Lundi le 3 octobre, Leprous, Earthside, Binary Code et Dissona au Club Soda, une présentation de La Métropole du Prog.

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Pendant trois jours de suite, le public montréalais avait droit à quatre concerts où les groupes principaux font du Metal progressif. Et vous savez ce qui est beau là-dedans: chaque groupe vedette venait d’un pays différent. Dimanche le 2 octobre, il y avait les Américains de Symphony X avec Heaven’s Cry et Unbeing aux Foufounes Électriques. Lundi le 3 octobre, il y avait Leprous de la Norvège avec Earthside, Binary Code et Dissona au Club Soda. Là où ça se gâtait le plus c’est mardi, et j’imagine que plusieurs ont dû faire un choix déchirant, il y avait deux concerts en même temps. D’un côté, il y avait Opeth de la Suède avec The Sword au Métropolis, mais de l’autre, il y avait notre fierté québécoise Gorguts avec Intronaut, Brain Tentacles et Teramobil au Théâtre Fairmount. Je vous dis ça parce que le début de la semaine offrait une variété de concerts qui visaient principalement la scène du Metal progressif avec des groupes qui venaient d’un peu partout et pour les personnes avec un budget et un horaire plus serré, il fallait faire des choix. Le mien s’est arrêté sur le concert de Leprous.

En fait, il y a trois raisons sur pourquoi j’ai choisi ce concert plutôt que les autres. La première raison est que parmi les groupes vedettes des quatre spectacles mentionnés, il y a seulement Leprous que je n’ai pas vu et comme je suis un grand fan, je ne voulais pas manquer l’occasion d’y assister. La deuxième raison est sensiblement la même que la première, mais ça concerne les premières parties. Comme je ne connais que Dissona, qui a sorti jusqu’à maintenant l’album de Metal progressif de l’année selon moi, j’étais curieux d’entendre ce que Binary Code et Earthside avaient à m’offrir. D’autant plus que si j’allais aimer ce que j’entendais, ça serait l’occasion parfaite d’acheter le dernier album de chacun d’entre eux. Bien entendu, il y a des premières parties des autres concerts que je n’ai jamais vues ou jamais entendues, mais elles étaient séparées dans deux concerts différents. Dommage. La dernière raison est la présence de Dissona. Comme je l’ai dit un peu plus haut, le groupe a sorti l’album de Metal progressif de l’année, selon moi toujours, et leur venue à Montréal était une excellente occasion de m’acheter ce dernier album.

C’est après une grosse journée que je me suis dirigé au Club Soda. En entrant, je suis allé directement à la table de marchandise pour me procurer le dernier, mais aussi le deuxième album du groupe Dissona qui avait commencé à jouer. Aussitôt que j’eus fait mes achats, aussitôt je me suis dirigé devant la scène. Ma première crainte a été confirmée: il n’y a pas beaucoup de personnes sur place. Au moins, il n’y a que quelques tables pas très loin de la console et heureusement, ce n’est pas comme la fois que j’ai vu Haken où il n’y avait que des tables dans le parterre. Concentrons-nous sur ce qui se passe sur la scène.

Dissona est un groupe de Metal progressif qui possède trois albums complets. Normalement, ils sont quatre dans le groupe, mais ils n’étaient que trois sur la scène. Le bassiste était absent et on entendait pareil toutes ses parties…dans des séquences. Comme sur leurs albums, les membres du groupe ne cessaient pas de montrer qu’ils ont beaucoup de techniques derrière leur art. Les gars ne bougeaient pas à cause qu’ils exécutaient une musique technique à couper le souffle. Le chanteur était celui qui bougeait le plus, mais en restant davantage sur place. Ce que je trouvais étrange, c’est que les musiciens avaient l’air tous d’être dans un coin comme si les membres du groupe étaient limités sur scène alors qu’il y avait suffisamment d’espace libre pour être un peu partout. J’ai trouvé que le son était bien. Le public, éparpillé un peu partout, semblait apprécier la performance et donnait une bonne acclamation à la première performance du groupe à Montréal. Dommage qu’il n’y avait pas leur premier album en vente, mais disons que me procurer le deuxième et le troisième m’a réjoui pas mal déjà.

Binary Code était le prochain groupe et il y avait cinq membres sur la scène. Comme pour Earthside, je ne me suis pas renseigné et non plus écouté ce que le groupe a à nous offrir, car je voulais garder un effet de surprise si jamais ça arrivait. Le groupe a deux albums à son actif, dont le dernier est sorti cette année. Musicalement, les gars étaient solides dans un mélange de Death Metal progressif avec du Deathcore. Il faut dire que le côté Deathcore n’avait pas une grosse place au sein de leurs compositions. Sur plusieurs chansons, je ne pouvais m’empêcher de bouger la tête et d’admirer certaines passes que je considérais très bonnes. La seule chose qui était dommage était que l’on n’entendait pas bien la voix du chanteur. Sur scène, les gars avaient beaucoup plus d’énergie et ça faisait du bien de voir des musiciens donner leur 110%. Du côté de la foule, il y avait quelques personnes qui bougeaient la tête, mais pas plus. Les gens appréciaient ce qu’ils entendaient et donnaient tout de même une bonne acclamation au groupe. Seul le chanteur ne semblait pas satisfait du public. Néanmoins, ce fut une belle découverte dont je me suis procuré le dernier album que j’ai eu beaucoup de plaisir à écouter.

Earthside était le suivant à monter sur la scène. Le mystère est enfin résolu à savoir quel groupe allait utiliser l’écran géant en plein milieu de la scène puisque je savais que ça allait être un peu trop douteux que Leprous l’utilise puisque l’emplacement de l’écran allait les cacher en partie. Encore une fois, c’est un groupe que je ne suis pas allé écouter pour me garder une surprise. Ce fut d’ailleurs une très belle surprise, car avoir eu un peu plus d’argent, je me serais acheté leur dernier album en vinyle au lieu du CD. C’est un peu plus rock que les autres groupes et il y a un côté atmosphérique très présent dans leur musique qui donne plus de «feeling» à leur musique. L’exécution des pièces était impeccable avec un son parfait. La particularité de la musique du groupe est d’être principalement instrumentale mais il y a, pour certaines chansons, des chanteurs invités qui amenait chacun un côté unique aux compositions du groupe. Malheureusement ceux-ci n’étaient pas sur place mais je comprends les problèmes de conflits d’horaire que ça occasionne ce genre de collaborations. Et c’est là que l’écran était une bonne idée. Au lieu que ceux-ci soient enregistrés uniquement comme des séquences sonores, le groupe a décidé de filmer les différents chanteurs et d’en diffuser les images pendant la prestation des chansons concernées. Parmi eux, on pouvait identifier assez facilement Bjorn Strid de Soilwork, Daniel Tompkins de Tesseract et, un que je ne connaissais pas et qui a nécessité quelques recherches pour que je l’identifie soit Lajon Witherspoon de Sevendust. Sans oublier l’apport de l’orchestre The Moscow Studio Symphony Ochestra pour certaines chansons qui fut une véritable réussite de son intégration dans la musique d’Earthside.

Sur scène, les gars avaient pas mal d’énergie et je dirais même que le bassiste était hyperactif, car non seulement il bougeait beaucoup sur la scène lorsque les occasions se présentaient, mais il a même sauté dans le parterre du Club Soda pour jouer auprès de son public. Ça faisait du bien de voir un groupe qui était réellement heureux d’offrir une prestation monstre. Pour le public, je suis pas mal sûr que je ne suis pas le seul qui ne connaissait pas le groupe. Beaucoup plus de personnes étaient rassemblées devant la scène et les têtes bougeaient plus maintenant. La réception du public était très bonne, ce qui plaisait énormément au guitariste, qui s’est permis de nous dire plusieurs mots en français. En gros, j’espère revoir bientôt le groupe, car le déplacement vaut amplement la peine.

Finalement, Leprous est monté sur scène. Cette fois-ci, la majorité des gens s’est rassemblée devant la scène. C’est plaisant, mais triste à la fois. Triste dans le sens que même si on mettait tout le monde devant la scène sans aucune exception, ça ne faisait pas la moitié du parterre du Club Soda. C’est extrêmement dommage parce que jusqu’ici, tous les groupes ont démontré à quel point ils étaient originaux à leur façon et ils ont tous offert un contenu différent. De toute façon, les gens semblaient très satisfaits de ce qu’ils ont vu jusqu’à maintenant. Le groupe norvégien était muni sur scène de quatre télévisions qui diffusaient des images, dont leurs vidéo-clips. Encore une fois, l’exécution des pièces était impeccable et les gars étaient précis dans les notes à jouer. Voilà un groupe où les pièces sont sophistiquées, complexes et travaillées pour rendre le contenu super intéressant et rempli de plusieurs émotions dépendamment des pièces.

Petite parenthèse: non seulement les chansons de Leprous ont de la classe, mais les gars sur scène l’étaient également puisqu’ils étaient vêtus d’un habit chic noir. Tout ce qui manquait pour mettre la cerise sur le gâteau, c’est qu’ils aient un veston. Pour revenir à la prestation, ce qui était également remarquable, c’est le duo vocal entre le chanteur et le guitariste/chanteur. On les entendait super bien et il n’y avait pas de défaut sur leur manière de chanter. Et vraiment, le chanteur s’occupait également du clavier en même temps qu’il chantait la plupart du temps, ce qui ne rendait pas la tâche si facile. Sur la scène, les gars du groupe avaient une bonne énergie et particulièrement le chanteur qui se donnait beaucoup en spectacle lorsqu’il était libéré de ses parties au clavier. Du côté de la foule, on sentait bien qu’elle était impatiente avant le début de la prestation de Leprous. Les nombreuses acclamations étaient énormes après chaque chanson et Leprous le méritait amplement.

En conclusion, le concert de Leprous a été pour moi le meilleur concert que j’ai vu cette année. Chaque groupe a été solide et précis dans toute l’exécution de leur musique. Chaque groupe offrait un contenu différent et original qui faisait triper le public présent. C’est rare que j’assiste à un concert avec très peu de défauts, ce qui fait en sorte que les gens derrière les consoles ont joué un rôle remarquable. Même si je suis déçu que le public montréalais ne s’est pas plus intéressé à ce concert, j’espère que Leprous aura une autre occasion de faire valoir leur valeur en tant que groupe extraordinaire à voir en concert. Un gros merci au promoteur La métropole du prog pour l’accès au concert, c’est très apprécié. Même si l’année n’est pas encore terminée, qui sera capable de déloger ce concert du trône de meilleur concert de l’année 2016? À qui la chance?

Marc-André Jobin