Toutes les photos du show disponible ici.
C’est toujours un défi de faire autant de critiques de shows avec la quantité de shows qu’on voit et ça c’est sans compter tout ce qui se trame autour de notre média… et les partys…. C’est pourquoi aujourd’hui je me permets de rédiger ce que j’ai dicté sur mon enregistreur portable hier sur l’autoroute 20 entre Montréal et Québec, question de voir si c’est une façon efficace de livrer mes reviews plus rapidement et plus souvent. C’est parti!
Pour ceux qui font notre connaissance pour la première fois avec ce texte, je vous salue et souhaite la bienvenue dans notre monde weird, mais tout aussi passionné. J’avais la chance hier de monter à Montréal pour une entrevue avec Dez Fafara de Devildriver, en plus de voir le show avec Trivium et After The Burial, même si notre staff partout en province aurait pu le couvrir, mais je me dois de me garder de petites faveurs comme celles-ci, après tout on parle d’une maudite belle soirée juste en jetant un coup d’oeil sur le lineup.
Je suis parti de Québec vers 14h en me faisant bercer par les sonorités métalliques de Dissection et plusieurs bands underground incluant Placenthophagia, Vulvectomy, Dire Omen, Insurrection, Stone Magnum et j’en passe. Le plan était d’arriver à Montréal vers 16h et aller prendre une bière aux Foufounes Électriques avec Lex, mais malheureusement votre traffic complètement débile m’a fait perdre une heure de mon temps entre Repentigny et le légendaire abreuvoir des métalleux. Donc j’ai stationné mon auto en arrière des Foufs à 17h10, j’ai couru en dedans pour enfin rencontrer Karolane, la petite nouvelle photographe dans le staff qui fait une job d’enfer, j’ai calé la bière que me tendait Lex et 9 minutes plus tard j’étais encore dans mon auto pour… du traffic!! La rue Saint-Antoine a été un enfer à naviguer, mais c’est à 17h55, cinq minutes avant mon entrevue avec le chanteur que je me présentais en face du Théâtre Corona pour rencontrer Jeff Gagnon de Silver Wings Studios qui allait faire nos photos cette journée là et aussi filmer l’interview… mais erreur!
Arrivé derrière la salle où se situe les tour bus, le sympathique gérant de tournée m’informe que Dez n’est pas dans son persona (personnage) et préfère ne pas avoir de photos ou vidéo durant l’entretien. Pas de prob, man! Voici cet entretien, si ça vous intéresse, sinon ça continue juste en dessous du lecteur Soundcloud.

J’en reviens pas de voir ça… en passant, rappelez-vous que ça a été pris dans le tour bus en complète noirceur, d’où la qualité douteuse, mais fuck que je suis heureux \m/
C’est maintenant le temps d’effectuer ma première visite au Théâtre Corona dans le quartier Saint-Henri et déjà beaucoup de monde était sur place. On se présente à la table d’accréditation afin de recevoir nos accès pour la soirée et j’en profite pour remercier Evenko pour ces privilèges, c’est très apprécié. Pour ceux qui ne sont jamais allé dans cette salle, je peux la comparer à une version un peu plus petite de l’Impérial à Québec (mais plus haute avec le balcon), avec le balcon qui est d’ailleurs très près de la scène, vraiment cool comme vue de là-haut. Plus que tout, ma plus grande surprise et découverte est la bière en fût à 4$. Laissez-moi faire une parenthèse: ÇA c’est la manière de traiter les fans de musique pesante, car on va voir beaucoup de shows, on boit beaucoup de bière et de nous la faire à ce prix là nous permet d’en prendre une ou deux dans la soirée, ce qui ne coupe pas les profits du bar ET on peut donner 1$ de tip à chaque fois. C’est d’ailleurs l’essence de la conversation que j’ai eu avec la très charmante barmaid qui m’a servi à quelques reprises et elle était contente de la décision de ses patrons. Je seconde et encourage les autres salles à faire de même. 6$ pour une bière c’est pas NORMAL!!
Le show allait commencer et on a eu le temps de jaser de la situation de Sylosis avec Simon Boudreault de Decline of Faith, un band métal de Sherbrooke. Sylosis était supposé être du lineup en ce mercredi soir, mais un accident de la route plus tôt dans la journée les a forcé à annuler le reste de la tournée en raison de leur état physique, bien que leur carrière n’est pas compromise. On les salue et souhaite la meilleure des chances dans leur rétablissement.
After the Burial avait la mission de mettre le feu aux poudres et c’est exactement ce qu’ils ont fait avec une foule qui semblait vraiment les attendre. La formation des Twin Cities (Minnesota et Mineapolis sont des villes jumelles) nous arrivait avec un métal Djent et Deathcor-ish bien balancé, mais qui souffre de la même maladie que plusieurs des bands de leur genre: après 3 tracks on avait pas mal fait le tour de leur son. Ce n’est pas que c’est mauvais, mais vous vous devez d’avouer que plusieurs de leurs riffs sont réchauffés, bien qu’exécuté à la perfection. À leur défense, les deux nouvelles tracks offertes semblent un peu plus travaillées et intéressantes, surtout la 2e avec son drum solo au tout début et le solo de guitare extrêmement bien apprêté. Le drummer et le chanteur ont particulièrement retenu mon attention avec d’un côté un batteur qui était très précis et de l’autre un frontman qui donnait le ton à trois bands qui présentaient des personnalités fortes au micro. Il arpentait la scène de manière professionnelle et expérimentée et ses vocals étaient sans reproche, surtout quand il variait du rauque au higher-pitch scream dans la même phrase. En gros, belle dynamique entre les membres de la formation et la foule en face d’eux n’a pas pris beaucoup de temps à s’énerver, y allant de circle pits et mosh pits violents. Pour les fans de métal progressif avec sonorité Djent/Deathcore vous allez aimer, pour les autres, ils ne vous rendront pas un nouvel adepte.
On sort dehors pour consommer des matières illicites et c’est en revenant qu’on rencontre Nicolas Dumont de Daily-Rock Québec, un homme foutument sympathique et cool à jaser. C’est d’ailleurs avec lui que j’ai passé le reste de ma soirée (Jee boudait dans son coin…) et ça a commencé avec la prestation de Devildriver, qui s’amenait à Montréal avec en poche son 6e album, « Winter Kills ». Ce n’était vraiment pas ma première rencontre avec le band, mais après les critiques mitigées de ce dernier effort, je me demandais à quoi m’attendre et c’est un par un que les boys se sont amenés et placés sur scène, les pieds ancrés en attendant le Capitaine, Dez, qui s’est finalement amené sous une pluie de hurlement de la foule. Faut lui donner, il est un des rares chanteurs qu’on peut aussi appeler un ‘vrai’ frontman, par sa prestance et, comme on l’a vu par la suite, manipulation parfaite de la foule avec son instrument: sa voix. Quand il parle, le monde écoute. Le pire c’est que le dude n’est pas imposant physiquement, à part son corps complètement recouvert de tattoos. C’est donc avec son micro old school qu’ils ont entamés le carnage avec « Ruthless » de leur dernier album, bien que j’aurais préféré « Oath of the Abyss » (qu’ils ont joué plus tard). On a eu droit à une première, dans mon cas, lors du 2e Wall of Death commandé par la Capitaine alors qu’il a séparé la foule, mais pas satisfait de la participation lors du premier Wall, il a fait un REVERSE Wall of Death en demandant au monde de se virer de bord et pousser vers les murs!! Incroyable, ça fait peur voir des centaines de personnes poussées vers toi et tu es impuissant. Cette machine de guerre était soutenue par le drummer, l’excellent John Boecklin, qui frappe excessivement fort sur ses peaux et donne du même coup le ton à toute sa troupe, maudite belle performance avec seulement une erreur notable durant « Hold Back the Day » où un punch a été omis. Du côté du son, j’ai été me placé à trois endroits différents dans la salle et à chaque fois le mélange des deux guitares étaient un peu déficient, bien que pas un problème majeur. Mon point fort de leur set: justement, leur setlist, qui offrait un passage sur chacun de leurs albums, un beau clin d’oeil à tout ceux qui auraient pu les suivre de façon passagère. Pour terminer, j’avais aussi un commentaire sur mes updates Instagram de Ondes Chocs et je vais vous la laisser lire en dessous de cette photo:

La sécurité qui veut ASSEOIR la foule du balcon, Evenko faites de quoi c’est moi qui va l’assir, une chance que personne l’écoute, it’s a METAL show fuckers… Dez qui se fait un devoir de donner la main a CHAQUE body surfer… Good times!
Après un autre arrêt à l’extérieur, on s’est placé du côté gauche de la scène pour l’entrée de Trivium et celle-ci me ramenait dans le temps avec leur setup de marche qui mène sur un riser avec le drum et les musiciens qui peuvent vraiment utiliser cette plateforme, en plus de la scène normale et ses risers juste en face de la foule. L’intro embarque et c’est parti pour ‘Throes of Perdition’, une de plusieurs sélections de leur album « Shogun ». Je croyais que la foule était quand même en forme pour Devildriver, mais c’est rien par rapport à ce qui allait se passer avec Trivium et c’est là que j’ai compris que leur armée est bien présente, surtout avec le nombre de t-shirts qu’on pouvait voir dans la foule. J’ai un problème avec le band, mais laissez-moi vous expliquer rapidement, capotez pas; ils ont impressionné avec « Ember to Inferno » en 2003 et récidivé avec « Ascendancy » en 2005, deux albums très bien monté et féroce qui faisaient justice à la réputation de guitariste exceptionnel de Matt Heafy (aussi le chanteur). Vous devez comprendre que le gars a gagné des championnats d’État en Floride avec sa guitare quand il était jeune, un gars qui se doit d’avoir son instrument dans les mains. C’est après que le tout s’est gâté, mais je ne dirais pas que c’est dans le mauvais sens, ce n’est juste pas les attentes que j’avais de ce band pour leurs albums. Sur « The Crusade », on pouvait clairement entendre les influences de Metallica avec un vocal à la James Hetfield, mais surtout beaucoup de clean vocals après deux albums où ils n’étaient pas en proéminence. Donc on a un clash pour beaucoup de leurs fans entre nos attentes et ce qu’ils nous livrent. Ceci dit, l’industrie du métal a besoin de ce genre de band qui donne dans le Thrash/Groove, servi par des guerriers très talentueux, mais qui se laissent aussi tenter par les gros refrains mémorables et accessibles. Bon, je me le suis sorti du système… là j’en ai contre la sélection de tracks durant leur show, car ils ont totalement ignoré « Ember to Inferno » et ils nous ont servi la pièce titre de ‘Shogun’, un downer de 11 minutes. C’est plate parce que jusque là, l’énergie et la précision était à l’honneur. Pourquoi pas nous servir deux pièces comme « Pillars of Serpent » et « Like Light to Flies » à place? La mid-section de cette dernière est tellement épique et bien réussie. Maudit! Ceci dit, je me dois de mentionner le travail impressionnant des musiciens. Le drummer présent, Nick Augusto, est nettement meilleur que celui qu’il a remplacé, y allant de coups violent sur son drum (et son gilet S.O.D./coupe de cheveux à la Charlie Benante lui donnait une légitimité bien mérité). Paolo, le bassiste, est très motivé sur scène et bien que ses partitions ne soit pas plus compliqué que suivre le drum, il le fait très bien et occupe bien la place sur le stage, donnant au groupe presque 3 frontmans, une nuance qui n’est pas perdu sur un public qui veut être diverti. Je gardais le meilleur pour la fin: Matt Heafy et Corey Beaulieu (non, il n’est pas né au Québec) sont très probablement le meilleur combo de guitariste dans le genre occupé par Trivium. On parle de leur travail sur la guitare, mais aussi de leur chimie avec les vocals et la manière qu’ils interagissent sur scène, y allant d’échange de solos ou des harmonies travaillées qu’ils se permettent même de faire avec les mains inversées et sans regarder. Impressionnant. Une excellente performance à un public conquis, mais avec des bémols sur leur choix de tracks.
En résumé, Evenko nous a offert une très bonne soirée de métal qui se veut une marche sur la fine ligne qu’est le métal populaire et le métal underground. Ils réussissent à me captiver, mais pas par tous les moyens. Ils sont cependant d’excellents ambassadeurs parout dans le monde et, soyons honnête, c’est le rêve de tous musiciens d’avoir son art entendu par le plus de personnes possibles. C’est la manière que tu développes cette relation qui en dit long sur le band. On avait droit à cette qualité hier soir à Montréal.
Dave










