10256218_503708336396739_8032024655779255757_n

 

Après une défaite décevante de la Sainte-Flanelle devant les Rangers de New-York, ma métallique déesse et moi étions assoiffés d’une bonne dose de musique ultraviolente, mais recherchée. Qui aurait-il de mieux dans ce cas que la puissante affiche de la soirée proposée par Karl-Emmanuel Picard de District 7, combinant mort et progression musicale dans un ensemble cohérent, comprenant : le spectaculaire hommage à la légende dénommée Death, appelé Symbolic, les piliers locaux du Death Metal de la vieille école de Kaotik et les virtuoses de la progression métallique de Contemplator. Nous nous empressâmes en conséquence vers l’habituelle Agitée en cette belle soirée de mai.

Arrivants sur les lieux vers 19 heures, une chaleur renfermée régnait déjà à l’intérieur et l’astre du jour déversait généreusement ses rayons sans épargner la sympathique terrasse de l’endroit, sur laquelle nous décidâmes donc de profiter de quelques cervoises en bonne compagnie. Puis, vers 19 h 30, Contemplator entama sa prestation devant un public déjà plutôt nombreux compte tenu de l’heure précoce et du beau temps qu’il faisait à l’extérieur.

Contemplator est un projet de Metal progressif entièrement instrumental initié et mené musicalement et spirituellement par le bassiste Christian Pacaud, autrefois connu, entre autres, comme le bassiste d’Augury de 2010 à 2011. La formation de scène du groupe est complétée par Antoine Guertin à la batterie, Antoine Baril et Maxime Rochefort aux guitares. La musique du groupe, telle que présentée sur leur album éponyme paru l’an passé, présente des similitudes avec Gorguts dans ses moments les plus lourds et King Crimson, parmi tant d’autres influences lors de ses aventures les plus progressives. Sur scène, le groupe parvint sans grande peine à communiquer ses atmosphères, et ce, malgré l’absence de vocal qui peut parfois en refroidir certains en spectacle. Effectivement, la prestation fut musicalement impeccable malgré certains problèmes de console causés par une mise à jour incompatible de cette dernière, à ce que j’ai pu comprendre. Ainsi, on perdit l’amplificateur de la salle vers le milieu de leur performance, ce qui passa plutôt bien grâce à la réaction expérimentée des protagonistes du groupe et de la sonorisation autrement très bien calibrée de François C. Fortin. La foule s’agrandissant au fur et à mesure de la performance manifesta à plusieurs reprises son approbation à grands cris et hochements de tête, tout en démontrant une écoute respectueuse lors des moments les plus doux. En somme, la mission d’ouvrir la soirée fut accomplie de main de maître par les vétérans de Contemplator, ce qui laissait présager une formidable soirée de Métal. D’ailleurs, le groupe sera de retour sur scène en ouverture pour Anciients le 6 juillet prochain à l’Agitée.

 

Contemplator-9

Contemplator-10

 

Après une pause-terrasse fort agréable, c’était maintenant au tour de Kaotik de venir s’exécuter sur scène. Fort connue sur la scène locale, la troupe de Death Metal de la vieille école peut maintenant se passer des présentations d’usages et monta sur scène avec un peu de retard en raison d’un problème de pédale de distorsion refusant de collaborer. Malgré ledit problème qui fut réglé par la simple mise au rancart de la pédale, on put constater dès le «line-check» que le son n’en serait pas moins décapant et violent. Effectivement, c’est avec un son puissant et une précision millimétrique que Kaotik entrepris une œuvre de destruction massive devant une Agitée déjà pleine à craquer et une sueur suffocante. Hautement efficace, le vocal guttural de Pierre-Luc Simard arrachait tout, pendant que les musiciens livraient leurs compositions issues de l’album « Starving Death » (2011) et de son successeur à paraître avec une conviction communicatrice et une qualité d’interprétation de calibre international. Le tout provoqua la violence de la fosse et une réaction déchaînée des spectateurs qui ne furent en rien amoindries par les problèmes de console précédemment évoqués. En somme autant les assauts rapides que les pièces au côté groovy plus lent et Death n’ Roll de Kaotik nous ravirent et firent monter d’un cran l’intensité de la soirée. On attend donc leur nouvel album avec impatience!

 

Kaotik-4

Kaotik-8

 

Après une autre pause prise à l’abri de la chaleur tropicale de l’intérieur, c’était maintenant au légendaire hommage à Death appelé Symbolic de venir gratifier les nombreux spectateurs de leurs reprises tant attendues des classiques du fameux groupe phare. Composé de Matthew Sweeney (guitares et voix), Michael Sweeney (guitares), Antoine Baril (batterie) et le célèbre nouveau venu au sein de la formation, Dominic «Forest» Lapointe (basse), le groupe hommage était en effet très attendu suite à une longue absence des planches à Québec, après le lancement tant attendu, fin 2010, du DVD tourné lors du spectacle très spécial de 2007 qui célébrait la mémoire de Chuck Schuldiner. C’est donc devant une salle pleine à la limite du possible et une foule complètement déchaînée que Symbolic se mit en œuvre avec la superbe « Overactive Imagination« . Aussitôt l’intensité de la soirée se retrouva à son comble, alimentée par une fosse de fous en liberté qui ne relâcha pas avant la toute dernière note de la soirée. Les musiciens nous livrèrent une performance d’anthologie marquée par la virtuosité de Forest sur sa basse fretless, la batterie hallucinante d’Antoine Baril et le jeu de guitare impeccable des frères Sweeney. On eut même droit à la présence, pour une pièce, de Christian Pacaud, ancien bassiste de l’hommage. Généreuse, la formation nous offrit absolument tous les classiques de l’ère plus progressive de Death, reculant même à la période plus Death Metal à la toute fin, avec l’incontournable « Pull The Plug » de l’album « Leprosy » (1988). En somme, ce fut donc un spectacle complètement débile qui nous fut offert par le quatuor en cette belle soirée de mai.

 

Symbolic6

Symbolic5

 

Setlist de Symbolic (de mémoire) :
«Overactive Imagination»
«Suicide Machine»
«Jealousy»
«Nothing Is Everything»
«Mentally Blind»
«Spirit Crusher»
«Living Monstrosity»
«Symbolic»
«Zero Tolerance»
«1,000 Eyes»
«Without Judgement»
«Trapped In a Corner»
«Lack of Comprehension»
«The Philosopher»
«Pull the Plug»

 

Pour conclure, ce fut donc un spectacle enlevant, varié et mené par des groupes tous aussi expérimentés et professionnels les uns que les autres qui nous fut présenté à l’Agitée en ce samedi soir torride. Si les Canadiens de Montréal nous avaient déçus en après-midi, nous eûmes donc droit à un match musical parfait en soirée! Un gros merci à Contemplator, Kaotik et Symbolic pour la qualité phénoménale du spectacle offert et à District 7 pour l’organisation et pour l’accès à l’équipe de Ondes Chocs constituée d’Alex Deleon-Cativo à la capture d’image (voici le lien pour toutes les photos d’Alex) et de votre humble serviteur au rapport. Espérons que les problèmes de console de l’Agitée seront réglés sous peu et un salut à François C. Fortin pour son excellent travail à la sonorisation, malgré les aléas de son outil de travail.

 

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas