1236144_450339978411943_1105972351_n

Black Khox

« A.K.A.B.« 

D7i Records

avril 2014

 

Enfin, j’ai la chance de passer en revue un groupe de chez nous. Black Khox nous offre un stoner bien crémeux à saveur moderne mais empreint d’une saleté digne de leur pochette bien drôle et accrocheuse.

Je ne connais pas très bien l’univers stoner/sludge mais je dois admettre qu’au premier accord de guitare pesant, il s’est soudainement mis à faire 40 degrés sous le soleil du Texas. Je me suis vu au ralenti avec mes bottes de cowboys sales en tabar&%$#* sur le point de me battre avec 2 gros boeufs dans un bar miteux au milieu de nulle part.

Donc ça rentre au poste. Dès les premiers accords, le groove embarque, puissant, entraînant. Un bon côté punk appuie des pièces plus que d’autres tel « Pinata » et « Kong » tandis qu’une lourdeur de pierre s’imprègne dans le premier morceau « AKAB » et aussi dans « BJ« .  Des riffs puissants, lourds parfois rapides, parfois lents et pesants. Point de vue guitares, un très bon album. « Gros » est le mot qui me vient le plus facilement à l’esprit. De bonne mélodies parsèment chaque chansons apportant une touche un peu plus unique à leur musique gargantuesquement énergique. En plus de petit leads ici et là qui font sourire plus qu’autres choses et un bon gros solo bien feelé dans « Amerinachos« . Mais ce qui m’a accroché le plus, c’est définitivement le groove.

Donc un groove qui déménage, carré, direct, sans flafla ni détour. Direct dans ta face, venant probablement de l’influence plus punk. Je ne peux empêcher ma jambe de shaker suivant le rythme de leur musique. Donc, une basse bien grasse de style « ma tante Ginette »,  comme on peut l’entendre dans l’intro de « Parasol« , qui appuie super bien l’album et une batterie qui fait le travail adéquatement! Vraiment la force de l’album à mon avis. Un groove qui transporte au chaud comme on en aurait gravement besoin présentement. Après 3 écoutes, je commençais à sentir ma bouche pleine de sable du désert. Un son et une rythmique aride, torride, chaud, sec, brûlant quoi. Définitivement un album à écouter en Cadillac en traversant l’Interstate 66.

Maintenant, je vais devoir parler de la partie vocale et lyrique de l’album. Premièrement, Black Khox, certains l’auront remarqué, c’est vulgaire! Un peu à la Urban Aliens, c’est trash, ben sale dans la musique, comme dans les paroles. Et la voix aussi. Un ton gras, direct, très punk, entre le cri et le chant. Les mélodies sont correctes, sans plus et à mon avis un peu plus de travail aurait pu y être apporté. La voix est un peu trop saturé, garoché, mais d’un sens, ca va dans l’esprit de l’album. Je trouve seulement qu’il manque une clarté que l’on trouve dans les autres instruments malgré le son sale style stoner, comme si on avait voulu masquer le vocal derrière une belle grosse saturation et bien des effets. J’aurais aimé de quoi de plus clair, mieux maîtrisé.

Donc amateur de stoner, ca rentre au poste, solide. C’est un peu répétitif, mais les grooves sont tellement bons qu’on en oublie aisément qu’ils se ressemblent d’une chanson à l’autre. Ne connaissant pas beaucoup le style, je ne peux pas vraiment me prononcer à dire si l’album est original ou non, mais j’ai passé un bon moment. Surtout avec l’instrumental que j’ai trouvé beaucoup plus recherché dans sa franchise de coup de poing dans face que le vocal qui m’a déçu.

Pour les amateurs de testostérone, de jokes de mononcs cochons, du Texas, de grooves méchants, de bouette, de femelles, de kérosène, de désert et bien sûr de bon stoner, laissez vous tenter!

8/10

Jee