Après une fin de semaine mouvementée, je me disais que j’aurais peut-être aimé un lundi un peu plus tranquilos chez moi à faire mes tâches ménagères… NOT! Voyons esti, phrase de moumoune! Je re-deviens un homme: j’ai mis mes bottes de rubber, j’ai crissé une claque sur les fesses à ma femme, j’ai pris une bouchée de viande crue et je me suis mis de la musique d’homme dans mon gros char qui boit beaucoup de gaz juste avant de prendre la direction du bar le Dagobert à Québec, où avait lieu le show de Soilwork, Jeff Loomis, Bonded By Blood et Hatchet. La formation Blackgurard avait annoncée durant la journée qu’elle ne serait pas du show, malheureusement. Je voulais vraiment voir Justine Éthier derrière ses peaux, moi!
Anyway, j’arrive au Dagobert où j’avais rendez-vous avec Gilbert Jay, guitariste du band de Québec The Outborn, mais c’est la présence de Hatchet à 19h sur les planches du bar que je m’aperçois en premier, alors que je salue Gabriel de District 7 Productions (j’espère vraiment que c’est ça ton nom, j’ai un blanc!), que je remercie pour les accès d’ailleurs. Toujours un plaisir. Je laisse mon ‘coat’ au vestiaire, je garde en main le gilet Ondes Chocs que j’avais sorti de mon char avant d’entrer et je vais le remettre immédiatement à un trippeux de première classe, Dave Gagné, que vous verrez dans une photo un peu plus bas. On jase un brin, mais j’essai très rapidement de me concen… non, je veux absolument dire salut à François « Tha Tank » Dufour, un gars que tout métaleux de la région connaît et le gars est juste trop cool pour être vrai. Content de t’avoir vu, man, it’s been way too long.
Là c’est vrai, je me revire et je focus sur Hatchet, un band de thrash métal de San Francisco qui est en promotion de son nouvel album, « Dawn of the End », leur deuxième LP. Ils font parti du renouveau thrash que l’on peut voir dans le monde métal, un retour aux sources qui me rend très heureux, surtout que les boys arborent des gilets old school d’Exodus et Destruction. C’est d’ailleurs un phénomène spécial qui allait se produire devant nous avec les deux premiers bands qui faisaient dans le thrash. Avec Hatchet, on peut facilement se fermer les yeux et s’imaginer dans un bar durant la haute période du thrash que la Bay Area en Californie a produit à la fin des années ’80 et début des années ’90. Des riffs accrocheurs et répétitifs qui sont directement basés sur ce qui a été fait dans le passé, mais avec une efficacité désarmante. Juste quand je pensais que tous les riffs avaient été pondu dans le style, ils nous frappent violemment avec les grooves et la violence de « Silenced By Death » (entre autres), mélangeant l’aggression et les solos pour le plus grand plaisir des fans, comme notre ami Yvan Létourneau de Phosphorus, qui était venu expressément pour les deux premiers groupes de la soirée. Au niveau de la voix, comme dans le temps, c’est clairement l’aspect le moins fort et travaillé de leur musique, mais en même temps il y a quelque chose d’authentique dans leur approche qui fait que je passe rapidement par-dessus ce facteur. Avec les trois drums déjà montés sur la petite scène du Dagobert, pas besoin de vous dire que les musiciens n’étaient pas en mesure de vraiment se garrocher partout, mais je dois leur lever mon chapeau, car après un show sold out la veille à Montréal au Petit Campus, il n’ont pas laissé voir que la petite foule et espace de Québec les dérangeaient. Je me suis procuré leur album le lendemain, ça vous en dit long.
Je trouve enfin Gilbert Jay, Alain Labonté de Québec-Métal est aussi venu faire son tour, Patrick Graham de Ondes Chocs arrivent enfin de sa job et Marc Lavoie de CDM vient nous dire salut. On refait le plein au bar derrière nous (encore des gars qui travaillent au Dag! Fuck!).
Bonded By Blood prend ensuite la scène d’assaut et c’est le mot à utiliser, car ils montent et essaient de conquérir la ville au grand complet on dirait. Ils sont la deuxième et dernière partie du phénomène spécial mentionné ci-haut, car ils nous offrent leur version de thrash métal, mais cette fois-ci un peu plus moderne avec une guitare à 7 cordes et aussi des tendances hardcore et punk. Le band a financé son premier démo en 2006 avec un prix en argent qu’ils ont reçu lors d’un concours qui comptait plus de 250 bands et ils sont maintenant rendu à leur cinquième sortie, « The Aftermath », dévoilée en 2012. Ceci dit, ne vous trompez pas, car on a aussi droit ici à du thrash de première classe, mais cette fois avec un frontman qui n’est pas gêné par un instrument et ses acolytes qui se donnent vraiment pour la foule. Je ne savais pas à quoi m’attendre e cette formation, mais je dois dire que j’étais vraiment impressionné par mon début de soirée, ce retour dans le temps avec des musiciens qui se donnent et surtout montrent un degré de ‘musicianship’ élevé. Juan, le guitariste, pète d’ailleurs sa strap de guitare à la dernière pièce et c’est avec dextérité qu’il réussi à la finir sans l’aide de son support. Il porte aussi des gants qui me rappellent la période ‘glam’ métal. Le drummer frappe fort sur son drum et est particulièrement ‘tight’ en ce lundi soir. Si vous vous demandez si le nom du band est basé sur l’album fétiche d’Exodus et bien oui, c’est exactement ça!
Après la prestation, je jase avec le monde et le band suivant se prépare rapidement… trop rapidement même pour vraiment développer une conversation avec tout le monde.
Jeff Loomis est ce prochain invité sur scène et lui et sa gang sont aussi surpris que vous d’être présent. Ce que je veux dire par là est que suite à ma conversation avec le virtuose à l’entrée du Dagobert pendant sa pause cigarette après son show, il est clair qu’il ne croyait jamais que ce projet pourrait un jour aller en tournée, encore moins jouer juste avant Soilwork dans une soirée. On doit l’avouer, la musique instrumentale n’est pas appréciée par tout le monde, à tort ou à raison, mais dans son cas il a une force créatrice exceptionnelle qui permet à l’auditeur d’être captivé, même sans les refrains accrocheurs qu’on peut habituellement s’attendre dans un show métal. Il existe une ligne très fine entre l’instrumental accessible et l’instrumental qui devient de la masturbation musical pour le musicien… une situation qui est souvent seulement profitable pour celui-ci. Dans le cas de Loomis et sa troupe, on a droit à du stock de ses deux albums solos et je vous inviterais à vous les procurer pour être témoin de tout le talent offert par ce guitariste qui a été surtout connu grâce à son excellent travail dans Sanctuary et Nevermore, mais qui offre maintenant du « néo-classique qui reste viril » (tout le crédit va à Yvan pour cette description \m/). Il se tient au milieu de la scène, comme un frontman le ferait et il assure d’ailleurs ce rôle avec entrain quand il n’est pas occupé par son instrument. Parlant de guitare, je m’imaginais des changements sans cesse entre les tracks, mais non, le rythme est gardé et les chansons s’enchaînent rapidement et les fans réunis dans la salle semblent même connaître les compos beaucoup plus que je ne l’aurais imaginé. Je vais résumé sa performance avec une citation du bassiste à qui j’ai demandé « how is it to play alongside the master? ». Sa réponse: « awesome ».
Après cette performance, je m’aperçois que Pat Graham parle avec le bassiste de Bonded By Blood et c’est au deuxième étage avec plusieurs musiciens de la soirée, loin des regards indiscrets, que l’on passe l’intermission qui mènera au band headliner de la soirée. On en profite pour consommer les plaisirs de la vie et aussi demander à ce même bassiste où il a pu fumer le meilleure weed, considérant qu’il en a fumé pas mal partout dans le monde. Sa réponse, et moi non plus je ne m’attendais pas à ça: Los Angeles. Enough said.
On re-descend au premier étage et Soilwork semble d’attaque et prêt à nous conquérir… mais pas moi. Comprenez-moi: je suis un fan de la troupe, ce band de métal mélodique qui nous venait directement de la Suède, car j’ai toujours respecté le fait qu’ils ont su garder leur mordant au fil du temps, ce que plusieurs bands métal ne peuvent pas clamer haut et fort. Ceci dit, leur performance m’a laissé froid à plusieurs niveaux, mais sans avouer plusieurs forces à leur set. Premièrement, « Speed » a offert un excellent vocal et à chaque fois qu’il chantait il était dedans, mais la seconde qu’il ne devait plus chanter, il avait l’air de trouver le temps long en sale. Ses regards de « get me out of here » à son technicien qui se trouvait à mes côtés en disaient long. Je ne le blâme pas, 150 personnes environ pour un show de cette envergure est décevant. Le point fort de ce show fût la présence sur scène du petit nouveau, David Andersson, qui avait l’air d’un enfant en jouant de la guitare et c’est tout à son honneur de pouvoir tripper autant avec la foule, comme le montre si bien cette photo de David avec Dave Gagné que j’ai mentionné plus tôt:
Le français Sylvain Coudret a bien assuré son rôle de l’autre côté du stage à la guitare et le bassiste en a profité pour boire en masse et le gars jouait sur les talons tout le long du show. Il a même rentré dans le chanteur à la dernière toune, ce qui a bien fait rire ce dernier. Mon problème avec le tout a été le ‘mood’ général du show qui me semblait une interprétation de leurs tracks, un bon mix de leur catalogue et avec une finition de « As We Speak » qu’ils ne pouvaient juste pas ignorer. Cependant, quand je vais voir un show, c’est ça que je veux voir justement: ce petit quelque chose qui va faire que ça va me marquer. Je suis persuadé que plusieurs ne seront pas d’accord avec cette critique de leur show et honnêtement je pourrais facilement vous donner raison. C’était loin d’être mauvais, mais je n’ai vraiment pas été conquis et ça c’est très personnel. Pour les fans de longue date, j’espère vraiment que vous avez trippé et je lève très haut mon chapeau à Soilwork pour la MÉGA tournée qu’ils effectuent en ce moment en Amérique du Nord, car ils vont dans tous les recoins et ça c’est cool en maudit.
Je ne vous mentirai pas que ma soirée s’est terminée là, j’étais claqué de ma fin de semaine et je me suis tappé « The Living Infinite » pour vraiment clore ma journée et je vais résumé mon impression qui ressemble beaucoup au show… je reste sur mon apprétit, mais je ne suis pas déçu. C’est juste facilement rélegué aux oubliettes pour moi.






