Le 20 mars dernier avait lieu un show de Einherjer, Panzerfaust, Valknacht et Hollow à l’Agitée de Québec, une présentation de Apocalypse Métal.  La vie étant ce qu’elle est, j’ai besoin de temps pour ma vie professionnelle et personnelle alors je n’ai pas pu me présenter.  Sans le savoir, Louis-Olivier Brassard Gélinas, « Winterthrone » de Endless Horizon, me préparait un texte pour notre populaire nouvelle aventure, « Fan View », où des fans partagent leurs critiques de show que nous n’avons pas pu couvrir, mais que nous publions si le résultat est satisfaisant.  Je dois dire que ce texte n’est pas ce que j’attendais du tout, vous avez ici l’oeuvre d’un pro, qui va d’ailleurs se joindre à nous pour des critiques de tous genres.  Incroyable talent et potentiel pour ce trippeux de la région de Québec qui est en plus une personne qu’on gagne à connaître.  Cheers, man! – Dave

 

Après un repas rapide et un arrêt au guichet pour s’assurer d’avoir les fonds nécessaires à une beuverie et à l’achat de marchandises de groupe (on ne sait jamais!), moi et ma délicieuse compagne nous dirigeâmes d’un pas décidé vers l’Agitée en ce mercredi bien neigeux. Quel beau décor approprié Dame-Nature avait elle préparé pour la première venue d’Einherjer en sol Québécois!

Arrivés à l’intérieur du temple que des citoyens de Québec ont érigé à la musique underground, nous constatâmes que peu de nos congénères métalleux avaient fait le même choix que nous. En effet, un contingent réduit d’à peine une quarantaine de poilu(e)s occupaient déjà le plancher de l’Agitée qui, au plus fort de la soirée, ne devait contenir que quelques 70 personnes. Nous nous précipitâmes donc au bar afin d’y faire le plein de houblon puis ma douce décida de parcourir du regard le comptoir de bébelles de la tête d’affiche pendant que je saluais Patrice Hamel alias Thorleïf de Valknacht ainsi que François C. Fortin en train de siroter un expresso bien tassé derrière sa console.

Vers les vingt heures le contingent maquillé d’Hollow embarqua sur les planches pour nous livrer son amalgame de Black/Death/Thrash/Power…J’avais déjà écouté quelques extraits de leur musique et je dois dire que ce n’est pas trop ma tasse de thé. Leurs influences semblent être variées sur papier, mais le résultat ressemble à un mélange de Cradle of Filth et de solos à la Children of Bodom et parfois les pièces semblent un brin décousues. On dirait que leur mélange de styles disparates de métal ne prend pas tout à fait. Qu’à cela ne tienne, en cette soirée de mars, leur présence scénique, leur son (merci Franky!) et leur performance musicale furent de haute qualité, mais pas assez toutefois pour me faire aimer leur style. Deux batterie trônaient sur la petite scène de l’Agitée et pourtant les quatre comparses arrivaient à bouger, descendant même de celle-ci pour aller brasser la foule plutôt réservée quoiqu’attentive pendant la dernière pièce de leur performance.

Après environ vingt minutes de changement d’attirail, les Vikings de Valknacht firent leur entrée sur la scène. C’était ma troisième fois avec ce groupe et je dois dire que c’était sans aucun doute la meilleure à tous les points de vue. Une interprétation précise et chargée de puissance de leurs pièces, les vocaux agressifs de Cynthia « Vervandi » Charrette et Patrice « Thorleïf » Hamel s’entremêlant à la perfection, ainsi que quelques interventions bien blasphématoires et comiques entre les chansons firent de leur set un des meilleurs moments de la soirée. Ce groupe est sans-contredit devenu un incontournable du courant Viking Black Metal et d’après le spectacle qu’ils ont donné cette soirée là, c’est pleinement mérité.

Après avoir salué et félicité la horde de guerriers nordiques qui rechargeaient leur drakkar, j’eu à peine le temps de parler un peu avec ma tendre moitié que les fondamentalistes du Black Metal (voir leur « backpatch ») de Panzerfaust étaient déjà prêt pour leur assaut de Black Metal Orthodoxe venu d’Ontario. Je n’en étais pas à première expérience avec eux. Effectivement, je les avais déjà vus en première partie de 1349 à Montréal quelque part en 2009 et j’avais bien aimé leur spectacle bien que leur musique ne m’avait pas parût digne de devenir un fanatique convaincu. À l’époque ils jouaient un Black Metal qui ne ne me semblait pas se dissocier des standards établis du genre. Or, quelle ne fût pas ma surprise en voyant le colosse frontman Goliath et ses acolytes Kaizer (Guitare), Morbid (basse) et Lord Baphomet (batterie) livrer un assaut furibond et théâtral d’une musique qui n’est pas du tout la même qu’en 2009! Le pantagruélique chanteur  nous apparût nimbé de fumée au centre de la scène derrière une tribune aux armoiries du groupe. Son visage caché par un sac de jute rappelant celui des condamnés à la pendaison et son cou enlacé par un nœud coulant. Le guitariste livrait ses partitions violentes et malsaines au rythme effréné de la batterie alternant entre blastbeats et des parties plus atmosphériques. À ce moment votre humble serviteur ne put s’empêcher de participer à susciter les hostilités dans la fosse! En somme, une prestation complètement malade. Tellement que j’allai immédiatement rencontrer le chanteur pour lui livrer mon appréciation à la table de marchandise et pour me procurer leur deux opus et une backpatch.

Les païens d’Einherjer firent leur entrée sur la scène de l’Agitée sans perdre de temps et dans un style passablement plus simple et dépouillé que leurs prédécesseurs. S’adressant à la foule d’une voix presque gênée, le chanteur/guitariste Frode Glesnes lui demanda de s’approcher sans attendre. En effet, cette dernière semblait plutôt endormie et se tenait à distance de la scène comme si un danger en émanait. Finalement, Goliath de Panzerfaust poussa gentiment les récalcitrants vers la scène,alors que je me précipitais déjà vers le bord de celle-ci. Aussitôt et sans cérémonial Einherjer entamèrent leur prestation précise et travaillée. Les Norvégiens livrèrent un Folk Métal qui se distingue par l’absence de surenchère de claviers. Quelques séquences sont utilisées (pas de claviériste dans la formation), mais le côté folk est plutôt exprimé par les guitares qui utilisent des accords et des modes importés de la musique folklorique scandinave. Ils ont aussi un caractère progressif qui se traduit par des rythmiques particulières et saccadées présentes dans la plupart de leurs chansons. Sans miser sur une quelconque théâtralité le spectacle était excellent de par son énergie et les musiciens semblaient s’amuser, si ce n’était de la foule qui ne sembla s’animer que vers la fin de la performance alors que quelques soûlons décidèrent de déclencher les hostilités (dont votre serviteur). Plusieurs des personnes présentent ne semblaient pas beaucoup connaître les chansons du groupe bien que celui-ci termina sur les incontournables « Ironbound » et « Far, far North » à la demande de la foule qui semblait enfin réveillée. Aussitôt la prestation terminée, nous quittâmes rapidement la salle en saluant nos connaissances, car nous avions des obligations professionnelles à remplir le lendemain.

En conclusion, nous avons eu droit à une très belle soirée de Métal et tous les groupes présents ont livré des prestations mémorables. Cependant, bien qu’on puisse comprendre qu’un mercredi soir ne soit pas la soirée idéale pour déchaîner la colère des dieux métalliques, nous serions en droit de s’attendre à une réponse plus fervente des métalleux de la ville de Québec surtout lors de la première visite d’un groupe qui a dû traverser l’Atlantique pour venir présenter leur musique en tête d’affiche. Cela est d’autant plus vrai que l’affiche comprenait un excellent band local qui aurait mérité une assistance mieux garnie. Si vous voulez plus de spectacles de groupes plus underground et bien venez à ceux qu’on vous offre, mécréants! Cela dit je fus particulièrement satisfait de cette soirée d’Apocalypse-Metal!

 

par Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas

 

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(metal-archives.com)