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« Le rock meurt… vraiment? »

Gene Simmons, bassiste de la formation connue mondialement « Kiss », disait dans une entrevue que le rock meurt, laissant place au hip-hop, principalement à cause des compagnies de streaming qui ne donnent pas assez d’argent aux artistes.

Mais quelque chose me gêne dans tout ça. Je ne sais pas pour vous, mais depuis les premiers moments où mes tympans se sont faits corrompre par cette musique endiablée, c’est la première fois que je vois autant le métal être représenté dans toutes les sphères du divertissement et même plus.

J’ai déjà écrit un texte en lien avec le sujet et c’est justement ce qui m’amène à me poser cette question.

Si le métal est rendu si populaire, qu’on le voit et l’entende autant (que ce soit dans les jeux vidéos, les films, les télé-séries, les publicités) et que son nombre d’auditeurs atteint des chiffres records… pourquoi est-ce que les artistes en jouant se retrouvent-ils généralement dans la position où ils déplorent ne pas faire assez d’argent? Les groupes ne font tellement plus d’argent avec la matière première de leur produit (la musique), que leur principal revenu vient de la marchandise. Ce n’est plus l’industrie de la musique, mais l’industrie des produits dérivés!

Cette musique a carrément passé d’un style où les rejets et les outsiders pouvaient se reconnaître, à un produit accessible à tous et apprécié par des centaines de millions de personnes a travers le globe.

Donc, comment est-ce qu’un groupe de musique comme Nightwish, qui se trouve à être le groupe de musique finlandais le plus écouté au monde, puisse perdre son membre le plus important par manque de revenus?

Ce n’est clairement pas parce qu’ils manquent d’auditeurs! Avec presque 2 millions d’écoutes par mois, on aurait cru qu’ils seraient capables d’arrondir leurs fins de mois! Un ami à moi a même trouvé le moyen de me dire qu’ils n’étaient tout simplement « plus dans la game ». Sur Spotify, le premier du top 200 a 6 millions d’écoutes par mois, mais n’est bien-entendu qu’une personne seule. Donc les revenus générés se trouvent à être amplement suffisants.

Comme si le format de consommation actuel encourageait fortement de produire sa musique seule, sans quoi les coûts dépassent largement les revenus. Est-ce que nous devrions prendre en compte le nombre de membres d’un groupe, pour le montant obtenu par écoute? Par exemple, un groupe comportant 6 personnes gagnerait plus que celui avec seulement deux. Par contre, le prix d’un album resterait inchangé. Serait-ce injuste?

Parce que sinon, après combien d’écoutes peut-on dire qu’un groupe est encore dans la course? Si 2 millions de fans assidus n’est plus assez pour assurer un revenu, après plus de 20 ans de carrière, comment peut-on espérer que des gens puissent même avoir envie de prendre un instrument et de commencer à jouer? À un moment, où tout le monde est forcé d’être seul et éloigné, n’importe quel musicien vous dira qu’il s’ennuie de passer du temps avec son groupe, de connecter avec ses frères et sœurs de scène.

De plus, personnellement, je trouve que la musique est bien meilleure quand plusieurs personnes travaillent dessus. Je crois qu’on entend très bien la différence entre un projet où il n’y a qu’un seul mastermind gardant le contrôle créatif et un autre où tout le monde amène son épice personnelle à la recette.

On a qu’à penser à System of a Down. Personnellement, même si j’aime beaucoup Scars on Broadway et le projet solo de Serj Tankian, je crois qu’ils sont arrivés à quelque chose de 100 fois plus unique ensemble que chacun de leur côté. Même en termes de popularité, les deux ne peuvent seulement que rêver d’atteindre une audience aussi élevée que celle de SOAD, avec leurs projets respectifs.

Ils sont même revenus ensemble, le temps de sortir leurs deux plus récentes chansons, lesquelles servaient à amasser des dons pour leur pays natal. Ils savaient très bien qu’ils arriveraient à un meilleur résultat et que les gens seraient plus réceptifs s’ils le faisaient de cette manière, et ils avaient raison, puisqu’ils ont réussi à amasser plus de 600 000$.

C’est fou ce que cette communauté peut accomplir quand elle s’y met. On croirait que malgré tout, nous serions capables de nous entendre à l’interne, mais je crois que c’est pour un autre jour. Tout ça pour dire que, malgré l’opinion des groupes religieux, des Karens, des polémiques entourant des célébrités du genre ou notre tendance à nous diviser par amour pour cette musique, le métal semble plus populaire et résiliant que jamais. Je trouve odieux que malgré son succès, nous puissions voir des gens de talent et d’influence avoir de la difficulté à joindre les deux bouts.

J’espère allumer des lumières avec ce texte. Que des gens plus puissants et influents que moi puissent arriver avec des solutions concrètes pour régler le problème.

Alors je vous le demande, chers lecteurs. Le rock est-il mort?

Si oui, comment peut-on le sauver?

-Jo