C’est toujours plaisant de voyager dans les quatres coins de la province pour aller voir des bands se donner à fond pour nous livrer leur musique sans compromis, mais c’est encore mieux quand en plus de ces bands je me permets d’initier une nouvelle arrivante dans la famille Ondes Chocs!  C’était le cas samedi dernier alors que je rencontrais Caro Roy de Hull pour la première fois, une petite nouvelle qui voulait s’impliquer dans la scène locale et parler musique avec vous.  La fille est dynamique, débrouillarde et, comme vous allez le constater, une mordue de musique!  Vraiment satisfait de cette nouvelle addition à notre staff, alors Caro, je te souhaite une bienvenue officielle! –

Dans les prochains jours, vous aurez la chance de boir un montage de ma soirée à Hull et la performance presque complète de Mortor avec aussi une entrevue exclusive enregistrée chez le chanteur avec le band \m/ – Dave

 

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Ce samedi 6 Juillet avait lieu mon baptême brutal dans l’univers d’Ondes Chocs où je me suis fait engloutir sous une grosse vague de musique déchaînée.  De la musique qui bûche, pleins de mélomanes déshydratés et de la bonne bière… s’il existe une recette au bonheur c’est définitivement celle-là! Ce fût une très belle soirée organisée par Vile Productions, organisme responsable de plusieurs activités de la scène métal de l’Outaouais depuis 2004.  Ma soirée s’est tout d’abord entamée avec une légère crainte d’être en retard alors qu’à 8h, je sirotais encore une bière avec des amis, assise dans ma cour arrière, en écoutant des vidéos lives des groupes présentés ce soir-là.  À mon arrivée dans le Vieux-Hull, j’ai pu constater qu’outre Le Petit Chicago qui débordait de testostérone, les environs semblaient franchement déserts et un peu trop placides à mon goût. On aurait dit que la Promenade du Portage, pourtant bondée de restaurants et de bars, avait été troquée pour les chalets et la campagne en ce chaud samedi d’été.

Arrivée sur place, le test de son du premier groupe n’était pas encore entamé.  J’ai donc eu le temps de rencontrer pleins de beau monde avant le show et d’avoir la dose de conversation musicale  indispensable à ma survie.  J’ai aussi rencontré un méchant malade, Dave Rouleau, qui m’a mis assez à l’aise pour que je me permette de l’envoyer chez le  »yâble » pas moins d’une minute après notre rencontre.  Je pense qu’il testait le sens de l’humour de la petite recrue! Il a bien vu  »qu’ONDES m’CHOCS » pas si facilement!  C’était la deuxième fois que je mettais les pieds au Petit Chicago, un petit bar intime accueillant plusieurs événements culturels très variés.  J’aime bien cet endroit malgré le fait que la scène y est étroite et qu’il y fait très chaud.  En allant me procurer le dernier album Perpetuation de Derelict, j’en ai profité pour jaser avec le chanteur du groupe, Eric Burnet, que j’ai harcelé de plusieurs questions.  Ensuite, ce fût au tour de la table de marchandises de Mortor d’y passer , où je me suis procurée leur album Shoot’Em Up, paru en  2012.  Me renseignant sur les mobiles de l’arrêt d’une durée indéterminée des activités de Mortor, la jeune dame sympathique qui vendait leurs marchandises, m’a informée, tout en me pointant sa bédaine ronde, que le chanteur, Yolin Lafrenière allait être papa d’ici quelques semaines.  Félicitation à vous deux gens sympathiques et accueillants que vous êtes!  Aussi, le bassiste, Jonathan Boulay, doit quitter son petit coin de pays prochainement pour aller travailler dans le Nord.  Elle m’a tout de même confirmée que les membres du groupe désiraient, si possible, continuer ensemble après leur temps d’arrêt.  Je n’ai pas eu le temps de me rendre aux marchandises de Accursed Spawn que leur test de son commençait à se faire entendre.  J’étais réellement impatiente d’entendre ce que les 3 groupes avaient à nous offrir.

C’est autour de 9h que le show débuta avec Accursed Spawn, groupe de death metal d’Ottawa, influencé par plusieurs groupes tels que Cannibal Corpse, Decapitated et Death, pour n’en citer que quelques uns.  La formation est active depuis mai 2010. Les compositions du groupe sont un amalgame de  »riffs » brutaux et techniques, de solos mélodiques bien exécutés, d’une voix guttural puissante et rapide et de breakdowns pesants, le tout dirigé par un batteur typiquement Death métal et exécuté avec précision.  En avant de la scène, 5-6 femmes, qui accompagnaient le groupe, en bavaient pour les musiciens tout au long de leur performance et trashaient avec énergie.  Le reste de la foule était plutôt calme et attentif, organisant un pit d’une dizaine de personnes qui s’arrêtait dans le milieu d’une pièce et repartait au début de la suivante.  C’est au premier breakdown du groupe que j’ai senti l’intensité monter peu à peu.  Un bémol que j’ai noté est que le groupe manquait légèrement de contact avec son auditoire.  Les membres du groupe étaient assez concentrés sur leurs instruments respectifs et les 2 guitaristes s’agitaient le  »PouWell » surtout dans les moments moins techniques.  Toutefois, bien qu’ils se laissaient porter par leur musique, ils n’avaient pas beaucoup de contact visuel et d’échanges avec le public. En allant m’informer sur le groupe quelques jours avant, j’ai pu observer qu’ils avaient 2 guitaristes lead.  J’étais particulièrement curieuse de voir comment chacun allait prendre sa place respective lors de leur prestation.  Paul Kelly, le guitariste à gauche de la scène, a occupé une grande place de Lead avec sa guitare Dean Dime Razorback, alors qu’Adam a tout de même démontré qu’il peut clairement rendre la marchandise, en nous envoyant quelques solos en pleine gueule, sa B.C Rich Ironbird en main.  Pendant toute la prestation, j’ai été étonnée par ce growl brutal et profond puis lors de la dernière pièce, le chanteur a su démontré l’étendu de son registre en alternant entre les aigus et le growl d’une phrase à l’autre.

Aussitôt que les gars d’Accursed Spawn termine leur dernière pièce, il cède rapidement la place à Derelict qui monte sur la scène et s’installe.  Alors qu’ils font un test de son plutôt rapide, je me fais prendre dans le piège impitoyable de l’amour; un vrai coup de foudre!  Leur prestation n’est même pas commencée que déjà mes yeux sont rivés sur Max Lussier qui tient à ses mains un autre de ses instruments magnifiques fabriqués par le talentueux luthier québécois Louis-Philippe Bond.  Sans entrer dans les détails techniques, une 7 cordes sublimes, habillées d’un logo de Derelict illuminant à la noirceur et muni d’un logo 3D de Bond instrument en étain, fait à la main. Ce luthier m’impressionne vraiment à tout coup avec toute la finesse et la précision de ses instruments au son pourtant si brutal et imposant.  S’en suit une conversation déchirante entre moi et moi-même, que voici :

Moi : Arrête tu t’fais du mal! T’auras jamais la blé! Il faut vivre au présennnt!

Moi-même: Un jour elle sera mienne! Oh oui! Un jour elle sera mienne 

                (Parlant d’une guitare Bond faite sur mesure et non précisément de celle de Max Lussier avec le logo de Derelict).

Le chanteur fait alors un appel à l’hydratation et à la fête, étant donné la chaleur accablante.  Bière!  Dès le début du show, on peut percevoir une bonne chimie entre les gars.  Le voix grave du chanteur convient parfaitement au style du groupe avec sa puissance et sa vigueur.  Celui-ci est vraiment confiant et occupe tout l’espace disponible, quoi qu’il soit plutôt limité.  Malgré la technicité de leur musique, les musiciens ont un grand dynamisme et le chanteur établit facilement un lien avec son auditoire.  Derelict est un groupe de Death metal technique de Montréal, formé en 2005.  Bien que la plupart des membres du groupe ont des influences typiquement death metal, Jordan Perry, le batteur, a un bagage complètement différent, tirant ses influences de Genesis, Benni Grab ou encore Buddy Rich (batteur américain de Jazz).   Derelict a été son premier groupe métal dans lequel il a grandement développé ses techniques de jeu, tout en conservant son jeu particulier qui ne trahit pas ses influences diverses.  Les amateurs de groupes tels que The Black Dalhia Murder et Death trouveront vraisemblablement leur compte avec Derelict.  Les musiciens sont accordés en Si et les guitare 7 cordes utilisent un accordage en Si non-standard en abaissant la 3e corde d’un demi-ton (Un F# plutôt qu’un sol).  Le chanteur a mentionné que le groupe songe prochainement à composer en La pour faire différent et plus pesant et possiblement à utiliser une basse 6 cordes.  J’ai perçu que les membres du groupe avaient tous une très grande maturité par rapport à leur instrument; chacun cherchant constamment à peaufiner ses techniques et à se surpasser.  D’ailleurs, on vient tout juste d’apprendre que le groupe a signé avec Maple Metal Records.  Derelict est donc un groupe qui n’a pas fini de nous surprendre et de nous impressionner… À surveiller de près!

Leur show commence avec Perpetuation, la toune la plus rapide de leur programme avec ses 220 bpm de brutalité et ses changements de signature rythmique.  Principalement, leur programme est composé de 9 des 12 pièces de leur dernier album Perpetuation.   L’énergie de l’auditoire commence à se faire sentir.  Le pit est actif et la chaleur est pesante.  Chaque pièce de Derelict commence avec puissance et violence.  Une technique particulière utilisée par le bassiste, Xavier Sperdouklis, consiste à utiliser son index comme un pick.  On peut entendre certains passages plus progressifs durant leur prestation.  Le guitariste Simon Cléroux est aussi très dynamique sur scène et habile avec son tremolo-picking agressif.  La dernière pièce est présentée par le chanteur qui décrit les paroles comme résumant bien le message de l’ensemble des chansons du groupe :

« La dernière toune parle de nous informer nous-mêmes et de prendre le pouvoir qu’on peut avoir dans nos vies ».  J’ai particulièrement apprécié cette petite dernière qu’ils nous ont offert, « Shackles Of Indoctrination », avec un solo très mélodique mélangeant des passes de tapping et de sweep picking intéressantesLe seul problème technique notable durant leur performance fût le ventilateur du batteur qui s’arrêtait régulièrement de fonctionner et qu’il prenait le temps de rallumer entre 2 blast-beats.  Bien sûr, cela n’a pas affecté leur performance puisque devant, les guitaristes faisaient tout de même de l’aération au batteur en agitant leur touffe de ‘‘PouWell »!

Voici venu le temps de la pièce de résistance; Mortor qui prend place pour se préparer à partir en pause après avoir roulé leur bosse depuis 2008.  En attendant leur test de son… Bière!  Dès le début du show, Yolin mentionne que leur toute première prestation était à ce même endroit il y a 5 ans de cela et qu’ils sont bien heureux d’être au Petit Chicago pour faire leur Au revoir! Mortor, qui a vu le jour sous l’initiative du guitariste David Paquette, est un violent mélange de Trash et de Death métal qui tire ses influences de groupes tels que Kreator et Sepultura.  Qu’on se la tienne pour dit, Mortor sait comment trasher une place! Avec son animosité contagieuse et ses riffs entraînants, la foule en prend plein la gueule!  Le chanteur, Yolin Lafrenière est très imposant sur scène en poussant régulièrement des cris diaboliques graves, les deux bras levés dans les airs, comme si une force supérieure l’aidait à pousser ses cris.  Son growl ténébreux nous donne l’impression que chaque pièce est un départ pour sauver le monde d’un chaos imminent.  Les solos typiquement Death métal du guitariste Antonin Perras-Foisy sont très bien exécutés et les harmoniques font vibrer Le Petit Chicago.  Le band groove à souhait avec les riffs accrocheurs des guitaristes et du bassiste qui danse constamment derrière sa basse 5 cordes ainsi que le son de bass drum pesant du batteur Jay Cross.  Les gars ont une très belle chimie sur scène et savent  »tripper » avec leurs spectateurs.  Mortor est un de ses groupes rassembleurs qui donne presque l’impression au public de faire partie intégrante du groupe et élimine la frontière entre la scène et le reste de la salle.  On a pu entendre le chanteur interagir constamment avec le public.  Par exemple, Yolin Lafrenière demande de ne voir personne immobile et incite les gens à bouger.  Il descend parmi les spectateurs pendant une pièce et accueille des invités qui chanteront à ses côtés, tels que Vincent Laprade-Séguin de Insurrection et Graham Cwinn de From the Deep.   Il amorce un Wall of Death avec succès.  Il fait de très charmante présentation des pièces.

Par exemple :  » La prochaine toune ça parle de couper du monde en morceau »

 » On est vraiment ému de vous voir ce soir et la prochaine toune parle de tuer tout le monde ».

Entre deux riffs d’un pièce, le bassiste profite du délai pour balancer une claque en pleine gueule au guitariste à côté de lui qui va répliquer dès qu’il en aura l’occasion.  Complicité cruelle entre les deux musiciens! Pendant ce temps, alors que le pit bat son plein, un combattant échappe  »sa vision » par terre et tout le monde arrête de se pousser alors qu’une dizaine de personnes l’aide à chercher ses lunettes en examinant le plancher.  Bon ça peut paraître banal comme anecdote, mais personnellement j’aime tellement voir ce genre d’attitude d’entraide, où tout le monde se monopolise pour aider un inconnu lors d’un show.  Lorsque Mortor termine sa dernière pièce, le pit s’estompe tranquillement alors que sur les dernières notes du groupe on peut apercevoir le bassiste de Accursed Spawn faire des mouvements de danse qui ressemblent à du balai jazz, en faisant pivoter une demoiselle… Ah bin… Bière!

Mortor peut être bien fier de son cheminement et de sa dernière performance de Samedi passé.  Je  reste bien confiante qu’ils réapparaîtront après leur moment de répit et que leurs fans seront tout aussi déchainés! Chapeau à Vile Productions pour cette belle soirée toute en métal.  Je suis très fière d’avoir pu constater, samedi passé, que la scène métal de mon coin de pays est non seulement active, mais qu’elle a un excellent potentiel.  J’ai la net impression que je viens de me lancer dans un univers qui me correspond parfaitement en joignant la grande famille d’Ondes Chocs!

 

 \m/ C@w0o0o \m/

 

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