Quand tu viens de passer une semaine à l’école à te faire chier avec des principes de physiques, de comportements des fluides, d’hydraulique et de formules pythagoridiennes, ça fait crissement du bien d’aller décompresser dans un show. Généralement oui, sauf que celui auquel j’assistais samedi dernier était loin d’être de tout repos… Avec des formations comme Teramobil et Behold…The Arctopus, c’était certain qu’il fallait s’attendre à un maelstrom de beats, calculés au quart de tours.
C’est un peu plus tard que prévu que le show a débuté, le temps que la salle de l’Il Motor se remplisse pour la peine. Pas facile, entendons-nous, car la soirée était chargée en événements métal dans la métropole. Néanmoins, le public amateur de musique complexe s’était passé le mot et une bonne centaine de personnes en quête d’émotions fortes s’étaient pointées dans la salle de la rue Jean-Talon, le sourire aux lèvres et l’esprit à la fête.
Mathieu, Alex et Dominic prennent leur place derrière leur instrument respectif et la machine Teramobil est enfin prête pour nous asséner une bonne dose de métal à saveur progressif et d’avant-garde. Pour une oreille peu habituée à ce genre de musique, le résultat peut paraitre cacophonique et incompréhensible mais les 3 montréalais réussissent à créer un univers musical, certes, chargé mais parsemé de mélodies accrocheuses flirtant à quelques moments avec le funk, le rock, le classique et toujours avec cette touche métallique que nous apprécions tant. Merveilleux à chaque fois de voir ces musiciens ne faire qu’un avec leur instrument. Alex fort et puissant derrière sa batterie, Dominic tendu mais groovy, chatouillant littéralement les cordes de sa bass et Mathieu, sautillant, tantôt avec brutalité ou avec »grâce » 😉 sur les accords propulsés par sa guitare. On a droit aux pièces de leur EP à paraitre sous peu ( le 23 mars au Saloon de Sherbrooke et le 19 avril aux Foufs), en espérant que cette fois-ci, il soit prêt… On a aussi droit à 2 nouvelles compositions toutes aussi machiavéliquement exécutées (désolé si je me trompe dans les chiffres mais j’étais trop subjugué par leur prestation pour prendre des notes), qui sont une continuité de l’expérience entreprise depuis le début de leur formation. Mais hâtez-vous d’acheter vos billets ou de réserver votre soirée auprès de votre gardienne préférée car dans un avenir rapproché, les prestations risquent de se faire plutôt rares pour ce side-project, vu tout ce qui arrive pour leur groupe respectif, soit Unhuman et Beyond Creation… Mais une chose est certaine, les boys ne négligeront jamais Teramobil, véritable laboratoire sonore où tous leurs délires sont expérimentés, et ce, en parfaite symbiose.
On se rafraichit les méninges chacun à sa manière, prenant l’air, en ingurgitant quelques bières ou en se goudronnant les conduits, le temps que Behold… the Arctopus se préparent. Après 5 ans d’absence, les 3 américains semblaient plus que ravis de venir jouer devant le public connaisseur de la Belle Province. Les pièces offertes vont de leur premier démo jusqu’au dernier opus, démontrant leur haut savoir-faire et leur désir de repousser les barrières. 19 cordes (12 pour la Warr Guitar et 7 pour la »conventionnelle ») qui produisent des ambiances complexes et travaillées. La batterie est parfois poussées à l’extrême ou plus sobre par moment, mais sans jamais tomber dans la facilité. Curieux de reconnaitre des sonorités »Gorgut-uesques » et »Voïvod-ienne » (à noter le travail d’Away sur le cover du split produit avec Orthrelm en 2006) au sein de leur œuvre, côtoyant celle de Bartók, Cynic et Converge…
Une soirée instrumentale sous le signe de la haute voltige où tous les sens étaient mis à l’épreuve…
La vue: J’avais les yeux secs à force d’observer le jeu des musiciens.
L’ouïe: Les conduits auditifs surchargés de rythmes et de structures complexes à souhait.
Le toucher: Les textures palpables et la distorsion ainsi que les coups de bass-drums qui fessent aux trippes.
Le goût: Les effluves de bière coulant à flot, nécessaires afin de se refroidir le système.
L’odeur: Quand je vois des musiciens jouer à un tel niveau avec autant de facilité, ben ça me fait chier…
Un gros merci à Extensive Enterprise, autant pour m’avoir permis l’accès que pour avoir réunis 2 formations phare du mouvement math-core-prog-instrumental. (Instrumental… Hein? S’tu mental… La pognez vous? ;))
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