Décapiteuse Marryah Noch

La Décapiteuse # 14

 

1.Band: CHURCH OF MISERY

Album: « Thy Kingdom Scum »

Labels: Metal Blade/Rise Above

Date de sortie: 11 Juin

Pour être parfaitement honnête, connaissant l’engouement des Japonais pour le métal eccentrique et haut en couleurs qui tire sur la pop et qui m’horrifie tout simplement assez pour que je me demande ce qui est derrière le raisonnement « Tokyo Jukebox » de Marty Friedman, je m’attendais pas à entendre parler d’un phénomène late-60s vintage doom dans le genre de CHURCH OF MISERY. Vous allez me dire « calvince ça fait longtemps qu’ils existent – messemble que tu fais normalement tes devoirs comme du monde »? Je renchérirai à ce beau monde-là que je suis pas une bandwagon-hopper. En d’autres mots, c’est pas parce qu’un gros nom est sur toutes les lèvres que j’vas forcément avoir plus envie d’écouter ça que mettons, ELECTRIC WIZARD. Effectivement tout de même, dans ce cas-ci, malgré que ce soit très rare dans le cas d’un phénomène qui est ultra-populaire et qui fait jaser les labels comme si on avait droit à une genre de manifestation divine, je suis aptement capable de remarquer ce que j’ai manqué en skippant les albums sortis avant « Thy Kingdom Scum ». Si je pouvais faire abstraction du chanteur complètement saoulant qui arrive pas à se concentrer sur une seule approche et semble avoir besoin de changer de key à toutes les cinq secondes (en d’autres mots, il en fait trop, on jurerait qu’il était pas dans le même studio que le reste du band lors de l’enregistrement), je vous dirai de manière absolument franche que cet album m’a satisfaite à un niveau largement plus considérable que « 13 » de BLACK SABBATH. Le backing band – surtout le drummer et le bassiste – font preuve d’un engouement palpable et généreusement à l’ancienne pour la fusion entre le blues et le jazz, ce qui résulte en de longues pièces complexes qui changent assez souvent d’avenue pour être suspectes d’utiliser une map aussi fourrante que les maps de métro de leur pays d’origine. Le drummer, en particulier, a des techniques me rapellant plus souvent qu’autrement l’approche de Bill Ward. L’enregistrement a été fait analog, et chacune des tracks, constamment changeantes dans leur ordre d’idées, parvient à me séduire dans son évolution très fraîche, originale, et créative, malgré sa ressemblance frappante avec Vol. 4. Cet hommage évident, je vous le dis tout de suite, c’est pas une passe ORCHID – c’est pas un procédé impliquant le vol des riffs de Iommi et le copy/paste des grooves de Geezer dans un cadre absolument calqué sur les classiques de SABBATH. C’est un rehash impressionnant de leur habileté de surprendre et c’est fait avec la plus gracieuse authenticité. Chapeau!

VERDICT: 8/10 (EXCELLENT)

 

 

 

2.Band: REVELATION’S HAMMER

Album: « Revelation’s Hammer »

Label: My Kingdom Music

Date de sortie: 3 Juin

Je commençais à me dire, tout récemment, que la Norvège s’en venait un peu platonique en termes d’outputs qui font réellement changement; surtout en méditant sur le fait que la France devient de plus en plus luxuriante et ahurissante en termes de black incomparablement avant-garde et tout à fait pas imitable. J’omettais, en tête dure que je suis, de mettre en surbrillance la réalité troublante des exceptions qui sortent tout droit de Nulle Part Land. REVELATION’S HAMMER, c’est un groupe sympathique que j’encourage depuis un bout de temps en termes de promotion sur les ondes de « C.R.O.C. Underground Metal » parce qu’ils m’ont carrément fait la passe de l’année avec « Obsessed Onslaught » – la première pièce de cet album-ci. La façon dont ils structurent leur attaque est tout simplement pétrifiante – je les compare de vive voix au groove sans pardon du latter-day SATYRICON dans un pattern de descente aux Enfers du genre de rapidité et d’intensité qui rend quelqu’un tout à fait inconscient de l’univers autour de lui comme en écoutant du EMPEROR le volume au fond sur un système assez surround pour que l’aspect immersif du son ait une qualité 4D. L’expérimentation est au menu autant que la tribute à la base de l’histoire-même du black depuis sa toute première incarnation. On a donc là le meilleur des deux mondes principaux sur lesquels un fan de black se base pour analyser un nouveau projet qui s’aventure dans cette sphère particulière de la scène qui a des airs un peu Élite avec son audience très difficile à convaincre (je sais car j’en fais partie, si vous l’avez pas remarqué).

VERDICT: 8.5/10 (Entre EXCELLENT et GÉANT)

 

 

 

3.Band: QUEST OF AIDANCE

Album: « Misanthropic Propaganda »

Label: Pulverised Records

Date de sortie: 3 Juin

Si vous lisez ce site religieusement et connaissez votre affaire, vous savez qu’Alvestam, c’est un mec qui chôme crissement jamais. Qu’il se lance dans des projets douteux d’électronique poppy des années 80 un peu comme Marty le fait depuis trop longtemps, ou qu’il élabore des staples de renom comme SOLUTION .45 ou QUEST OF AIDANCE après avoir laissé SCAR SYMMETRY dans les limbes depuis son départ publicisé et navrant de ce groupe qui était l’un de mes préférés dans toute l’existence du progressif mélodique, il se démarque toujours dans son habileté de se faire remarquer et respecter. Ce gars-là a une influence marquée sur son environnement, quoi qu’il fasse. Plus je porte attention à son type de vocal et de songwriting, plus je pense au fait que SOILWORK et Bjorn doivent se claquer une diète Alvestam constante à toutes les deux semaines en termes de contenu sur leurs Ipods respectifs. QUEST OF AIDANCE, j’en entendais parler ça-et-là, mais pas assez pour que je prenne note et passe au dessus d’une vingtaine de minutes en leur seule compagnie sur CD. Voilà que je donnais une chance à ce rituel révolutionnaire qui me rend tout-à-fait accro, presque tout autant que je l’étais à « Dark Matter Dimensions » quand cette perle a vu le jour, ou mes nuits ultra-caféinées de journaliste invétérée qui se claque dix albums de file, vivant dans un village industrialisé rendu dynamique seulement par sa soundtrack pûrement métal et sans compromis – jadis. L’anomalie ici, c’est que j’ai été introduite à QoA, en mots, en temps que band électro-grind, ce qui pourrait pas possiblement sonner plus mal même avec un redoublement d’effort pour me faire regarder ailleurs. Ça pourrait pas être des termes moins justes non plus. C’est même un qualificatif tout simplement lazy pour un album comme celui-ci, toujours au moins. Ce que j’entends, c’est une approche au grind mélangeant des éléments de son incarnation oldschool tout autant que newschool en laissant l’impact des deux approches intactes et tranchantes à souhait, en incorporant des mélodies progressives d’une émotion contagieuse et assez efficace pour avoir un effet pratiquement chimique sur le cerveau lors d’une écoute particulièrement dévouée. Je voulais entendre ça venant d’Alvestam – j’ai eu ce que je voulais. J’espère franchement que ces gars-là vont pas seulement que se contenter de donner le traitement « supergroup » à ce projet et qu’un focus sérieux pourra propulser leur évolution vers une série consistante d’albums et une multitude de tournées mondiales parce qu’ici, y’a vraiment de quoi jaser.

VERDICT: 9/10 (GÉANT)

 

 

 

4.Band: EVILE

Album: « Skull »

Label: Century Media

Date de sortie: 11 Juin

Ce qui m’avait fait capoter, à priori, avec EVILE, c’est quand j’ai découvert « The Thrasher ». Leur approche absolument bare-bones était rivale avec ce qu’un de mes préférés, MANTIC RITUAL, me livrait sur « The Executioner ». Ensuite, ils ont commencé à se laisser imbiber par l’influence de leurs confrères de la scène thrash moderne en sacrifiant leur électrisante hyperactivité pour un son plus orienté vers la mélodie et l’ambiance cinématique, à mon plus grand désarroi. Je sais pas trop ce qui s’est passé, mais ils ont fini par catcher, peut être par voie spirituelle, qu’ils devaient tâcher de pas oublier d’exactement où ils viennent, et que c’est salement pas le temps qu’ils se terrent dans le fin fond des abysses des modes qui ont le don de prendre un band de thrash et le faire sonner comme absolument tous les autres dans un effort collectif de vendre un max de foulards à leur effigie chez Hot Topic. « Skull », c’est la balance parfaite entre cette mélodie dont ils veulent pas se séparer, leur vieille approche très organique et brasseuse de cage, et une certaine complexité entre les changements fréquents de tempo et de direction dans le mood qui caractérise les riffs ici déployés. En d’autres mots, c’est tout simplement l’incarnation parfaite et cumulative de leurs apprentissages à travers les années, et ça témoigne aussi d’une frustration envers les groupes qui essaient de changer leur identité pour des raisons commerciales. Ils réussissent même à confectionner des pièces semi-acoustiques qui ont autant d’impact émotif dans les licks lancinants que le stock plus down-tempo de la MASTER OF PUPPETS-era de METALLICA (l’émoi suscité est identique, j’en démordrai pas; référez-vous à la pièce « Tomb » pour un exemple idéal). Les tracks plus violentes le sont en perdant jamais le focus sur l’originalité complètement débile du mode de pensée de la composition. Je vois pas une ombre au tableau, et si les gars restent sur la même track et se remettent pas à releaser des covers de Lady Gaga, ils vont détrôner absolument tout le monde dans le top 100 de fin d’année de tout respectable critique musical qui se fait publier chaque semaine.

VERDICT: 10/10 (ABSOLUMENT ÉPOUSTOUFLANT)

 

 

-Noch