Le Parkinson Metal IV avec Merkabah (lancement de l’album « Ubiquity »), Warder et Heroik à l’Agitée le vendredi 13 juin 2014, ainsi que le retour de Soothsayer avec Ancestors Revenge, Bombnation et un défilé de Avoid Bitches à la Salle Unisson les samedi 14 juin 2014.
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La vie nous offre parfois par hasard les meilleurs cadeaux. En effet, mon anniversaire de 31 ans, le lundi 16 juin 2014, serait précédé par une fin de semaine métallique rocambolesque mettant en vedette des groupes locaux hautement talentueux. De plus, cette fin de semaine s’amorcerait par une quatrième édition du Parkinson Metal tenue un vendredi 13 de pleine lune, évènement astronomique très rare, où les beaucerons de Merkabah lanceraient leur troisième album fort attendu, pour se compléter le lendemain avec le retour sur scène des légendes locales du Thrash Metal, les vétérans de Soothsayer. C’est donc avec une joie fortement teintée d’enthousiasme que ma déesse métallique et moi préparâmes nos foies et enfilèrent notre attirail afin de prendre part à ces épiques évènements.
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Vendredi 13 juin : Parkinson Metal IV
Photos de Ondes Chocs par Stéphane Demers.
Arrivés à l’indispensable Agitée vers 19 h 30, nous étions fin prêts pour la quatrième édition de ces spectacles organisés par l’admirable Marco Chabot, atteint de la maladie de Parkinson depuis 12 ans, et son comparse Marc Lavoie. Après le succès remarquable des trois premières éditions et du Challenge Parkinson Metal, nous étions curieux et enchantés de voir une nouvelle édition maintenant axée sur une sélection de trois groupes du spectre moins extrême du métal. Après avoir eu accès à la salle, gracieuseté de Parkinson Metal, et échangé avec l’animateur Dave « Pickle de la Voie lactée » Rouleau qui m’exposait sa théorie de la soirée hamburger, Heroik de Montréal s’installa sur scène pour entamer un combat où s’entrechoqueraient dragons, licornes, trolls, elfes, nains et valeureux guerriers à l’épée magique.
Heroik est une formation de Power Metal à l’européenne avec une tendance symphonique incarnée par les orchestrations de claviers de Frank Deramond. Sa musique rappelle sans équivoque les formations classiques du genre, notamment Rhapsody of Fire et Stratovarius. Le quintette montréalais en était à son premier spectacle dans la Capitale nationale. Sur scène, le groupe livra ses compositions avec une belle assurance devant une foule qui s’agrandissait au fur et à mesure de leur prestation. Le chanteur Jordan Lepage se distingua avec sa voix d’un registre moyen très bien maîtrisée qui évite un piège fréquent dans ce style de musique, soit la tendance à chanter dans un registre ridiculement haut qui finit inévitablement par être désagréable. Hormis quelques décalages mineurs du guitariste Robin Langlois qui assume le double rôle de guitariste rythmique et de soliste avec un brio et une présence scénique autrement exemplaires, la performance du groupe dégagea une aura de professionnalisme et une bonne énergie tout en étant accueillie de façon chaleureuse, mais réservée par les nombreux spectateurs présents.
Après une brève pause qui nous permit de nous évader quelque peu de la chaleur suffocante qui régnait à l’intérieur, c’était maintenant au tour de Warder d’exécuter sa prestation. Warder est une formation de Québec fondée en 2008 comme groupe de reprises, mais qui a ensuite commencé à composer ses propres pièces qui s’inscrivent dans un Heavy Metal mélodique possédant un son lourd rappelant un Thrash Metal de tempo moyen et des influences pointant vers le Power Metal. Tel qu’incarné sur leur Ep « Escape Plan » (2012), leur son est très facile d’accès pour quiconque connait moindrement le Heavy Metal et pourrait même être qualifié de «radiosympathique ». Sur scène, la troupe présenta sa musique avec charisme et efficacité devant une salle maintenant très proche d’être pleine et des réactions très chaleureuses des spectateurs. Avec une énergie débordante et un son très facile à digérer, le tout fut donc très accrocheur. Je me dois aussi de noter la performance très démonstrative et charismatique du chanteur Guillaume Laberge qui eut cependant quelques difficultés apparentes lors de l’exécution de notes élevées qui semblaient parfois hors de portée de son registre. Le groupe termina par une très belle reprise de «Highway Star» de Deep Purple avant de se retirer sous les acclamations d’un public facilement conquis.
Une dernière pause et c’était maintenant au tour de Merkabah de venir nous présenter son tout nouvel album après trois ans et demi d’absence des planches. Pour ceux qui n’auraient jamais entendu parler de Merkabah, il s’agit d’un groupe de métal symphonique progressif originaire de Beauce, fondé en 2002 et qui partage d’importantes similitudes sonores avec Therion. Mené par le talent exceptionnel et la présence magnétique de leur chanteuse Jacinthe Poulin, le groupe a connu beaucoup de succès sur la scène locale et a récemment signé un contrat avec Maple Metal Records pour la sortie de son troisième album complet intitulé « Ubiquity » sur lequel mon collègue Stéphan Lévesque s’est penché pour Ondes Chocs. À peine la formation montée sur scène devant une salle maintenant pleine à craquer, on put sentir une formidable émotion envahir le public qui attendait visiblement ce moment depuis longtemps. La vocaliste fut d’ailleurs indubitablement émue de voir de nombreux visages connus dans les premiers rangs et le groupe se lança rapidement dans une prestation digne des plus grands avec un son formidable de François C. Fortin à la console. Énergique, précise, charismatique et généreuse, la performance de Merkabah fut sans nul doute le moment le plus fort de cette soirée. Je me dois aussi de noter la performance vocale hallucinante de Jacinthe Poulin avec sa voix puissante, émotive et polyvalente, égalée seulement par sa présence scénique au magnétisme et au professionnalisme hors du commun. Cela dit, les musiciens ne furent pas en reste en livrant les compositions du groupe avec une énergie et un jeu quasi parfaits.
En somme, la quatrième soirée du Parkinson Metal fut encore une fois une réussite sur toute la ligne et on ne peut qu’attendre avec impatience la cinquième édition qui aura lieu le 16 août et qui mettra en vedette Unbreakable Hatred, Karkaos et les gagnants du challenge Parkinson Metal de May Catch Fire. Ce fut donc une très belle ouverture de fin de semaine pour nous et je désire remercier Marco Chabot et Marc Lavoie pour les accès, ainsi que François C. Fortin pour le travail exceptionnel à la console. La soirée terminée, ma délicieuse compagne et moi nous précipitâmes donc vers notre tanière afin de nous reposer pour la tuerie du lendemain.
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Samedi 14 juin : Soothsayer, Ancestors Revenge, Bombnation et le défilé de Avoid Bitches à la Salle Unisson
Photos de Ondes Chocs par Eliott Garn.
Après une dure journée de travail, ma lionne et moi nous préparâmes rapidement pour la suite de cette fin de semaine métallique. Cette fois, nous prendrions la direction de la Salle Unisson pour assister au spectacle concocté par Fred END mettant en vedette le grand retour de Soothsayer sur les planches de la vieille capitale. Arrivés sur les lieux vers 19 h 30, nous constatâmes avec joie que plusieurs irréductibles étaient déjà sur les lieux en train de déglutir de la bière et de fumer le calumet de la paix. Dès il fut évident que ce spectacle attirait autant les vieux de la veille qui ont suivi Soothsayer depuis leurs débuts en 1986 que les plus jeunes métalleux désireux de faire honneur au passé tout en célébrant le présent. D’ailleurs, la salle à l’aspect « underground » pittoresque dégageait déjà une chaleur suffocante et une odeur de petit chien mouillé bien avant qu’elle ne soit remplie. Après une attente ponctuée de conversations plus ou moins matures et d’ingestion de houblon liquide, Bombnation fit son entrée sur scène pour ce qui allait être son dernier spectacle à vie.
Bombnation est un quintette de Crossover Thrash Metal de Québec qui a fait sa marque depuis 2007 avec une musique rappelant les DRI, Slayer, Nuclear Assault et SOD de ce monde et un humour absurde particulièrement déjanté. Le groupe a malheureusement décidé de mettre fin à son existence après ce dernier spectacle et sortira son troisième album à titre posthume. Sur scène le groupe fut fidèle à son habitude en livrant une prestation musicalement solide tout en laissant place à l’humour particulier de son chanteur Mike Waters, affublé pour l’occasion d’une perruque ridicule. La prestation du groupe fut magnifiée par un son exemplaire de la part de Matthieu Pettigrew et de ses acolytes à la console. D’ailleurs, je me dois de souligner les améliorations rapides qui ont été apportées à l’équipement sonore de cette jeune salle de spectacle. Très entraînante, la prestation de Bombnation fut très bien accueillie par les nombreux spectateurs déjà présents et donna lieu à un très beau moment de défoulement collectif qui plut autant aux vieux routiers qu’aux jeunes loups présents.
Aussitôt la prestation de Bombnation terminée, la scène fut dégagée pour faire place au défilé des créations de Avoid Bitches. La salle à dominance masculine démontra immédiatement sa joyeuse perversion en se pressant pour admirer les jolies modèles, dont l’animatrice du Thrashoir à CKRL FM Claudine Hasty, portant les créations réalisées à partir de T-shirts de groupes métaux par Dominique Johansen et Raphaële Émond. Les métalleuses présentes purent aussi se rincer l’œil et noter leur liste de futurs cadeaux avec en prime une visite du légendaire Goatier sur «In League With Satan» de Venom, dans une espèce de messe satanique en l’honneur du beau sexe. Voir l’entrevue de Dave avec les créatrices et les photos de ce défilé en suivant ce lien. Pendant ce défilé, nous pûmes constater que la salle était maintenant très bondée et cela promettait pour la performance de Ancestors Revenge.
Effectivement, après une autre pause qui nous permit de nous libérer de la chaleur étouffante de la salle c’était maintenant au tour de ce quintette de Death Black mélodique de venir nous marteler les oreilles. Existant depuis 2008, la formation menée par le chanteur Bob Jr Girard s’est rapidement taillé une place enviable dans la scène locale avec un son bien à elle et une éthique de travail irréprochable. De plus, son premier album intitulé « The Archaic Return », sorti l’an passé, a été très favorablement accueilli par la critique. Enfin, le groupe nous présentait son nouveau guitariste soliste, Édouard Desaulniers, à sa quatrième performance sur scène seulement avec le groupe. Malgré que le groupe soit toujours très solide sur scène, cette fois l’énergie était à son comble. En effet, la formation prit d’assaut la scène en véritables conquérants tout en livrant une performance précise et puissante. Goatier, absent des dernières prestations du groupe, revint aussi nous gratifier de sa présence divertissante et de nombreuses rasades furent offertes aux fanatiques présents. Encore une fois, un excellent son était au rendez-vous et contribua à donner un aspect magique à cette formidable prestation. De nombreux sursauts de violence souhaitable eurent lieu dans la foule nombreuse avant que le groupe ne termine sa prestation sous les acclamations triomphales du public ravi. La prochaine fois que Ancestors Revenge passe dans votre coin, sautez sur l’occasion!
Après un dernier entracte, le grand moment tant attendu était enfin arrivé : le retour de Soothsayer sur scène à Québec avec un nouvel album intitulé « Troops of Hate» prêt l’an passé. Désolé de vous apprendre cela, mais si vous n’avez jamais entendu parler de Soothsayer, vos connaissances de la scène métal québécoise sont très limitées. Formée en 1986 à Beauport, la formation Thrash Metal composée de Simon Genest (basse), Daniel Clavet (batterie), Martin Cyr (guitare) et Stephan Whitton s’est illustrée comme pionnière du courant au Québec avant de s’éteindre en 1990 lorsque la vague commença à s’étioler. Reformée en 2007 à l’occasion du festival 25 ans de Metal québécois, la formation a continué de composer et de pratiquer pour nous livrer un nouvel album l’an passé. C’est donc devant un public de fidèles fanatiques ainsi que de novices abasourdis que Soothsayer livra avec une puissance autoritaire son Thrash Metal infusé de Punk qui a fait sa gloire. Débordant d’énergie et d’une générosité sans borne, le quatuor perpétua sa tradition de pilonnage sans répit avec un plaisir visible qui mit les spectateurs dans un état de transe. Menée jusqu’au milieu de la nuit noire, la prestation fut cependant désertée vers avant la toute fin par une bonne part de métalleux sans doute esclaves du transport en commun déficient de la Capitale. Cela ne diminua cependant pas l’ardeur des nombreux irréductibles qui restèrent pour admirer la performance précise et joyeusement agressive des légendes du Thrash. Ce fut donc tout bonnement un spectacle d’anthologie!
En somme, après avoir remercié Fred END pour l’accès à la salle, je peux affirmer sans l’ombre d’un doute que le retour de Soothsayer fut un succès total qui clôtura à merveille une fin de semaine complètement démente en termes de qualité sur la scène locale. Quant à nous, pauvres mortels heureux, mais aux oreilles meurtries, nous rentrâmes à la maison très satisfaits de nos deux escapades métalliques consécutives de la fin de semaine! Allez maintenant voir et entendre ce que les boys de Soothsayer réservait en entrevue vidéo et aussi en jam privé avec Ondes Chocs plus tôt cette année.
Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas





