Décapiteuse Marryah Noch

 

LA DÉCAPITEUSE

 

 

1. Band: THUNDER TRIBE

Album: “War Chant”

Labels: Nightmare/Sony/R.E.D.

Date de sortie: 15 Octobre

Les bands qui ont pas peur du ridicule de la notion de se perdre dans un épais brouillard symbolisant la confusion d’un excès notable de sub-genres (qui vont plus ou moins ensemble) suscitent en moi un certain minimum d’admiration respectueuse. Bien que je sois loin d’aimer le résultat de toutes et chacune de ces expérimentations à l’échelle mondiale des scènes rock et métal (et croyez-moi que j’en entends des centaines par an) j’dois avouer que ça prend des couilles et du guts pour oser se fendre le crâne à force de se casser la tête à intégrer, à parts égales, quelques hints de chacune des influences qui forgent le son d’un album donné. THUNDER TRIBE sont loin d’être dans l’underground, paradant sur le roster de nulle autre que Sony. Néanmoins, c’est la première fois que j’entends leur superbe mixtape de heavy métal militant à la DIO, hippie vintage experimental rock à la PINK FLOYD, pseudo prog mélodique à la (VERY toned-down) DREAM THEATER, et rock percutant jalonné de stringwork méditatif et calculateur à la “Diary of a Madman”-era Ozzy. Jusqu’ici, vous allez vous demander pourquoi j’ai pas capoté sur ce CD de façon pratiquement obsessive. La raison est simple et navrante: l’album devient de moins en moins puissant et de plus en plus perdu dans la brume à mesure qu’il avance. C’était à prévoir avec le nombre de directions et de chemins tous empruntés en simultanée, malgré que ces gars-là ont du temps en masse pour aiguiser leurs armes et maîtriser leur propre besoin de s’étirer à s’en faire craquer chaque os sans se ramasser avec des crampes, foulures, et un peu de paralysie le lendemain de ce type de work-out plus spectaculaire qu’il en a l’air sur papier en terme d’expérimentations soniques. THUNDER TRIBE est un groupe à découvrir parce que faut l’entendre pour y croire. Allez tout de même pas supposer que le prochain album va pas apprendre des erreurs de celui-ci; gardez un oeil sur les possibilités à venir.

VERDICT: 5.5/10 (Entre ASSEZ BON et BON)

 

 

 

2. Band: EREB ALTOR

Album: “Fire Meets Ice”

Labels: Metal Blade Records/Cyclone Empire

Date de sortie: 15 Octobre

Ça fait une coupe d’années que j’avoue avoir porté plus ou moins d’attention aux activités du camp EREB ALTOR, ayant tout de même été témoin du phénomène viking doom metal qu’était leur son initial que j’avoue avoir trouvé intriguant et fort original à la fois. Sur “Fire Meets Ice”, les gars vont chercher une influence plus axée sur le black métal Norvégien, et apparemment que ça fait un bail qu’ils sont plus forts sur ce mode de pensée que le funeral doom lancinant et austère (à mon insu total). J’enlève absolument rien à leur don évident et absolument pas over-rated en terme de blend bien calculé et bien dosé d’influences assez cocassement agencées. On s’attendrait pas à entendre du MY DYING BRIDE dans la même toune que BATHORY ou du vieux DISSECTION mais attachez vos tuques; EREB ALTOR s’en contre-fouttent et prouvent que ça se fait et de manière passablement et presque risiblement simple – en tout cas, pour eux. Leur approche est impulsive, impossible à prédire, et même souvent dure à suivre. L’écoute de cet album peut pas se permettre d’être distraite car les moods considérablement bipolaires de chacune des pièces dictent la logique de l’évolution du musicianship. Je peux pas dire que je m’y attendais pas, mais l’album est de moins en moins agressif et de plus en plus introspectif avec une vibe hivernale et fortement dépressive vers la fin de sa durée, ce qui engendre certains zoneouts vu que l’aspect répétitif et plus méditatif de ce genre d’approche est moins percutant. Il faut être dans le bon mindframe pour apprécier ce revers de la médaille sans les variations plus violentes apportées aux premières pièces – mais voilà que je me retrouve assez rapidement et de pied assez ferme dans le besoin de ré-aborder même ces tracks-là dans un futur proche question de vérifier si elles peuvent être mieux savourées dans un contexte opportun.

VERDICT: 6/10 (BON)

 

 

 

3. Band: KILL DIVISION

Album: “Destructive Force”

Label: Metal Blade Records

Date de sortie: 15 Octobre

Le fait que KILL DIVISION se qualifie de deathgrind m’a laissée particulièrement perplexe, même suite à l’écoute de “Destructive Force”. Ici, on a pas droit à du CATTLE DECAPITATION (ou du DECAPITATED, for that matter). On est plutôt en terrain melodic & particularly tempestuous, war-mongering death metal. Vous êtes familiers avec GOD DETHRONED? La guitariste/vocalist Susan prend les devants du nouveau projet qu’on a ici, et c’est assez facile à déceler. Je suis très fan de GOD DETHRONED et me sens particulièrement choyée dans le contexte qu’on a ici puisqu’il contient pas mal de références à “Passiondale”; riffs mélodiques qui créent un groove absolument décapant et slicing, accentués par un vocal venimeux et sharp, et un drumming qui accompagne parfaitement ce genre de machine de guerre pas arrêtable qui semble avoir sa propre conscience qui a, soit dit en passant, aucune limitation imposée par un quelconque contrôle de main humaine. J’entends également le worship de Susan pour la mentalité de Bill Steer face à CARCASS; une certaine expérimentation est à l’appui avec beaucoup de variations de tempo impulsives mais étonnamment toujours efficaces à travers chacune des tracks. Les riffs restent catchy mais la technicalité en terme de pattern-meshing ne peut être niée et en ce sens, Susan et ses confrères apprennent très bien de leurs influences. Je réussis pas à dire que “Destructive Force” me fait tomber en bas de ma chaise aussi facilement que le matos de GOD DETHRONED. Néanmoins, pour les trippeux qui veulent découvrir une alternative puissante qui les décevra absolument pas, une session d’écoute attentive s’impose.

VERDICT: 7.5/10 (Entre TRÈS BON et EXCELLENT)

 

 

 

4. Band: RIVERS OF NIHIL

Album: “The Conscious Seed of Light”

Label: Metal Blade Records

Date de sortie: 15 Octobre

J’aurais été étonnée de constater qu’Erik Rutan se mette soudainement à faire de la prod pour des groupes qui méritent en rien son bon sens de l’obsession pour le détail. J’avais également pas du tout l’impression que j’apprendrais, sur la ligne de la press release qui fait suite à la mention de son implication sur “The Conscious Seed of Light”, que j’aurais affaire à du death métal technique aux overtones ambiantes et à la complexité digne d’un projet qui aurait été normalement plutôt associé à un mec comme Dan Swanö. Néanmoins, la signature Rutan se fait entendre d’un bord à l’autre ici. RIVERS OF NIHIL sont tout à fait capables d’être violents, même à travers la complexité tout à fait abstraite de leurs song arrangements et l’importance marquée du fait que chacune des notes exprime une émotion rattachée au thème principal qui définit l’album: oui, croyez-le ou non, ils mettent ici de l’emphase sur l’arrivée du printemps et ce que ça symbolise dans le cycle de vie. Si on se fie à l’artwork, un focus est également appliqué sur le fait que l’univers est tout à fait capable d’évoluer de lui-même sans l’influence nocive de l’espèce humaine pour ralentir son épanouissement. La rage complètement animale qui pousse chacune des tracks à dévoiler ses multiples layers d’expérimentation tout à fait lucide et bien calculée est effectivement un phénomène de la nature qui est très bien compartimenté par l’oreille professionnelle d’Erik. La capacité d’intégrer autant de facettes intricate à un son initialement brutal et out of control me rend très optimiste par rapport au futur de RIVERS OF NIHIL car ils savent parfaitement ce qu’ils veulent refléter, et ils écrasent de pied ferme les délimitations populaires du death metal en se foutant complètement des clichés et en nous prouvant tous que ce sous-style peut encore évoluer de manière fort surprenante que personne, incluant ceux qui croient avoir tout vu, est capable de prédire.

VERDICT: 9/10 (GÉANT)

 

-Noch