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Me pointer dans une nouvelle place pour aller voir un show a toujours son petit côté déstabilisant. Que voulez-vous, je suis comme ça. Je m’améliore en vieillissant mais quand même je garde le bon côté de cette déstabilisation soit l’excitation que ça crée de voir une nouvelle salle. C’est exactement dans cette état d’esprit que je m’en allais, samedi dernier, à l’Église de la Mort dans une partie fusionnée de la grande ville où mes activités ne me mène jamais.

Bon, c’est où cette place là. Ok, faut prendre le métro jusque là. Après, on vire à gauche, on vire à droite, encore à gauche pis là y’a du monde dehors. Ça doit ben être ça. Trois des gars de Crosstitution  sont dehors, c’est définitivement ça. Salut Stryx, Sewer et Tank. Sur l’entrefaite, Gab, chanteur de Blight qui headline la soirée, s’avance vers moi pour me saluer. J’avais jasé un peu avec lui sur le net dans les jours avant le show et j’avais hâte de le rencontrer et surtout de le voir en show puisque je le connais de façon auditive depuis longtemps ayant suivi son passage dans Unquintessence, Ion Dissonnance et Vatican sans jamais le voir en show. Il était donc plus que temps. Au travers de cette jasette, j’apprends que le show est déjà commencé – horaire implacable et incontournable, 8h30-11h00 – et que la bière s’achète au dépanneur le plus proche.

Je vais donc attendre 15 minutes en ligne à la caisse EXPRESS du Maxi pour 4 cannes de Kilkenny et je réenligne la place pour, malheureusement, ne pogner que les 2 dernières pièces de la prestation de Issfenn. Le duo black, peint selon leur allégeance, offre encore une bonne performance mais peu de gens sont présents pour le début du show. C’est un peu triste parce que la musique de Issfenn – en plus d’avoir une touche thrash/black old-school, pensez Immortal – est faite de toutes sortes d’expérimentation tant au niveau des effets spéciaux apportés par les pédales de Xost, leur chanteur guitariste et aussi un peu bassiste – grâce justement à ses pédales – qu’au niveau de la batterie où Vitrid – qui fait aussi des backvocals- met à profit son approche progressive en nous envoyant des contre-temps au travers des blastbeats et autres tempos plus black traditionnel. Le contraste entre le vide sur scène créé par le peu de musiciens et la densité du son offert est tout à l’honneur de Issfenn. Je vous met le lien pour aller apprécier leur album éponyme.

Je n’ai pas eu le temps de voir beaucoup de la prestation de Issfenn mais ça m’a permis de jeter un coup d’oeil autour et l’espace est assez intéressant. Pas très grand, carré avec un « riser » pour installer le band. Ça fait donc une prestation « right into your face » et j’imagine que ce doit être de façon littérale quand y’a des shows de hardcore. Après avoir salué rapidement Xost et Vitrid pendant qu’ils cédaient la scène aux gars de Anicon, j’enligne la cour arrière question de profiter des diverses fumées qui flottent dans l’air environnant et des conversations qui tournent – ou l’inverse.

C’est au son des 1ers accords et probablement des 50 autres suivants à la vitesse que leur musique rentre que j’ai pris place pour me faire brutaliser par Anicon. J’avais lu dans la revue de l’année 2012 du magazine Absolute Underground que Kim Kelly (freelance aussi entre autres pour Terrorizer, Pitchfork, Metalsucks, Iron Fist) recommandait de ne pas les manquer. Et bien merci à cette demoiselle de m’avoir réveiller là-dessus parce que c’était effectivement un show à ne pas manquer. Leur musique est d’une telle intensité que Nuclear Black est le seul mot qui me vient à l’esprit. Telle la triple rafale d’une déflagration nucléaire. Premièrement, on est frappé par une vague sonique qui déferle et aplatit tout autour. Ensuite, arrive la vague d’énergie calorifique qui coule des amplis qui surchauffent et également de leur drummeur qui déploie une telle énergie et vitesse. Finalement, nous sommes irradiés puis tétanisés par cet amalgame de balstbeats, roulements d’enfer, riffs et soli infernaux. Malheureusement, on perdait les vocaux que s’échangent les 2 guitaristes mais on pouvait imaginer l’effet manquant. Une belle découverte. Leur musique n’est pas non plus unidirectionnelle basée seulement sur la vitesse car on peut apprécier également plusieurs passes plus groovy qui donne le goût de headbanger. Ça replace un peu après les headmills furieux. Pour vous donner une idée de ce que ça avait l’air, je vous met un vidéo filmé au Saint-Vitus à New York au début de l’année par UNARTIG.

 

 

Après leur prestation et une première petite jasette avec Owen et Nolan de Anicon – euh Dupont et Dupond hahaha eux aussi m’ont dit que ça confondait les gens … comme Kye et Kyle de Empyrean Plague mais la meilleure était lorsque Mick et Mitch Harris ont débuté ensemble dans le groupe Defecation puis ont été réunis de 1989 à 1991 dans Napalm Death, bon enfin … – il était temps de refaire le plein d’arôme d’arrière-cour jusqu’à ce que Blight commence. Puis j’ai enfin pu voir ce que je voulais voir. Gab est tout un performeur avec sa voix. Sa capacité de changer les intonations de ses growls dans des directions inattendues en plus de sa compréhension particulière des mélodies – ou bien c’est moi qui suit mal!! – qui le fait s’exécuter parfois selon une rythmique à contre-temps qui donne une impression de puissance supplémentaire à ses interventions, m’ont tout de suite frappé et c’est exactement ce que je voulais entendre. Et on sent encore l’énergie d’une bombe mais cette fois, ce sont des « shrapnels » qui nous déchirent et lacèrent appuyés par du shredding approprié et des beats qui alternent les blastbeats avec du D-Beat tout en gardant encore en réserve quelques passes groovys. Une approche crust/black bien servie jusqu’à ce que leur prestation soit minée par un problème de pédales de bassdrum qui a finalement rendu l’âme.

Cette pose inattendue nous a renvoyés dans  l’arrière-cour le temps de remplacer les pédales récalcitrantes et j’ai eu une conversation très intéressante avec Tank, le drummeur de Crosstitution et Point Blank Rage, sur sa vision de sa musique et le but qu’il cherche à atteindre dans la façon de construire ses beats et de les jouer. Merci, man!

Les pédales remplacées, le beat a repris et nous a ramené en dedans. Encore quelques pièces et l’heure du couvre-feu imposé par la bienséance envers les voisins a sonné le glas de cette soirée.

Après toute cette violence et brutalité, je me suis pointé à la table de merch pour me procurer les 2 premières cassettes de Blight que Gab m’avait offertes et j’en ai profité pour m’acheter une patch. Merci pour les « tapes », c’est vraiment cool. Je vous invite à aller vous procurer leur 2 nouvelles pièces en pré-prod démo offertes gratuitement sur leur bandcamp en attendant la sortie de leur album dont elles feront partie. Vous devriez également mettre une visite au Death House sur votre calendrier car Blight y sera le 12 juillet. Moi aussi probablement.

 

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J’ai aussi rejasé avec Nolan de leur tournée qui s’achevait, la 1ère tournée pour Anicon et d’un éventuel retour pour bientôt car New York, ce n’est pas si loin. Je me suis procuré la cassette de leur EP éponyme. Une petite dépense qu’ils m’ont gentiment agrémenté d’un code de téléchargement pour les mêmes pièces mais en format plus pratique dans l’ère de la nouvelle technologie et de quelques stickers. Merci.

J’ai quitté la place, content de ma soirée. J’ai découvert une place cool et encore jasé avec plein de monde trippant – Salut Frank et Krystal du Profusion Metalstore, féru sinon fervent de black. J’ai découvert 2 groupes que je n’avais jamais vu, Blight et Anicon. J’ai eu la chance de revoir – même si pas beaucoup – Issfenn et réussi finalement à avoir les liens du side-project de leur drummeur, le groupe Molt, qui sera en spectacle au Piranha Bar le 4 août avec Saprophyte et Teleportoise. Juste comme ça si vous aimez la musique progressive mais « on the heavier side », on devrait s’y voir. Faudra pas que j’oublie de demander à Julian (Vitrid), c’est quoi son obsession pour les duos musicaux car Molt comme Issfenn est un duo guitare/drum.

Cheers!

Lex