1452501_10151819261447981_1772928364_n

 

L’autre soir, je suis descendu dans Hochelaga-Maisonneuve pour découvrir une belle petite place, le Atomic Café, situé sur la rue Ontario près de Joliette. Bon c’est sûr que plusieurs d’entre vous vont trouver que ça manque de couleurs sombres… mais faites-vous en pas, les « allergiques aux couleurs pastels », le déroulement de la soirée n’en a pas été affecté!! Il restera tout de même certains petits détails à peaufiner mais je leur souhaite la meilleure des chances car il présente une alternative essentielle dans Hochelaga-Maisonneuve pour agrandir le circuit prêt à accueillir les spectacles de la scène underground.

 

s_MG_0031

 

Bref, j’avais donné rendez-vous à notre photographe, Karolane pour assister au spectacle de The Expectorated Sequence, Discord of a Forgotten Sketch et Striver qui s’y tenait vendredi 24 janvier. D’ailleurs voici le lien pour voir l’ensemble des photos de la soirée. Une soirée qui continuerait en découverte car l’affiche offrait un groupe que je ne connaissais que de nom, un autre de réputation et le 3ème, pas pantoute. Elle m’a aussi permis de connaître et d’échanger avec plein de nouveaux gens sympathiques dont je vous reparlerai de certains plus loin dans le texte et je me permet de débuter immédiatement par l’organisateur de la soirée, Guillaume Archambault qui accueillait les gens à l’entrée et que je remercie d’ailleurs pour les accès offerts gracieusement au Ondes Chocs Party Duo.

Donc, j’arrive à l’entrée devant le souriant jeune homme qui s’occupe de l’admission au spectacle et qui semble connaître tout le monde dans la place. Il n’a pas été long par la suite que j’ai su, premièrement, que ce jeune homme était Guillaume, organisateur de la soirée et plus tard qu’il était aussi le batteur de The Expectorated Sequence. Donc j’arrive devant lui et avant que j’ai le temps de me présenter, il me lance tout de go.

Euh, bonsoir Monsieur. Je voudrais vous prévenir que ce soir il y aura un spectacle et que ce ne sera pas tranquille.

Bon, ceux qui ne m’ont jamais vu doivent se demander WTF, c’est quoi ça le Monsieur? Les autres doivent avoir un sourire en coin car plusieurs d’entre eux ont eu cette réaction en me rencontrant une 1ère fois. Et moi-même, j’en ai eu un petit sourire, étant quand même passablement habitué à cette réaction d’incrédulité sympathique et avenante. Alors, je lui répond tout simplement

Je sais. Je suis ici pour ça.

Euh, wow! C’est donc bein cool ça! s’exclame t’il tout content d’avoir réussi à intéresser un bonhomme à son spectacle.

Je vous raconte tout ça avec encore mon petit sourire car je trouve ça un peu… comment dire ça sans froisser personne… mettons drôle et teintée d’une innocence toute naïve et en même temps, normal car peu de bonhomme fréquente encore aujourd’hui la scène même si elle existe depuis maintenant plus de 30 ans ce qui fait que les fans de la 1ère heure ont donc toutes ces années de plus qu’à l’époque et flirtent alors tout comme moi avec la cinquantaine. Toutefois, je dois le répéter, ils sont très peu à encore suivre la scène activement et je comprends donc cette surprise.

Je rajoute alors question de replacer un peu mieux le contexte que je suis Lex de Ondes Chocs et que j’aimerais bien jaser avec l’organisateur de la soirée. Les présentations étant maintenant faites, je m’enquiers de la présence de Karolane qui m’apparaît sur l’entrefait.

Je suis ici, Lex. J’étais là-bas dans la vitrine.

Autre ronde de présentation et la conversation reprend alors que Guillaume m’explique que le Atomic Café était jumelé auparavant à un club vidéo, pour lequel il travaillait lui-même et qui occupait l’espace arrière du local où se tiennent maintenant les spectacles. La fermeture du club vidéo lui avait donné l’idée de récupérer l’espace vacant et son idée a plus suffisamment au propriétaire du café pour être mise de l’avant. Nice!!!

On a dû par contre abréger la conversation car je dois avouer que quand ça s’est mis à rentrer, il y a eu de l’achalandage et toute l’attention de Guillaume a dû y être mise à contribution car comme je le disais plus haut, il connaissait la majorité des arrivants et naturellement presque tout un chacun y allait de salutations appuyées.

 

s_MG_0015

 

Je ne connais pas nécessairement beaucoup cette scène (vous devez vous en douter suite à la lecture du 2ème paragraphe ci-haut) mais tout de même assez pour avoir reconnu plusieurs visages familiers de la scène sludge/stoner/grind/noise/post et autres déclinaisons s’y rattachant. La foule ne faisait qu’arriver et déjà s’installait une atmosphère de camaraderie chaleureuse. Ça augurait bien pour la suite.

Karolane et moi sommes donc retournés nous asseoir près de la vitrine et une belle petite jasette s’est installée en attendant le début du spectacle qui s’est enclenché aux environs de 22h00. Karolane en a profité pour me montrer le résultat de son shooting de la journée avec le groupe Silent Clash. Et oui, Karolane fait ça. S’il y a des groupes intéressés à se monter un portfolio… regardez comment elle réussit à bien me faire paraître malgré la difficulté intrinsèque au sujet.

 

s_MG_0014

 

Lorsque nous avons vu les 1ers signes d’action sur la scène, Karolane a immédiatement quitté pour aller s’installer à son poste près de celle-ci. J’aurais dû sagement la suivre car dans la minute qui a suivi, il est comme devenu impossible d’atteindre le devant de la scène et c’est parmi une foule dense que j’ai assisté à la performance de Striver dont je réussissais à voir en partie la prestation. En partie à cause de la foule mais surtout parce que Catherine, leur chanteuse, est haute comme 3 pommes et qu’elle livre sa performance au sol devant le stage parmi la 1ère rangée de la foule. C’était donc elle qui est « cette partie » que je n’ai pu voir mais oh que j’ai pu l’entendre. Je m’en remets donc à Karolane pour vous mentionner que Catherine n’a pas seulement une voix intense et solide – chose que je ne pouvais pas manquer- elle est également intense dans sa façon de s’exécuter. Une boule d’énergie passant de la transe hypnotique à la charge agressive explosive, tout ça au rythme des variations des pièces qui naviguent entre un doom/sludge lent et pesant, et un grind/noise rapide et furieux parfois dans la même pièce ce qui a fait qu’on a pu apprécier des pièces aux belles variations et évolutions. Sébastien, bassiste et aussi vocal d’accompagnement, nous a avertis après une quinzaine de minutes que c’en était fini avec les longues pièces et ils ont poursuivi pour un autre 15 minutes où les pièces ont effectivement été plus courtes et plus directes conservant et même augmentant la dite agression sonore vécue. Une performance qui lançait les hostilités avec passion.

 

s_MG_0080

s_MG_0102

 

Donc si vous avez fait le calcul, après une demi-heure il était temps pour le groupe de tirer sa révérence et tous était bien content de savoir que ce n’était qu’un « au revoir », Striver promettant de nous revenir bientôt.

Pendant l’entracte, j’en ai profité pour fraterniser un peu avec ceux que je connaissais dont Mathieu « Are you still there » Bérubé et quelques inconnus car l’atmosphère se prêtait tellement bien aux échanges qu’il n’était pas nécessaire de se connaître à prime abord. C’est donc dans cette continuité que j’ai rencontré Louis Desparois qui s’est présenté à moi comme le mécène du son de la soirée ayant fourni le matériel audio que le soundman Éric Deschênes manipulait. Il m’a alors fait part de son implication à titre bénévole et de la nécessité de cette implication car naturellement, il y a peu de chances de salut si personne ne s’implique de façon désintéressée monétairement surtout dans un contexte de réappropriation des lieux de rencontre d’un quartier par les résidents dudit quartier face à la menace constante que constitue la gentrification; gentrification qui transforme le paysage pour finalement exclure les anciens résidents qui ultimement quitteront chassés par les nouveaux arrivants qui ont modifié la dynamique du quartier. L’exemple du Plateau Mont-Royal est le cas classique le plus connu à Montréal et je l’ai vécu en 1ère ligne puisque j’y suis venu au monde et y suis demeuré jusqu’à ce qu’un parvenu aux visées embourgeoisantes achète la maison qu’on habitait depuis 20 ans et nous force à quitter par une hausse de loyer exorbitante mais permise à cette époque. Enfin, je vous dis ça pour que vous compreniez bien que le discours sur la nécessité de s’approprier son quartier dans un esprit communautaire afin d’éviter de s’en faire chasser trouvait écho dans mon passé.

 

s_MG_0225

 

C’est pendant cette conversation qui a aussi dérivé vers plein d’autres sujets intéressants que The Discord of a Forgotten Sketch ont entamé leur tour sur scène. Quoi de plus approprié à l’esprit de notre conversation car pour ceux qui ne sont pas fluides dans l’autre langue, la traduction pourrait être « la mésentente à propos d’une vision/idée/esquisse oubliée ». Il me semble que ça résume bien l’essence de notre conversation qui tournait autour de la dilution de l’engagement communautaire pourtant essentiel dans la cohésion de notre société comme si aujourd’hui, les gens ne réalisaient plus que l’humain est – et doit absolument être – un animal social et communautaire pour assurer sa survie.

Enfin, toute cette philosophie a fait en sorte que pour une seconde fois, c’est de l’arrière de la foule que j’ai assisté à la prestation du 2ème groupe. The Discord of a Forgotten Sketch, je le répète, me titillait la fibre curieuse à cause de l’aura mythique que je leur avait construit, ne les ayant jamais vu mais ayant souvent entendu parlé d’eux au cours des 10 ans et plus de leur existence. Peu importe ma place dans la salle, et même assis dans la vitrine à la fin de ma conversation avec Louis pendant que The Discord of a Forgotten Sketch se lançait sur scène, j’ai été embarqué dans leur post-hardcore aux accents screamo. Avec les 2 vocalistes/artistes des cordes placés face à face et donnant l’impression de créer une grosse bulle vocale autour d’eux, le trio a donné lui aussi une demi-heure intense où les crescendos et diminuendos constituant leur musique ont facilement trouvé preneur dans la foule déjà conquise d’avance et qui s’abreuvait de cette énergie. Ils ont un nouveau EP sur leur bandcamp depuis l’automne 2013 alors faites juste cliquer le lien jaune pour vous faire et leur faire plaisir. La fin de leur prestation m’a comme pris par surprise coupant court à ma transe mais leur demi-heure était écoulée et je n’ai plus maintenant qu’à attendre la prochaine occasion que j’aurai de les revoir.

 

s_MG_0218

s_MG_0160

 

Encore une fois, l’entracte m’aura permis de jaser un peu à gauche et à droite et c’est une dizaine de minutes avant minuit que The Expectorated Sequence ont lancé leurs 1ères notes. Le trio nous a joué son grind/noise/screamo avec toute la précision et l’intensité nécessaire et même plus au point que leur chanteur a fini par trouver qu’il faisait chaud avec sa tuque après quelques tounes. J’imagine que le sang doit circuler pas mal quand tu t’époumonnes comme ça et à le regarder, la face tout rouge pendant qu’il s’exécutait, ce n’était pas l’irrigation qui manquait. Ils nous ont servi leurs courtes pièces, principalement des explosions d’énergie de quelques dizaines de secondes, telle une agression contrôlée et j’ai encore une fois bien trippé.

 

s_MG_0353

s_MG_0344

s_MG_0343

 

Ils nous mentionnent sur leur facebook de ne pas manquer le lancement officiel de l’album qui s’en vient: First Juice [Power] of the Shit qui devrait sortir pour le début avril. Restez à l’affût car ce sera peut-être alors votre tour de les découvrir et si vous êtes déjà fans, de revenir tripper avec eux car ils offrent une performance qui vaut amplement le déplacement. Pour vous persuader, vous les sceptiques, voici une vidéo tournée lors de la soirée, une réalisation de l’Oeil du Tigre, une étiquette de disques DIY basée à Montréal, qui se spécialise en musique punk et hardcore et dont le leimotiv est et je cite:

Nous valorisons le plaisir, l’amitié, la coopération et l’être humain plus que tout autre aspect de la vie, même le profit!

J’en profite pour ajouter… Way to go guys, I LOVE it!

Je vous donne quelques infos supplémentaires au sujet de l’Oeil du Tigre dont leurs prochaines parutions,

Hashed Out – S/T 12″
Corridor – Un magicien en toi 12″
The Expectorated Sequence – First Juice [Power] of the Shit 7″

Et leurs prochains spectacles où vous aurez vous aussi la chance de venir vous tremper dans cette atmosphère de convivialité.

19 fév : Two Crosses + Dervish + La Riposte au Death House (Montréal)
20 fév : Black Love + Gulfer + New Wings + Mands @ Turbo Haus (Montreal)

Le spectacle s’est terminée vers 00h30 mais la soirée naturellement s’est poursuivie dans cette atmosphère de franche camaraderie que j’ai malheureusement dû quitter pour attraper le dernier métro que j’ai par contre manqué mais je m’en foutais pas mal finalement car la marche c’est aussi la santé qu’ils disent.

Je vous ai promis une vidéo, la voici ci-bas.

Cheers!

Lex