Metal progressif
Le metal progressif est une fusion entre le rock progressif et le heavy metal. C’est l’un des genres de metal les plus complexes à cause des durées erratiques des mesures, de ses compositions longues, de ses structures de composition complexes, et du niveau excellent de ses musiciens qui jouent des solos détaillés et étendus. La voix, peu présente, est mélodique et parle généralement de sujets philosophiques, spirituels, et/ou politiques. Quelques-uns des plus grands groupes de ce genre sont Dream Theater, Symphony X, Pain of Salvation, Fates Warning, Opeth, et Queensrÿche.
Source WIKIPEDIA
Cette définition résume assez bien la soirée à laquelle j’ai eu la chance d’assister hier soir, le 2 novembre, au Foufounes Électriques. Un évènement signé Extensive Enterprise qui mettait en vedette 3 formations québécoises: Imperium, Dial Triple Zero, Transcend ainsi que les américains Three (3).
Enfin presque… Car pour ce qui est du jeune groupe de Rawdon Imperium, c’est plutôt du gros rock qui nous est offert. Ici, pas d’artifices ni de partitions jouées de façon spectaculaires. C’est davantage vers les mélodies accrocheuses, appuyés par la voix (particulièrement mature pour son âge) de Darcy, le guitariste/chanteur que le groupe a décidé de mettre ses efforts. De bonnes compositions où les guitares se font bien sentir. La ligne de bass fluide se joint au drum classique mais efficace. Un bon son qui rappelle le rock des années 2000 et que je ne serais pas surpris d’entendre sur une radio comme CHOM. Certe leur jeu est un peu statique et on aimerait un peu plus de contacts visuels avec le chanteur mais leur manque d’expérience scénique explique bien la chose. Si les membres d’Imperium continuent à nous offrir des morceaux de cette qualité, surtout le dernier présenté où le up-tempo accéleré et la complexité plus présente justifiait grandement leur présence en cette soirée, je ne serai pas étonné de les revoir très bientôt. Un must pour les amateurs de rock accessible, oui, mais avec une touche de progressif où l’émotion est mise en valeur.
Ecore dans l’esprit de l’Halloween, ce fut au tour des montréalais Dial Triple Zero d’envahir la scène. Les premieres notes nous donnent rapidement la couleur et l’ambiance que ce groupe veut apporter à la scène musicale. Un léger air de polka se transforme tout à coup en un rock très groovy. L’esprit est à la fête et ils ont bien l’intention de faire bouger la cinquantaine de personnes présente depuis le début de la soirée. L’Ange Noir au chant est très énergique et la jeune fille possède une belle voix juste. Mais on sent un peu l’effort dans les notes hautes et longues. Du côté musical, les riffs enjoués et diversifiés du Captain America incite à sauter sur place tandis que la batterie d’Angry Bird attaque chaques mesure simplement mais furieusement. Quelle surprise, lorsque les masques tombent, de découvrir que la personne responsable de ces percutantes rythmiques est une jeune fille qui à vu de nez, à tout juste l’âge d’être en ces lieux! À vrai dire, tous les membres sont sensiblement du même âge mais cela ne les empêche pas de posséder une très bonne maitrise de leurs instruments. À la droite de l’estrade, c’est un Batman en pyjama qui claque les cordes de sa bass, s’assurant, avec le Chirurgien à la »ryhtm guitar », de produire ces mélodies accrocheuses. L’ensemble est somme toute bien rôdé, et les quelques passages plus complexes sont exécutés avec synchronisme. On est en territoire »rock alternatif » rappelant parfois les débuts d’Incubus ou les plus récents Paramore. Eux même surpris d’être présents sur cet évènement, ne se considérant pas comme un groupe dit »progressif », ils nous ont tout de même joués en troisième choix »Revolution », une pièces beaucoup plus concept, où chacuns pouvaient démontrer son talent à travers une structure plus complexe et des solos plus poussés. Ce fut une belle occasion pour la chanteuse, Émilie, de remercier les groupes et nous confier sa joie d’être au sein de Dial Triple Zero depuis 3 mois, ceux-ci fêtant leur 3ième année d’existence et en étant à la 3ième participation à un spectacle de Three (3)… Triplement weird! Cette prestation endiablée c’est terminée après deux autres pièces, dont une nouvelle en primeur. Une bonne petite formation qui, à force de travail, pourrait bien se retrouver dans un avenir rapproché sur un média tel Musique+ ou Much Music… On leur souhaite!
C’est tout un honneur et en même temps un beau défi que recevait Transcend en précédent Three (3) sur la scène des Foufs. Mais à voir l’engouement des mélomanes présents, qui en passant avaient un peu plus que doublés en nombre durant la pause, plusieurs personnes avaient répondu à l’appel du groupe originaire de la banlieue montréalaise. Leur set débute en force et on est ici en présence d’une formation métal progressif pur et dur. Malgré leur jeune âge, chacun fait preuve d’un professionalisme déroutant. On peut constater qu’ils ont passés plus de temps à parfaire leur art que de passer leurs temps libre à pitonner sur une manette de jeu. Les frères Damoulianos, Costa et Nico, ont la musique dans le sang et ça se sent. Les cordes de la guitare du premier sont tour à tour grattées, pincées ou tapées avec virtuosité tandis que la bass du second est caressée, avec un son sec et organique hautement agréable à l’oreille. Les claviers, jouées de main de maitre par Alexi Lagogianis, s’occupe de créer une atmosphère surréaliste. Entre deux solo éclatants, celui-ci s’amuse à passer devant son clavier pour nous offrir de temps en temps une petite passe d’Air Guitar, remplaçant celle qui est absente du groupe et qui, de toute manière, serait superflue tant chaque espace musical est bien rempli. Un musicien accompli, expressif à l’extrême, autant dans son jeu que par ses mimiques. Et derrière eux, sur une batterie beaucoup moins imposante que son jeu, Jake Shamash porte sur ses épaules la charge de rythmer cet ensemble complexe. Et c’est avec brio qu’il réussit cette tâche, qui n’en est pas une avoir le plaisir qu’il démontre à battre la mesure. Les beats sont lourds mais agiles à la fois, tout comme les riffs de guitares. Ce parfait équilibre trouve son écho dans la voix de Costa. Ne négligeant nullement ses accords complexes à la guitare, il chante avec émotion d’une voix forte et juste, pacourant un bon registre, tantôt douce, tantôt empreinte d’une sourde colère sans toutefois trop d’aggressivité. Les différentes compositions de Transcend comportent une multitudes d’inspirations. On peu y décerner quelques influences méditéranéennes (issuent de leurs origines grecques) mais aussi orientales. Tous les standards du style musical sont présents: des hamonies de voix, des riffs en montagnes russes et des solos longs qui, quand on croient que c’est le dernier, nous transporte encore plus loin et plus haut. Une démonstration époustouflante où la vitesse et la performance laissent aussi la place aux mélodies. Le groupe joue pièces par dessus pièces et achève leur portion du spectacle avec une pièce qui débute à la guitare accoustique. Parmis les (très nombreux )adeptes, c’est l’euphorie et plusieurs fredonnent en choeur les paroles de cette chanson au saveurs moyen-orientales. On se sent comme dans ces chaudes soirées d’été, quand on voit au loin se pointer l’orage. Et c’est précisément ce qui se passe ici. Costa troque sa guitare accoustique pour une électrique et après quelques regards complices parmis les musiciens, ça y est. Une tempête de notes s’acharne sur nous. Ça gronde, ça tonne, ça tournoit… Très belle découverte et je placerai sans honte leur CD double »The Mind »dans ma discothèque entre Liquid Tension Experiment et Andromeda. 
Epuisé mentalement par tant de notes, il me restait assez d’énergie pour apprécier la prestation des singuliers Three (3). Les new-yorkais n’en était pas à leur premier passage en sol québécois et plusieurs s’étaient donnés rendez-vous pour les revoir. Je suis cependant dans la deuxième catégorie de gens, ceux qui les découvrait pour la première fois. Je m’étais déjà initié à leur musique mais je dois avouer que j’avais quelques réserves face à la voix particulière de Joey Eppard. Cependant, c’est totalement conquis que je suis sortis de ma première (et non dernière) expérience live de Three. Pas évident de décrire leur son tant les influences sont multiples. On passe facilement du jazz au métal, tout comme certains passages sont parfois rockabilly ou folk. Mais le produit fini est loin d’être brouillon. Loin de là. L’ensemble est étonnament homogène et la constance des musiciens, toujours poussées à l’extrême, donne à cette formation crée au début des années 90 une identité qui lui est propre. Une autre spécifité du groupe: la voix. Comme je l’ai mentionné plus tôt, ce n’est pas tout le monde qui aime cette façon particulière de chanter. Ni très haute, ni basse, un peu nasillarde et très émotive, on parvient tout de même à presque l’apprécier, si on s’y donne la peine et qu’on voit toute l’énergie que son propriétaire y met. Et je me dits que si j’ai réussi à passer par dessus celle de James Labrie, eh bien je vais laisser sa chance à Eppard… 
Commeje le disait plus tôt, c’est toute une expérience que d’assister à une prestation de Three, mais celle-ci est loin d’être éprouvante. Il faut seulement se laiiser aller éa leur délire et mettre nos repères de côté. Bien que plusieurs styles sont interprètés, c’est dans le jeu des musiciens et les structures éclatés que le band mérite sa connotation de groupe progressif. La guitare électrique de Billy Riker est intense et complète celle toute aussi présente mais semi-accoustique d’Eppard. La ligne de bass de Daniel Grimsland est omniprésente et les contributions au back-vocals sont parfaites. Chris Gartmann quant à lui, donne une phénoménale performance derrière ses toms, complètement en trance tout le long du show, ne sortant de sa bulle que pour chanter en choeur quelques notes. Les pièces sont bien choisis, remplies de progressions qui étonnent plus d’une fois. Sur la pièce »React, tirée du dernier album »The Ghost you Gave Me » (2011), au dire du chanteur meilleure du LP, on peut percevoir une trame préenregistrée autour de laquelle le band construit un des grands moments de la soirée où les mélodies pleines de subtilités s’enchainent. On a aussi droit à un flamenco avec le morceau »Dregs », subitement amplifié par une guitare électrique supersonique. Retour à l’accoustique sur un long et magnifique solo. Le genre de solo qui donne l’envie de crisser sa guitare dans le mur en revenant à la maison… Bach est invoqué sur quelques mesures et c’est au tour du batteur de se déchainer. On suit l’histoire qu’il nous raconte à grand coups de baguettes, les yeux ouverts au maximum et la machoire pendante. Après cette petite pose pour les guitaristes, »Amaze Disgrace » nous amène au rappel, tuant toutes les cordes de l’instrument d’Eppard, celui-ci les empoignant et en profite pour le faire tournoyer furieusement. Malade! Three, après une très courte pose, revient nous achever avec la sludgy »These Iron Bones » et son gros riff sale et prenant, et le tout s’achève sur les voix unies des quatres membres qui entonnent les derniers refrains.
Une soirée mémorable qui risque fort d’apparaitre dans mon top 3 de mes shows de l’année. Une belle réussite de l’équipe de Extensive Enterprise et un Big Fucking Cheers! à Costa pour avoir permis à Ondes Chocs d’y assister. Et nous seront assurément au poste le 25 novembre aux Katacombes pour voir Transcend en programme complet et j’invite tous les fans de prog metal à y assister, vous ne serez pas déçus!




