Voici le compte rendu de Martin Desbois lors du spectacle de Heilung présenté par Greenland Productions et Evenko au MTelus de Montréal le 3 septembre 2022. Crédit photo: Susan Moss

Heilung

Hier au MTelus (anciennement le Métropolis), j’allais revivre l’expérience Heilung.

Un groupe allemand que je connais depuis leurs débuts. Dès lors, ils étaient assez undergrounds et sombres pour moi et une superbe découverte. Je ne m’imaginais jamais l’ampleur de leur succès qui fut somme toute relativement rapide. Sûrement l’œuvre de la troupe d’Einar Selvik (Wardruna) ainsi que la montée de la tendance au retour aux choses singulières et primaires, un appel et un besoin de renouer avec la nature et le vivant.

Heilung signifie en allemand guérison (healing en anglais). Composé à la basse de trois membres racines : Kai Uwe Faust, Christopher Juul, et Maria Franz. Le projet a beaucoup évolué depuis. Juul travaillant déjà le son dans son studio il approche Kai Uwe afin d’enregistrer des sonorités axées sur l’âge de fer, l’âge de bronze, inspirées aussi de l’époque paléolithique. Maria rencontrera Juul et ainsi Heilung prendra forme.

Le groupe est très singulier : sur scène les attributs vestimentaires sont inspirés de la période viking, mais aussi beaucoup du chamanisme et de l’animisme des peuples du nord en n’oubliant pas les lapons (Samis) et les slaves au passage. Ce qui fait d’Heilung un in contournable dans le genre.

Comme à leur première venue (ceci était leur deuxième en sol montréalais), les adeptes et curieux ont eu droit à aucune prestation d’ouverture soit seulement le programme principal.

Ce n’est pas qu’une prestation musicale ici. On débute toujours le tout par un rituel de purification de l’espace de la scène, mais aussi du public, avec de la sauge projetée avec des smudge : un bâton de sauge utilisé aussi par les autochtones pour la purification rituelle. Les fameux guerriers traditionnels seront de la partie aussi, ajoutant au spectacle.

Il y aura beaucoup de symbolisme aussi : une prestation d’une femme qui représentera selon moi l’asservissement et qui sera poings liées avec une lance comme fardeau et délivrée par la suite par Maria. Un acte d’une sensibilité accrue et se voulant revendicateur avec beauté.

Nous avons droit aux succès de leur premier album Ofnir  ,Alfadirhaiti, (qui veux dire le père de tout, un hommage à Odin, divinité omniprésente dans l’univers d’Heilung), la fameuse In Maidjan, où l’on récite les vint-quatre runes sous un rythme initiatique et du chant de gorge de Kai Uwe Faust et Hakkerskaldyr.

L’album le mieux représenté sera Futha avec les pièces Svanrand, Othan,Galgaldr,Traust,Elddansurin et Hamrer Hyppier. Le nouvel album Drif ayant paru tout juste au bon moment, peu avant le concert, aura permis à plusieurs de pouvoir se familiariser l’excellente pièce qui pour moi est tout simplement un puissant ver d’oreille. Une excellente chanson. D’ailleurs un vidéo est disponible sur Youtube et il est magnifique visuellement.

 

Fort heureusement, je cru bon de ne pas aller dans la foule. Il y faisait drôlement chaud et la vue moyenne. De mon emplacement, je pu voir tout le spectacle presque de façon parfaite et le son était très satisfaisant, voire mieux qu’à leur précédente visite. Encore une fois, la foule et moi inclut, furent éblouis, transcendés par la musique, la théâtralité, sans oublier les choristes dont Annicke Shireen qui donnèrent toute une prestation!

Maintenant prochaine étape, Wardruna qui reviendra à Montréal avec une nouvelle date en octobre prochain.

Merci Heilung!