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Le Thrash Metal Attack 4 avec Alcoholator, Bombnation, Hard Charger, Fatality, Sacramentor et Névrose au Bar La Source de la Martinière le samedi 1er février 2014. Une présentation d’END Productions.

Par un samedi neigeux de février, les amateurs de Thrash Metal de la vieille capitale étaient conviés au fameux Bar La Source dans Limoilou pour une soirée de défonce dédiée à cette prolifique branche du Metal et à ses déclinaisons. Pas moins de six groupes étaient au programme concocté par le sympathique Fred END, dont trois provenant de Québec. Il n’en fallait pas plus pour que votre dévoué serviteur et apôtre de la débauche quitte son repaire limoulois en compagnie de sa fidèle compagne métallique pour prendre part à la sauterie. Arrivés sur place peu avant 19 h 30, nous constatâmes immédiatement que la salle venait à peine d’être repeinte, comme en témoignait la forte odeur de peinture qui régnait dans le débit de boisson. De plus, les murs étaient recouverts d’un tout nouveau revêtement imitant des lattes de bois. Il fut donc plaisant de constater que le propriétaire de ce bar qui accueille des spectacles métalliques depuis peu met le paquet pour améliorer le potentiel des lieux. En effet, l’auteur de ces lignes avait assisté à un tout premier spectacle en ces lieux lors de la venue de Skull Fist le 18 août dernier et il est plaisant de constater que des améliorations ont rapidement été apportées à la configuration des lieux ainsi qu’au matériel sonore mis à la disposition des artistes après des débuts un peu bancals, comme j’avais déjà pu le constater lors du passage de Potion 13 en ces lieux au mois d’octobre dernier. Pendant qu’un mélange bigarré de métalleux, de punks et de clients habitués affluait à l’intérieur, nous nous abreuvâmes de délicieux houblon en discutant avec Jonathan Gauthier (Haeres, Aborgnon, Saccage), Pierro Chicoine (Sacrementor, Ex-Blackwind), Stan (Sacrementor, Phosphorus) et plusieurs autres membres en règle de la scène metal de Québec. Puis, vers 20h, Névrose entama son œuvre de démolition.

Avant de parler de la prestation de ce quatuor de Blackened Crust/D-Beat, attaquons-nous aux présentations d’usage. Névrose est un tout nouveau projet musical formé par des membres de Cyanide Eyes, Saccage et d’anciens membres de Fuck The Facts et Mesrine. La formation se présente comme suis: D. Ray White (David Raymond-Leblanc) à la guitare lead et au vocal, D. Controverse (Dany Beauregard) à la batterie, N. Botch à la guitare rythmique et au vocal et S. Décalisse à la basse et au vocal. Sur scène, Névrose entama sa prestation avec fracas et d’entrée de jeu, nos oreilles furent assaillies par des guitares beaucoup trop prédominantes dans un mix sonore approximatif qui fit en sorte que j’eus besoin de bouchons (merci pour les bouchons Pierro!) pour mieux distinguer les motifs de guitare dans ce flot de distorsion impénétrable. Effectivement, malheureusement pour tous les groupes présents et les très nombreux spectateurs sur place, il n’y avait pas de technicien de son attitré sur place et la console de l’endroit est encore très minimale. Toujours est-il, qu’une fois les bouchons en place, je fus plus en mesure d’apprécier la musique simple et violente proposée par Névrose. Côté présence scénique, le groupe fut aussi très efficace avec une prestation mouvementée et énergique et les nombreux spectateurs semblaient ravis. Ce fut donc un baptême de scène réussi pour Névrose malgré un son mal balancé et je vous encourage à aller écouter la pièce « Neurasthénie » qui est disponible sur leur Bandcamp.

Après une courte pause, c’était maintenant au quintette de Thrash Metal de la vieille école dénommé Sacrementor de venir s’exécuter sur la scène de La Source. Cette formation créée en 2007 est de retour sur scène après avoir connu une période d’inactivité et compte maintenant parmi ses rangs: Louka Simard au vocal, Steve Roussin à la guitare lead, Stan (Phosphorus) à la guitare rythmique, Sebasto à la basse et Pierro « Larcinoz » Chicoine à la batterie. Pendant qu’ils s’installaient sur scène, je me remémorai leur spectacle qui m’avait très agréablement surpris lorsque je les avais vus ouvrir la soirée pour Demona et Skull Fist en août dernier et je me préparais pour une décharge en règle de pur Thrash Metal. Malheureusement, le sort en décida autrement. Tout d’abord, dès les premières notes de leur prestation, le groupe éprouva lui aussi des problèmes de son. Cependant, cette fois c’était l’inverse de ceux éprouvés par Névrose; les guitares étaient presque indiscernables enterrées sous la batterie et la basse. De plus, Pierro était visiblement embêté par de nombreux problèmes avec la batterie fournie par le producteur de la soirée. Le banc de batteur descendait tout seul, la configuration des tambours le rendait mal à l’aise et pour couronner le tout, il était incapable d’entendre quoi que ce soit dans le moniteur qui lui était imparti. Ceci résulta en une performance laborieuse pour le batteur qui, à mi-chemin de la prestation, vit la moitié de la batterie s’effondrer littéralement sur la scène. Qu’à cela ne tienne, le groupe ne se laissa pas démonter, remonta en selle et la présence charismatique des guitaristes et du chanteur permit à Sacrementor de s’en tirer avec plus de peur que de mal. En espérant que le groupe aura moins de problèmes techniques lors de leurs prochains spectacles, je vous encourage à aller consulter leur page Facebook si vous êtes amateurs de bon vieux Thrash.

Fatality, un quatuor de Toronto était le prochain groupe à venir s’exécuter sur scène. Existant depuis plus de dix ans, la formation compte deux albums à son actif: Beers from The Grave (2009) et Psychonaut (2013). Le groupe se compose de: Spencer « The Speen machine » Le Von (guitare, voix), Eytan Gordon (guitare lead), Adam Zlotnik (basse) et Mason Le Von (batterie). Musicalement, le groupe pratique un Thrash Metal moderne ayant comme influences évidentes Exodus et Anthrax. Sur la scène de La Source, le groupe nous démontra rapidement son talent avec une prestation exceptionnellement précise et exempte des gros problèmes de sons éprouvés par les deux premières formations. En fait, au tout début de leur performance, seul le son du vocal manquait un peu de jus, ce qui fut rapidement corrigé. Avec un grand charisme et une chimie de groupe palpable, Fatality nous livra donc un spectacle hautement efficace, pratiquement impeccable. Les nombreux spectateurs semblèrent grandement apprécier la performance des Ontariens quoique, comme c’est souvent le cas à Québec avec des formations un peu moins populaires venant de l’extérieur, ceux-ci restèrent un peu en retrait et ne s’agitèrent pas beaucoup pendant la prestation. En somme, je fus très impressionné par Fatality et c’est un groupe que je surveillerai très certainement à l’avenir. Vous pourrez trouver plus de renseignements sur eux sur leur page Facebook.

L’alcool faisait maintenant son œuvre et des fumées étranges flottaient à l’extérieur lorsque Hard Charger entama son tour de chant. Le trio originaire de Fredericton au Nouveau-Brunswick venait nous présenter son mélange de Punk, de Metal et de Rock qu’il désigne du terme Crust n’ Roll. La formation évoluant depuis 2006 est constituée de Tom (vocal, batterie), Dave (guitare, voix) et Rikki (basse). Sur scène, ma première expérience avec le groupe fit ressortir d’abord et avant tout leurs influences. En effet, la musique de Hard Charger laisse transparaître de forts relents de Discharge, Zeke, mais d’abord et avant tout Motörhead. Menée avec expérience, leur performance était précise et agressive tout en étant très sobre en ce qui concerne la présence scénique. Le groupe jouait ses pièces avec conviction sans toutefois se laisser aller à bouger et à rejoindre le public qui se tenait encore une fois plutôt en retrait à l’exception d’un fanatique convaincu du groupe qui menait une fosse à lui seul, parfois rejoint de quelques acolytes, y allant même de mouvements de breakdance. Passé cette scène surréaliste, je fus quand même circonspect quant à mon appréciation générale de Hard Charger. Effectivement, je fus un peu déçu par le côté répétitif de la musique qui faisait en sorte que les pièces semblaient pareilles à mes oreilles. De plus, le son était encore une fois assez approximatif, ce qui m’empêcha de pleinement me laisser emporter. Une prestation honnête, en somme. Si vous voulez vous renseigner sur Hard Charger, leur page Facebook saura vous répondre.

Le prochain groupe à s’amener au marbre était le fameux quintette de Québec connu sous le nom de Bombnation. Terrorisant la ville de Québec depuis 2007 avec leur Crossover Thrash Metal, la formation compte parmi ses rangs: Jack Moose (guitares), Mike Waters (Stoned Horses)(vocal), John Whale (guitare), Daniel Corriveau (basse) et Christian « Crocko » Labrecque (Stoned Horses, Fistfuck) (batterie). Bombnation a déjà plusieurs sorties à son actif et prévoit lancer un troisième album intitulé Night Invasion cet été. Sur scène, le groupe s’installa rapidement et le chanteur Mike Waters, vêtu d’un bandeau bleu autour de la tête tel Mike Muir de Suicidal Tendencies, se plaça rapidement en avant de la scène, se pavanant tel un lion en cage et interpellant les spectateurs avec une diatribe teintée de son humour particulier. Aussitôt, les spectateurs se rapprochèrent de la scène et le groupe se lança dans une prestation précise, puissante et divertissante qui déclencha hostilités et délire dans la fosse. Bénéficiant d’un son enfin correct, Bombnation démontra aussi une présence scénique solide et me fit en somme fort bonne impression avec une musique simple et efficace qui prend tout son sens sur scène. Si vous aimez Slayer, Nuclear Assault, DRI, Suicidal Tendencies et Anthrax, je vous conseille fortement d’aller jeter un coup d’œil du côté de la page Facebook de Bombnation!

La soirée était maintenant très avancée et c’était au tour de Alcoholator de venir nous achever avec leur Thrash Metal de la vieille école aux thèmes éthyliques. Ce quatuor montréalais est formé de: Matt Butcher (guitares, vocal), Oli Whiskey (guitares, backvocal), Phil Macht (batterie) et Gord (basse). La formation jouit d’une réputation grandissante dans l’univers du Thrash avec le succès de son album Coma lancé en 2011. Égal à lui-même, le groupe nous livra sa musique tout droit sortie des bas-fonds des années 1980 avec son efficacité légendaire, son humour alcoolique et sa présence charismatique. Tout comme Bombnation avant eux, ils bénéficièrent du meilleur son de la soirée, ce qui ajouta à l’efficacité de leurs hymnes à la débauche. Comme de raison, ce fut aussi la prestation à laquelle les spectateurs répondirent avec le plus de ferveur, se précipitant en avant dès le début et déclenchant des hostilités dans la fosse avec enthousiasme. Le tout se termina par une finale très chaotique où le groupe cherchait avec humour d’autres rappels à interpréter sous la pression des spectateurs. En somme, ce fut certainement la meilleure prestation de la soirée et allez découvrir Alcoholator dès maintenant sur leur page Facebook.

En conclusion, ce fut un formidable marathon de Thrash qui nous fut offert en ce samedi soir neigeux de février. Mes seules déceptions de la soirée furent les aléas du son qui handicapèrent plusieurs des prestations de la soirée, ainsi que le passage difficile de Sacrementor qui eut de nombreux problèmes techniques avec la batterie et la sonorisation. Cependant, je suis très sûr que ce groupe se reprendra dès son prochain spectacle. Mis à part ces désagréments, la soirée fut hautement divertissante, donna lieu à d’intéressantes découvertes musicales pour moi, ainsi qu’à d’excellentes prestations par des groupes que j’apprécie. Pour terminer, je remercie chaleureusement Fred END pour l’accès au spectacle!

Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas