by Gabrielle Bordeleau | Juil 16, 2015 | Critiques, Critiques de Shows

*English version follows
C’est mercredi le 15 juillet à 20h que le groupe PRIMUS s’est présenté sur la scène du Métropolis, dans le but d’interpréter leur nouvel album plus bizarre que jamais «Primus and the Chocolate Factory», inspiré du film Charlie and the Chocolate Factory, sorti en 1971. Ce fut le début d’une soirée déjantée teintée de psychédélisme. Il faut dire que le groupe en soit est composé de personnages délirants, tout particulièrement le bassiste et chanteur Les Claypool, avec sa voix de canard en plastique et sa technique de basse captivante.
Cette épopée psychédélique, divisée en deux parties, a débutée plus sobrement (encore là, c’est relatif avec Primus) avec le trio de musiciens, installé devant un rideau noir, sans trop d’éléments visuels. C’est durant cette première partie qu’ils ont interprété des pièces plus anciennes, comme «Wynona big brown beaver» ou bien «Frizzle Fry», au grand plaisir des fans. Les Claypool ne parle pas beaucoup, mais quand il parle, c’est pour mentionner l’habillement de son guitariste «tout droit sorti du grunge» Larry «Ler» Lalonde, ou bien pour jaser de poutine. Mais quel personnage! Les chansons étaient modifiées pour laisser place à des solos de basse et de guitare encore plus captivants les uns après les autres.
Après un entracte de 30 minutes, le délire chocolaté de Primus a enfin débuté. Des champignons géants, des gros suçons, des Oompa Loompas géants, des musiciens déguisés, tout y était. Accompagnés du FUNGI ENSEMBLE, qui a apporté une nouvelle dimension à leur musique, le trio a donné tout un spectacle. Des séquences visuelles du film de 1971 accompagnaient le groupe et supportait leur épopée musicale. La fébrilité était palpable au Métropolis, et le party était pogné bein dur.
Le groupe est revenu, sous les cris de la foule, pour un rappel de trois chansons, dont «Too Many Puppies». Bref, ce fut un spectacle électrisant et captivant. Les fans ont toutefois eu de la difficulté à laisser partir le groupe, scandant «Primus Sucks!» durant de nombreuses minutes.
Gabrielle Bordeleau
It’s Wednesday, July 15th that PRIMUS appeared on stage at the Metropolis in order to interpret their new album more bizarre than ever «Primus and the Chocolate Factory», inspired by the movie «Charlie and the Chocolate Factory», released in 1971. This was the beginning of a crazy evening tinged with psychedelia. It must be said that the band in itself is composed of delusional characters, especially the bassist and vocalist Les Claypool, with its plastic duck voice and captivating bass technique.
This psychedelic odyssey, divided into two parts, has begun more soberly (again, it is relative with Primus) with the trio of musicians, set in front of a black curtain, with minimal visual elements. It was during this first part they interpreted the oldest songs like «Wynona big brown beaver» or «Frizzle Fry», to the delight of fans. Les Claypool doesn’t talk much, but when he does, it’s to mention his guitarist Larry «Ler» Lalonde‘s clothing straight out of the grunge era, or to chat about poutine. But what a character! The songs were altered to make room for the bass and guitar solos even more exciting one after the other.
After a 30-minute intermission, Primus‘ chocolaty delirium has finally begun. Giant mushrooms, big lollipops, giant Oompa Loompas, dressed musicians, everything was there. Accompanied by the FUNGI ENSEMBLE, which brought a new dimension to their music, the trio put on quite a show. Visual sequences of the 1971 movie accompanied the band and supported their musical epic. The excitement was palpable in the Metropolis, and the party was really in the house.
They returned, under hurrahs from the crowd for an encore of three songs, including «Too Many Puppies». In short, it was an electrifying and captivating show but fans had difficulty letting them go after the encore, chanting «Primus Sucks!» for many minutes.
Gabrielle Bordeleau
by Gabrielle Bordeleau | Juin 27, 2015 | Critiques, Critiques de Shows
Ah, l’Amnésia Rockfest! Ce festival éclectique où les fans de musique se rassemblent le temps d’une fin de semaine, se nourrissant de bières, de poutines et de sensations fortes. Du 18 au 21 juin, le petit village de Montebello s’est fait envahir par environ 200 000 festivaliers avides de musique. Cette dixième édition rassemblait plusieurs gros noms, entre autre System of a Down, Linkin Park, The Offspring et plusieurs autres. Encore une fois, ce fut un grand succès, malgré quelques bémols au niveau technique, et deux morons étant tombés de la grande roue (Ben oui, faut pas se balancer!). Je vous fais donc part de mes réflexions concernant certains groupes que j’ai vus.

Jour 1
Après être arrivée jeudi soir et être restée prise dans les embouteillages jusqu’à minuit (Et avoir manqué Propagandhi, sniff sniff), ça commence en force avec le groupe de death metal Insurrection à la scène Tony Sly 1. Le groupe originaire de Gatineau a donné une performance enflammée. Stef, le chanteur aux allures de farfadet, a su animer la foule avec fougue, se lançant plusieurs fois dans celle-ci. Ils étaient contents de donner leur show et ça paraissait.
Juste après, ce fut le tour du fameux groupe montréalais Beyond Creation sur la scène Tony Sly 2. Je ne suis pas habituellement fanatique du genre technical death, mais je dois dire que c’est un groupe remplit de talent et de génie créatif. Mention spéciale à Hugo à la basse, dont j’adore le jeu technique.
Plus tard dans l’après-midi, le groupe The Dillinger Escape Plan fait son entrée sur la scène Jägermeister sans leur chanteur, qui est resté pris aux douanes. Cela n’a pas empêché le groupe de donner une performance brutale et hors pair. Ça jouait du coude dans la foule! Le guitariste Ben Weinman s’est donc donné pour mission d’animer la foule tout en chantant des parties sélectionnées. Malgré l’absence du chanteur et une corde brisée en plein spectacle, il a accompli sa mission avec brio.
Vers 16h, Deftones est arrivé sur la scène Loto-Québec dans le but de performer en entier leur album «Around the Fur», sorti en 1998. Dès les premières notes de «My own Summer (Shove it)», le public s’est enflammé. Il faut dire que le groupe californien a fait bien des heureux. Chino Moreno, le chanteur, avait une prestance de scène incroyable et l’énergie circulait dans la foule à un rythme effréné. Seul point négatif : on entendait très peu la guitare, qui se faisait écraser par le kick et la basse.
La formation industrielle Skinny Puppy s’est pointée sur la scène Jägermeister vers 21h15 pour entamer une performance théâtrale des plus déjantée. Le chanteur Nivek Ogre était des plus fascinant et électrisant, avec son déguisement alignant des fausses seringues. Le groupe, ayant l’air d’être tout droit sorti de la Matrice, a su captiver la foule.
Juste après, ce fut au tour de la formation mythique The Offspring de donner leur show sur la scène Loto-Québec, performant leur album «Americana» au complet. Le groupe a réussi à attirer énormément de monde lors de leur prestation. Par contre, on sent que les membres ont vieillit, particulièrement le chanteur Dexter Holland, qui peine à atteindre son registre d’antan. Mais bon, le groupe a quand même réussit à installer une ambiance de party dans la foule, et c’est ce qui compte.
Jour 2
Après avoir manqué Slaves on Dope (Déception de ma fin de semaine), ma deuxième journée commence avec le groupe de métal industriel Fear Factory à la scène Jägermeister. Le soundman devait dormir au gaz durant la performance du groupe car le kick et la basse enterrait tout le reste. Malgré tout, la foule était contente et le groupe transmettait une bonne énergie.
Ensuite, la formation Melvins est arrivée sur scène vers 14h30. Je dois dire que c’est l’un de mes coups de cœur de la fin de semaine. Offrant une performance très théâtrale, le groupe a su captiver mon attention avec leur psychédélisme fascinant. On les penserait tout droit sorti d’un univers surréaliste, avec le chanteur Buzz «King Buzzo» Osborne vêtu d’une soutane pleine d’yeux et ses cheveux de scientifique fou. Bref, je n’ai pas été déçue.
Le groupe de punk celtique Flogging Molly est arrivé sur la scène Loto-Québec vers 15h15 pour mettre le party dans la place. C’était le temps pour s’inventer des racines irlandaises et pour caller sa bière. Le groupe a donné une bonne performance et offrait une certaine diversité dans l’événement.
Vers 16h, le groupe gypsy punk Gogol Bordello arrive sur scène. Une autre ambiance de party. On dirait les Cowboys Fringants multiculturels. Je ne connaissais pas le groupe et je dois dire que j’étais agréablement surprise. Chacun des membres apportait une touche spéciale à ce mélange. Le groupe parfait pour installer une ambiance festive dans un festival extérieur. Les gens dansaient, une bière à la main, et avaient beaucoup de plaisir. C’était beau à voir. À part le punk qui dégueule dans la bouette en buvant une gorgée de bière par la suite. Ça, c’était moins beau.
Ce fut ensuite au tour du groupe punk rock mythique Rancid d’entrer sur la scène Loto-Québec. L’un des shows les plus attendus de l’événement je dois dire. Une grande foule était rassemblée pour entendre le groupe interpréter leur album «…And out come the wolves» au complet. Je dois dire que les membres de Rancid sont toujours en forme, car ils ont donné une prestation hors pair. Le son était parfait, ça sonnait comme dans l’album, on aime les formules gagnantes comme ça.
Vers 19h30, le groupe suédois Refused débute leur performance sur la scène Jägermeister. J’ai malheureusement manqué la première moitié du spectacle, mais je dois dire que j’ai beaucoup apprécié ce que j’ai pu voir. Le groupe, ne donnant que très peu de spectacles, a su satisfaire la foule. Vêtu d’un veston noir et d’une chemise bourgogne, le chanteur Dennis Lyxzén ne donne pas sa place. J’ai d’ailleurs apprécié son commentaire mentionnant la sous-représentation de la femme dans ce genre d’événement. Car ce n’est pas comme si c’était introuvable, un groupe composé de femmes.
L’un des groupe les plus attendus du Amnésia Rockfest est immanquablement Tenacious D, qui performaient pour la première fois en sol québécois, enchaînant plusieurs de leurs hits. Merci à Alex Martel! Le quotient intellectuel de la foule a dû baisser de quelques points durant la performance du duo humoristique composé de Jack Black et Kyle Gass (C’pas le Rockfest c’est le Rockfesse E-S-S-E gnahahahhahah…). L’énergie circulait à une vitesse fulgurante, tout comme les corps en bodysurfing. Seul hic: il manquait un peu d’interactions avec le public. Mais dans l’ensemble, c’était extra!
Que dire du groupe Slayer. Cette institution du thrash metal. Je ne suis pas particulièrement fan, mais je crois qu’ils ont su satisfaire la demande. Ça sonne bien et c’est efficace. D’ailleurs, Ça thrashait pas mal violemment en avant. De toute beauté!
Le groupe le plus demandé au cours des années est inévitablement System of a Down. Une marée de gens s’était regroupée pour entendre ce quatuor californien, qui n’avait que trois spectacles à leur tournée. Jamais je n’ai vu autant de gens rassemblés pour un spectacle. Je dois dire que c’était le groupe que j’attendais le plus personnellement. Après un départ un peu hésitant, le groupe devenait meilleur de chanson en chanson. C’était un moment que je pourrais qualifier de mystique. Comme si le temps était figé. Des milliers de personnes qui partageaient quelque chose de spécial. Le groupe a enchaîné plusieurs de leurs succès, tout en plaisant aux die-hard fans en interprétant des pièces un peu moins populaires, comme «Forrest» ou «Needle». Évidemment, j’aurais aimé en entendre plus, peut-être quelques pièces de «Steal this album!», qui a été mis de côté pour l’événement. On n’a jamais assez de System of a Down.
Bref, j’ai beaucoup apprécié ma fin de semaine trash. La musique était excellente, les gens étaient sur le party (et remplis de coups de soleil) et l’ambiance était festive. Encore une fois, l’événement fut un succès. On se revoit l’année prochaine!
Gabrielle Bordeleau