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Cursed 13

« Triumf »

Carnal Records

2013

Liste des pièces
No Return
Dead and Gone
Death N Roll
I Love Cyanide
Aska till aska (preludium till)
Frälst av Eld
När Marorna Kallar
Seductress
Requiem/Victory
Agitator (upptakt till Vrede)
Vrede

 

 

D’abord conçue en 1998 sous le nom Cursed 666 comme un projet solo de Heljarmadr (guitares, voix) (Domgård, Grá, ex-Diabolic Lust), la formation Black Metal suédoise Cursed 13 sortait enfin, au mois d’octobre 2013, son premier album complet en carrière. Pompeusement intitulé Triumf, ce premier album peut être vu comme un véritable test pour une formation ayant connu une gestation si longue, parsemée en chemin de deux démos, d’un EP et d’un split avec Domgård. Or, dès la première écoute dudit opus, il apparaît évident que le groupe n’a aucunement raté son coup.

Tout d’abord, dès le motif de guitare saccadé d’introduction de No Return, l’auditeur remarque une recherche esthétique qui vise à s’affranchir des standards habituels du Black Metal scandinave. En effet, la première pièce laisse entrevoir d’importantes influences Doom Metal, accentuées par un accordement en dessous du Mi standard et une production moderne laissant toute la place aux basses tout en conservant un côté rugueux et sombre typique du Black Metal. De plus, on remarque une approche des structures musicales simple et directe qui laisse une grande place à un groove superbement efficace qui se poursuivra sur toute la durée de l’album. Puis, Dead and Gone commence et on constate que le groupe sait varier les styles en nous proposant des influences allant jusqu’au Stoner. Ainsi, le groupe parvient à éviter le piège de la répétition et de l’ennui en nous présentant des facettes différentes de sa musique presque à chaque pièce, que ce soit un Black N’ Roll rappelant les derniers efforts de Satyricon, mais avec une encore plus grande efficacité sur Death N Roll, un Blackened Doom puissant sur I Love Cyanide, ou encore un Black Metal infusé de nettes influences industrielles à la Rammstein sur Agitator (upptakt till Vrede) et Vrede.

Ce qui surprend le plus lors de l’écoute de l’album est l’efficacité avec laquelle le groupe sait présenter ses influences variées dans un tout cohérent. Cursed 13 s’appuie pour cela sur une base solide: des motifs de guitare riches, variés et superbement agencés; une basse vibrante et bien présente qui accentue les grooves efficaces du groupe; une batterie organique qui évite d’en faire trop pour se concentrer sur l’efficacité; un vocal râpeux typique qui éructe des paroles agressives et résolument sombres. L’ajout d’interludes électroniques bien placés et de solos de guitare à l’approche très rock viennent compléter cette mixture gagnante. La seule faiblesse objective qu’on pourra souligner est que sur un album réfléchi et calculé en fonction de l’efficacité et de la simplicité tel que Triumf, il manque ce petit grain de folie ou d’abandon qui aurait pu amener l’album à un niveau supérieur. Le groupe pèche donc peut-être par excès de retenue. De plus, la finale abrupte de l’album fait en sorte que l’auditeur a l’impression d’être laissé en plan avant d’avoir rassasié son appétit. Comme si l’ensemble de l’album nous emmenait vers quelque part, mais nous laissait tomber juste avant d’arriver à destination. Qu’à cela ne tienne, il s’agit tout de même d’un premier effort très prometteur pour la troupe de Stockholm.

En somme, Cursed 13 nous offre un premier album qui saura ravir les amateurs de Black Metal qui recherchent une approche variée, orientée sur le groove et efficace sortant des schémas habituels du genre. La formation démontre donc avec cet opus qu’un futur prometteur s’étale sous ses pas et réussit là où plusieurs groupes, tels que Satyricon par exemple, semblent s’être quelque peu perdus récemment. Triumf est donc un album très efficace et facile à digérer qui pourra être dévoré avec appétit.

7,5/10

Pièces favorites: Dead and Gone, Death N’ Roll, I Love Cyanide et Frälst av Eld

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas