Après avoir assisté au show de Nader Sadek au Petit Campus l’année passée, j’étais très excité de revoir le groupe pour deux raisons: la première étant qu’il y a un nouveau «lineup» intéressant mettant en vedette Attila Cshihar de Mayhem, Derek Roddy anciennement dans Hate Eternal, Edward Gryn de Terminus Est, Novy anciennement dans Vader, Tom Geldschlager d’Obscura et notre bassiste national Dominic Forest Lapointe d’Augury entre autres groupes d’ici. La deuxième étant qu’avec eux, ça allait être tout un show et surtout que j’allais découvrir quelques groupes que je n’ai jamais entendu auparavant. Je me suis présenté aux Foufounes Électriques avec mon ami, qui assistait au show pour son 25ème anniversaire. Ça faisait un bout que je n’étais pas allé à cette salle de spectacle et l’ambiance me manquait. C’est avec surprise que j’ai vu certaines personnes que je n’avais pas croisées depuis un méchant bout et ce fut un grand plaisir de pouvoir parler avec eux. Première surprise, les portes ne sont pas ouvertes. Deuxième surprise, Nader Sadek n’était pas encore arrivé et il était aux douanes. Troisième surprise, puisque les portes n’étaient pas ouvertes, le concert allait commencer plus tard. Avec cinq groupes, ce n’est pas évident.
Humanity’s Disgrace était le groupe qui allait briser la glace et ce, pour la première fois. Dès la première chanson, ça commence mal. On n’entendait pas la guitare. Je n’ai pas pu juger si la première chanson m’a plu ou non. À la deuxième chanson, le problème de son de la guitare s’est réglée, mais je vous avoue qu’elle ne m’a pas tant plu puisque je trouvais que ça ressemblait à de nombreuses pièces que j’ai entendues. Après la deuxième chanson, toutes les pièces jouées étaient beaucoup mieux travaillées et davantage originales. Si le groupe compose des chansons dans la même veine que les deux dernières chansons de leur set, ce groupe va avoir de l’avenir. En ce qui concerne le vocal, ça m’a plu. C’était gras et puissant. Ce qui est bien pour eux, c’est qu’il y avait pas mal de monde qui assistait à leur prestation et je dirais même que le groupe a eu une très bonne ovation. C’était surprenant de ne voir aucun «moshpit» durant cette performance. C’est un groupe à surveiller de près.
Intonate était le groupe suivant. Pour faire un peu changement, on avait droit à du death metal progressif. Les compositions étaient très bien et les passes plus tranquilles étaient situées à des moments-clés et concordaient parfaitement à la philosophie de leur musique. Je trouvais qu’on sentait très bien les influences des grands groupes du death metal progressif sans toutefois les copier littéralement, ce qui leur donne de l’originalité. Au niveau de la voix, je n’ai rien à redire puisqu’elle allait parfaitement avec la musique du groupe. Les gars avaient un peu d’énergie sur la scène même si les musiciens se tenaient pas mal dans leur coin. Le groupe a eu une très bonne ovation de la foule puisqu’on pouvait l’entendre à tue-tête après chaque chanson avec le signe des cornes du diable. Pour terminer avec Intonate, parmi les groupes que je ne connaissais pas, c’est-à-dire les trois premiers, c’est celui dont j’ai le plus apprécié l’écoute et j’espère avoir l’opportunité de revoir le groupe en concert.
Ensuite, ce fut au tour de Chthe’ilist. Sur scène, les gars ont de l’énergie à revendre; ça faisait du bien de ne pas voir que des groupes qui font que du sur-place. Le hic de leur prestation, c’était le son voire peut-être même les compositions. Je trouvais que ça sonnait comme si c’était garroché de partout et que ça n’avait pas d’âme. Heureusement que ça ne sonnait pas comme du n’importe quoi parce que les riffs sont tout de même structurés. On aurait dit un groupe de garage punk qui part une chanson et qui joue selon leurs «feelings» du moment. Par contre, j’ai aimé la voix du chanteur puisqu’elle crachait toute sa puissance et sa haine. Sans trop exagérer, c’est le groupe qui a eu la plus grande ovation de la foule durant cette soirée. Juste dommage qu’il n’y a pas eu d’action devant la scène.
Puis, ce fut au tour d’Incandescence que je n’ai pas pu revoir depuis la troisième édition du festival «La Messe Des Morts» en fin novembre 2013. Presque deux ans!!! Ce qui est nouveau, pour moi en tout cas, c’est les «corpse paint» des membres du groupe, dont celui du chanteur qui me faisait penser à celui de Gaahl. Les membres du groupe ont offert un black metal solide et digne de la scène norvégienne et suédoise. J’gnore si le groupe a joué une ou quelques nouvelles pièces, mais les compositions sont encore très solides et bûchent davantage que la première fois. Probablement dû au son qui était sur la coche. Malgré que le groupe jouait sur une plus grande scène que la première fois que je l’ai vu, l’énergie sur scène n’était pas au rendez-vous, préférant se concentrer sur les notes à jouer. C’était le côté ennuyant de leur performance. Encore une fois, le public a adoré ce qu’il a entendu d’Incandescence et bougeait pas mal la tête au rythme de leur musique en plus de faire le signes des cornes du diable après chaque chanson.
Pour clore ce show, ce fut au tour de Nader Sadek. Juste avant, j’aimerais vous parler de quelque chose qui m’a à la fois étonné, mais surtout frustré. Les changements entre les groupes ont presque tous été trop longs pour rien, mis à part entre Chthe’ilist et Incandescence qui m’a paru correct. Mais surtout c’est le temps que Nader Sadek a pris pour finalement commencer. Le décor était similaire au concert de l’année passée, c’est-à-dire des branches d’arbres attachées sur des pieds de micro et il y en avait quelque chose comme quatre ou cinq. Ce n’est pas comme si ça prenait du temps de faire ça. Le «soundcheck» était un peu trop long et désorganisé. Au moment où on pensait que ça allait commencer, le groupe a seulement fait un petit jam pour s’assurer que tout était correct pour nous faire attendre encore au moins dix minutes.
Tout ça pour attendre une heure, 56 minutes et 45 secondes selon mon ami. Et à l’heure que ça l’a commencé, environ 23h40, il n’était pas surprenant de voir de plus en plus de personnes quittées en plein milieu de la performance. Après tout, il y a des gens qui se lèvent le lendemain matin pour aller travailler ou aller à l’école.
Quelque chose me disait qu’il y aurait d’autres choses de mauvais qui allait suivre. Dès le début de la performance, il y avait une tonne de fumée et on voyait à peine les musiciens. Et je ne dis pas ça parce que ça m’embêtait, ça m’arrive de temps en temps de voir malgré qu’il y a une tonne de fumée au début de la prestation. Mais quand ça dure tout le long de la prestation, c’est moins plaisant vu que ça devenait étouffant à la longue. Ce qui n’aidait pas beaucoup à la visibilité, c’était le jeu de lumières qui étaient plutôt sombres. Le seul côté positif du jeu de lumières, c’est qu’il allait très bien avec l’ambiance de la musique.
Musicalement, les musiciens interprètent parfaitement les pièces du EP et de l’album sous un death metal sombre et assez brutal. En observant bien, je veux dire du peu que l’on pouvait vraiment voir, l’énergie sur scène se résume encore une fois à faire du surplace, mais le chanteur avait un peu plus d’énergie. En parlant du chanteur, j’avais de la misère avec la voix et quelque chose me disait que ce n’était pas Attila qui chantait. Ce qui m’a fait douter encore plus, c’était les personnes qui demandaient: «Où est Attila?». Et c’est en regardant plus attentivement que je me suis rendu compte que c’était Nader qui chantait et qu’Attila intervenait de temps en temps en faisant des interludes. Quelle déception!!! On s’entend que lorsqu’on nous annonce un «lineup», on s’attend à le voir sur la scène. Ça n’a été indiqué nulle part qu’Attila ne serait pas le chanteur principal du concert. Ici, je ne blâme pas les producteurs, j’imagine qu’ils ne devaient pas s’attendre à ça. La voix de Nader Sadek allait dans le même sens que la musique, mais je dirais qu’Attila a des capacités supérieures pour nous donner une meilleure ambiance. Et je suis pas mal sûr que je ne fus pas le seul à être déçu de cette situation. Du côté de la foule, on n’entendait pas beaucoup d’ovation, ce qui indiquait une certaine déception. Dur à dire s’il y avait de l’action avec toute cette fumée étouffante et aveuglante. Je suis partie avant la fin de la prestation puisque j’ai horreur d’utiliser le service de nuit de la STM. Et j’imagine qu’à l’heure que ça l’a fini, j’aurais probablement manqué le dernier métro.
En conclusion, les premières parties ont été plus impressionnantes que le groupe principal. Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive d’assister à ce genre de shows, mais connaissant ce que j’avais vu de Nader Sadek l’année passée, je ne peux être plus honnête de dire que j’ai été très déçu de cette performance. Et pour plusieurs raisons que j’ai énumérées plus haut. Je ne dis pas non de revoir Nader Sadek, mais disons qu’il y a de fortes chances que j’hésite la prochaine fois. Toutefois, je tiens à remercier Aether Productions et Xtrem Productions pour m’avoir donné accès au show. Pour terminer, un IMMENSE MERCI à Mat Paré pour m’avoir donné la chance de rencontrer Attila Csihar et prendre une belle photo avec lui, puisqu’il est l’un de mes chanteurs préférés.
Marc-André Jobin





