Couvrir la scène montréalaise devient souvent une loterie lorsque vient le temps de choisir à quelle soirée nous assisterons considérant la quantité de spectacles qui se tiennent simultanément mais nous nous livrons aussi à une gymnastique mentale afin de trouver une façon de toujours vous en offrir plus et c’est dans cet optique que Dave, dans un de ses moments d’extrême lucidi-di-dité (comme dirait Jean Leloup), a eu la bonne idée de demander encore une fois à quelqu’un qui s’implique sur la scène – dans son groupe et aussi à titre de fan puisqu’il n’est pas rare que je le rencontre dans les spectacles – s’il serait intéressé à couvrir un événement pour Ondes Chocs pendant que je serais au spectacle de Watain et que lui-même serait au Trois-Rivières Metalfest. Devant le même enthousiasme pour lequel notre nouveau collaborateur est reconnu, Dave organise le tout. C’est donc avec plaisir que je vous présente l’auteur de ce texte, Patrick Martin, vocaliste de la formation thrash Reanimator qui a assisté au concert de Soulfly et Havok, au Théâtre Corona Virgin Mobile, organisé par Evenko et Greenland Productions que nous remercions pour leur collaboration. – Lex Ivian

 

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Vendredi le 11 Octobre dernier, la tournée SAVAGES du groupe SOULFLY passait par le Théâtre Corona Virgin Mobile de Montréal avec en première partie le groupe HAVOK. Étant un grand fan de Havok depuis quelques années, j’étais dans l’obligation de me présenter sur-le-champ de bataille. Je me suis donc exilé de ma banlieue tranquille pour me rendre à Montréal et me mettre un peu dans l’esprit sauvage qu’annonçait ma soirée. J’ai écouté mon cœur pour finalement prendre un petit deux heures avant le show pour aller voir MACHETE KILLS au cinéma. Après ces deux heures de coup de feu, de démembrements et de giclées de sang, j’étais d’attaque pour une soirée toute aussi violente!

 

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À mon arrivée au Théâtre Corona Virgin Mobile, je me suis rendu au bar pour me désaltérer un peu et du même coup reluquer les stands de merch, pour finalement repartir avec un beau gilet NO KARATE IN THE PIT de Havok et leur dernier opus Unnatural Selection. J’ai eu la surprise de croiser des gens (les gars de BornBroken, Open Your Mind, Canceric) qui tous comme moi, n’était pas au Trois-Rivière MetalFest en fin de semaine (un facteur qui m’effrayait un peu pour la soirée, car dieu sait que 98% des métalleux québécois était à Trois-Rivières ce soir-là pour voir VOIVOD et SUFFOCATION). Trois bières et cinq cloppes plus tard, Havok s’installait sur la scène pour dégourdir une salle à moitié remplie.

 

Il est 20h, les lumières se tamisent sur la scène laissant apparaître en arrière-plan que le logo du groupe. Une intro joue dans le système de son qui pousse les fans à scander HAVOK! HAVOK! HAVOK! Et PAF! Ils entament en force avec Covering Fire. Les headbangers s’en donnent à cœur joie et le soundman en profite pour placer sa balance de son. Les gars sont drettes, c’est incroyable. Ils nous déchargent leur Thrash Metal en pleine gueule pendant un bon 45 minute en prenant soin de faire un bon mélange de la plupart de leurs albums. Sérieusement, Havok c’est bon en criss sur CD, et c’est tout aussi bon live. Les gars connaissent leur stock et ça parait. Reece Scruggs (Lead Guitar) et David Sanchez (Chanteur/Guitariste) sont de putain de bons guitaristes s’échangeant les solos de guitare tout au long de leur set (j’ai par contre préféré le jeu de Sanchez à celui de Scruggs qui est un peu trop flashy). Pour ce qui est de la voix, c’est un vocal efficace qui sort de la gueule de Sanchez, un timbre de voix qui me rappelle Mark Osegueda de Death Angel (qui seront d’ailleurs à Montréal le 3 novembre). L’apogée de violence du Pit était sans aucun doute pendant D.O.A , la foule était complètement disjonctée! Du côté rythmique, la basse n’était pas très présente dans le mix comparativement à ce qu’on entend sur les enregistrements studio, mais malgré tout, Mike Leon (Bass) nous a livré un bon show avec son énergie à la Steve Harris et ses quelques passes de Slap Bass. Il ne faudrait surtout pas oublier Pete Webber, le drummer qui est carrément une machine de guerre. TABARNAC! Pendant un instant je me suis demandé si ce n’était pas le fils de Dave Lombardo. Le gars y fesse, y fesse fort. Bref, ce groupe est un must pour les fan de Thrash Metal et de la New Wave Of Thrash Metal. Ils ont du bon stock, ils sont de bons musiciens, ils ont des gueules de fuckers et ont une bonne attitude face à l’auditoire et ça se ressent dans le pit! Sans oublier leur devise (que j’adore) NO KARATE IN THE PIT!

 

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Après une pause cigarette bien méritée et un refill de bière très anticipé, je me retrouve devant la scène avec un parterre plein à craquer pour accueillir SOULFLY. Un groupe que je ne connaissais pas beaucoup et que j’ai beaucoup apprécié. Étant un grand fan de SEPULTURA je ne m’étais jamais aventuré dans la discographie de SOULFLY… je sais… shame on me. Par contre, à mon grand bonheur, j’avais entendu dire que les gars allaient nous jouer quelques morceaux de SEPULTURA! Yeah boy! C’est alors que Max Cavalera et sa gang ont lancé le bal avec une track de leur nouvel album qui s’intitule Bloodshed. Ça fesse et les fans chantent le refrain de toutes leurs forces. Tout au long du set j’ai remarqué que la plupart des gens connaissaient les lyrics et même ceux en Espagnol! Esthétiquement parlant, SOULFLY c’est crotté, à l’image du frontman qui est toujours aussi pwel après toutes ces années. Pour moi, Max Cavalera, c’est le maitre des Pwels. Y’est sale, y pu, mais criss qui gueule fort et j’adore ça. J’ai aussi remarqué que le drummer avait l’air très jeune… du genre pas de poils au menton encore… En me renseignant un peu plus, j’ai appris que le drummer était le fils de Cavalera. Zyon Cavalera, un jeune drummer de 20 ans qui a joint les rangs du groupe pour l’enregistrement du dernier album. Le jeune Cavalera fesse fort! Il ne fait pas seulement fesser fort, il joue très bien, avec un oncle comme IGOR CAVALERA, t’a pas le choix de faire honneur à ton nom et Zyon a dû rendre son oncle assez fier. Il aborde un jeu assez semblable à celui de Igor, des beats tribaux soutenu par du bassdrum très puissant et efficace. Tony Campos (ex-Static X, Possessed, Ministry) est le bassiste de cette formation. Il semble avoir une très grande camaraderie entre Max et Tony, s’échangeant les parties vocales. Tony nous a même chanté El Comegente qui se retrouve sur le dernier album du groupe. Marc Rizzo occupe le poste de Lead Guitar dans le groupe et il le fait très bien. Une espèce d’hybride entre Scott Ian (Anthrax) et Kerry King (Slayer). Il se débrouille quand même bien avec les leads et les solos, mais son plus grand atout est d’être un Rythm Guitar très solide. Avec un Max Cavalera qui passe à peu près 50% de son temps à lâcher sa guitare pour prendre le micro en main, Marc se doit d’être solide pour patcher l’absence d’une guitare. En gros, Soulfly c’est primitif, tribal, c’est pwel en tabarnac et les fans aiment ça. Cavalera a réussi à plusieurs reprises à créer des circle pit assez violents et à faire sauter la foule au rythme des chansons. Vers la moitié du set, les gars nous ont interprété quelques tounes de Sepultura dont Refuse/Resist, Territory et Arise pour nous achever avec la fameuse Roots Bloody Roots. Pendant celle-ci, on a même eu droit à un move à la K.K Downing et Glenn Tipton de Judas Priest entre Max Cavalera et Tony Campos! Ils nous reviennent ensuite en rappel avec Eye for an Eye pour finalement nous faire une version écourtée sans vocal de The Trooper de Iron Maiden.

 

 

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Bref, une maudite belle soirée Thrash Metal. Havok ont défoncé des culs et Soulfly ont rendu leur fans plus qu’heureux et ce fut une belle découverte pour moi. Malgré le Trois-Rivière MetalFest, le Théâtre Corona Virgin Mobile était plein à craquer pour Soulfly. Je vous suggère d’aller vous procurer les derniers albums de chacun de ces groupes (HavokUnnatural Selection et SoulflySavages), ça en vaut la peine… Amateurs de coup de poing dans face, vous serez servis!!

Patrick