5 heures de show, c’est dur sur le corps mais viarge que ça défoule!
C’est finalement vers 18h30 que l’événement, organisé aux Foufounes Électriques vendredi dernier par l’équipe d’Extensive Enterprise, s’est mis en branle. Et les amateurs de « core » en tout genre s’étaient donnés le mot pour envahir le parterre afin d’accueillir Vilipend, Homewrecker, Pick Your Side, Enforcers, Ilsa et Integrity. 6 groupes différents dans leur sonnorité mais tous sous l’étiquette a389qui présentait ce soir-là sa Canadian Invasion.
C’est donc aux torontois de Vilipend que revient la tâche de réchauffer la salle. Jamais, de toute ma vie, je n’ai vu un chanteur aussi affectueux et aussi menaçant à la fois… Je m’explique: alors que les 3 musiciens nous garrochent en pleine face leur « postcore » cru et hypnotique, le leader cri de sa voix sourde, détruit son pied de micro, se réfugie en boule sous le stage, se contortionne sur le sol et… serre chaleureusement quelques spectateurs médusés, dont notre ami Marc-André Jobin. Une demi-heure de sombre délire qui nous fait comprendre que la soirée risque d’être remplie de surprises.
Issu de la scène de Cleveland, Homewrecker rehausse quant à lui le niveau de violence musicalement parlant. On a droit ici à un hardcore sale et haineux. On voit alors les premiers poings tournoyer et les premiers coups de pied revoler, mais rien de bien menaçant encore, ce qui nous permet d’observer le jeu furieux et pesant des musiciens sans crainte d’un side-kick.
Pick Your Side, qui compte dans ses rangs des anciens Haymakers et Fck The Fact, sautent à leur tour sur scène. Tout comme leurs prédécesseurs, le groupe d’Hamilton, Ontario, nous propose un hardcore avec un chanteur qui préfère la salle au stage pour nous cracher sa fureur en pleine face. Plus près du « grindcore » par contre, les riffs sont courts, ultra rapides et parfois même mélodiques dans quelques solos très bien maîtrisés. Tout comme le micro du chanteur, d’ailleurs, qui tournoit à plusieurs moments à plusieurs mètres autour de lui et on souhaite seulement que le fil est de qualité…
Un petit changement dans l’ordre de la soirée devance quelque peu la prestation d’Enforcers, à la grande joie des Jackie Chang en puissance. C’est après plus d’un an d’absence et avec un nouveau 7 » à vendre que les montréalais prennent d’assaut les Foufs. Avec un « metalcore » carré, brutal et parsemé de breakdowns, on ne peut que se laisser entraîner par leurs hymnes rassembleurs. Le chanteur a du punch et les riffs sont en parfait synchronisme avec la rythmique. Ce n’est certe pas ce qui ce fait de plus original mais c’est terriblement efficace.
La soirée prends alors une autre direction lorsqu’Ilsa entame son set. Bien que certains « dead beats », joués de façon imposante par le tout aussi imposant drummer, peuvent faire penser à du grindcore à la Disfear, c’est davantage un « doom-core » qui nous est offert. Alors que le drum suramplifié nous fesse dans les côtes à chaque coups de pédales, les guitares passent facilement des accords longs et sinueux à un déferlement de notes infernal. Placé de biais au devant de la scène, le géant derrière le micro hurle de sa voix écorchée, rajoutant une couche supplémentaire de violence malsaine. Sans contredit ma découverte de la soirée, mais mes goûts musicaux ne semblèrent pas partagé par quelques « moulins à vent ambulants » qui profitèrent de ce moment pour prendre une pause, à la grande joie de plusieurs.
Il est 22h20 lorsqu’Integrity, avec à la barre le non moins légendaire Dwid Hellion, prends place sur la scène. Actif depuis 1988, le prolifique groupe a réussi à rallier un fanbase assez varié, de par son style unique à travers les années. Les influences sont multiples et cela, sûrement dû au fait qu’une quantité imposante de musiciens ont officié au sein de la formation de Cleveland, aujourd’hui basée en Belgique, supportant Hellion dans ses délires et expérimentations. Que ce soit avec du harcore pur et dur, du thrash, du punk, du death et même de la power balade accompagnée à l’harmonica (!?!), Integrity ne se contente pas de se cantonner à un seul créneau. Et au dessus de cet amalgame de genres, flotte sans cesse cette voix distinctive, mélange de rage quasi animale, grasse et rauque, et de folie. Chacun dans la salle tente de s’approcher tant bien que mal de la scène, afin d’apprécier la prestation intense du groupe qui en est à sa 1ière présence en sol québécois, mais les moulinets sauvages et les savates insouciantes rendent la chose impossible.
Le show se termine plus tard que prévu (23h20) et quelques nouveaux fans se jettent sur la table de marchandise pour mettre la main sur la version vinyle de leur nouvel opus « Suicide Black Snake » qui, semblerait-il, fût pressée à seulement 200 copies. Mais vu l’attroupement d’adeptes déchaînés lorsque les boîtes furent ouvertes à l’entracte précédente, ce fût sûrement en vain.
Bref, un tour de force encore une fois de la part d’Extensive Entreprise que d’avoir mis la main sur cette impressionnante tournée où les fans de « core » de tout acabit furent servi. Et Ondes Chocs les remercie chaleureusement d’y avoir eu accès.
*Sûrement que certains relèveront au cour de ce texte mon aversion profonde envers les adeptes du « hardcore dancing ». Eh bien sachez que oui, c’est le cas. Bon, je sais parfaitement que cela fait partie intégrante de la culture musicale mais il y a certaines limites. Quand cela devient qu’une parade de « m’as tu vu » ou une intention insouciante et/ou préméditée de frapper des spectateurs, et bien laissez moi vous dire que je trouve ça cave en criss. Premièrement, passer un show à être sur ses gardes pour ne pas recevoir un coup sur la tempe ou un autre endroit critique au lieu d’apprécier ce qui se passe sur le stage, c’est plus qu’ordinaire. Et deuxièmement, qu’arrivera-t-il le jour où un accident grave se produira? Comme cela aurait pu arriver ce soir là lorsque notre photographe a essuyé de peu un violent coup de pied au visage alors qu’elle était concentrée à faire son travail. Peut-être suis-je vieux jeu mais je suis nostalgique de cette époque lointaine des slams en ronds, tout aussi violents, mais exécutés dans le respect.
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Jon B


















