C’est après être arrêté prendre quelques bières pas chères sur la terrasse des Foufs et jaser avec la gang de métalleux qui s’y ramasse toujours les vendredis, que je suis parti tranquillement vers le Club Soda pour assister au spectacle présenté par BCI et mettant à l’affiche Sepultura/ Destruction/ Arsis/ The Last Ten Seconds of Life/ Starkill. Quand je suis rentré dans la salle, c’était comme à l’habitude pour la 1ère partie, pas mal désert. C’est sûr que le beau temps n’aide pas mais je le dis trop souvent, vous manquez des maudits bons groupes en n’arrivant pas tôt. Moi en tout cas, ça m’a fait voir des groupes en 1ère partie qui sont rendus des grandes vedettes aujourd’hui dont Metallica avec Burton à leur premier spectacle à Montréal… Je connais beaucoup de gens qui me disent encore que je suis chanceux. C’est sûr que vu 30 ans après, c’est évident que je suis chanceux d’être un des rare à l’avoir vu (car on n’était pas 100 dans la salle) mais c’est surtout parce que j’ai bougé mon derrière pour encourager la première partie que je l’ai vu sans savoir que 30 ans après il serait vénéré. Enfin j’imagine que je prêche dans le désert depuis le temps que je le dis…
C’est donc à peu près devant une trentaine de personnes que Starkill a débuté la soirée. Ça devait être un peu poche pour eux parce que ça paraît vide en maudit le parterre du Club Soda dans ce temps là mais ils ne s’en sont pas occupés et ont opté pour l’option la plus intelligente. Donner un show pour ceux qui y étaient. Et c’est ce qu’ils ont fait avec enthousiasme. D’ailleurs, j’avais remarqué lorsque je les avais vus en ouverture de Arch Enemy au Metropolis que les gars trippent sur une scène et aiment embarquer le monde dans leur trip. Les gars se sont donc avancés le plus possible au bord de la scène et ont joué un vingtaine de minutes de leur thrash/ death/ arena metal. Et comme leur musique a pas mal de solo de guitare (le côté arena metal!!) et bien le fait qu’il y avait peu de monde a fait que les solos étaient partagés individuellement avec le monde accoté à la scène pendant que le parterre accueillait les nouveaux arrivants qui se laissaient tout de suite attirés vers l’avant-scène. Ça c’est toujours cool. Sur une note moins cool en terminant, j’aimerais souligner que ce serait mieux que le clavier ne soit pas plus fort que le reste quand il n’y en a pas sur la scène mais qu’il provient de la backtrack. Je sais bien que c’est un peu la mode présentement de mettre des arrangements de claviers un peu partout mais ça me donne l’impression d’aller voir un orchestre symphonique sans les violonistes qui seraient sur la backtrack!!! Sinon, je n’ai rien de négatif à dire de leur prestation, les jeunes sont énergiques et donnent un bon spectacle avec juste assez de «show off».
Après une interruption d’une quinzaine de minutes, The Last Ten Seconds of Life est venu sur scène, a joué 14 minutes et est reparti. Cette simple phrase pourrait résumer leur prestation car c’est à peu près l’impression qu’ils ont laissé sur la foule. Si c’était plate pour Starkill de jouer devant peu de monde, ce devait être pire de jouer devant 3 à 4 fois plus de monde et d’avoir moins de réactions de la part de la foule que le groupe précédent. Bon, y’avait bien 2 karatémen qui se tortillaient dans le pit mais la fin des pièces étaient accueillis plus avec des applaudissements polis et des cris clairsemés qu’avec une réelle approbation. Ah oui c’est vrai que j’ai oublié de vous dire que The Last Ten Seconds of Life partait avec un désavantage marqué. Que faisait un groupe de core sur un line up de ce genre? Il était évident que ce serait la réaction du public et même que j’ai été surpris que la foule ne s’étiole pas plus au long de leur prestation. Enfin! Donnons leur le crédit d’avoir su engager à un certain point la foule dans leur set. Et à leur décharge, ils ont donné une bonne prestation énergique comme le style le veut et en plus, les musiciens sont assez talentueux pour capter l’attention et leur deathcore est bien ficelé et aurait sûrement plu aux fans d’Emmure et autres groupes du genre mais ceux-ci étaient absents. En cherchant plus d’infos sur le groupe, j’ai vu qu’ils ont quitté la tournée le lendemain du spectacle de Montréal pour causes d’urgence familiale. Loin de moi l’idée de dire que ça tombe bien(!!!), mais mettons que ça leur évitera d’autres soirées comme ça.
Après un autre 15 minutes de pause, c’était au tour du groupe Arsis. Le parterre était maintenant pas mal plein et la réaction des gens montrait que les choses revenaient à la normale même avant les premières notes. De voir Malone sur scène pour mener la troupe devait sûrement faire tripper encore plus leur lot de fans présents. Et le groupe a su se servir de l’énergie de la foule, la faisant monter encore plus quand Malone a mentionné après quelques pièces que Montréal était «by far so far the best show of the tour». Faut dire que c’est vrai que ça avait commencé à bouger pas mal sur le parterre. Les gars ont eux aussi bougé en masse sur la scène s’échangeant leur place pour que tous les voient bien et s’avançant vers la foule pour offrir leur solo. Les gars se sont exécutés avec brio et générosité. Un maudit bon spectacle.
Pendant que l’attente me paraissait trop longue et que nous attendions tous que la batterie soit finalement installée sur scène et calibrée dans le mix de son, j’ai appris (Le grand Chassé m’a dit de préciser que c’est de lui que je l’ai su alors là c’est fait) que le batteur de Destruction avait dû rester en Europe pour la naissance d’un enfant et que c’était Randy Black (DuskMachine, ex-Primal Fear) qui le remplaçait. J’aurai au moins su ça pendant l’attente sinon j’aurais attendu pour rien parce que finalement après 30 minutes d’installation et de calibrage de son, le bassdrum était vraiment trop fort pour les cymbales et même qu’il enterrait en partie les cordes. Moi qui trouve déjà que les vieilles compositions de Destruction revampées avec double bassdrum ont perdu un peu de leur cachet, l’avoir à l’avant-plan dans le mix ne m’aidait pas.
Enfin, ce n’est pas ce qui m’a empêché d’apprécier leur spectacle pour autant. Je suis un fan de Destruction depuis que je me suis procuré «Sentence of Death» à sa sortie en 1984 et (ici je vais faire des jaloux car je n’ai pas seulement vu Metallica à leur 1er spectacle à Montréal mais dites vous qu’être vieux ça me donne aussi pas mal d’avance pour ma propre Sentence of Death) j’ai assisté à leur 1er spectacle en Amérique à Montréal en 1985 alors qu’ils avaient foulé la même scène que Celtic Frost, Possessed, Nasty Savage le tout headliné par Voivod (Top 5 des shows que j’ai vu dans ma vie et j’en ai vus plus de 3000!!!). Je suis vendu d’avance et je pense même que les pièces se jouent autant dans ma tête que dans les hauts-parleurs quand je les vois en spectacle. Donc dès que les lumières se sont éteintes et qu’ils ont lancé «Curse the Gods», j’ai fait fi du son qui était so-so et j’ai embarqué dans le même trip que tous. J’ai headbangé, crié, chanté, levé le poing dans les airs et quand s’est terminée leur prestation, j’ai trouvé que le 45 minutes qui leur avaient été alloué avait passé vraiment trop vite. On aura quand même été gâté de vieux succès de toutes leurs époques dont mes highlights de leur prestation, «Mad Butcher», «Invincible force», «Eternal ban», «Nailed to the cross». Je crois que Destruction en aurait pris plus aussi. Schmier et Mike trippent à venir jouer à Montréal et chacun a pris la peine de mentionner que Montréal est comme une 2ème maison tellement ils sont bien accueillis et s’y sentent bien. À voir comment le parterre bondé était déchaîné et sans dessus dessous, ils auront encore apprécié leur visite. Gageons qu’ils seront de retour l’an prochain.
Une autre demi-heure s’est écoulée avant que Sepultura ne nous prennent d’assaut eux-aussi. Et le son était maintenant parfait. Tout était à sa place et on pouvait se laisser groover. Célébrant leur 30ème anniversaire avec cette tournée, ils ont pigé à gauche et à droite dans leur immense discographie pour ravir la foule pendant 1h30 réservant la majeure partie des vieux succès pour la 2ème partie du spectacle question de finir en bombe.
Je n’entrerai pas dans le jeu des comparaisons bien que j’ai vu Sepultura à plus d’une reprise avec les Cavalera. Derrick Green mène la troupe depuis assez longtemps pour être plus qu’à sa place et donne un maudit bon show. Il a embarqué la foule et il a eu une réponse des plus enthousiaste. Et le dernier venu, Casagrande à la batterie, a montré qu’il groove en masse et qu’il assure dans les rythmiques tribales. C’est ça l’essence de Sepultura, la groove. Et je crois que la foule s’en foutait que les Cavalera ne soient pas là. Le parterre était déchaîné et je me demande bien où tous prenaient cette énergie après toute l’action qu’il y avait eu depuis l’entrée en scène d’Arsis.
Je vous ai dit qu’ils ont fini avec les vieux succès. Après avoir clôturé la première partie du spectacle avec leur nouvelle pièce «Under my skin», ils ont offert en succession «From past comes the storm», «Territory», «Arise», «Refuse/Resist» (en medley avec un jam de « Orgasmatron» de Motörhead) puis en rappel «Bestial devastation», «Ratamahatta» puis ça s’est terminé avec l’incontournable «Roots bloody roots». Tout le monde s’est époumonné avec eux. C’était génial. C’était vraiment le point d’exclamation sur une très belle soirée (d’ailleurs je tiens à remercier BCI pour l’accès au spectacle) mais une surprise m’attendait…
En retournant tranquillement chez moi, je suis passé en face des Foufounes Électriques et en jetant un coup d’oeil vers l’autobus de tournée de Destruction stationné en face, j’ai vu Mike qui chillait seul. J’en ai donc profité pour aller le saluer, le remercier pour le spectacle et finalement, on a eu une bonne (petite) jasette de près d’une heure. J’étais vraiment content. Il m’a raconté comment il aime Montréal et se sent bien ici chaque fois qu’il revient, m’a parlé de ses expériences de traversée des douanes canadiennes un peu partout le long de la frontière, a jasé musique et comment ça fait longtemps qu’il fait ça. Une vraie conversation super cool sur toutes sortes de sujets. Quand je lui ai dit que j’avais vu le spectacle de 1985, il m’a dit
Ah Man, I was so nervous. I didn’t event know how to play guitar back then and it was our first time in America.
Je lui ai répondu que de toute façon, c’était pas bien grave parce que, en 1985, le style était nouveau, n’avait jamais existé et on voulait juste voir les malades qui faisaient ce nouveau gente de musique. J’aurais pu jasé toute la nuit avec lui si (et là vous pouvez me huer) je ne lui avais pas dit que je devais rentrer. La prochaine fois qu’il viendront à Montréal, vous pouvez être sûr que je prévoirai d’avance que Mike et moi avons une bière à prendre ensemble après le show pour finir notre conversation…
Lex





