Ancestors Revenge (leur retour après un an d’absence), Phosphorus et Virulys à L’Anti Bar & Spectacles à Québec le samedi 16 janvier 2016, une présentation de Phosphorus et de L’Anti Bar & Spectacles.
Cela faisait déjà un an que les brutes locales du Death/Black Metal mélodique d’Ancestors Revenge n’avaient pas donné de concert en raison du départ d’Édouard Desaulniers (guitare) qui avait lui-même remplacé Jérôme «Jay» Boucher pendant une période relativement brève. Cependant, depuis quelque temps la troupe avait annoncé que le candidat idéal avait été trouvé en la personne de Mathieu Pettigrew, déjà connu sur la scène locale pour son rôle de batteur dans Valknacht, mais d’abord et avant tout guitariste dans ses activités musicales. Leur retour sur scène, tant attendu, avait donc été fixé au samedi 16 janvier en compagnie de l’excellente formation Blackened Thrash Metal de Québec Phosphorus et du groupe de Death mélodique de Montréal appelé Virulys que je n’avais jamais eu la chance de voir en concert. C’est donc avec enthousiasme que ma féline métalleuse, portant notre progéniture diabolique et moi prîmes la direction de L’Anti Bar & Spectacles.
Vers 20 h 30 Virulys entama sa prestation devant une salle déjà raisonnablement bien garnie en spectateurs. Malgré le fait qu’il officie dans un sous-genre de Metal très saturé, soit le Death Metal mélodique, et que le groupe ne se démarque pas nécessairement par son originalité musicale, ceux-ci réussirent facilement à aller chercher l’approbation d’une bonne part de la foule grâce à un jeu solide et démonstratif, rehaussé par une sonorisation puissante de David Lizotte à la console. L’exécution fut effectivement au rendez-vous pour tous les membres du groupe, notamment le bassiste, avec un jeu bien «groovy» et les guitaristes avec des solos très intéressants sans jamais tomber dans l’excès. Côté vocal, l’approche proposée par James Death, chanteur de la troupe, combine des hurlements très aigus, qui ressemblent à s’y méprendre à un jeune Dani Filth, avec des grognements d’outre-tombe et une voix râpeuse de moyen registre tous très bien exécutés. Toutefois, sa livraison semblait parfois être plus une démonstration de ses capacités vocales qu’être vraiment un agencement logique en fonction des variations musicales proposées par les musiciens de la troupe, ce qui fit en sorte de rendre le tout un peu bourrin par moments. Qu’à cela ne tienne, Virulys livra une très bonne ouverture des hostilités en cette soirée destinée à être mémorable.
Après une courte pause permettant aux esprits déjà échauffés de s’aérer un brin, c’était maintenant aux psychopathes de Phosphorus de venir nous offrir quelques minutes de déchaînement occulte à l’ancienne. Avec son attitude purement Thrash, ses motifs oscillant entre le Thrash, le Black et le Death et leur énergie débordante, le quintette de Québec permit aux spectateurs maintenant nombreux et bien réchauffés, de laisser libre cours à leur folie. Enthousiaste, la troupe livra ses assauts à une vitesse souvent largement supérieure à ses enregistrements, permettant à la fosse de s’agiter dans des excès de camaraderie violente. Après nous avoir livré des pièces de son album «Assassinat» (2014) et de son EP «Crépuscule» (2010)», la formation déjà âgée de presque 9 ans nous présenta même une toute nouvelle pièce, «Dévastation III», qui se retrouvera sur un EP à paraître bientôt. Celle-ci présenta des influences à la Darkthrone très importantes, la rendant différente des œuvres précédentes du groupe et laissant entrevoir une évolution intéressante de leur son. Enfin, le groupe termina sa performance avec une reprise hommage de «Overkill» de Motörhead, pour laquelle Pierre-Luc Blanchet (chant) revêtît un chapeau semblable au célèbre chapeau de cowboy noir de Lemmy, grand disparu de la fin de l’année 2015. Ce fut donc une finale déjantée, pour une prestation hautement Thrash qui s’acheva sous les acclamations d’un public encore une fois conquis.
Un ultime entracte et c’était maintenant le grand moment du retour d’Ancestors Revenge sur scène devant son fidèle public. Visiblement prête à tuer avant même la première note jouée, la bande de Bob Girard Jr. (chant) se lança dans un véritable assaut musical bénéficiant de la sonorisation impeccable de la soirée devant un Anti plein à craquer de métalleux en extase. Dans une forme olympienne et avec une chimie renouvelée par la présence dynamique de son nouveau guitariste, le quintette entama sa prestation avec des succès de son album de 2013 «The Archaic Return», avant de nous proposer de toutes nouvelles pièces. Richard-William Turcotte (batterie) nous rappela pourquoi il est certainement un des plus grands virtuoses de son instrument au Québec avec une performance époustouflante et souriante. Les deux guitaristes se lançaient des motifs et solos à la figure, rendant sans grandes difficultés les passages plutôt complexes de la musique d’Ancestors Revenge, alors que Pascal Moses (basse) s’assurait avec talent de compléter les fondations rythmiques bien solides. Il ne restait donc à leur chanteur qu’à s’assurer de chapeauter le tout de hurlements et de grognements dévastateurs et à animer la foule avec charisme, ce qui pour Bob Jr est d’un naturel impressionnant, lui qui fêterait d’ailleurs ses 42 ans bien sonnés le lendemain de cette prestation. En somme, ce fut un retour sur scène extrêmement bien réussi pour la troupe qui termina elle aussi sa prestation par une reprise superbe de «Overkill» de Motörhead, par un pur hasard métallique!
En conclusion, ce fut un excellent premier concert Metal de l’année 2016 pour votre humble scribe et un superbe retour en selle pour les cinq cavaliers d’Ancestors Revenge. De plus, Virulys et Phosphorus livrèrent tous deux des prestations très solides et divertissantes pour entamer la soirée de belle façon. En terminant, je remercie chaleureusement Phosphorus pour l’accès à la salle. Enfin, ne manquez pas un autre concert d’Ancestors Revenge, cette fois accompagnés du groupe Black Metal Dépérir lors du dix-neuvième anniversaire du Scanner le 13 février prochain pour cinq douleurs à l’entrée seulement!
Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas





