Avec la première du documentaire « La Vie Selon Morgue » CE SOIR à 23h au Capitole de Québec (réservez vos billets en suivant ce lien), on vous présente un court entretien avec Jean Fontaine, réalisateur de l’oeuvre et aussi père de Christophe, un des guitaristes de la formation Blackened Death métal de la capitale.
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– Quel est votre background ou l’expérience dans le milieu du vidéo et montage?
J’ai maintenant 55 ans et j’ai toujours travaillé dans le domaine de la production. J’ai enseigné le cinéma dans un Cegep pendant quelques années pour ensuite choisir la caméra et la réalisation. Depuis une vingtaine d’années je gagne ma vie à réaliser des séries magazines à la télé. Parallèlement, je développe des projets documentaires. C’est ma passion. J’aime explorer le réel, aller à la rencontre des gens.
– Comment est née l’idée de faire ce genre de documentaire?
Il est certain que je n’aurais sans doute jamais fait un documentaire comme La vie selon Morgue si mon fils Christophe n’avait pas été membre d’un groupe de métal. J’ai toujours eu un réel plaisir à cotoyer sa gang de chums et à découvrir son univers musical. Je dois dire que j’avais quelques prérequis: la sortie de l’album Paranoid de Black Sabbath quand j’avais 12 ans m’a d’une certaine façon « formé ». En vieillissant, j’ai appris à apprécier d’autres genres musicaux, mais j’ai toujours un sérieux penchant pour la musique lourde. Christophe aura simplement contribuer à une rechute en me faisant découvrir Cannibal Corpse et Deicide. Pour revenir au documentaire, c’est en voyant toute l’énergie et le travail que les gars de Morgue mettait dans leur musique que j’ai eu le goût de faire un film sur eux.
– Avec les vidéos et documentaires que plusieurs bands ou artistes présentent depuis des années, quel était l’angle que vous vouliez prendre avec ce projet? Que vouliez-vous présenter au public?
Je ne voulais pas faire la simple captation d’un show ou une musicographie expéditive à la Musique Plus. Je voulais faire un trip de l’intérieur, vivre l’aventure Morgue sur au moins deux ans pour sentir le travail musical et l’évolution personnelle de chacun. J’ai donc traîné avec les gars sur une très longue période. J’ai littéralement fait parti du décor. Ils oubliaient carrément la caméra et j’étais dans la gang, en tournée, en studio, backstage, mais aussi dans le quotidien, à la maison, au travail.
– Est-ce que vous arriviez avec des idées pré-conçues du documentaire ou même du milieu “métal” dans lequel vous alliez être plongé? Comment s’est passé cette exploration.
Essentiellement, je m’étais donné comme objectif de montrer que ces jeunes qui explorent des thématiques violentes et blasphématoires sont des gars extraordinaires, brillants, articulés et sympathiques. Paradoxalement, mon film ne s’adresse pas autant à un public de métalleux qu’au grand public en général. C’est monsieur-madame-tout-le-monde que je souhaite rejoindre (sans trop les traumatiser!), c’est idéalement le parent d’un jeune ado qui commence à ce laisser pousser les cheveux, à porter des t-shirts noirs et à écouter de la musique « horrible », c’est ce public-là qui devrait voir mon film. Je ne pars surtout pas en croisade contre les préjugés à l’endroit du métal et des métalleux, j’ouvre simplement une fenêtre sur un univers singulier. Les curieux y trouveront leur compte.
– Y’a-t-il eu un moment clé ou vous vous êtes dit, “on a quelque chose d’intéressant ici”? Si oui, quel était-il? Si non, y’a-t-il eu une instance où le projet a fait face a une mort probable?
Il y a trois mots qui rebutent les télédiffuseurs: Fuck, shit, et métal. Ce projet n’a pas trouvé preneur dans les médias traditionnel. Si j’avais suivi un groupe de trad ou de country, la chose aurait été fort différente. C’est dommage. J’ai donc dû mener l’aventure à bout de bras, en solitaire. J’ai donc fait ce documentaire dans le même état d’esprit que la plupart des bands de métal: par passion, pour le plaisir, sans espoir de rentabilité. Et c’est pas plus mal! J’ai tellement de plaisir à faire ce tournage!
– Maintenant que le film a été choisi pour le Festival de Cinéma de Québec, est-ce que vous avez d’autres évènements de la sorte qui sont intéressés à le présenter?
C’est vraiment super que le film ait été sélectionné par l’équipe du Festival de cinéma de la Ville de Québec. Le milieu métal est très dynamique ici, et ça permet aux amis et aux proches de bénéficier de la Première officielle. Le documentaire est déjà proposé à plusieurs autres festivals dont certains à l’étranger. La compétition entre les festivals est très forte, et là aussi on fait un peu face à certains préjugés contre le métal extrême. De plus, c’est en français québécois, pas facile à vendre. J’ai une version soustitrée en anglais. On verra bien si le film trouvera preneur.
Vers la fin de l’automne, les réponses seront entrées, ensuite je verrai à trouver une salle pour le diffuser à Québec et à Montréal. Pour le moment, je pense qu’il faut focuser sur le Festival de Québec en encourageant un maximum de gens à venir voir le film. Il y a trois représentations:
Vers la fin de l’automne, les réponses seront entrées, ensuite je verrai à trouver une salle pour le diffuser à Québec et à Montréal. Pour le moment, je pense qu’il faut focuser sur le Festival de Québec en encourageant un maximum de gens à venir voir le film. Il y a trois représentations:
Grande Première au Cabaret du Capitole, jeudi 18 septembre à 23h, en présence des gars de Morgue. Ensuite, au Cinéma Cartier, lundi le 22 septembre à 21h30, et finalement au Cinéma des Chutes de Saint-Nicolas, dimanche 28 septembre à 13h.





