« Through our darkest days«
2013
Fan de In Flames et d’autres bon band death mélo du nord, attachez votre tuque avec de la broche, Mercenary revient et frappe fort. Directement du Danemark, la formation nous amène quelques nouvelles saveurs à ce style déjà exploré plus d’une fois. Et ils le font avec brio et une maîtrise accrue de leur instrument. Alors, allons de l’avant dans l’exploration de cet opus puissant et découvrons ensemble quelle est donc cette saveur mystère dont je vous parle.
Premièrement, parlons électronique car, oui, le groupe utilise allègrement l’électro pour nous transporter dans divers univers. Dans certaine chansons dont « Forever the unknown » ou « Through the darkest days » le groupe l’utilise afin d’ajouter une touche très symphonique, créant des ambiances magistrales et hypnotiques, un peu plus épiques rajoutant une touche plutôt originale. Sinon dans d’autres excellents morceaux comme « Starving eyes » ou ‘A moment of clarity » on sent l’influence de groupes comme Soilwork ou In Flames avec une électro beaucoup plus industrielle et mélodique appuyant les guitares. Donc un excellent ajout, aucunement superflu qui rajoute une dimension extrêmement intéressante aux divers univers que cet album varié nous fait visiter.
Deuxièmement, point de vue riffs et mélodies, le groupe joue dans la simplicité teintée de bon fromage, mais avec énormément de mordant et d’agressivité. Un petit côté Trivium se ressent, mélangeant riffs accrocheurs et mélodies entraînantes comme dans « A new dawn » par exemple. Tandis que des chansons comme « Dreamstate machine » sont plus lourdes, moins mélodiques et plus axés sur un groove pratiquement metalcore qui fait bouger la tête d’avant en arrière style pigeon au lieu de tourner style moulin à vent violent comme le ferait du bon death qui se respecte. Donc simplicité et fromage bleu bien mordant alliant beaucoup de subgenre et d’exploration subtile. Pas de moment totalement fou mais une belle recherche pour mélanger les styles et faire de cet album, une expérience complète et nullement ennuyante.
Un petit moment à explorer sur la rythmique. Ceux qui recherche sensation forte style death technique ou mathcore, passez votre chemin et allez écouter des bands canadiens tel Unhuman, Sykode ou Beyond Creation. En fait, comme beaucoup de groupe du genre death mélo cheese, la basse est très absente malheureusement et la batterie fait un véritable travail de support. Un bon support mais il s’agit probablement de la faiblesse de l’album à mon avis. Trop de 4/4 bien carrés, manque d’accents, de découvertes, de passes où tu fais comme, « wow, omfg, shit man, écoute ça c’te passe là man, yo stie que ça torche c’te feel là dude« … non, pas de moment dans ce genre… faiblesse…
Et pour finir en beauté, quelle voix. Pas dans le ton qui pourtant est très bon mais n’a rien de très original, mais dans la technique incroyable de ce chanteur versatile. Dans la chanson « Welcome The Sickness« , René, le chanteur passe d’un harsh puissant, violent et très mélodique à un refrain à faire pleurer les emos de ce monde, chantant avec beaucoup d’émotions et des mélodies presque BVB. Oh, je crois que ma dernière phrase va en titiller plus d’un soit à cause du nom du chanteur, oui, René, c’est bien cela, mais il est extrêmement talentueux malgré le nom, ou à cause de l’utilisation de Black Veil Bride… BLASPHÈME! Donc René m’impressionne grâce à ses mélodies recherchées et à l’aide de son puissant scream rarissime comme dans « Beyond The Night » mais bien distorsionné et dans des refrains et prérefrains explorant très bien différents niveaux de fromage. Probablement la grande force de cet album, bravo René, la voix va du growl gras au refrain emocore en passant par des harsh trop bien maîtrisé. Bravo
En résumé, amateur de fromage et de bon vin corsé, Mercenary se déguste de plusieurs façons, sur le treadmill pour son énergie vivifiante ou sur le canapé pour la simple découverte d’un mélange de style bien éxecuté et le magnifique voyage que peut nous faire ce délicieux album. Mais amateur de bœuf saignant ou de sushis aux tentacules de kraken marinées aux baies exotiques du Népal, pas assez brutal ou technique pour vous…
Donc 8,5/10!! Mais pourquoi donc pas 10? Parce que la batterie manque d’exploration, la basse existe peu et après 3 écoutes, je vais garder cet album dans ma playlist certes, mais il manque quand même LA toune que je vais mettre en repeat pour me donner mon fix avant de partir conquérir le monde. Et aussi, j’aime le fromage, mais un brin de technicité de plus y aurait donner un goût un peu plus prononcé … pour le mieux. Voilà!
Jee





