Rahu_cover

 

Rahu

« The Quest for the Vajra of Shadows« 

2012

 

«Ordeal of X»
«Samudra Manthan»
«Kalas Bleed for the Sun-Eater»
«The Serpent King»
«Sceptre of the Auspicious One»

 

Dans la mythologie hindoue, Rahu est un démon représenté sous la forme d’un serpent qui fut coupé en deux par Vishnu pour avoir bu le nectar d’immortalité des dieux. Sa tête, toujours vivante, serait responsable des éclipses solaires, avalant le soleil avant que celui-ci ne ressorte par le trou de son cou. C’est donc suivant cette thématique que le duo finlandais de Black Metal du même nom a élaboré son premier album complet publié sur vinyle et CD en 2012 et ressorti cette année de façon digitale et internationale pour les amateurs d’obscurité mythique. Intrigué par cette sortie au thème original et à la superbe présentation graphique anormalement colorée pour un projet de métal noir nordique, votre serviteur s’est attaqué à des écoutes répétées dudit opus et voici ce qui en est ressorti.

Tout d’abord, dans la plus pure tradition finlandaise établie par des groupes tels qu’Horna, Sargeist et Baptism, ce qui sautera aux oreilles de l’auditeur dès l’introduction de «Ordeal of X» est la parfaite combinaison d’une élaboration mélodique épique et d’une production résolument sale, bourrée d’échos mystiques rehaussant l’atmosphère occulte de la musique. Les expérimentés Kobalt (Devilry, ex-Baptism, ex-IC Rex)) (voix, batterie) et Atvar (Circle of Ouroborus, Impervious, Karmic Void, Prevalent Resistance, Venus Star, Verivala, Vordr, Key) (guitare, basse) nous livrent ainsi une sélection de pièces majestueusement atmosphériques nous transportant littéralement par leurs mélodies à saveur résolument orientale dans l’univers mythologique hindou peuplé de démons assoiffés de pouvoir et de dieux vengeurs. Nos deux protagonistes évitent aussi le piège de la répétitivité en incluant d’intéressantes variations rythmiques et une influence Doom assumée, caractérisée par des passages très lents, rampant dans le subconscient de l’auditeur pour contribuer à l’expérience mystique qu’est l’audition de ce chef-d’œuvre. De plus, malgré une production très malpropre et toute en réverbération typique du Black Metal finlandais, l’auditeur sera heureux d’entendre facilement tous les instruments et les subtilités utilisés par les membres de Rahu, y compris la basse souvent laissée pour compte dans le métal noir. Toutefois, en ce qui concerne le chant de Kobalt, j’aurais personnellement préféré qu’il soit un peu plus prédominant dans le mix sonore et un peu moins bourré d’écho, afin qu’il soit plus aisé de saisir les paroles et d’en apprécier les réelles qualités. Malgré cela, il ne s’agit pas d’un problème majeur puisque ledit chant se fond très bien dans l’ensemble musical superbe créé par Rahu.

En somme, «The Quest for the Vajra of Shadows» est un album de grande qualité qui devrait se retrouver dans la collection de tous les fanatiques de Black Metal occulte finlandais. Avec une thématique lyrique originale, une musique à la fois mystique et accrocheuse et une production rehaussant son atmosphère épique et ésotérique, Rahu atteint effectivement la cible recherchée avec une facilité déconcertante en un peu plus de quarante minutes seulement. Allumez de l’encens, présentez vos offrandes au serpent dévoreur de soleils et laissez-vous emporter par ce disque magnifique!

Pièces favorites: L’album en entier!

9,5/10

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas