Quand j’ai commencé à voyager pour aller voir des shows partout au Québec, c’était en juillet 2012 et j’étais seul dans mes voyages. Honnêtement, je suis un homme solitaire qui doit se faire à l’idée que ça n’arrivera plus ben ben, mais j’aimais ça tripper avec mon beat dans le char, un Red Bull ou café pour m’accompagner et me garder en sécurité sur la route.
Avec le temps, le monde de Québec ont vu que je me déplaçais et on a commencé à me contacter pour me demander si je montais à tel ou tel show au Québec et je faisais des lifts à des inconnus(es) qui se sont dévoilés des personnes formidables. Les coûts de transport sont moindre et se parler de musique est quelque chose de précieux dans ma vie, alors toutes les raisons étaient bonnes pour continuer.
Ensuite j’ai connu Marc Légaré de La Corriveau et je les ai monté une, deux, trois, maintenant quatre fois en show en province, étant leur chauffeur lorsque je le peux et ça me permet en même temps d’aller couvrir un show en région avec zéro dollars de transport à me préoccuper. Je remercie Marc pour ces opportunités de tripper avec eux, d’ailleurs.
Avec le temps j’ai connu des musiciens partout au Québec et j’ai la chance de pouvoir les côtoyer dans les shows, mais aussi dans leurs locaux de jamms et bars un peu partout quand on se croise.
Jeudi dernier, j’avais la chance de monter à Montréal avec Pados, chanteur/guitariste de Kälter, mais aussi un ami de longue date, Sammy, qui comme par hasard avait appris l’existence de deux frères la veille et se cherchait un lift pour la métropole pour les rencontrer. Je ne suis pas un gars vraiment axé sur la famille, mais je trouve cette histoire particulièrement cool.
Donc, étant donné la mort de mon Tiburon la journée précédente et mon acharnement à me trouver un véhicule au plus calisse pour le lendemain, on est monté avec mon fucking Buick Century 2001, un nouveau char qui devient la première fois que je n’attaque pas la route avec un modèle sport. J’avais un super bon deal dessus et en plus tout est en parfait état, très bas millage et je ne regrette pas du tout ma décision avec le niveau de confort que la voiture nous donne!
À 16h40 on est en face de Saint-Augustin-de-Desmaures et avec les portes qui ouvre à 19h, il fallait que ça roule! La montée était particulièrement intéressante avec des gars comme Pad et Sammy, alors le tout sembla durer une demie-heure et Sammy était déposé à un dépanneur sur Pie-IX pour aller rencontrer ses deux frères qu’il n’avait jamais encore même su l’existence…. malade! (pour ceux que ça intéresse, la rencontre s’est ultra bien déroulée et il est remonté à Québec seulement le lendemain)
Notre destination était ensuite Le National, une salle dont je connaissais l’existence, mais que je n’avais jamais visité. On se stationne, on va chercher nos billets pré-commandés et je rencontre Yannick Tremblay de MusikUniverse dans la file pour entrer, ce qui donne une conversation courte, mais sympa avec l’excellent journaliste/critique de ce site et aussi BangBang. Je vous conseille fortement de le suivre si ce n’est pas déjà fait et aussi surveillez mon entrevue avec ce malade au début mars sur une Capsule Ondes Chocs.
Comme toujours, la première chose à faire est de se procurer l’essence de la soirée, une bonne blonde en draft, mais je m’aperçois aussi que les toilettes, minuscules (2 urinoirs seulement pour une salle de cette capacité??), sont juste à côté du bar, ce qui donne une circulation très difficile étant donné que….LE BAR EST DANS L’ENTRÉE!!! Spécial disons…
On s’installe à la droite de la scène, à mi-chemin entre le stage et la console de son/éclairage et on jase un peu avec Christian Pacaud, Rick The Beast, Stephan Lessard, Sébastien Tacheron et aussi Alain Labonté de Québec-Métal que je remercie sincèrement pour l’utilisation de ses photos du show dans cet article. Je vais également parler à Alain cette semaine pour ensuite diffuser notre discussion samedi prochain dans la nouvelle Capsule! Trop cool.
The Atlas Moth avait la tâche de nous divertir en première partie et la formation de Chicago n’est pas un produit pour tout le monde. Le groupe offre une vision psychadélique, sludge et doom de son métal et les gars se la joue théâtrale un peu aussi, ce qui ajoute beaucoup à l’expérience. Ils sont aussi le début d’un crescendo pour la soirée, un fait que je me suis aperçu plus tard durant Gojira. Le batteur s’installe derrière sa batterie et se balance d’en avant vers en arrière continuellement durant la longue intro qui se transforme en pièce « 25s and the Royal Blues » de leur album « An Ache For The Distance » de 2011. J’aime bien cette musique qui est répétitive et est beaucoup axée sur les nuances des guitares pour évoluer en un tout après quelques minutes, mais je peux aussi comprendre l’exaspération de certains après 5 tracks comme celle-ci. Il y a trois guitares (un des guitariste joue aussi du synthétizer), ce qui donne une lourdeur incroyable à la musique, mais les deux chanteurs brisent la monotonie de façon remarquable, surtout Stravos qui est capable de crier comme un déchaîné, de vrais cris de mort strident à certains moments. Pados trippe moins, mais j’aime bien l’ambiance, le constant beat qui se répète et avance comme un train qui ne peut plus arrêter même malgré sa vitesse modeste. Je vous avoue que j’aime mieux cette musique chez moi, dans mon lit, avec une cigarette magique à la main pendant qu’elle me transperce mes tympans à l’aide d’écouteurs de qualité, mais j’ai bien aimé ma première expérience en show, je dois le dire.
Ayant planifié une stratégie pipi/bière en avance, Pados et moi se faufilons ensuite du côté gauche de la scène pour le groupe suivant, car voyez-vous, les trois drums avaient été montés en avance, ce qui faisait des interludes pas mal plus des line-checks que des sound-check. De cette façon on pouvait deviner que Devin du prochain band allait se tenir plus à gauche.
The Devin Townsend Project visitait Montréal pour la deuxième fois en peu de temps avec cette présence au National et les boys rehaussaient aussi l’énergie et la cadence de la musique, avec les structures et habiletés de compostion incroyable de notre ‘madman’ canadien préféré. Je croyais savoir à quoi m’en tenir, mais non, le gars est en feu! Très théâtrale, Devin sait jouer avec la foule, faire le fou, mais aussi passer pour un génie. Il nous amène très rapidement dans son catalogue de projet solo et je vous avoue que j’aurais parié que le band allait jouer la track « Love? » de Strapping Young Lad, étant donné la date qui tombait le jour de la Saint-Valentin. Mais non, il s’est contenté de nous interprété de façon très animée son stock que, je dois avouer, j’adore. À défaut, pour les grands fans, d’avoir SYL, on peut au moins se dire que les boys se donnent en show, surtout avec le drummer de tournée qui frappe ses peaux très fort et très précise. Ça donne le ton aux chorégraphies un peu simpliste de la troupe devant lui, mais quand même, le band est bien rôdé et Devin peut quand même avoir du fun avec les brassières qui lui sont lancées sur le stage par un gars en première rangée qui semble en avoir une poche pleine, car ça devient le ‘running gag’ de leur set à chaque fois qu’une autre atterrie sur le stage (comme vous pouvez voir sur la photo incluse dans cette critique). Le leader de la formation est d’ailleurs allé le voir cet homme tout de suite après le show pour lui jaser et le remercier. Le dernier album « Epicloud » a été très bien représenté durant la quand même courte performance, mais « True North » n’a pas été joué et je l’attendais. Il est à noté que j’ai bien aimé le stage qui était recouvert de 3 risers pour les 3 musiciens à cordes, leur donnant une meilleure prestance et des opportunités d’éclairage en plus. Belle touche.
On va dehors durant la pause pour s’assurer d’être dans l’état parfait pour regarder et apprécier Gojira, mais pas avant de jaser quelques secondes avec Pierre-Hughes Rondeau, le drummer de l’excellente formation Tunguska Mammoth. Cheers man!
On revient et l’attente se fait derrière une jolie blonde qui nous donne le goût d’avoir une intermission un peu plus longue, mais quand même, on sent la salle retenir son souffle lorsque le mur derrière le drum s’illumine comme un ciel et la tête de l’Enfant Sauvage est dévoilée. « Explosia » se fait entendre et la pointe du crescendo que je faisais référence plus tôt se montre le nez… CRISSE! Le parterre se transforme en océan de têtes qui ‘headbang’ et corps qui se percutent au rythme des riffs déchaînés que seul Gojira sait composer, car leur son est réellement unique. Pour les fans qui n’ont pas pu assister au show, imaginez toutes les meilleures compos en UN setlist et vous avez une bonne image de leur prestation! Tout simplement malade et le tout est rehaussé par une expérience auditive quasi-parfaite avec les guitares d’une lourdeur impossible à qualifier. On dirait le CD qui joue tellement tout est parfait. Tout les trippeux se regardent quand les premiers sons de « The Art of Dying » se font entendre et ce sera la même chose lorsque que Joe Duplantier, chanteur/guitariste, échange de place avec son frère, Mario, à la batterie, sous prétexte que ce dernier va nous faire un vrai cri death metal! Il n’a pas menti! Mario se tire bien d’affaire avec aussi la guitare entre les mains et le groupe nous offre un death pesant et groovy pendant quelques minutes. Le drummer saura aussi se mettre en évidence un peu plus tard avec un solo de drum extrêmement bien exécuté. Comme je le mentionnais à Pados durant ce solo, il a une approche au groove et à sa batterie en générale qui est unique et très intéressante. Non seulement ça, mais il frappe aussi très fort!! Wow. Ça c’est métal! De leur côté, le reste du band utilise très bien toute la salle et je dois donner une mention honorable à Jean-Michel, le bassiste, qui fait honneur à sa profession, si ce n’est que de sa présence sur scène. Il saute, il tourne sur lui-même, il cri et tout ça en jouant ça basse, tantôt avec un pic, une autre fois avec ses doigts. Ça enlève rien cependant à Christian et Joe qui prouve seulement que cette machine qu’est Gojira est là pour rester et même devenir leader dans son créneau. Je n’ai que du bien à dire de leur show, ce qui est rare si vous suivez un peu mes critiques.
C’était malheureusement l’heure de partir tout de suite après le show, mais pas avant de laisser passer la fameuse blonde pour être sûr de ne rien manquer de cet autre show de fin de soirée…
Mais attendez un peu? Si on avait un ami qui était backstage durant le show, ça donnerait quoi comme photos? Hey-hey, les voici!
















