire et ne s’éternise pas pendant 20 riffs de 4 temps.
DK est une toune de Nintendo… Donkey Kong ! Pourquoi, parce que Donkey Kong a marqué l’enfance de tout le monde ! Même moi qui approche les 666 millions d’années j’ai déjà adoré ce personnage alors qu’on le retrouvait sur les consoles de jeux Colecovision. Ce que j’adore entendre ici provient des passes de saxophones qui apportent une dimension peu explorée dans le metal.
Avec Usurper, ça y est, la sirène vient de partir, c’est moi le prédateur ! Non, mais on passe par toutes les gammes d’émotions dans cet album-là. Je trouve que le voyage que nous offre Bookakee contient tellement d’avenue que le voyage en devient intéressant à vivre d’un point de vue auditif. T’écoutes le début, tu penses qu’ils se dirigent dans une direction, mais non ils vont ailleurs. C’est ça, sortez des terrains battus et surprenez moi… Enfin de quoi qui sort de l’ordinaire. Tout est là, des rythmes de batteries variées, même chose pour les guitares avec des aspect tribaux qui me rappelle le groove que l’on retrouve dans la musique mexicaine. Mais ça ne s’éternise pas puisque l’esprit diabolique du Necro Butcher doit s’exprimer davantage. Puis, solo… Écoute ça, c’est merveilleux. Un breakdown pas breakdown qui dure pas… Oui c’est ça, la musique se ramollit pour repartir comme un paquet de missile lancé par des drones pendant que la panique pogne tous les habitants du village…
Invasion Of The Depraved en partant débute dans mes cordes. Du démoniaque additionné au psychédélisme. Une mélodie entraînante qui donne le goût de headbanger. Un style qui se développe au point de devenir une suite de blastbeat bien travaillés et qui se complète de coups de cymbales punchés qui relèvent les mélodies que développent Matt et SP. Encore une fois, un solo bien livré qui est intéressant à entendre et qui emporte vers des horizons différents. Une pièce de huit minutes vingt secondes qui renferme diverses ambiances qui finiront par me mener à un esprit de prédation absolu. Comme si on m’abandonnait
A.A.Acoustic est la pièce cachée de l’album. Bon, les occultistes amateurs de Crowley me diraient « Ah c’est le symbole de l’Astrum Argentum » (secte fondée par Aleister Crowley en 1907). Mais ce n’est pas le cas, il s’agit d’une pièce musicale qui démontre encore là, une certaine ouverture d’esprit de la part des membres de cette formation théâtrale. On y entend de multiples riffs qui s’enchaînent les uns dans les autres, sans vraiment empiéter sur le terrain du prochain riff. Il y a un côté latino à la mariachi à cette pièce que j’aime bien d’ailleurs, laquelle me rappelle l’ambiance propagée par le refrain de Chop Suey de System Of A Down. Les percussions sont très présentes et apportent une dimension intéressante aux mélodies des guitares. Tout à fait dans mes goûts.
On ne peut pas critiquer un album sans parler du travail représentatif de l’artiste Phil Langelier, chanteur et parolier de cette verte formation. Sur la pochette de l’album, on voit un homme tenant une dague, qui semble avoir poignardé une femme dont les traits du visage laissent supposer qu’elle est morte dans d’atroces douleurs. Derrière cet homme se tient un être métamorphe qui semble diriger les actions de l’assassin. L’oeuvre en question est une pièce qui représente bien l’aspect horrifique de cette formation dépravée. Je crois que les gars ont développé un style qui est tout à fait à leur image.
Ayant vu leur prestation lors de leur lancement d’album, je ne comprends pas pourquoi on n’entend pas parler davantage des batteur et bassiste de cette formation puisqu’ils ont démontré posséder ce qu’il faut pour assurer leur présence au sein de cette formation aux imageries farfelues. Pour ce qui est du reste, je suis arrivé à une période où je trouve que la musique en générale sonne pareil et que les groupes sonnent tous dans le même genre. Que ce soit Thrash, Death, Grindcore, Metalcore, Hardcore ou autres styles, on dirait que tout le monde se dirige à la même place sans se rendre compte qu’ils jouent pratiquement pareil. Comme si tout le monde veut sonner comme Metallica ou Children Of Bodom… Ce que j’en viens à dire, c’est que, puisque lors du show, je ne connaissais pas vraiment cette formation mis à part quelque auditions occasionnelles, j’ai été amplement surpris par la versatilité musicale de cette formation qui en plus de produire un excellent lancement en offrant une performance haute en puissance, ils ont également produit un album qui sonne comme l’éclosion spontanée d’un volcan qui surprend par sa lave, des milliers de gens habitant les lieux. Personnellement, je crois que c’est un must. Je conseille Whorrific de Bookakee à quiconque veut entendre quelque chose à la fois enrichissant et divertissant. Sérieux, va écouter ça si tu ne l’as pas déjà fait !!! Clique ce lien… après avoir regardé ce vidéo naturellement.
Daimon Hellstorm
Bookakee – Usurper





