Décapiteuse Marryah Noch

 

La Décapiteuse # 16

 

1.Band: PEST* (page facebook non-officielle mais quand même le plus up-to-date trouvé)

Album: “The Crowning Horror”

Label: Agonia Records

Date de sortie: 18 Juin

Étant pas une mordue finie de black metal oldschool (et surtout de la production assez modérément travaillée) au point de qualifier à peu près tout et n’importe quoi en tant que “Must Listen” à partir du moment que ça sonne comme une cacophonie d’enfer assez obscure pour donner des spasmes d’excitation aux collectionneurs qui sont pas assez difficiles sur ce qu’ils endossent à mon goût, je connaissais pas PEST. Je suis assez difficile à convaincre en ce qui a trait aux bands qui essaient de nous faire revivre les années 90 puisque c’est une période qui est, selon moi, assez complexe stylistiquement parlant et assez révolutionnaire pour être crissement difficile à reproduire, car le momentum sera pas le même, peu importe à quel point la tentative est convaincante. J’essaie pas de voler la magie des nouveaux bands qui savent sur quel pied danser pour impressionner la foulée; reste que y’en a qui en mettent trop et deviennent un peu distraits. À mon humble avis, c’est toujours mieux de pas essayer de forcer l’inspiration dans une direction particulière; la laisser évoluer à sa manière donne des résultats souvent plus immersifs pour la personne extérieure au band qui entend leur stock pour la première fois. C’est sur ce mode de pensée que j’ai traversé “The Crowning Horror”, qui est assez plaisant point de vue production puisque le côté “grainy” et “ancient” est tout à fait présent mais pas dans une incarnation de fouillis total qui rend l’action de distinguer chacun des riffs comme une entité à part assez périlleuse merci sur certains albums que je nommerai pas ici car vous savez tous de quel type de prod je parle. L’approche est initialement invitante avec un black n’ roll énergique, sale, et comique d’une manière tout à fait divertissante et engageante. Ceci devient rapidement un format New Wave of British Heavy Metal aux teintes plus norvégiennes que british; pour ceux qui fouillent assez profond, vous savez qu’un tel mélange est possible et habituellement très efficace. Malheureusement, c’est un engouement assez délicat pour être très difficile à bien exécuter d’un bord à l’autre d’une cinquantaine de minutes, et PEST se pètent la face un peu trop steady sur “The Crowning Horror” en tombant dans un Modus Operandi un peu trop zélé et impulsif à la mi-album. Les hooks sont sacrifiés pour un mode d’écriture plus schizophrénique et dur à suivre qui perd le Nord complètement; on a affaire à une progression qui se suit pas pantoute. L’aspect NWOBHM dure seulement que l’espace de quelques tounes et je dirais même que le black pur et simple que ces gars-là nous offrent ici est pas leur force la plus remarquable non plus. Ils savent écrire du bon stock en termes de black n roll mais ça semble être leur niche de prédilection à leur insu, si on se fie aux proportions des divers procédés stylistiques ici. C’est assez mal dosé.

VERDICT: 3/10 (PAS TRÈS BON)

 

 

 

2.Band: GRAVEYARD OF SOULS

Album: “Shadows of Life”

Label: FDA Rekotz

Date de sortie: 21 Juin

Le funeral doom est, selon moi, un autre style de métal très ardu. C’est une approche d’une lenteur souvent agressivement linéaire et privée des rebondissements nécessaires pour rendre un output purement métallique et satisfaisant pour l’oreille exigeante d’un fanatique de musique qui fend l’air. Tout compte fait, ceux d’entre nous qui sont ouverts d’esprit savent qu’il existe des exceptions à cette règle fort commune et celles-ci sont relativement obscures malgré leurs carrières souvent vraiment pas jeunes en âge (je pense tout particulièrement à OCTOBER TIDE qui nait de l’inspiration d’un ex-membre de KATATONIA qui existe depuis belle lurette; DRACONIAN, eux aussi, savent encore botter des culs et ont pas commencé à jouer le mois passé certain). C’est donc avec un tantinet de doutes un peu blasés face à la comparaison avec les demi-géants de la scène, PARADISE LOST mise en surbrillance par la description Haulix que je me suis lancée dans l’expérience assez surprenante mais toutefois assez boiteuse qu’est l’écoute de l’album en question. Ces gars-là forgent leur propre stamp, y’a zéro doute là-dessus. Ils essayent pas d’être leur voisin. Leur son manque pas d’oxygène et est même un peu trippy et cosmique, avec de fortes tendances mélodiques qui tirent sur la philosophie un peu plus Nordique que la normale (dans le cas du funeral doom, that is) – je pense tout particulièrement à l’aspect folk d’AMORPHIS. Le problème est que le mode d’écriture de ces gars-là est pas axé sur les hooks malgré qu’ils sont tout à fait capables de coucher des riffs monstre sur papier. L’emphase sur le côté atmosphérique de l’album est prononcée d’une manière telle que beaucoup trop de passages sont introspectifs au point de faire dévier les riffs vers une direction plus ou moins enveloppante et enivrante. Ceci dit, c’est pas impossible que cette incarnation particulière de ce sous-style prenne plusieurs écoutes pour être facile à adopter et je reste accotée sur cette théorie en étant intriguée face au prochain album qui pourrait facilement être un revirement de situation draconien (no pun intended).

VERDICT: 4/10 (POTABLE)

 

 

 

3.Band: SCORPION CHILD

Album: “Scorpion Child”

Label: Nuclear Blast (Entertainment)

Date de sortie: 21 Juin

Pour ceux qui le savent pas, NUCLEAR BLAST ENTERTAINMENT, c’est la nouvelle compagnie fondée par un duo du tonnerre; le bien connu Monte Connor et le propriétaire actuel de la compagnie Nuclear Blast. Ils ont tendance, jusqu’à maintenant, à signer du stock qui est largement plus facile à associer au rock and roll qu’au métal en tant que tel et je continue à dire que c’est rafraîchissant à voir puisque c’est une entité qui vit séparément de son parent. Je découvre, jusqu’à maintenant, des groupes de vintage rock qui se démarquent d’emblée et je suis très impressionnée par l’arsenal de connaissances du patron de Nuclear Blast en la matière, lui qui est très connu pour son amour inégalé pour la musique brutale dans tous les sens du terme. Voici que la compagnie nous emmène du SCORPION CHILD qu’ils qualifient de semblable à LED ZEPPELIN. Ce compliment énorme envers les boys du groupe, je l’endossais en me claquant “Polygon of Eyes”, bien avant la sortie du self-titled. Mes attentes étaient complètement exagérées. Il est, en ce sens, bon de louanger un band, en mettant toutefois en surbrillance ses qualités uniques plutôt qu’en allant simplement dans l’optique des comparaisons avec des légendes; ça donne une marge d’ouverture d’esprit à ceux qui rentrent trop facilement dans le panneau en les invitant à voir un peu plus profond que la surface des choses avant même d’entendre la tracklist. Ceci dit, j’ai pas entendu ce que je voulais entendre ici. On a évidemment droit à des pièces hooky qui ont des refrains complètement irrésistibles et des riffs assez intoxiquants pour donner un mérite tout à fait inébranlable à quelques moments de l’album mais ceux-ci sont noyés dans une approche beaucoup plus hippie et introspective qu’accessible et compacte. Ça peut être un avantage dans certains cas qui ont nettement rien à voir avec celui-ci. Beaucoup de pièces niaisent sur la puck avec des passages qui s’étirent sur des idées un peu hit and miss qui prennent beaucoup plus de place que les riffs percutants et les vocal lines sur la coche. La meilleure façon de décrire cet album serait en le qualifiant de rock rétro et méditatif relevé d’une touche de swingy road rock (dont je suis accro; suite aux comparaisons avec ZEPPELIN, j’en voulais plus, et c’est probablement pourquoi je suis aussi déçue par le résultat final). En pensant pas savoir à quoi m’attendre, j’aurais peut être mieux digéré le coup dur, mais je me retrouve à m’impatienter plus souvent qu’autrement avec cet album qui aurait pu, selon moi, être beaucoup plus fracassant.

VERDICT: 6/10 (BON)

 

 

 

4.Band: LANTERN

Album: “Below”

Label: Dark Descent Records

Date de sortie: 25 Juin

Il est parfois tâche impossible de classifier un band dans une délimitation caractérisée par un seul sous-style. Tel est le cas pour LANTERN; dire que “Below” est un album de black atmosphérique serait un mensonge puisqu’on a droit à une panoplie de dérivés du mot Ambient à travers la tracklist. La force de ces gars-là, c’est, sans aucune trace d’hésitation, leur don pour les licks absolument contagieux. Les mélodies craftées ici sont d’une émotion tellement frappante qu’on dirait que les structures de chacune des pièces sont le fruit d’une sorte d’écriture automatique engendrée par un état méditatif qui a le don de guider les mordus de musique vers la scène underground plutôt que vers le stock populaire que la grosse majorité des radios FM essaient de nous enfoncer dans la gorge. C’est une surprise de taille qui a su me séduire et qui risque de me ramener vers cet album plus souvent qu’autrement. L’authenticité de l’importance que les gars accordent à chacune des secondes du momentum qu’ils créent est chose très inspirante et hypnotisante qui donne l’impression que chacune des tounes est un voyage à travers l’âme plutôt qu’une collection de riffs. Devenir un initié c’est pratiquement un automatisme ici. Voyez par vous-mêmes; en passant, si vous avez le coeur fragile, regardez ailleurs, parce que LANTERN, c’est pas pour ceux qui veulent du résultat en dedans de trois secondes. Chacune des facettes du mood présenté se développe de manière très naturelle, et ça explique pourquoi le procédé a un effet plus touchant qu’escompté.

VERDICT: 6.5/10 (Entre BON et TRÈS BON)

 

 

 

5.Band: 42 DECIBEL

Album: “Hard Rock n Roll”

Label: Steamhammer SPV

Date de sortie: 24 Juin

Pour tripper à fond la caisse sur 42 DECIBEL, faut être un accro du road rock à la AIRBOURNE et à la AC/DC . Faut aimer le meat n’ potatoes hard rock qui est très axé sur le groove et les licks très savants aussi. Le membre fondateur du groupe manque pas de souligner que ces deux aspects de leur son sont ceux qui les différencient de la foulée de bands qui semblent un peu trop aimer écrire des albums basés sur cinq riffs dans dix incarnations différentes. Je confirme qu’ils savent rendre une heure de road rock assez dynamique pour rester intéressante et non pas vannante et redondante. Ils font preuve d’une énergie remplie d’une vitalité authentique en manquant pas de démontrer leurs skills dans une ambiance loufoque et amusante. Ils savent créer un feeling d’ivresse totale avec une coupe de notes et gardent leur format tout à fait tête dure en allant jamais dans une direction qui a pas rapport avec leur but initial. Se claquer une belle Rickard’s Shandy, ça se fait pas sans du rock de qualité aussi coloré et qualifié que le leur.

VERDICT: 7/10 (TRÈS BON)

 

 

 

6.Band: INFINITA SYMPHONIA

Album: “Infinita Symphonia”

Label: Scarlet Records

Date de sortie: 18 Juin

C’est pas un secret pour personne; le Dungeons & Dragons Power Metal, c’est pas mon bag. C’est pourquoi je suis aussi heureuse de constater que le style devient de plus en plus nuancé et expérimental à mesure que les années passent, et les musiciens de cette branche particulière de la scène font des courbettes infinies pour prouver aux sceptiques comme moi qu’il y a moyen de repousser les barrières du cliché et des attentes populaires. INFINITA SYMPHONIA, c’est un mélange de l’essence plus oldschool du power, i.e. une mélodie prenante et un backbone cassant avec un groove tantôt rapide et assez européen avec une touche hard rock marquée, ceci relevé de plusieurs mid-tempo slashers avec des subtilités prog complètement décoiffantes, absorbantes et réellement défiantes, avec, pour couronner le tout, des ballades qui ont réellement du mordant et du staying power hautement peaufiné par la présence vocale du frontman qui guide la troupe unie ici. Cette belle gang-là sait s’aventurer dans des avenues semi-inexplorées dans le sens où ils se gênent pas quand ils ont envie de mélanger des approches de manière tellement impulsive et inatendue que je me suis ramassée à les comparer à JUDAS PRIEST, RUSH et l’essentiel de la scène power metal mélodique du même coup. Oui, c’est assez fucké comme flurry d’influences et ça vaut la peine d’être goûté par tout connaisseur de musique, métal ou pas.

VERDICT: 7.5/10 (Entre TRÈS BON et EXCELLENT)

 

 

 

7. Band: IMPRECATION

Album: “Satanae Tenebris Infinita”

Label: Dark Descent Records

Date de sortie: 25 Juin

J’entends des bribes de rumeur qu’IMPRECATION serait apparemment une influence marquée sur BEAUCOUP de groupes de death metal bien connus et reconnus actuellement. C’est assez facile de catcher pourquoi sur leur premier full-length. Leur don pour créer un groove qui manque pas de caractère est aussi efficace que ce qu’on entend dans la scène moderne avec des similarités évidentes avec CANNIBAL CORPSE et AEON par exemple, mais on a droit à cette approche dans un cadre créatif inspiré du swedish death des années 90. Les mélodies sont sharp, le relief de la guitare rhythmique est chaotique mais bien pensé, et un engouement évident possède chacun des membres du band durant chaque seconde de l’exécution de la tracklist. Ça va être assez ardu pour les ENTRAILS de ce monde de topper cet album-là durant les prochains mois de l’été, ma parole.

VERDICT: 9/10 (GÉANT)

 

 

 

8.Band: VICTORIUS

Album: “The Awakening”

Label: Sonic Attack/SPV

Date de sortie: 24 Juin

Du heavy metal dans sa définition simple, c’est un métal cassant, lourd, rapide, et pas essouflable. C’est exactement ce qu’on retrouve sur “The Awakening”, clamé haut et fort par la formation Allemande VICTORIUS que je connaissais pas avant mon écoute fort enthousiaste de l’album. On a droit ici à un croisement entre la vieille incarnation de ACCEPT (en termes de coup de pied dans le ventre sans pardon) avec une énergie positive qui se laisse pas déloger. Les riffs accrocheurs et les licks flashy manquent pas ici mais au lieu d’être prétentieux et emmerdants, ils déplacent réellement de l’air avec un don pour la mémorabilité qui fait vraiment une différence dans les oreilles de quelqu’un qui entend pas assez de métal traditionnel à proprement parler qui se démarque en restant basic et en allant pas se faufiler dans les délimitations d’un sous-style. Y’en passe pas quinze comme ça dans une semaine.

VERDICT: 10/10 (ABSOLUMENT ÉPOUSTOUFLANT)

 

 

 

-Noch