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(Toutes les photos du show sont disponibles ici)

 

 

Une caravane arrive à l’horizon, dans la froidure hivernale la plus intense. À l’intérieur, une troupe musicale aux allures de cirque des psychoses humaines, fébrile à l’idée de la soirée de représentation qui l’attend. Leur destination, une vieille ville fortifiée se pointe enfin le bout du nez et la caravane se gare près d’un débit de boissons alcoolisées, où ils se produiront, dans la Sibérienne nuit.

Quelques heures plus tard, un scribe quitte sa douillette demeure, dans la noirceur, bravant le froid pour couvrir ledit spectacle sans désarroi. À la dix-neuvième heure de la journée, il fait son entrée dans la taverne peu peuplée, à cette heure précoce de la soirée. Il y bénéficie aussitôt et avec révérence de l’accès à la salle, suivant un mot de passe secret, gracieuseté de District 7, incarné en cette soirée par Alexandre Beaudet. Bientôt rejoint par sa tigresse de cuir et d’acier vêtue, le scribe à l’esprit déjà ouvert par la déesse Marie-Jeanne, entame une beuverie le libérant des limites logiques de la jarnigoine. Peu après, la première troupe de la soirée entre sur scène sous le nom Dead Citizen, affublé de maquillage et de costumes d’apparences malsaines, voici ce qui s’en suivit.

Troupe musicale récemment constituée, Dead Citizen évolue dans l’univers sombre et mélancolique du rock alternatif lourd tout droit sorti des années 1990 et très certainement inspiré par des formations telles que Smashing Pumpkins, Tool et leurs complices. Leur musique basée sur les lignes de basses prenantes de Frédérick Bernier, bien appuyées par Philippe Drolet à la batterie et les guitares saturées planantes de Marc Gagnon, nous entraîna dans un univers torturé avec aplomb. Le chant varié très bien exécuté de Éric Molloy fut aussi un point fort de leur performance, tout comme sa présence scénique remplie d’un caractère démonstratif et de prestance. Cependant, quelques difficultés techniques avec le fil de la basse firent visiblement perdre patience au bassiste qui attira ainsi un peu trop l’attention sur ce problème qui était mineur pour la présente populace. Cela dit, le groupe réussit sans grande peine à soulever l’approbation de plusieurs des membres de la foule encore modeste, présente pour leur prestation. Les amateurs de rock alternatif sont conviés à consulter cette page dans les délais les plus hâtifs.

Une pause houblonnée et c’était au tour de Trobar de venir s’exécuter, sur la scène de l’Agitée. Musicalement, on évoluait maintenant dans les eaux du métal folklorique, plus précisément une combinaison de thrash métal progressif et de mélodies sorties du répertoire celtique. Sur scène, la prestation fut prolifique, d’une précision mathématique tout en restant magique notamment grâce à la présence ensorcelante de la flûtiste Pascale Lévesque et de ses envolées mélodiques. Furent aussi à l’honneur les rythmiques biens élaborées de Anaël Turcotte, soutenant les motifs de guitare souvent saccadés de Jean-Luc Déziel complétés à merveille par les claviers de Alexandre Levasseur, les lignes de basse de Vincent Roy et les grognements bien calibrés de Éric Albert Dastous. Votre humble serviteur fut cependant un peu moins convaincu par les voix claires de ce dernier, qui ne semblaient pas toujours accordées aux chœurs très bien exécutés de la flûtiste précédemment mentionnée. Qu’à cela ne tienne, l’ensemble fut des plus convaincants alors que la salle continuait à acquérir de nouveaux participants. Amateurs d’hydromel et de celtiques mélodies, Trobar vous convie à aller consulter cette page, sur votre boîte à classer les données et les images.

Un dernier entracte, et le cirque psychotique prenait place sur scène pour nous livrer le dernier acte. Unexpect, fut comme son nom le laisse supposer, l’auteur d’une surprise à chaque fois renouvelée, par la virtuosité de ses membres nous fûmes encore une fois époustouflés. Tirant d’abord des atouts récents de leurs manches bien garnies, les guitaristes Syriak et Artagoth jonglaient habilement avec les motifs, soutenus par les  funambules rythmiques de Landryx à la batterie et de Chaoth avec son immense et incompréhensible planche à neuf cordes. Leilindel, véritable reine issue d’un monde fantastique depuis longtemps enfoui dans les abysses de l’esprit humain, trônait quant à elle au centre de la petite scène, où elle nous faisait étalage de ses voix toujours aussi hallucinantes. Seule l’absence du violoniste Blaise Borboen-Léonard, souleva l’interrogation du scribe devant cette formidable démonstration. Néanmoins, toujours sur cette superbe lancée, le groupe puisa toujours plus loin dans ses tours, pour remonter avec nous leur évolution sans détour. Le tout était exécuté dans une abondance de mouvements chaotiques bien accordés à leur dédaléenne musique. L’excellente prestation attira les acclamations de la foule maintenant très compacte qui peuplait le lieu et déclencha même quelques hostilités dans la fosse déchaînée. La troupe montréalaise dépassa donc toutes les attentes en cette soirée à la chaleur suffocante, contrastant avec la froidure étouffante du dehors.

Maintenant bien réchauffés, le scribe et sa douce s’assoient au bar, accompagnés d’un grand rouquin du nom de Patrick Graham, s’abreuvant de potions de sagesse avant de rejoindre le froid macadam. Puis, les joues rougies par l’alcool, ils rentrent chez eux la tête encore envahie des pensées chaotiques du cirque psychotique.

 

Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas

 

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