Sviatibor - À La Splendeur Des Dieux

 

Sviatibor

«Dans La Splendeur Des Dieux»

Endless Decrepitude Productions

19 avril 2015

 

Il m’arrive de fouiller sur Youtube, parmi des milliers et des milliers de vidéo, pour trouver un ou plusieurs groupes que je ne connais pas, peu importe le style de métal. Parmi ces groupes, il y en a que je me dis que le groupe est intéressant, bon, mauvais, pas trop mon genre ou que c’est excellent. Et ça, c’est tout l’effet du hasard et des fois je peux très bien tomber sur quelque chose d’exceptionnel. Aujourd’hui, j’ai décidé de faire une critique d’album d’un des groupes dont j’ai apprécié l’écoute et qui mérite une certaine attention.

Je vous présente Sviatibor, un groupe français qui vient de la ville d’Albi à environ 80 kilomètres au nord-est de Toulouse. C’est un groupe composé d’un seul membre, âgé de 17 ans, qui fait tous les instruments de musique sur sa discographie. Sviatibor existe depuis 2013 et a à son actif plusieurs singles, deux EP et quatre albums. Au début de sa carrière, les paroles de ses chansons étaient en anglais et il faisait de temps en temps une reprise de Burzum ou de Gorgoroth. Et peut-être que je vous entends dire:

Oui, mais quatre albums en peu de temps, c’est beaucoup.

Certes, ça peut être négatif, mais ça peut aussi être positif. Par exemple, Devin Townsend a sorti d’innombrables albums en très peu de temps de carrière. Il lui arrivait de sortir un album de son projet solo et un album de Strapping Young Lad dans la même année sans que ça soit redondant. Bref peu importe ce qu’on pense de l’effet d’une telle production et considérant, veuillez noter, que je ne connais pas les premiers albums, mon analyse va porter sur le quatrième et dernier album de Svatiabor intitulé «Dans La Splendeur Des Dieux» qui sortira le 19 avril sur le label Endless Decrepitude Productions. Voyons à quoi ressemble cet album…

«Dans La Splendeur Des Dieux» est un album avec uniquement cinq chansons. Pas beaucoup, mais dites-vous que les cinq chansons totalisent 1 heure, 1 minute et 47 secondes. Honnêtement, je n’ai pas vu le temps passé en écoutant l’album. Musicalement, c’est du black métal pagan et ambiant. Ma première crainte était que le côté ambiant allait prendre beaucoup plus de place que le côté pagan. J’ai entendu de nombreux groupes dans le genre où l’artiste va privilégier plus l’un que l’autre et c’est souvent le côté ambiant qui prend le dessus. Heureusement, ce n’est pas le cas ici. Il y a une bonne présence de l’ambiant, mais il accompagne très bien avec les autres instruments. C’est aussi grâce au côté ambiant que cet album est épique. Même lorsque ce côté est seul sur la pièce, ça ne m’a pas écœuré une seule seconde. Plusieurs fois je trouvais même que ça donnait un côté mystérieux et épique.

J’aime comment le jeune musicien varie les moments sur son album, c’est-à-dire qu’il y a souvent une période où c’est plus calme et d’autres où ça bouge plus. Le changement entre les périodes est superbe et ça fait en sorte qu’on n’entend pas la même chose pendant tout l’album. Pour la guitare, ils utilisent des riffs très intéressants, mais parfois, j’ai cru entendre certains riffs venant des groupes de black métal dépressif ou des groupes de la première génération de la scène norvégienne, dont l’influence de Burzum qui est très présente. Et il y arrive que c’est un peu répétitif, mais ce genre de détails est presque anodin quand tu apprécies énormément la musique qui joue dans tes oreilles. Cependant, ce que je soupçonne, c’est que la batterie vient d’un logiciel informatique. Pas que c’est nécessairement négatif, car il y a eu beaucoup de travail autour de sa programmation (si jamais la batterie est un logiciel informatique). Dans l’ensemble de son œuvre, les cinq chansons ont été extrêmement travaillées et le talent est exploité tout au long de cet album. Ma chanson préférée, c’est «Aux Rivages De La Terre», mais les autres sont aussi bonnes.

Pour la voix, je l’ai trouvé très intéressante parce que ça sonne, selon moi, dépressif et sinistre, tout comme les ambiances, ce qui concorde très bien avec la musique. Si on se concentre bien, on peut bien entendre ce que le chanteur dit sans lire les paroles. Et pour finir, il ne me semble pas avoir entendu son style de vocal dans un autre groupe, ce qui donne un côté plus original au contenu.

Au niveau de la production, le «mix» est véritablement impressionnant. J’imagine le temps que ça dû lui prendre pour avoir une qualité aussi exemplaire pour un groupe nouveau. La production est même supérieure à plusieurs groupes qui ont plus de budget et qui sont plus connus. On entend très bien tous les instruments et aucun d’entre eux n’enterre un autre. Pour un jeune groupe et venant d’un seul musicien âgé de 17 ans, c’est hallucinant comment sa production devrait être enviée par beaucoup de groupes métal sur la scène.

En conclusion, cet album est tout simplement magnifique. Le jeune musicien de 17 ans sait absolument faire un album splendide pour les oreilles en produisant un album de haute qualité que certains groupes plus connus ont de la misère à faire. Il a énormément de talent et il sait comment l’exploiter pour ressortir sur ce qui se fait dans le meilleur. Si les trois premiers albums sonnent comme cet album, je sens que ce groupe va devenir un de mes préférés dans le genre. J’espère entendre davantage de musique de la part de Sviatibor dans le futur, que le contenu reste aussi magnifique et qu’il essaie de toujours de mettre la barre haute album après album. «Dans La Splendeur Des Dieux» est pratiquement assuré de finir dans mon top 20 des meilleurs albums cette année. N’oubliez pas de vous procurer l’album en précommande ou à partir du 19 avril sous le label Endless Decrepitude Productions.

9,5/10

Marc=André Jobin