ACRANIA
«Fearless»
Indépendant/Self-Released
25 April 2015
Liste des pièces
«People of the Blaze»
«Poverty Is in the Soul»
«I Was Never Dead
«Blinded by Power
«Overflow»
«En el puerto»
«Hypocritical Conflict»
«Man’s Search for Nothing»
«Point of Collision»
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Le groupe mexicain ACRANIA existe depuis une dizaine d’années sous ce nom (2006) et a eu une période antérieure sous le nom de Necrofilia (2001-2006). Aujourd’hui, il se définit comme étant un groupe d’avant-garde death metal selon le presskit que j’ai reçu. Vous comprendrez que je découvre à peine ce groupe et je souligne qu’il en est à son troisième album avec «Fearless». Beaucoup de choses peuvent se cacher sous ce qualificatif et en même temps, c’est ce qui m’a naturellement porté vers eux. J’avais beaucoup de trucs en tête comme possibilités et j’aime quand la musique me promet quelque chose de différent. J’ai été écouter «Unbreakable Fury» (2010) et «An uncertain collision» (2012) sur leur Bandcamp après avoir fait cette revue pour constater leur évolution. Vous ferez de même, j’espère.
Si vous n’êtes pas bien assis quand vous appuierez sur «Play», il est possible que comme moi, vous deviez recommencer l’écoute de l’album, car votre cerveau peinera à comprendre ce que vos oreilles lui envoient comme message. Cette fois, prêt à faire face à la musique au sens littéral comme figuré, j’ai dû me rendre à l’évidence que ce sont bien des congas qui claquent derrière la batterie et comme si le dépaysement n’était pas assez marqué par cette présence, voilà qu’un saxophone et une trompette viennent faire leurs petites incursions ici et là question de garder ma stabilité au minimum. Vous ne comprendrez rien à ce que je vais dire, mais c’était plaisant d’avoir cette impression d’entendre un morceau de death metal pendant qu’en background j’avais l’aura de Paula Abdul et ses congas beat.
Ok je fais une petite pause ici pour laisser descendre ceux qui ne croient pas que ce voyage dans l’univers d’ACRANIA en vaut la peine. Les autres qui poursuivent avec moi, préparez-vous tout de même à ce que ce ne soit pas si simple parce qu’ACRANIA a réussi à faire du melodic death metal qui incorpore de la musique folklorique mexicaine, de la samba, de la bossanova et autres rythmes latinos ou afro-cubain. Pour bien lier le tout, il joue avec les structures et les temps et déborde dans le jazz tout en s’assurant que l’amalgame ne reste pas qu’une simple curiosité exotique.
Écoutez comme il faut «Hypocritical conflict» et vous comprendrez comme moi que comprendre devient parfois une notion abstraite.
Je dois avouer que la découverte d’ACRANIA m’a grandement plu et il démontre, avec cet album, qu’il est possible de fusionner world beat, jazz et death metal avec subtilité et virtuosité, me bernant même en utilisant des instruments non traditionnels au metal pour faire les passes que devraient justement faire les guitares distorsionnées, créant cet impression de flottement entre free jazz, fiesta mexicaine et techdeath. J’espère que la planète métal est à l’écoute, car il se passe quelque chose dans la tête de ces musiciens talentueux et créatifs.
Lex Ivian
The Mexican band ACRANIA exists under this name since 2006, but had a previous incarnation as Necrofilia (2001-2006). Today it defines itself as avant-garde death metal according to the presskit I received. I just discovered this band with this 3rd album, «Fearless». Many things can hide under «avant-garde metal» and at the same time, this is what naturally brought me towards it. I had many possibilities in mind and I like when the music promises me something different. I went back to listen to «Unbreakable Fury» (2010) and «An uncertain collision» (2012) on its Bandcamp after I was done with this review to acknowledge its evolution. I hope you’ll do the same.
If you weren’t seated when you pressed «Play», it is possible that like me, you had to restart the album because your brain was struggling to understand what your ears sent as a message. This time, ready to face the music, I had to admit that there are indeed congas slamming behind the drums and as if this presence was not enough to destabilize me, here and there, a saxophone and a trumpet burst in the song just to keep my stability to a minimum. You won’t understand what I’ll say here (I guess??) but it was nice to have that feeling to hear a track of death metal while in the background I had a vague impression of Paula Abdul and her conga beat(!!)
Ok I take a little break here to drop off those pf you who don’t believe that this 38 minutes trip in the universe of ACRANIA is worth it. For the others that take the chance to pursue with me, get ready because this ride is going to be a bumpy one though the scenery will be magnificent. ACRANIA managed to make melodic death metal that incorporates mexican folk music, samba, bossanova and other latinos or afro-cuban rhythms. Adding to this for good measures, it plays with song structures and time tables and pours in some jazz while making sure this weird amalgam of music doesn’t remain just an exotic curiosity.
Listen carefully to «Hypocritical conflict» and you’ll understand, as I did, that «understanding» sometimes becomes an abstract notion.
I must admit that the discovery of ACRANIA pleased me greatly and the band shows with this album it’s possible to merge world beat, jazz and death metal with subtlety and virtuosity, fooling ourselves by using non-traditional instruments in metal music to perform leads and solos that should normally be done by distorted guitars, creating the impression of floating between free jazz, mexican fiesta and techdeath. I hope the whole metal universe is listening because something’s happening in the head of these talented and creative musicians.
Lex Ivian





