Lofofora - photo de Marie-Ève Duguay, La Musicographe.

Lofofora – photo de Marie-Ève Duguay, La Musicographe.

Yep, le « Facteur X » et pour ceux qui me connaissent, oui « The X Factor » était mon premier titre, mais évidemment je le trouvais très mal choisi étant donné les circonstances.  Laissez-moi vous expliquer les faits!

C’est une journée remplie de sonorités métalliques aux accents francophones (Mass Hysteria et Anonymus) qui me préparaient à un assaut tout aussi ‘Molièresque’ (inventé de toute pièce et je m’excuse auprès de la communauté francophone et aussi l’humanité).  Ce qui est différent dans cette expérience d’un mercredi soir est que les bands offerts à l’Agitée de Québec, Lofofora de la France et Marionet-X de la rive-sud de Québec, sont des vétérans de la scène et c’est à ce niveau qu’on peut vraiment apprécier la beauté d’une soirée comme celle qu’on a vécu.  C’est comme le fucking Point G: ils l’ont trouvé et savent maintenant quoi en faire.

Vous savez maintenant que Ondes Chocs, quand on a des opinions négatives à partager on le fait et ça fini là.  Comme je me tue à le répéter, il y a toujours une manière de dire les choses, il s’agit de le faire de manière constructive.  Après tout, on analyse un art, de la musique, et ça demeure subjectif à chacun.  Ceci dit, si vous cherchez du négatif dans le texte qui suit, faites demi-tour les champions, c’est pas votre jour de chance.

Mon arrivée à L’Agitée s’est faite à 19h50, suite à la lecture du statut facebook de Marionet-X qui mentionnait: « Ce soir 20h pile ».  Évidemment, ma vie étant ce qu’elle est, je me suis fait avoir (je peux le voir d’ici ton sourire Vincent… connard!).  François Deschamps était la personne responsable à la porte et après l’avoir remercié pour l’accès au show, j’ai su que c’était son dernier show en tant que promoteur et je voulais prendre ici le temps de le souligner, ce n’est vraiment pas une job facile et j’espère que ce matin tu as le sourire en sachant que tu t’éloignes un peu de ce monde en ayant organisé un petit bijou de soirée.

Le léger délai qui a suivi m’a permis de jaser avec du maudit bon monde en la personne de Marie-Ève Duguay (La Musicographe, que je remercie pour la photo en haut de ce texte!  Tu es juste trop cool smiley girl!) et son ami David.  Tout ça avec, à quelques centimètres de mes lèvres, une pinte de bière.  No way this CAN’T be fun.  Ensuite c’était au tour de Kevin (« Matrak ») de venir me saluer et jaser de ses projets.  À ce sujet, surveillez bien Ondes Chocs durant le mois de novembre.  En plus, j’ai eu la chance de discuter avec Pierre-Luc et Vincent, du premier de deux bands de la soirée, des plans pour le band dans les prochains mois, alors le temps a été bien investi.

Assez de SOcial, Marionet-X était prêt à faire bouger la place et quelle putain de travail ils ont fait à ce niveau.  La foule a tout de suite répondu à l’attaque de « Le Grand Manège » et c’était parti pour une dizaine de tracks de leur premier et troisième album (nope, pas de tounes de leur second effort… à force de les énerver avec ça je vais avoir ce que je veux!).  La job d’une première partie étant de réveiller le monde pour le plat principal, la mission a été accomplie avec succès et bien que le band ne se produit pas sur scène autant que dans le passé, rien de ça ne paraît durant ce moment sur les planches.  Tout le band repose sur une excellente performance de son drummer et Pierre-Luc n’a pas vraiment de style quand on le voit ‘travailler’, mais c’est justement son style!  Les bras qui se croisent constamment pour effectuer ses ‘punchs’, sa force de frappe et sa précision/groove garde la machine bien alerte et je n’ai pu empêcher de me retrouver dans la tête de Martin (guitare) pendant quelques secondes pour me dire à quel point cette présence derrière lui doit être réconfortante.  Aussi, c’est très rare de voir DEUX bass drums de nos jours, les drummers optant généralement pour une pédale double afin de faciliter les ‘change overs’ ou même le transport.  Disons que ça donne un look très intéressant.  Je peux aussi penser à Xavier de La Corriveau qui le fait encore en show.  La section des cordes est non seulement notable par sa précision à jouer leurs compositions, mais aussi par leur énergie et complicité sur scène, vraiment cool.  Ce qui m’amène au chanteur et frontman, Vincent.  C’est bizarre de le voir aller parce que le gars chante en français dans un univers où l’anglais mène le bal et il bouge d’une manière non-conventionnelle, ce qui me fait sourire à chaque fois.  But who cares?  Le gars a du fun, se contorsionne de manière inhumaine et surtout, SURTOUT, il a maîtrisé l’art de faire réagir la foule et aussi de garder ses interventions soit mystérieuse ou très courte et concise entre les chansons, ce qui n’est pas donné à tout le monde.  Tout ça fait son charme… non, attendez, TOUT ça fait LEUR charme.  Bien que certaines chansons date du début des années 2000, elles ne perdent pas de leur entrain, mais soyons honnête, on a tous hâte de voir ce que les Marionnettes vont nous offrir de nouveau.  Donc, je ne peux être plus explicite les boys: you came, you worked your magic and you conquered.  (ce bout en anglais était pour compenser le titre en français, fallait que je sorte ça de mon système).

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Une bière de plus et c’était au tour de Harry, le bassiste de Dance Laury Dance, de faire son entrée au bar.  Trop cool le gars.  Ça en est un autre truc à surveiller sur Ondes Chocs dans les prochaines semaines, quelque chose d’épique et thrash à souhait avec ces malades là…

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Bon, je dois me confesser:  je n’avais jamais vu Lofofora en spectacle et, bien que leur beat ne m’était pas étranger, je ne les connaissais pas vraiment beaucoup.  La base, disons. On parle ici d’une fusion entre le punk, hardcore, métal et même rap par son approche.  Je dois aussi dire que ce même mélange de styles pouvait être aperçu dans la foule, quelque chose de très rare et qui me manque, car ça devrait être toujours comme ça quand on y pense; changer les choses, à la gang, et non chacun dans son coin qui boude l’autre parce que son style vestimentaire ne convient pas.  Donc, c’était avec appréhension que je me suis installé avec cet heureux rassemblement de trippeux de la scène (et avec les commentaires extrêmement positifs constant qu’on me partageait depuis le début de la soirée par rapport à la formation de France) pour être fin prêt pour l’attraction principale.  Pendant que le groupe était en caucus à moins d’un mètre à ma droite (derrière le rideau noir), je me suis permis de hurler « Lofofora!!! », ce qui m’a permis de recevoir un look/sourire de Reuno, le chanteur, et une foule qui a répondu au cri et s’est mise en marche à cet instant, seulement quelques secondes avant les premières notes de « Utopiste ».  Un bordel dans le ‘pit’ s’ensuivi pour cette offrande de leur album « Monstre Ordinaire » et ce fût l’histoire de cette prestation: énergie, brutalité et expérience.  Expérience? Yes.  Les gars en sont à près de 25 ans de carrière et c’est vraiment un plaisir de les voir exécuter leurs succès à une foule qui connaît les paroles et absorbe chaque vibration qui lui est permis de recevoir.  Le band a subi quelques changements de membres au courant des années, mais le lineup actuel semble tenir depuis déjà un bon bout et je l’espère, car Daniel Descieux à la guitare est extrêmement habile et comme je mentionnais à Kevin, leur utilisation des solos dans les chansons est juste parfaite, car ils savent qu’il doit être complémentaire et ajouter à la piste et ne pas être un surplus dont on n’a pas besoin.  À ce propos, vous avez remarqué comment Lofofora monte ses tracks?  Jamais de passages superflus, c’est directement dans nos dents, sans en rajouter et le message est clair.  Leur emprunt à plusieurs styles de musique est souvent pour les bands le moment où ils perdent leur identité, mais dans le cas de cette formation, c’est ce qui fait leur identité, une nuance très importante.  Du côté de la basse, on avait droit à une corde de moins que Marionet-X, mais quelle précision, surtout dans « Dur Comme Fer », une track qu’on m’avait dit de bien écouté et maintenant que c’est fait, je me permets même d’en abuser en écrivant ces mots.  Du côté de la batterie, on a droit à un gars qui frappe fort, mais qui surtout utilise des patterns intéressants et même si ils ne se démarquent pas par leur complexité, c’est l’originalité qui m’a surpris et franchement tenu en haleine, car mon point de vue durant le spectacle étant si près de lui, je n’ai pu m’empêcher de remarquer le travail phénoménal qui est mis dans chaque chanson pour leur donner une profondeur ou étoffe digne de ce nom.  Reuno?  Bien, c’est Reuno.  Les spectateurs boivent ses paroles, car il les offre de manière si généreuse et authentique.  Il avait show, il nous regardait droit dans les yeux et il manipulait la foule entre les chansons de la façon qu’il se doit: en maître.

D’ailleurs, j’aimerais revenir sur ses propos durant une de ses interventions concernant leurs nouveaux albums, des articles qui n’ont pas pu se retrouver à leur table de marchandise pour être vendu: les douanes ne veulent pas ou rendent la tâche extrêmement difficile.  Sommes-nous vraiment rendu, en tant que fucking société, à empêcher les bands de passer leurs articles promotionnels quand ils viennent de l’extérieur? Sérieusement?  C’est triste et même frustrant de se faire dire sur le stage que c’est de plus en plus difficile d’entrer au pays pour les artistes de l’extérieur.  J’avais le goût de gueuler en entendant ça.

Je vais m’en tenir à ça pour ne pas gâcher cette critique d’un show quasi-parfait, car oui, c’est définitivement un Top 5 pour moi cette année.  Imaginez si j’aurais encore plus connu les chansons…

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