Hier soir était un soir de PREMIÈRE pour moi. Je me rendais pour la 1ère fois au Death House. Tous ceux qui me connaissent ou suivent le moindrement Ondes Chocs, savent que je suis amis avec plusieurs personnes de cette gang et donc plusieurs d’entre vous doivent se dire:
Hein?! T’es allé au Death House pour la 1ère fois hier?? T’étais jamais allé avant, wtf???
Bon, moi le monde qui vire mes phrases en question, j’haï ça. Je viens de le dire que c’était la 1ère fois … et y’a une f***in de bonne raison et je l’ai encore réalisé dans la nuit quand il a fallu revenir de là. C’est loin de chez nous en tab … à pied!!!! Remarquez que la faune de Montréal-by-night a agrémenté ma marche qui a duré 1h30 pour revenir dans un coin où je pouvais trouver un bus pour rentrer. Et je vous jure que cette nuit à 2h00, je m’en foutais pas mal quand j’ai quitté le Death House pour revenir. J’avais 20 ans (ben j’ai toujours 20 ans dans ma tête!!) et je faisais comme dans ce temps-là, je me tapais la ride-back à pied. Dans le temps, c’était parce que j’avais pas une f***in cenne pour revenir. Cette nuit, c’était parce que c’était cette nuit. Là, si y’en a qui pense que je fais une crise de délire nostalgique, détrompez-vous. C’est à des milles de ça et je vous explique tout drette là.
Bon, comme je viens de le dire, je m’en allais voir un show au Death House pour la 1ère fois et je dois vous l’avouer, j’avais une petite excitation curieuse. C’était le lancement d’album de mes chums de WHISKEY TAX et ça se passait dans leur monde. Je suis donc parti vers 20h30 de chez moi pour me rendre au show. Quand y’a des métros, la ride prend 1/2 heure, c’est pas mal moins pire que revenir!!! Dès l’arrivée à la station de métro la plus proche, l’expérience commence déjà à être surréaliste. Pour ceux qui ne sont jamais sorti à cette station, mettons que le soir c’est glauque, sombre et spooky avec le viaduc de la rue juste à côté pis l’autoroute de l’autre bord en surplomb. Tsé, le genre de place où les filles marchent vite à cette heure là!!!! J’ai donc enligné le viaduc pour m’enfoncer encore plus profondément vers l’ouest. 15 minutes de marche avant d’arriver dans les environs de la place. Dans ce coin-là, faut de l’imagination pour agrémenter sa marche. J’ai toujours trouvé que dans certains coins de Montréal même les grosses rues ont un drôle d’éclairage sombre, tsé pas net qui fait que les ombres s’étirent et que les silhouettes sont floues. Ouan, finalement faut pas avoir trop d’imagination. Avant hier soir, je savais dans quel coin ça se trouvait et savais même l’endroit général où chercher mais comme c’est dans un recoin pas possible où c’est des sheds et rien que des sheds … C’est pas évident de se retrouver surtout à la noirceur. En arrivant sur place j’ai texté Ricky, guitariste de WHISKEY TAX, pour qu’il viennent me rejoindre et me montre la place.
Im inthe yd. Lx
Ouan, j’ai pas un super iPhone de 8ème génération. J’ai un flip Samsung sans clavier faque des fois mes messages sont comme pas élaborés … Je souhaitais au moins qu’il avait son cell proche parce que planté en pleine noirceur dans un parking à l’asphalte tout défoncé à attendre, mettons que ça fait un peu ordinaire. Bingo! 1 minute après l’envoi, j’entend crier
Lex, where the f**k are you, man?
Quand je vous dit qu’il fait noir! J’étais à 30 pieds de la porte de son local (ça je savais c’était où mais même trouver cette porte là à la noirceur, c’est pas évident!). Bon, Yes sir! All things’ set! Je suis rendu, j’ai trouvé Ricky. Il ne me reste qu’à suivre Ricky. Ben oui, comme dans les films, il pouvait pas m’expliquer vraiment c’est où la place parce que tout est pareil et en même temps c’est pas facile à trouver parce que c’est comme fait pour pas être facile à trouver. Il me fait entrer en 1er dans leur local où sont leurs instruments parce qu’ils en sont encore là dans leur soirée. Transporter le gear au Death House!! Je donne donc un coup de main à Corey pour transporter les amplis et tout … à pied. Pour la 1ère fois que j’empruntais la « trail » qui mène au Death House, je peux vous dire que c’est f***in moins compliqué quand t’as pas d’ampli dans les bras!! Bon, vite de même, je vous refais un autre set up. On passe dans une petite « trail » défoncée puis dans un corridor plein de glace pour se péter la yeule entre un mur et une clôture et on aboutit. Dans les films, ils te mettent un bandeau sur les yeux pour pas que tu saches où tu vas. J’en aurais ben pris un parce que y’aurait pas vraiment fait plus noir mais au moins quelqu’un m’aurait tenu le bras pour me faire avancer!!!! On finit par arriver au local. WOW!!! L’intérieur du local est vraiment écoeurant. Un vrai local thrash punk avec des murs psychédéliques couverts de posters des shows qu’il y a eu. C’est pas grand mais c’est tout aménagé pour être exactement ce qu’il faut pour faire des maudits beaux partys. Un « main floor » pis un escalier pour monter à une mezzanine. Ils ont même des passerelles de 2 pieds de large sur les murs latéraux où on peut s’asseoir par terre les jambes pendantes pour voir les shows. Je dis salut à Maniks et aux autres que je connais mais dont je ne me souviens jamais vraiment des noms. Maintenant que je savais c’était où pis que j’avais donné un coup de main pour le gear, il faisait « SOIF » et je pouvais retourner au dépanneur chercher de la bière. Ben oui! C’est « BYOB », c’est pas un bar. Faut que t’amènes ta bière.
La place n’a pas tardé à se remplir et j’ai vu plein de bon monde souriant. C’était cool de voir le monde assis le long des murs avec leurs pieds pendant au-dessus de nous. Je me suis accoté au comptoir au fond de la salle où je pouvais déposer ma bière et j’ai jasé avec notre hôtesse derrière le comptoir, qui se chargeait de fournir des verres de plastique pour la cruche d’eau ou les bières bouteille, ramasser les vides et charmer tout le monde avec son sourire. J’ai aussi jasé avec les plus proches du comptoir qui venaient carrément me voir pour ça. C’est quand même drôle comment l’incompréhension des fans face à la présence d’un bonhomme (parce que c’est ce que je suis pour plusieurs d’entre vous) dans « leur show » leur fait me raconter toutes sortes de choses. Musique, punk, la place, tout y passe et on m’explique. C’est « cute » mais s’ils savaient. Des fois, je prend le temps d’expliquer mais des fois on a moins la chance. Au moins, plus personne ou presque me dit Ah ouan, t’aimes ça cette musique là!!! S’ils savaient aussi que je suis encore plus surpris qu’eux quand quelqu’un me dit qu’il ne connait rien du punk avant NOFX mais qu’il me dit 1997. Euh! NOFX a commencé en 1983. Avant ton père, Kid. Pas grave!
C’est finalement vers 22h00 que le 1er groupe, BEAR MACE, est monté sur scène. Dès les 1ères notes, le devant du stage s’est déchaîné et leur chanteur, Conor, a plongé direct dans la foule micro dans les mains pour thrasher avec tout le monde. De l’énergie de fou pis du fun de malade. Les habitués prenaient la peine de me dire que c’était toujours comme ça. Pis même pire ( … mieux!! On dit mieux quand le thrash est plus gros pis plus déchaîné, pis que les filles peuvent embarquer parce que y’a pas de karatémen ou de goons). Inquiétez-vous pas les jeunes. J’en ai vu. Pis en masse pour avoir apprécié comment tout le monde sur place était dedans. Leur set nous a amené dans un univers de punk à la Suicidal Tendencies et Corrosion Of Conformity des 1ers albums avec des passes slows groovys alternées avec du fastpace. Un set qui a souffert un peu au début parce que les baguettes du drummeur étaient fêlées mais on lui a échangé ça et je peux vous dire que la différence s’est immédiatement fait sentir. Ça bûché pas mal plus fort à partir de là. Et on a reperdu Conor dans le thrash mais on l’entendait toujours chanté c’était bon signe. J’ai eu la chance de jaser avec Conor plus tard dans la soirée et il me disait qu’ils seront le 13 mai aux Maniks Mondays du Café Chaos et qu’ils ouvriront aux Foufs bientôt pour un band de skatepunk dont je n’ai pas compris le nom.
Après leur set, là aussi c’est dehors qu’on va fumer la cigarette. Je me suis donc accoté dehors avec JF et sa blonde pour jaser, squeezer entre le mur et la clôture de propriété (dans le corridor, tsé). Je peux vous dire que ça fait f***in underground quand tout à coup le train passe à pleine vitesse à 6 pieds de nous autres de l’autre côté de la clôture « frost » pendant que du Six Feet Under ou Crimes jouent dans les speakers. \Hell Yeah/
Après que le band suivant a eu changé tout le set up du drum pour l’adapter mieux au fait que le drummeur ferait la majorité des vocaux, on était prêt pour WETMETAL. Là, on allait encore avoir du thrashpunk old school qui, cette fois m’a plus rappelé le D.C. Hardcore des années ’80. D’ailleurs, je n’arrivais pas à m’enlever de la tête qu’en plus, il avait le style de vocal de cette époque à la Ian MacKaye de Minor Threat ou son frère, Alec de The Faith. Leur thrash a encore une fois fait plus que la job demandée et on a trippé en masse sur leur musique qui marie bien les fastbeats punk aux passes encore une fois groovys mais aussi des fois stoner. Bravo au drummeur qui a un bon cardio pour chanter en même temps, parce que y’a des bouttes que ça ride solide des 2 bords. L’action avait grimpé d’un cran dans le pit et on a eu Maniks qui nous a fait quelques bodysurfs. Man, té trop cool!!!! Il a aussi aspergé la foule de guirlandes en spray du haut de la mezzanine. Man, té trop de party!!!
C’est pendant que j’étais dehors à prendre l’air et me faire raconter une autre fois que faut pas se faire d’idées, que c’est une place cool et autres boniments pour les touristes que WHISKEY TAX a lancé son set en dedans. J’ai fait rire le gars en lui disant mon gag traditionnel que « j’écoutais déjà cette musique et allais dans ce genre de show à l’époque où le seul liquide blanc que son père shootait était du jus de bouton d’ado, pété devant le miroir », et je suis rentrer en dedans. Vu du fond de la salle pour les 2 premiers bands, j’avais vu que y’avait de l’action dans le pit mais là en rentrant de dehors, je me trouvais de l’autre côté et devait traverser. Quand je vous disait que le mosh allait de mieux en mieux, ben même après que j’ai eu sagement l’idée d’attendre la fin de la toune pour traverser, ça n’a pas été évident parce que c’était jampack et qu’il restait un fond de houle qui avait été provoqué par la vague du thrash. Par contre, la mer de monde s’est ouverte un peu devant moi et tel Moïse traversant la mer Rouge je suis passé juste à temps avant qu’elle ne se referme avec fracas derrière moi au son de la musique qui reprenait. (Voyons moi, c’est la fin de semaine de Pâques qui me fait ça. Trop de films de Jésus à la télé). Les gars de WHISKEY TAX nous ont joué les pièces de leur album car je rappelle que c’était le lancement. Des riffs de guitares à l’emporte-pièce, des « blastbeats », de la « rolling bass » du crossover bien fait. Corey fait la majorité des vocaux et Ricky rajoute quelques lignes. Et juste ce qu’il faut d’attitude pour faire du thrash. Après le set, Corey me disait que Sam leur drummeur avait joué un peu trop vite « for comfort ». Ouan, cé l’adrenaline ça. Apprendre à gérer le « stage shoot ». Mais en même temps, combien de groupes m’ont dit ça de leur drummeur, je les compte plus. Et je peux dire que ça, c’est souvent une situation qui paraît pour les musiciens mais un peu moins dans la salle. Moi, j’avais pas remarqué et je m’intéresse plus à la « vibe » qu’à ça dans un show. That was nice, f***in destroying the place, Corey. Everybody were happy at the end of your set. Don’t worry.
Après le show, on est resté à chiller un peu pendant que le gear partait tranquillement et que la salle se vidait de son monde. À un moment, il est venu le temps d’entamer la grande marche qui me ramènerait dans mon coin conscient que le transport en commun ne me serait d’aucune utilité mais bon j’étais crinqué par ma soirée et je pouvais bien prendre une petite marche de santé. Je venais de passer une vraie soirée comme dans le temps où des shows s’organisaient dans les squats de Montréal ou quand les shows était plus gros dans les sous-sols d’église. Voir DOA avec Unruled et S.C.U.M. ou encore le Montréal-NY Connection ’85 avec Scab, Ultra Violence et Krakdown de New York et Countdown Zero, Gassenhauer et Vomit And The Zits de Montréal dans le sous-sol de l’église Saint-Louis-de-France restent d’heureux souvenirs. Parlant de souvenirs, voici un album de 1982. Le split The Faith/Void qui représente bien la scène Washington D.C. HC du début des années 80. Y’avait aussi Minor Threat et State of Alert, le 1er band de Henry Rollin mais ce split est une pièce d’anthologie qui vous fera comprendre un peu comment ma soirée sonnait. Pour ceux qui ne savent pas quand ça change pour du VOID, c’est à partir 12:28.
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