La Messe des Morts IV : Crucifixion (2, 3, 4 avril 2015) avec Samael, Shining, Azaghal, Merrimack, Angantyr, Make A Change…Kill Yourself, Cult of Fire, Mitochondrion, Abazagorath, Mutilation Rites, Thantifaxath, Beast Within, Hellfire Deathcult, Délétère, Hak-Ed Damm, Ordoxe, Aversion et Eos, une présentation de Sepulchral Productions aux Katacombes et au Théâtre Plaza de Montréal.

 

Messe des Morts IV

 

Lorsque Martin Marcotte de Sepulchral Productions nous avait annoncé, il y a plusieurs mois, que la Messe des Morts habituellement tenue en novembre pour ses trois premières éditions serait déplacée en avril pour aller chercher d’importantes têtes d’affiche, cela laissait présager une édition IV époustouflante. Cela nous fut confirmé lors de l’annonce des têtes d’affiche du seul festival entièrement consacré au Black Metal et à ses variantes en Amérique du Nord avec la venue des légendaires Samael, fêtant le vingtième anniversaire de leur album monumental «Ceremony of Opposites» et Shining, dont ce serait la première visite au Canada, accompagnés d’une pléthore de groupes internationaux, dont le sensationnel Cult of Fire de République Tchèque en exclusivité nord-américaine. De plus, la scène locale ne serait pas oubliée avec la présence de Beast Within, Délétère, Hak-Ed Damm, Ordoxe, Aversion et Eos. Comme si cela n’était pas assez, Samael passerait aussi à Québec le dimanche suivant la Messe de trois jours en compagnie de Beast Within, Haeres et Délétère. C’est donc avec enthousiasme que nous préparâmes nos oreilles et nos foies pour une fin de semaine pascale de crucifixion et de blasphème.

 

Genèse: jeudi 2 avril 2015 à la Coop Katacombes: Azaghal, Hellfire Deathcult, Délétère et Eos.

Après un rapide trajet Québec-Montréal sur l’infâme autoroute 40, ma métalleuse favorite et moi déposâmes nos bagages chez notre ami accueillant, avant de profiter un peu d’un bel après midi malheureusement terminé sous la pluie dans la métropole. Vers 20 h 10 nous fîmes notre entrée dans les Katacombes pour la genèse des supplices du Christ après avoir reçu notre bracelet pour les trois jours de défonce et quelques minutes plus tard Eos entrait en scène.

Eos est une nouvelle formation de métal noir atmosphérique originaire de Québec qui en était seulement à son deuxième spectacle en carrière. J’avais eu la chance de couvrir leur premier passage sur scène à Québec lors de la Taverne Métal Noir de Julie Bernier le 20 mars. Sur scène, le quatuor nous présenta la même sélection qu’à Québec avec tout autant d’efficacité. Les spirales hypnotisantes de leurs motifs de guitare absorbèrent plusieurs des nombreux spectateurs et ce fut une très belle ouverture pour un festival dédié aux arts noirs. Comme la première fois que les avais vus, c’est la performance de K. à la batterie et aux hurlements qui me marqua le plus dans leur set. Vous pouvez écouter leur premier démo L’Avalé sur You Tube et ils devraient enregistrer une autre offrande d’ici peu.

La formation suivante à prendre d’assaut la scène était Délétère de Québec, duo mené par Thorleif et Atheos qui s’incarne en quintette sur scène avec la présence de G. et Anhidar aux guitares et de Kaedes à la batterie. La troupe lançait en cette occasion leur premier album complet intitulé «Les heures de la peste». Pour les avoir vus sur scène à quelques reprises avec des formations différentes, ce fut certainement leur meilleure prestation. Portée par la présence démoniaque de Thorleif au chant, la formation nous interpréta une sélection sans compromis avec précision, puissance et énergie. Leur son fut d’ailleurs excellent, ce qui contribua au moment magique que fut leur performance. Leur prestation excellente suscita en conséquence une pléthore de commentaires dithyrambiques des nombreux spectateurs.

La troisième troupe de la soirée serait le trio Hellfire Deathcult de Chicago. Formation créée en 2013, le triumvirat a un EP intitulé «Ave Mors» (2014) à son actif qui présente un Black/Death extrêmement primaire et dépourvu de toute subtilité. Sur scène, le groupe nous asséna ses compositions brutales en préservant son anonymat avec des masques. Bien qu’efficace pour certains qui se mirent à se violenter dans la fosse, je restai plutôt circonspect devant la répétitivité des compositions du groupe qui ne laissa place à aucune espèce de variation accrocheuse. De plus, je restai sceptique face à performance parfois boiteuse du batteur de la formation qui semblait souvent décalé par rapport à la guitare et la basse. En somme, ce fut un moment plutôt décevant pour moi.

Le moment était maintenant venu d’accueillir la tête d’affiche de la soirée, le quatuor finlandais Azaghal qui venait pour la première fois en Amérique du Nord. La troupe fondée en 1995 sous le nom Belfegor a onze albums et une multitude de sorties mineures à son actif. Son dernier opus est sorti en février dernier et s’intitule «Madon Sanat». La formation menée par Narqath (basse, chant) nous servit une véritable leçon de son Black Metal agressif garni de mélodies accrocheuses. L’interprétation de leurs compositions fut sans failles, puissante, énergique et accrocheuse à souhait. La foule se déchaîna en un tourbillon de corps s’entrechoquant les uns les autres au son de leur musique diabolique. L’efficacité de leur prestation fut donc très élevée et fut donc un formidable coup d’envoi à la quatrième édition de la Messe des Morts et éleva la barre d’un cran pour les deux soirées à venir.

 

Psaume I: vendredi 3 avril au Théâtre Plaza: Shining, Cult of Fire (reporté au samedi), Make A Change…Kill Yourself, Mutilation Rites, Thantifaxath, Hak-Ed Damm et Aversion.

Le vendredi, nous arrivâmes de très bonne heure dans le Théâtre Plaza, soit vers 17h 20 afin de ne pas manquer Aversion. Aversion est une formation montréalaise menée par la chanteuse d’origine américaine Vena Kava et les membres du quintette nous présentaient ce soir-là leur premier album tout frais sorti des presses. Menée par le charisme animal de leur chanteuse et ses hurlements perçants, Aversion nous livra leur Black Metal de la seconde vague norvégienne avec un bel aplomb et une précision beaucoup plus chimique que lorsque je les avais vus à Québec cet hiver. Cependant, je trouve que les deux guitaristes auraient pu mieux utiliser l’espace important de scène à leur disposition au lieu d’adopter une posture plutôt statique, alors que Leather King à la basse et Vena Kava au chant étaient beaucoup plus énergique. Toutefois, ce fut en somme une très bonne prestation pour ouvrir une soirée à une heure si précoce devant un public encore clairsemé.

La suite des hostilités avait été réservée aux psychopathes de Hak-Ed Damm, formation revenue d’entre les morts, où elle croupissait depuis la fin 2011. Le groupe de Black Metal brutal rappelant notamment le Marduk de l’ère «Panzer Division» faisait donc son grand retour sur scène avec de nouveaux membres. La formation nous asséna sans pitié une bastonnade musicale en règle avec beaucoup de charisme et une présence scénique énergique, notamment de la part du chanteur de la formation, l’infâme Zokvist revêtu d’une casquette militaire et de chaînes. Silencer nous fit aussi étalage de son grand talent de marteleur de peaux, élément central de la musique de son groupe. Les nouveaux membres, aux cordes, donnèrent aussi une très bonne performance. En somme, ce fut un retour réussi avec brio pour Hak-Ed Damm.

Le prochain groupe à monter sur scène serait le trio ontarien Thantifaxath constitué de membres «anonymes» et évoluant dans le Black Metal atmosphérique. J’étais très curieux de revoir pour la seconde fois cet excellent groupe qui n’a, tout compte fait, qu’un album et un EP à son actif. Avec une interprétation solide d’une musique admirablement bien écrite, le groupe remporta encore une fois mon appréciation. Cependant, je ne pus m’empêcher de trouver que le groupe est un peu trop statique sur scène pour une salle de l’ampleur du Théâtre Plaza. Effectivement, le courant passait beaucoup mieux avec la foule lorsque je les avais vus dans la modeste Agitée à Québec, probablement en raison de l’intimité inhérente à l’endroit. Cette fois, mon attention se perdit quelque peu vers la fin de leur courte prestation et je remarquai que ça sembla être le cas pour plusieurs des spectateurs présents.

La quatrième formation de la soirée était Mutilation Rites de New York et je me permettrai ici une parenthèse, car c’est pendant leur performance que j’eus la confirmation avec une certaine consternation que Cult of Fire, qui devait jouer juste avant Shining, ne serait pas en mesure de jouer dans la case horaire prévue. En effet, la veille Martin Marcotte de Sepulchral Productions nous avait révélé que la troupe tchèque avait été retenue à Amsterdam en raison de pratiques douteuses de surréservation de la compagnie aérienne sur laquelle ils volaient. Ainsi, les membres du groupe n’étaient arrivés à Montréal que très en retard, soit vers 20h le vendredi soir et leur équipement n’arriverait que le samedi. Ce serait donc partie remise, heureusement pour nous, car Cult of Fire s’exécuterait le samedi après Samael.

Pour revenir à Mutilation Rites, il s’agit d’un quatuor formé en 2009, ayant deux albums à son actif et pratiquant un Black Metal à la fois accrocheur et restant très ancré dans le son norvégien typique. Si le groupe ne se démarqua pas par son originalité musicale, leur performance scénique fut très enlevante. L’énergie de la livraison musicale de la troupe combinée à certains moments mélodiques suffit à déchaîner les ardeurs de plusieurs spectateurs présents. En somme, il s’agit d’un groupe que l’on a avantage à découvrir sur scène et qui permit à l’intensité de la soirée de monter d’un cran.

La soirée se poursuivrait maintenant avec Make A Change…Kill Yourself, projet de Black Metal dépressif et atmosphérique danois mené par Ynleborgnaz, aussi tête dirigeante d’Angantyr qui performerait le lendemain. Avec trois albums en un peu plus de 10 ans d’existence, la formation s’est particulièrement illustrée avec leur dernier opus intitulé «Fri» (2012), excellent album de la variante plus dépressive et antiexistentialiste des arts noirs. Avec conviction et charisme, le projet solo d’Ynleborgnaz s’incarnant en quatuor pour les besoins de la scène nous livra ses superbes compositions axées sur des motifs de guitare cycliques longs et mélancoliques au tempo lent. Les pièces furent entrecoupées de discours dépressifs et suicidaires livrés sur un ton malsain par le leader de la formation, ce qui rajouta une atmosphère déstabilisante à la prestation superbe du groupe. Celui-ci se permit même d’interrompre un moment de brasse-camarade dans la fosse en précisant que les manifestations de joie n’étaient pas souhaitées par Make A Change…Kill Yourself. Ce fut donc un excellent prélude à l’arrivée sur scène de Shining qui partage une philosophie similaire.

Après une annonce de l’organisateur de la Messe des Morts concernant Cult of Fire et une pause de quelques minutes, ce fut à la troupe suédoise de Niklas Kvarforth de venir couronner ce premier psaume maléfique. Shining est un de ces groupes qui peut se passer de présentations, ayant fait sa marque dans le Black Metal suicidaire et misanthropique en presque 20 ans de carrière et neuf albums dont le plus récent «Everyone, Everything, Everywhere, Ends» sortira le 20 avril. Sur scène, le groupe nous époustoufla dès son entrée par un son magnifique, notamment des deux guitaristes avec leurs explosions sonores. Puis, Niklas Kvarforth, très en voix et d’une énergie surréaliste, entra avec une bouteille de 40 onces de Jack Daniel’s à la main et nous fûmes embarqués pour au moins une heure de pure décadence musicale. L’absence de Cult of Fire permit en outre à Shining de rallonger sa performance en y incluant de toutes nouvelles pièces, des solos époustouflants des guitaristes et même une interprétation partielle de «Sweet Child’o Mine» de Guns N’Roses. L’intensité de la prestation des Suédois fut au maximum jusqu’à la fin et se termina, bien entendu, avec un torse couvert de sang pour son célèbre leader. En somme, ce fut une prestation mémorable et unique pour terminer une soirée mémorable et unique de Black Metal. Nous quittâmes le Théâtre Plaza rempli d’ivresse et avec la promesse d’une soirée tout aussi épique le lendemain…

 

Psaume II: samedi 4 avril 2015: Cult of Fire (Enfin!), Samael, Merrimack, Angantyr, Mitochondrion, Abazagorath, Beast Within, Ordoxe.

Le samedi, nous arrivâmes au second Psaume de très bonne heure pour entamer les supplices de la crucifixion vers 17 h 30 avec Ordoxe. Ordoxe est une formation originellement fondée en 1989 par Jean-François Jalbert (ex-Sloatvean, ex-Strigampire) (guitare, chant) et qui fut active jusqu’en 1993, avant d’être ressuscitée comme projet solo du principal intéressé de 2006 à 2007, puis de renaître à nouveau en 2012 sous forme de quatuor et maintenant de quintette. Productive, la formation venait nous présenter son troisième album pleine-longueur depuis 2012, intitulé «May Death Be My Shepherd» qui présente un Black Metal plutôt mélodique teinté d’influences Death Metal. Sur scène, malgré la foule encore clairsemée à cette heure précoce, le résultat fut convaincant de par la précision musicale et l’énergie de la formation. À ce titre, le chanteur Steve De Cotret nous démontra sa prestance et son charisme impressionnant sur scène. Ce fut donc une entrée en matière réussie pour la dernière soirée de la Messe.

Le second groupe de la soirée était Beast Within, formation basée à Montréal et composée de vétérans de la scène Metal québécoise. La troupe pratique un Metal sombre de la vieille école qui rappelle fortement Celtic Frost par un habile mélange de Doom Metal, de Thrash Metal et de Black Metal inspiré des années 1980. Avec seulement un EP de deux pièces intitulé «Adversity/Servitude» à son actif, la formation bénéficie déjà d’un admirable succès d’estime chez les amateurs de Metal de la province, aidée en cela par le support de Sepulchral Productions. Mené par la voix puissante et méchante d’Éric Syre, Beast Within nous envoya à la figure ses motifs de guitare bien gras soutenus par un «groove» pesant de basse sur une batterie simple et hautement efficace. Je fus cependant un peu déçu de la présence quelque peu statique du chanteur qui semblait fatigué par les deux dates précédentes du groupe à Toronto et Ottawa sur la tournée canadienne de Samael. Malgré une erreur de synchronisation dans la pièce «Adversity», la troupe parvint toutefois à nous accrocher et à nous livrer sa musique avec efficacité.

Le fouet qui tourmentait le Christ depuis déjà deux jours devait maintenant être passé à Abazagorath, un trio de Black Metal orthodoxe américain. Formé en 1995, le groupe à trois albums à son actif, dont le dernier s’intitule «The Satanic Verses» (2014) et à aussi sorti une multitude d’EP, de démos et de splits au cours de ses vingt ans d’existence. Le groupe entama sa prestation avec violence et nous fûmes immédiatement ravis par un jeu agressif, brutal et sans compromis des trois membres de la formation. Warhead (batterie, chant) nous démontra tout son talent en relevant sans peine un «Absu», c’est-à-dire en martelant sa batterie comme un damné tout en ne nous épargnant pas de hurlements agressifs bien rythmés. Le bassiste et le guitariste ne furent pas en reste avec une prestation remplie d’autorité et de motifs entraînants. Ce fut donc un premier passage en sol canadien hautement réussi pour les vétérans du New Jersey.

La soirée était déjà bien avancée, mais il restait encore cinq autres groupes à venir. Le premier d’entre eux était Mitochondrion de Vancouver qui en était aussi à sa première visite, si je ne m’abuse, au Québec. J’avais bien hâte de voir ce quatuor à l’œuvre, étant un fanatique du Blackened Death Metal brutal et dissonant offert par cette troupe sur deux albums monumentaux: «Aechaeaon» (2008) et «Parasignosis» (2011)». Sur scène, le résultat fut à la hauteur de mes attentes. Effectivement, le groupe se lança dans une un assaut sonique de grande envergure et d’une puissance dévastatrice. Le groupe fit preuve d’une lourdeur démoniaque autant que d’une virtuosité impressionnante compte tenu des structures complexes exigées par ses compositions. De plus, Mitochondrion démontra son charisme avec une prestation à la fois énergique, autoritaire et mouvementée. En somme, ce fut un superbe passage pour le quatuor de la Colombie-Britannique.

C’était maintenant un moment très attendu pour bien des participants à la Messe des Morts, soit le grand retour d’Angantyr du Danemark qui avait déjà participé à la première édition de la Messe des Morts en 2011. En exclusivité nord-américaine, la troupe menée par Ynleborgnaz et ses deux comparses, le bassiste Vrede et le batteur Skogsvander, tous deux aussi de Make a Change…Kill Yourself qui avait joué la veille, venait nous présenter du matériel de leurs cinq excellents albums de Black Metal païen axé sur l’histoire scandinave. Les Vikings se présentèrent sur scène avec leurs maquillages cadavériques, une corne de brume pour haranguer la foule et un drapeau danois, entamant aussitôt une prestation sublime qui déclencha les ardeurs de la fosse jusqu’ici plutôt tranquille. Ravitaillé de houblon, Ynleborgnaz profita de chaque pause entre les pièces de leur spectacle pour souffler de la corne et relater le geste des hommes du Nord à une foule conquise et avide. Charisme et puissance, furent donc les mots d’ordre du spectacle ravageur présenté par Angantyr qui se retira sous les acclamations et les poignées de main approbatrices des spectateurs. À la prochaine! Je l’espère grandement!

Les Français de Merrimack, forts de leurs 21 ans d’existence, étaient les prochains à monter sur scène pour venir nous présenter leur Black Metal agressif et destructeur. De Paris, la formation nous arrivait elle aussi en exclusivité nord-américaine forte de son dernier album «The Acausal Mass» (2012) que j’appréciai grandement lors de sa sortie. Dès son entrée en scène, le groupe fut cependant nettement à la remorque de son chanteur, Vestal, couvert de cicatrices d’automutilation, livrant une performance à l’énergie de possédé et au sombre charisme. Toutefois, malgré la présence plutôt statique de quelques-uns de ses membres, le groupe démontra tout de même son savoir-faire musical avec une performance précise et enlevante à plusieurs égards. La formation souffrit donc, somme toute, un peu de la comparaison avec ses prédécesseurs d’Angantyr qui avaient tout arraché.

Pendant la pause qui devait nous mener à Samael, la batterie fut en grande partie retirée de la scène pour laisser place à un hybride de clavier, de boîte à rythmes et de quelques tambours et cymbales. Cela nous fit immédiatement basculer dans l’univers Black industriel des Suisses qui viendraient nous offrir un spectacle axé sur une livraison intégrale de leur magnum opus «Ceremony of Opposites» (1994). Vorph (guitare, chant), Xy (claviers et percussions), Mak (guitare) et Drop (basse) firent bientôt leur entrée sur scène et entamèrent une prestation empreinte d’énergie contagieuse, de rythmiques artificielles accrocheuses et d’une ambiance satanique palpable. La succession très fluide des pièces fut entrecoupée d’interventions de Vorph dans un français impeccable, au grand plaisir de la foule. La performance musicale fut précise et Xy démontra son habileté à marier doigté de pianiste et martelage de percussions. Les hochements de tête se firent légion parmi les spectateurs et malgré le style particulier du groupe qui ne fit pas l’unanimité chez toute la foule, celle-ci réclama un rappel qui acheva la prestation de Samael en beauté.

Quelques minutes après minuit, la performance de Samael se termina et, transport en commun oblige, quelques spectateurs (dont Karolane, notre photographe) durent tirer leur révérence avant ou pendant la prestation tant attendue de Cult of Fire. Toutefois, la foule demeura tout de même très bien garnie et pour cause, la troupe tchèque a rapidement ravi les amateurs de Black Metal de partout depuis les débuts de sa courte existence en 2010 et ses deux albums : «Triumvirát» et «मृत्यु का तापसी अनुध्यान» (2014) ont été acclamés par la critique. En outre, la réputation des représentations scéniques cérémoniales du quatuor a fait le tour du globe rapidement. Tout cela nous fut rapidement confirmé avec une scène garnie de tables surmontées de statuettes hindoues, de lampions et de bols d’encens fumants. Les musiciens firent leur entrée, camouflés par des cloaques et le chanteur s’installa derrière un pied de micro décoré de faux entrecroisées pour ensuite nous donner une véritable leçon de Black Metal combinant influences mystiques orientales, mélodies planantes et violence sombre. L’expérience fut une véritable communion ésotérique qui hypnotisa l’ensemble des spectateurs présents pendant un trois quarts d’heure glorieux et magique. En somme, le report de Cult of Fire au samedi fut au final une bonne chose, car il permit la Messe des Morts de s’achever sur une note unique et transcendante. Cependant, tout n’étais pas terminé pour nous puisque nous devions suivre Samael à Québec le lendemain… mais ça c’est une autre histoire.

(à suivre)

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas