Vehemal - the atom inside

 

Vehemal

«The atom inside»

Indépendant

2014

 

Liste des pièces:
«Les particules élémentaires»
«Progéniture échouée»
«Cosmic Collision»
«Univers Zéro»
«Relativité nébuleuse»
«Milky Way»
«Avenge the Earth»
«The Atom Inside»
«Les synapses planétaires»

 

C’est l’an passé, plus précisément le 25 septembre dernier, que la formation montréalaise de Black Metal mélodique Vehemal sortait son tout premier album intitulé «The Atom Inside». Testant son matériel sur scène ici et là en province depuis 2008, le quintette d’abord entièrement constitué de membres du beau sexe, mais comprenant aujourd’hui trois membres masculins, devait effectivement se lancer et nous livrer sa première offrande après de nombreuses années de gestation. Pour y parvenir, la troupe réquisitionna les services des maintenant réputés Silver Wings Studios, ce qui laissait présager une première sortie de qualité optimale. Décortiquons donc ledit résultat final, pour voir ce qui en est réellement de cette nouvelle galette métallisée québécoise.

Tout d’abord, en scrutant la superbe couverture de l’album et les titres des pièces s’y retrouvant, on verra que Martine Bourque (chant, paroles), s’est appliquée à développer un concept lyrique à saveur cosmique, illustré par de superbes paroles francophones et des paroles disons-le, un peu moins réussie dans la langue de Shakespeare. En effet, bien que les paroles anglophones semblent être très bien placées dans la musique élaborée du groupe, leur lecture nous fait constater qu’elles sont nettement moins riches que celles écrites dans la langue de Molière.

Assez parlé de l’enrobage, entrons maintenant dans la musique de Vehemal. De manière tout à fait classique pour le genre, le groupe nous accueille avec «Les particules élémentaires», une introduction orchestrale un brin longuette avec sa minute et demie qui semble tourner en rond au lieu de nous emmener quelque part. Cet effet est renforcé, par le fait que la seconde pièce, une de meilleures de l’album soit dit en passant, semble comporter sa propre introduction de clavier qui rallonge la mise en bouche de façon un peu injustifiée. Passé cette longue introduction, le groupe entre enfin dans le vif du sujet avec des motifs de guitare en trémolo, typiques du courant musical choisi, souvent couplés à une guitare de tête superbe et mélodique.

Ce qui suit est une succession de motifs agressifs et de passages plus calmes et mélodieux arrangés d’une façon qui n’est pas sans rappeler les aventuriers d’Unexpect, sans jamais verser dans la même complexité par exemple. L’écoute de l’album nous fera donc l’effet d’un voyage cosmique à travers tempêtes solaires et moments de vide interstellaire, mais on en retiendra principalement les passages plus violents. Ceux-ci sont en effet très bien construits et écrits, alors que certains des passages plus atmosphériques ne semblent qu’exister pour rallonger la sauce.

On en vient maintenant à la production qui, très compétente en ce qui a trait aux guitares tranchantes quoique manquant un brin de saleté, sonne beaucoup trop plastique du côté de la batterie qui est dépourvue de sonorités réellement organiques. Au chapitre des orchestrations de claviers, celles-ci apportent un aspect intéressant à la musique du groupe lorsqu’elles se font ambiantes et atmosphériques, mais se révèlent parfois agaçantes dans mon cas lorsque le clavier est utilisé comme instrument de tête. Effectivement, les sonorités utilisées dans ces passages se rapprochent plus du Power Metal ou du Goth Metal que de sonorités associées au Black Metal, ce qui amène un côté un peu trop fromagé à mon goût à l’ensemble. Le chant de Martine Bourque variant entre les hurlements râpeux typiques du genre, un chant plus clair, mais rauque et des passages narrés constitue clairement le second point fort de l’album après les motifs de guitare en raison de sa puissance et de son intelligibilité.

En somme, bien que plusieurs éléments de «The Atom Inside» soient perfectibles à mon avis, celui-ci vaut tout de même largement le détour grâce à son équilibre entre agression et mélodie, à ses motifs de guitare élaborés, à un concept lyrique bien travaillé et à la voix puissante et variée de sa chanteuse. Toutefois, Vehemal aurait eu avantage à opter pour une production plus organique du côté de la batterie, à choisir des sonorités de clavier plus glauques que cajoleuses et à conserver plus de saleté dans les guitares, ce qui aurait amené un son moins stérile à l’ensemble. De plus, certaines longueurs, notamment celle de la double introduction, auraient pu être réduites pour améliorer l’impact de l’album qui se distinguera surtout par ses passages plus agressifs. Les fanatiques du côté plus mélodique et grandiloquent de la musique sombre ne devraient cependant pas s’en formaliser outre mesure et jeter une oreille attentive à ce premier opus d’un groupe de chez nous.

7/10

Pièces favorites: «Progéniture échouée» et «Milky Way».

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas