Décapiteuse Marryah Noch

LA DÉCAPITEUSE

 

 

1. Band: GEHENNA

Album: “Unravel”

Label: Indie Recordings

Date de sortie: 11 Octobre

Selon les propriétaires d’Indie Recordings, GEHENNA est un de ces bands de black bien connus en terre Norvégienne; ils sont également le genre de groupe qui se font salement attendre d’album en album avec une anticipation marquée de la part de leurs diehards. J’ai pas de difficulté à catcher pourquoi; ils nous arrivent avec un type de black qui est tout à fait dépourvu de références notables aux éléments soniques typiques de la scène moderne. “Unravel” sonne années 90 à la planche, de la production extrêmement vintage jusqu’au songwriting dépressif, impulsif, et ambient. Le son évolue avec le mood – on a pas droit ici à des courbettes faites par les gars du band pour le kick de montrer à quel point ils sont des acrobates de renom, même si leur historique en témoigne, si je me fie aux éloges qu’ils reçoivent depuis un bail. Chacune de leurs tracks est passablement puissante par son désespoir enivrant et starkingly honest. Les riffs prennent le temps qu’il faut pour se développer  (au détriment d’un minimum assez facile à ignorer de zoneouts qui servent de backdrop souvent nécessaires à un suspense témoignant d’une certaine anxiété émotive dans la musicianship, ce qui est, en fin de compte, vital pour cet album en tant que tel) et l’aspect multi-layered de la souffrance dépeinte par les agencements de tonalités bleak qu’on a ici, c’est un spectacle d’un macabre parfait que j’imagine assez facilement comme une trame sonore idéale pour l’automne de bien des adeptes qui sont complètement vannés de l’aspect cinématographique/symphonique ou shoegaze qui prend le dessus sur trop d’albums qui se disent black à la base, surtout ces temps-ci, au beau milieu de cette phase un peu trop populaire qui rend les albums tout à fait dépressifs un peu plus difficiles à trouver sur les tablettes. J’en profite pour mettre en surbrillance le travail acharné d’Indie Recordings sur ce point: quand vient le temps de faire un maudit beau retour aux sources, ils chôment pas, et tous ceux qui apprécient ce que la Norvège a apporté au métal au fil des décennies devrait forcément être au courant ou se mettre à ses devoirs right about now.

VERDICT: 7/10 (TRÈS BON)

 

 

2. Band: REPTILIAN DEATH

Album: “The Dawn of Consummation and Emergence”

Label: Old School Metal Records

Date de sortie: 10 Octobre

Le mainman de REPTILIAN DEATH s’est empressé, lors d’une entrevue avec yours truly, d’aborder le sujet de l’impact tout à fait absent de ses racines indiennes sur son propre songwriting, que ce soit pour ce projet-ci, ou le reste des cordes qui sont présentement à son arc. Il me sort qu’il a la mentalité américaine à fond la caisse et qu’en termes de culture, il a été élevé depuis son plus jeune âge dans une maisonnée qui l’a fait découvrir le rock par le biais de la scène britannique (PINK FLOYD, LED ZEPPELIN). En termes plus pratico-pratique, il voit pas l’utilité de se pencher sur sa langue maternelle plus souvent qu’autrement en optant plutôt de penser en anglais et de voir la vie sous des qualificatifs aussi anglophones que son approche au groove-based death metal. On retrouve donc pas d’éléments traditionnellement indiens sur “The Dawn of Consummation and Emergence”, au même titre que TESTAMENT me donne pas l’impression de me claquer un CD ambient de musique du monde dans une boutique zen. Now that this is off the table, je peux comprendre pourquoi l’album me fait énormément penser à DYING FETUS meets IMMOLATION meets RON JARZOMBEK in a school of hyperactive music geeks. J’ai été complètement ahurie par la créativité et l’efficacité de l’évolution du groove de base de chacune des tracks et ces gars-là savent comment être violents en osant forcer la note en terme de tournures de songwriting complètement sautées, ce qui est un facteur qui aurait pu être appliqué à un album contenant des éléments plus traditionnels de leur terroir avec un résultat fort percutant. Ma curiosité pour ce type d’expérimentation reste tout à fait unquenched et je crois fermement que ce band-là pourrait se permettre ce genre de leap en se cassant pas gravement la figure; wanna bet?

VERDICT: 8.5/10 (Entre EXCELLENT et GÉANT)

 

 

3. Band: CRAVEN IDOL

Album: “Towards Eschaton”

Label: Dark Descent Records

Date de sortie: 15 Octobre

Quand des fans de heavy metal traditionnel se mettent à faire du métal extrême en tâchant de faire ressortir leur amour pour les origines du hard rock de manière évidente et facile à identifier à tous les tournants d’un album, le résultat est assez fascinant (DARKTHRONE, anyone?). CRAVEN IDOL cachent absolument pas leur passion pour le doom, le shock rock et le heavy metal en causant influences avec l’auteur de la press release qui a été distribuée aux promoteurs par leur label, Dark Descent. Ils citent MERCYFUL FATE, CANDLEMASS, et plusieurs household names de la scène métal extrême en tant que leurs sources d’inspiration premières pour le crafting de ce qu’on retrouve sur “Towards Eschaton”. Ce type d’agencement m’a initialement laissée perplexe mais j’ai osé me remémorer certains exemples de ce type d’approche qui a donné naissance à plusieurs albums inoubliables en me disant que si ces gars-là font autant de ravages depuis que leur album est sorti du studio (j’en entend parler depuis bon nombre de mois avant même d’avoir reçu leur stock), la raison doit être bonne, surtout que Dark Descent, c’est une gang de connaisseurs en terme de métal oldschool et obscur à souhait qui laisse des cicatrices pas effaçables ou guérissables. Eux et FDA Rekotz, je vous dirais sans gêne que ce sont les chefs de file en termes de grainy and dirty oldschool metal en 2013. Mon enthousiasme est à son comble ici car CRAVEN IDOL savent concocter un death black aux effluves norvégiennes avec un cran qui manque pas de chien. Ils savent intégrer ambiance, groove, hooks, et layers menaçants à leur format d’insanity totale. C’est assez rare dernièrement que je découvre une approche aussi rituelle au revival des années 90 qui réussit à intégrer une catchiness au chaos et des albums comme celui-ci et le petit dernier de KRYPTS me prouvent de pied ferme que Dark Descent vont trouver ces bands-là et forcer le monde à se tourner la tête vers eux et les prendre en considération. C’est une pratique que j’aimerais que plus de gens encouragent – c’est un label très underground et plus ou moins connu en terre canadienne, donc si vous aimez ce qu’ils font, passez le mot.

VERDICT: 10/10 (ABSOLUMENT ÉPOUSTOUFLANT)

 

 

4. Band: DEATH ANGEL

Album: “The Dream Calls For Blood”

Label: Nuclear Blast

Date de sortie: 11 Octobre

J’avais des attentes draconiennes face au nouveau stock de DEATH ANGEL en me fiant sur les promo tracks, je l’avoue sans retenue. Ce que je voyais pas venir est que j’me ferais botter le cul par l’album le plus significativement impressionnant de l’année – contrairement à la plupart de la populace de metalheads que je lis et que j’entends parler sur une base régulière, j’ai pas mal tripé sur leur album précédent, changements de tempo plus ou moins thrash inclus dans cet ordre de pensée (oui, les tracks moins rapides et plus orientées sur le feel sont, pour moi, essentielles au développement logique du mood de certains albums, que ce soit pour un band de speed thrash ou de L.A. hair metal – you all get the drift). Les gars du band disent en entrevue que le nouveau stock est passablement plus enragé et j’ai découvert avec une bonne dose d’admiration qu’ils parlaient pas de colère seulement qu’en terme de violence sonique mais également en termes de lyrics et de feel. “The Dream Calls For Blood” est un album tellement humain, ça en est frappant. Il est également précis et sur la coche en terme de technical riffage & song arrangements. Les expérimentations manquent pas ici, ce qui dévoile la maturité beaucoup plus marquée de leur musicianship depuis la dernière release. Que dis-je; ils sont tout à fait en feu. Des cris éperdument debilitating du frontman jusqu’au hyper-shreddage démentiel du backing band, on a droit à un thrash d’une cinématique orientée sur l’émotion qui arracherait la face à n’importe quel fan fini des bands de thrash qui se font habituellement attribuer tout le crédit et qui sortent du stock ordinaire dernièrement, en comparaison (KREATOR, SLAYER, etc.). Être tout à fait capable d’aller chercher cette dynamique en perdant pas de vue l’identité true-to-the-core-NYC-thrash-4evaa ça se fait rarement dans notre ère moderne mais DEATH ANGEL nous prouve qu’il devrait être l’un des bands de thrash les plus importants de la planète en relevant le défi et en accomplissant cet exploit de taille. Essayez de contester cet argument en vous claquant l’album d’un bord à l’autre, vous risquez d’avoir pas mal de misère.

VERDICT: 10/10 (ABSOLUMENT ÉPOUSTOUFLANT)

 

Noch