Le 10 septembre 2012 était sûrement encerclé sur plusieurs calendriers de métalleux. Certains pour les vétérans du Heavy,Accept et les autres pour  leurs descendants Trash, Kreator. Et pour plusieurs,eh bien, la présence sur une même scène de ces deux légendes valait entièrement la peine de rentrer brûlé mardi matin au boulot…

Et pour moi,c’est au sein des fans de Kreator que je me plaçais. Il faut dire que ma connaissance d’Accept (shame on me)se résumait grosso modo à Balls to the Wall et leur fameux vidéoclip diffusé dans la section souvenir de SolidRock à l’époque. Mais bon, c’est en toute objectivité que je me suis présenté au Métropolis. Malheureusement,je suis arrivé juste après le prestation des finlandais de Swallow the Sun. Cette idée aussi de commencer un show à 19H30! 😉

Donc,20h00 pile,je me trouve une place au milieu des metalheads présents,mais d’une moyenne d’âge légèrement supérieure à ce que l’on peut rencontrer dans la plupart des shows métal dits plus modernes. Sur scène,24 caisses identifiées au logo Accept. Au milieu de celles-ci,la batterie haut juchée et tout derrière,le Grand Aigle majestueux. Et BAAAANG!!!!! La machine démarre. Et ce,pas à peu près. Le drum ultra-pesant décolle au quart de tour,les guitares lancent leurs riffs accrocheurs et puissants. Mark,qui remplace avec aisance Udo,gueule comme comme un déchaîné,comme si il avait toujour mené la troupe. J’ai l’impression d’être en présence d’un Harley géant. C’est lourd (très très lourd),très bruyant,simple mais précis. Une mécanique impeccable. Même ma bière en ressent les effets. À l’observer,je me croirais dans Jurassic Park. Et la foule est complètement en feu! Les hits(du moins pour les connaisseurs) se suivent un après l’autre. On dira ce que l’on voudra, mais ces gars là sont de vrais pros. Chaque pièce est comme un hymne de ralliement. Les poings dans les airs,scandant les  »Wooo WoooHoWooo » caractéristiques et accompagnant le chanteur lors des refrains,les fans sont comblés. Et Accept aussi! Le batteur se débat comme un fou furieux,les guitaristes et le bassman joue en synchronicité et le leader chante POUR la foule… Style d’un autre époque mais,au combien efficace. Les solos,ni trop longs ni trop extravagants,font crier de joie les gars autant que les filles. Wolf use du manche à tel point que j’aurais eu peur que ma copine ne tombe enceinte si elle avait été au premier rang. La rapide Fast as a Shark,l’épique Shadow Soldier,la grandiloquente Stalingrad et bien sûr Balls to the Wall,tout y est pour le plus grand plaisir des amateurs réunis pour ces grandes retrouvailles.

Après presque une heure et demi de gros riffs et de milliers de décibels,la bande nous quitte et j’en profite pour aller donner un peu de repos à mes vieux tympans. Mais Oh que ça en valait la peine. Je peux enfin comprendre la passion de mes amis plus vieux qui nous auraient adroitement sacré une claque derrière la tête si on avait osé rire de ce band culte…

De retour dans la salle, je remarque le changement drastique de la scénographie. Le décor sobre d’Accept fait maintenant place à une véritable scène d’Apocalypse tout droit sortie des visions de l’apôtre St-Jean. Les 4 cavaliers de la pochette nous surplombe de manière menaçante. Le drum s’impose sur un véritable autel du sacrifice et les âmes torturés côtoient crânes et ossements. Non,on est vraiment pas dans un show de Simple Plan… Soudain,les lumières s’éteignent et on peut sentir la présence de la Bête.Elle est là et nous frappe de plein fouet avec la pièce-titre de leur dernier opus. L’impact aurait pût être fou mais,malheureusement,le son des guitares est timide,enterré par le son cru et tribal de la batterie. C’est seulement à le troisième titre,Enemy of God, que les choses se replacent un peu. Les nombreux spots,qui par moment auraient pu provoquer des crises d’épilepsie même à un cadavre,mettent en valeur un groupe qui sait pourquoi il est là: s’assurer que la Fin du Monde  soit devancée de quelques mois. Mille vocifère ses paroles de sa voix remplie de hargne et son regard est toujours aussi vil et misanthrope. Celui-ci se déplace sur les escaliers placées de chaque côtés de la scène,nous obligeant à le suivre du regard,tel un prêtre malsain du haut de sa chaire. Les deux autres musiciens sont concentrés et disciplinés,comme doivent l’être les servants de cette messe noire à la gloire de moindres Dieux,s’assurant de nous pourfendre  de leurs riffs rapides et dévastateurs. Entre les désormais classiques Hordes of Chaos,la brutale People of the Lie,Violent Revolution ou encore Betrayer,Mille ne cessent de dire à quel point Montréal est LA ville du Métal(désolé Québec). Et la foule d’âmes possédées le lui rend bien à grand coup de cris bestiaux et de saluts cornus. Et tout en brandissant son drapeau de la haine,il lance un appel au purs et durs qui acceptent avec plaisir son offre,n’ayant d’autres choix face à son insistance: un mosh géant,frénétique sur presque tout le centre du parterre. Magnifique vision de chaos. Et c’est vers 23h30 que Kreator nous quitte,sans rappel (si c’est le cas,et bien j’étais déjà partis pour d’autre obligations…). Une prestation intense et impeccable de la part les Maîtres du Trash . C’est seulement dommage que les problèmes de son ne soient venu la gâcher quelque peu par endroit.

Ma première pensée en sortant de cette soirée? Bravo à l’équipe de BCI d’avoir prit le pari de rassembler en un même endroit près de 3 générations de metalheads,unis sous une même banière,celle du métal rapide,furieux et intense! Et on attends avec beaucoup de plaisir le retour des cousins Germains pour revenir nous faire triper à nouveau…

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PS: Une pensé spéciale,presque à la limite du malaise m’est venue à l’esprit lors de la pièce Pleasure to Kill de Kreator. Pas à cause du titre ni de la mise en scène de Mille. Non,c’est surtout à cause des évènements qui sont survenus il y a aujourd’hui une semaine. D’accord,cette musique est violente. Mais cette violence,elle est théâtrale,orchestrée,sans victimes,à part nos tympans et nos vertèbres cervicales. C’est de la bière et de la sueur qui souille le plancher,pas du sang. Elle a sa place dans ce Temple de la Musique. Mais le 4 septembre dernier,c’est une toute autre violence qui a coûté la vie à un des artisans du Métropolis,Denis Blanchette. Et celle là n’y avait pas sa place,ni nulle part ailleurs. Et en espèrant que les autorités s’assure d’honorer ce véritable héro…