En ce mardi 30 octobre, c’est sous un ciel gris et menaçant que je me suis dirigé vers le centre-ville de Montréal pour assister à au retour d’EPICA.  Une autre de ces soirées organisées par l’équipe de BCI, toujours prête à nous fiberglasster avec un autre line-up d’enfer. Un gros merci à Nathalie Baril pour avoir permis à ONDES CHOCS d’y assister.  Et ce soir là ne fit pas exception avec en tête d’affiche EPICA et supportés par ALESTORM, INSOMNIUM, SYSTEM DIVIDE et BLACKGUARD.

 

Je m’était promis d’arriver tôt car je ne voulais surtout pas manquer la prestation de BLACKGUARD.  Je me suis donc présenté au MÉTROPOLIS à 18h45, 15 minutes avant le début du show, m’assurant ainsi d’avoir une bonne place.  Déjà plusieurs autres personnes étaient présentes, massés devant la scène ou juchés au balcon.  À l’heure prévue, les lumières baissent dans la salle et les montréalais envahissent cette scène qui, pour la demi-heure à venir, sera leur champ de bataille.  Paul Ablaze et ses comparse savaient qu’ils n’avaient pas beaucoup de temps pour conquérir le public.  C’est donc un set extêmement énergique qui nous a été offert et la foule fût toute aussi énergique, réagissant au moindre riff des deux guitaristes et du bassman.  Terry, Kim et Étienne enchaînent, tour à tour, les pièces choisies de leur répertoire.  Savant mélange de black et de power, BLACKGUARD peut aussi compter sur la présence au front d’un puissant chanteur, celui-ci modulant bien ses intonations malgré quelques problèmes de micro.  Si ce n’eut été du style musical, Ablaze pourrait presque passer pour le leader d,une formation hardcore, que ce soit par son flow vocal par endroit ou par son attitude sur scène avec sa posture menaçante et ses kicks furieux.  Autre élément fort appréciable du combo: le jeu de Justine, la drummeuse.  C’est brutal et puissant.  Elle utilise chacuns de ses toms pour créer une ambiance lourde, quasi martiale à l’ensemble.  5 morceaux, dont le nouveau  »IN DREAM » (si j’ai bien entendu,avec ces problèmes de son), ce dernier avec un penchant plus death mélodic.  Le band prends quelques minutes de son précieux temps pour remercier toute les formations et la foule, chose toute à fait noble et à son honneur.  Mais à l’instar de BANE, le personnage de BATMAN dont le chanteur s’est affublé du masque pour la dernière pièce), ils auraient d’emblé pris cette salle en otage tellement leur envie de continuer de jouer toute la soirée était forte.  Surtout que c’était à ce moment leur dernier apport à cette tournée, ayant été invité à accompagner en Europe une petite formation peu connue du nom de… KAMELOT!  On leur souhaite bonne chance et on attends leur retour avec impatience ce printemps avec SOILWORK.

Au retour d’une pause en compagnie des confrères de MU et QUÉBEC-MÉTAL, tout le monde étaient prêts pour accueuillir le  groupe  »international » SYSTEM DIVIDE .  Composé d’un belge, d’israéliens et d’américains, la formation formée en 2008 par Sven de Caluwé (nom qui sonnera quelques cloches aux amateurs d’ABORTED, LENG TCH’E, BENT SEA et même d’AUGURY) venait hier soir nous offrir à leur tour un court set mais, ma foi, fort impressionnant.  Un parfait équilibre de death (de par la voix gutturale de Sven, les accords rapides et serrés des guitares et les blast beats furieux de la batterie) et de Metalcore.  De nombreux breakdowns ponctuent leur pièces et l’attitude aggressive ajoutent  une belle touche de modernité. Et le bassman, tel un épileptique hyperactif, saute partout et violente son instrument, en perdant même son pic et presque le contrôle de sa bass. Plusieurs solos viennent aggrémenter le tout malgré que le son des guitares manquent un peu de mordant, souvent enterrés par les percussions tribales et les passages de claviers joués par…l’homme invisible!   À la quatrième pièce, on nous annonce que la chanteuse Miri Milman, dont on attends impatiemment la présence sur scène, a dû rentrer en Israël pour des raisons familiales.  Elle sera donc remplacée sur le volet par nulle autre qu’Alyssa, la fort jolie et extrêmement talentueuse chanteuse de THE AGONIST!  Mon coeur arrête de battre lorsque celle-ci entre et salue la foule hystérique.  Deux dernières pièces, toujours aussi aggressives auquels la voix d’or de la jeune diva punk-goth vient ajouter une très belle intensité, nuançant cette agréable brutalité sonore.  Un peu trop d’écho dans le chant d’Alyssa mais somme toute, ce fut une belle surprise pour le public montréalais.

Une autre pause avec les collègues métalleux et Steve, le nouveau guitariste de SYSTEME DIVIDE, qui nous parle du band, de la tournée, des problèmes d’équipement (3 PEAVEY sautés!), de sa joie de jouer pour la première fois au Québec et de Drummondville, où le service en français l’a quelque peu débousselé.

La foule a presque doublé à l’intérieur et pour cause.  Ce sont les finlandais d’INSOMNIUM qui ont pris possession de la scène, avec leur death melodic, digne descendants et porte flambeaux de la scène scandinave.   Un son travaillé, où la place de chaque notes et de chaque coup de toms ou de cymbales est miticuleusement étudiée.  C’est beaucoup plus old-school que les précédents bands mais c’est une merveilleuse transition pour ce qui nous attends pour la fin de la soirée.  Le rythme est lent et mélancolique.  La voix rauque et caverneuse du bassiste et chanteur Niilo Sevänen ajoute un côté malsain à cette atmosphère sombre et mélancolique.  Cependant, les back-vocals cleans du guitariste semblent quelque peu laborieux, mais seulement sur cette pièce car le tout se placera pour le mieux lors du reste de la prestation.  On hausse le tempo sur l’excellente  »Unsung » et les têtes tournoient furieusement, autant chez les musiciens que dans la salle, où le public semble hypnotisé par la musique teintées de mal de vivre mais les sourires sont très nombreux.  Ce band a su se demarquer des autres bands du genre, en gardant cette lourde énergie et cette couleur qui lui est propre.  Tout cela dépassait grandement mes attentes et le seul point négatif que j’apporterais, c,est que ce n’étais pas assez long.  Je sens que ma carte de crédit va en manger un coup et je peux vous assurer que je serai sur place la prochaine fois qu’INSOMNIUM se pointera…

Comme pour accompagner  les sombres mélodies qui nous avaient été présentées quelques secondes auparavant, le ciel s’était ouvert et la pluie rendait la ville grise et triste.  Mais c’était pour une courte durée car tout un party se tramait dans les murs du Métropolis.  Imaginez une taverne remplie d’un peu plus de 1000 personnes, où une bande d’écossais complètement survoltés viendraient nous raconter leurs folles histoires de pirates.  C’est cette impression que donnait ALESTORM et son métal folklorique unique en son genre.  Après une musique d’ouverture tirée des années 80, les  5 flibustiers métal n’ont pas lésinés et nous ont offert leurs plus grands succès, nous incitant à lever nos verres sur des pièces comme l’entrainante  »The Sunk’n Norwegian’  » ou encore à noyer nos peines sur la pesante complainte  »Nancy the Tavern Wench ».  Cette dernière fût l’occasion pour ALESTORM d’inviter Étienne Mailloux, bassiste de BLACKGUARD, afin de les accompagner à la guitare accoustique.  Bien qu’en cette veille d’Halloween et en me fiant au vidéos, je pensais les voir déguisés, le groupe a réussi l’illusion en nous embarquant dans de folles histoires, parfois terrifiantes avec ces histoires sombres et noires comme l’encre de ces calmars géants combattus au péril de leurs vies ou encore en nous emmenant sur ces iles où ils firent escale, là où le rhum coule à flot et les femmes sont belles et chaudes comme le sable, sous le chaud soleil des mers du sud, brûle les pieds nous forçant à danser jusqu’à l’épuisement.  Passant du folk au powermetal, aucun répit nous est offert.  Chris Bowes pianotte sur son AX-Synth comme un déchainé, l’utilisant pour recréer l’accordéon ou ces claviers aux vieilles sonorités new wave.  Les autres membres ne sont pas en reste, prennant à l’abordage nos tympans à grands coups de riffs complexes et rapides mais joués avec aisance et plaisir.  Même le claviériste nous nargue en jouant d’une main et en callant bières par dessus bières de l’autre.  Les poings fusent dans la salle comble, portant bien haut cornes, choppes à bière, verres et…soulier!?!  Le show se termine après 45 minutes de rythmes effreinés sur  »Rum » et le chanteur en profite pour faire quelques brass sur la mer de monde, petit bain de foule qui l’amènera jusqu’au fond de la salle, près de la console. Une belle gang de malades, j’vous jure!

Une dernière cigarette sous la pluie et nous etions fin prêts pour le plat de résistance de ce véritable festin musical: EPICA.  Ne les connaissant pas vraiment et m’attendant à assister à un de ses band gentil et tristounet de fille, je dois vous avouer que j’en ai pris pour mon rhume.  La salle est plongée dans le noir et de fortes percussions se font entendre.  Le public est fébrile et suit la cadence en tapant dans les mains.  Soudain, d’énormes faisceaux de lumière bleu néon balayent le plafond et les musiciens apparaissent majestueusement, prenant leurs place respectives.  C’est sur les premiers accords que la Grande Diva Simone Simons, véritable grâce incarnée, arrive et envellope l’ensemble d’une aura incandescente, séduisant de sa voix pure comme le crystal et ses sensuelles ondulations ceux qui ne l’étaient pas déjà.  Une tempête sonore, aux influences death mélodique et métal symphonique, qui souffle vers nous et que seule celle qui menaçait à l’extérieur pouvait égaler.  Envellopée par un jeu de lumière aveuglant et grandiose, Simone parcoure l’estrade, telle une dompteuse parmis les fauves.  Car, outre le côté angelique de la voix préominente, les musiciens eux, grondent, et rôdent sur la scène, attaquant avec force chacune des pièces offertes en pâture au fans présents.  Très démonstratifs, comme le syle l’exige, mais sans non plus tomber dans l’excès.  Car la garde rapprochées de la Reine du métal connait bien son rôle.  Malgré tout le talent des membres d’EPICA, c’est cette voix, capable à la fois de glacer le sang mais aussi de réchauffer le coeur et l’esprit qui lui donne sa couleur unique.  Sur  »Serenade of Self-Destruction », l’équilibre est parfait.  Alors que les musiciens performent virtuosement un feu roulant de riffs intenses et où les harmonies se succèdent et s’entrecroisent, la cantatrice, elle, escalade le spectre vocal jusqu’au sommet de la gamme.  Elle disparait quelques instants, laissant la place à ses bêtes de scène et revient nous envouter sur des rythmes méditéranéens.  Ensuite, ce véritable opéra death-metal progressif, se poursuit avec  »The Obsessive Devotion », morceau d’une grande intensité et appuyé par les meilleurs effets de lumières que j’ai vu à ce jour en ces lieux.  Lors de   »Cry for the Moon », le public a la chance de devenir le 7ième membre du groupe car Simone chante en choeur avec lui, l’invitant à l’imiter aux vocalises.  S’ensuit un long solo de drum qui nous amène à  »Sancta Terra » et à une surprise pour célébrer leur 10 ans d’existence:  »The Phantom Agony ».  La foule est en liesse et danse avec le band sur les intermissions disco-rock qui parsèment cette pièce heavy à souhait et remplie de choeurs majestueux. Sur les derniers riffs insisifs, toute la formation quitte, nous laissant sur une musique instrumentale digne d’une méga production hollywoodienne.  Mais si il y a une chose que j’appris avec le temps, c’est que souvent, les réaliateurs nous réservent souvent de belles surprise.  Coen Janssen, claviériste virtuose et boffon de la bande, revient remercier la foule et les autres bands.  Le temps que les autres reprennent leur souffle, c’est reparti de plus belle pour trois autres pièces, histoire de bien terminer cette excellente soirée forte en émotions.

C’est les oreilles bourdonnantes, les jambes lourdes mais le coeur léger que je suis rentré à la maison.  Encore une fois, je lève mon chapeau à toute l’équipe de Brave Concerts International pour  avoir organisé, en cette veille d’Halloween, un véritable bal, où à défaut d’être masqués, les groupes choisis et invités nous ont hautement divertis, autant par leur talent que par leur diversité.  Et aux amateurs de métal en tout genre, ne manquez pas leur prochains évènement, soit HEAVEN’S CRY (lancement d’album 23 nov), SCAR SYMMERTY (26 nov), ELUVEITIE (15 déc) et plusieurs autres encore!

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