Afin de vous permettre de voir rapidement les derniers trucs que nous recevons et peut-être vous faire découvrir de nouveaux groupes, je vous présente «Dans la fosse aux promos» qui regroupera quelques vidéos et albums choisis parmi toutes les promotions qui aboutissent et s’entassent dans notre boîte de courriel. Vous pouvez consulter toutes les parutions précédentes de ma chronique en cliquant ce lien. – Lex

 

À la mitrailllette

 

Je débute en m’adressant directement aux lecteurs francophones de tout azimut qui lisent cette chronique sans savoir qu’Ondes Chocs provient du Québec (Canada) et sans savoir non plus qu’au Québec, nous avons 4 saisons bien marquées, bien distinctes et très contrastées. Nos activités extérieures sont donc dites saisonnières car elles ne peuvent être faites toute l’année requiérant des conditions météorologiques particulières. Ainsi présentement, c’est l’été qui débute et avec la «dite» belle saison arrive notre temps des BBQ, des épluchettes de blé d’Inde, des visites à la plage et des veillées autour du feu. Arrive également la musique pop jouée en plein air dans toutes ces occasions mentionnées mais aussi dans tous les autres types de partys, à plein volume dans des haut-parleurs surdimensionnés. Même dans nos partys privés car il y a toujours le traditionnel party de famille estival avec les mononc’ et matante et qui se tient de préférence chez le dernier parvenu de la famille question de ne pas niaiser trop longtemps avant de tester/tacher sa piscine ou chez moi parce que ça dérange pas vraiment de tout tacher… et même chez moi, je perds le contrôle de la sélection musicale.

Là je reviens m’adresser à tous pour la suite car bien que l’histoire qui suit soit basée sur mes expériences personnelles, elle s’applique à tous les partys qui méritent de se renouveler.
PS – Les noms sont fictifs sauf ceux des groupes quoique…

Quand la sélection musicale s’égare dans les clichés radiophoniques et qu’à chaque fois, pour me prouver qu’ils connaissent la musique heavy, François, dit Frank, le boutonneux de la famille me dit qu’il sait c’est quoi du metal parce que Metallica, Ozzy et AC/DC jouent au Centre Bell pendant les parties des Canadiens de Montréal, j’ai une lueur d’espoir qu’on peut faire de quoi avec ce party là. Après une pièce du «Black album», c’est alors comme le temps de sortir de quoi du genre de Vas-Y-Line et leur nouvel album «Déception», en téléchargement «À VOTRE PRIX». Du rock sale mais quand même assez catchy pour mon party de matante et qui sera la solution pour casser le beat de Matante Paulette entre la danse des canards et le achy breaky dance (oui oui ça a toujours sa place), avec l’approbation de Mononc’Roger quand il va se rendre compte que c’est en français, qu’il comprend des bouts des paroles et que ça le fait rire quand il comprend la joke dans le texte des paroles… surtout après que je lui ai montré la pochette en faisant la joke…

Tu vas voir, Mononc’. ça passe bein avec de la vaséline!!!

…Un break bien mérité… jusqu’à ce que Mario, pour s’aider à faire passer les 2 sacs jumbo de chips qu’il vient de s’empiffrer, veule entendre de quoi qui fait plus shaker les petites filles.

 

Maintenant que j’ai attiré l’attention un peu avec le rock de Vas-Y-Line, j’enchaîne avec le groupe thrash montréalais Reanimator qui a fait paraître «Horns up», un album de thrash&roll de party justement et j’envoies une pièce au hasard. Si Mononc’Roger trippe pas parce qu’il ne reconnait pas la chanson, je switche tout de suite à la reprise de «Great balls of fire» de Jerry Lee Lewis. Ça, c’est une pièce que tout le monde connait même Roger, et ça s’applique bien à Mario «les grosses couilles en feu».

 

Maintenant que j’ai vraiment leur attention et que les invités commencent à me trouver cool avec ma musique bizarre, j’en profite pour leur passer la reprise de la «Dame en bleu» de Michel Louvain, soit le «Bat en feu» du groupe de death/thrash crossover montréalais Urban Aliens paru sur leur dernier album «7 tounes d’épais» (dont vous pouvez lire ma revue vulgaire et gluante ici). C’est sûr qu’en cachette, Mononc’Roger va vouloir l’emprunter pour l’écouter avec ses chums quand il laisse sa femme au centre-d’achats pour l’après-midi.

 

Entre deux chansons de ma sélection de musique de party et juste avant une toune de Kathy Perry, mis par Félix-Alexis, le douche de la famille et rejeton de mon cousin post-hippie (prénom double et non-usuel avec des lettres (X=10 et F=4) qui valent chères au scrabble, vendent la mèche à propos de mes neveux et leurs parents), qui vient me voir en disant ça c’est heavy, Mononc’Lex, du Kathy Perry et ça a joué au Superbowl. La preuve que c’est heavy, il y a un buzz pour que Metallica fasse le spectacle de la mi-temps du 50ème Superbowl parce qu’il a lieu dans leur ville en 2016.

Bon comme je disais entre deux tounes, ça se peut que j’entende un autre party. Pas dans le genre du mien avec des Paulette et Roger, mais mettons par exemple, un party qui sonne cool avec des dudes qui écoutent de la musique qui bûchent mais qu’on ne sait pas qu’ils sont en camisole parce qu’ils ont des sleeves. Je pars les voir pendant que derrière moi, la toune dance essaie de déchirer les hauts-parleurs, et me pointe dans la cour des dudes avec la vidéo de Xibalba pour la pièce «Guerilla», tirée de l’album «Tierra y Libertad». Ce sera une bonne introduction dans leur party, les gars de la vidéo ont des camisoles et …. et en plus la vidéo reprend le concept du brotherhood, de l’unité chère au coeur du hardcore en tournant «live» dans le garage d’une maison avec tous les voisins invités au party. Quand l’amour et les high-fives voleront, c’est le temps de réessayer une pièce de Vas-Y-Line ou quoi que ce soit nommés plus haut pour voir si la solidarité et l’unité s’appliquent toujours.

Talk the talk

Walk the walk

That’s what Xibalba‘s telling you.

 

J’imagine que dans plus d’un cas, je n’aurai pas l’effet escompté et que je me ferai mettre dehors du party, les gens étant plutôt du genre à vivre au niveau des paroles de Genesis:

I know what I like

And I like what I know

Mais si j’y suis toujours parce qu’ils m’endurent en autant que je ne ressors pas ma musique, bois pas leurs bières et flirte pas leurs blondes, et bien alors peut-être que c’est le temps de sortir mon BONG et faire la paix (si je ne suis pas malchanceux au point d’être tombé sur des antipotteux!!!) Si ça ne marche pas plus, bein je n’aurai que retardé mon départ de quelques minutes de plus (ma commotion cérébrale lors de mon expulsion fera paraître le temps encore plus court). Par contre, une fois revenu dans mon party, c’est sûr que je ressors mon bong. Vous allez voir, mais vous le savez déjà, que ça change un party quand les Mononc et Matante se mettent à essayer le calumet de pot pour la première fois pour avoir l’air cool et pas trop out même si les ados et post-ados attardés tel moi, rions dans notre barbe attendant le point de non retour. Et c’est là que pour les faire rire… jaune, je leur montre la pochette de l’album début au titre évocateur, «Bong hit hospitalization» du groupe écossais de brutal slam death Party Cannon qui sort le 7 juillet via Gore House Productions, et s’en prévenir j’envoie le premier extrait «Interested is not the word».

 

Là, pendant que tout le monde du party est high autour du bong qui chauffe comme un foyer en hiver, et qu’on oublie de changer la musique, c’est sûr qu’Antoine-Xavier (vous avez remarqué les deux prénoms,le trait d’union et le X à 10 points, bein oui c’est le frère de Félix-Alexis), le trippeux sur la musique de Paul Piché (j’ai dit aussi post-hippie), tsé le ouindi ouindi ouinouin de la famille qui connait toutes les tounes de Paul Piché qui se jouent autour du feu, à la plage (autour du feu), à la fin de l’éplu…. vous avez compris. Celui qui pense qu’il faut tout le temps qu’il joue sa ZIZIQUE,

a-zzlinng a-zzllanng, je joue de la guitâwe.

C’est sûr que parce qu’il buzze, il va penser qu’on est tous sur le même buzz que lui. Bein pas moi, car… bon j’imagine que vous voyez la raison… La solution pour freiner son enthousiasme est de lui couper le sifflet en lui montrant ce que c’est que de savoir jouer de la guitare avec la vidéo teaser de l’enregistrement des guitare et basse pour l’album «Living bridges» du groupe prog irlandais Shardborne, qui paraîtra le 10 juillet via Out On A Limb Records.

 

Naturellement, notre Kevin «zllinng-a-ling» Parent en herbe persévère et dit que y’a rien là, que le prog, c’est de la musique de buzzé et que justement il est buzzé. Je l’arrête drette là et lui montre la «guitar playthrough video» pour l’«Exorde» des montréalais techdeath Beyond Creation. Je lui explique aussi tout doucement qu’il y a «jouer de la guitâwe», et «JOUER DE LA GUITARE». S’il ne comprend pas et veut se réessayer, et même s’il connait une toune de Plume… je casse la guitare et après je retourne voir la vidéo de Xibalba pour me rappeler la tolérance. En revenant, naturellement, je m’excuse quand même. Ça parait toujours bien et ça fait plaisir à ma mère qui est fière d’avoir bien éduqué son fils.

 

Rendu là par contre, ça se peut que j’ai comme réussi à casser son buzz et peut-être celui de tout le party si je n’ai pas été discret avec la «guitâwe»… Les Matante et Mononc’ doivent commencer à pogner un down aussi… Alors c’est sûr que quelqu’un va parler d’écouter tranquille dans le salon, du Brel, du Aznavour et du Brassens, juste question qu’il n’y ait plus d’énervement. Surtout qu’ils connaissent ça!! Ils pensaient que c’était Isabelle Boulay qui avait composé les tounes parce qu’elle les chante. C’est là que je m’en sauve encore. Je présente rapidement le duo français Novembre, dont l’album éponyme paraîtra dans les semaines à venir, en disant que c’est de la poésie comme Léo Ferré ou Saez (ils connaissent Saez, il a passé à TV5) en mentionnant également Manu Solo (ils vont entendre Manu Chao et vont penser à «Bongo Bong») et pèse sur «Play». Ça part avec un spoken word sur un beat hip hop pour créer un style de slam comme ça existait au début alors tout le monde se détend. Mais là, c’est dark, arrangé un peu comme du black atmosphérique avec des passes post-rock sur de la poésie triste revendicatrice mais confrontée par la certitude que le salut n’arrivera que dans nos rêves qui malheureusement, ne se réalisent que lorsque nous dormons, et ça créera une atmosphère oppressante qui devrait en hypnotiser quelques-uns.

 

Maintenant que j’ai mis le pied dans le sombre et qu’eux s’enfoncent dans les sofas, on a l’atmosphère qu’il faut pour une fin de party. Je continue avec le duo doom gothic basé en Californie, My Life’s Despair et la vidéo pour «As flames ignite» tirée de leur album «Invoked with passion and pain» paru en février de façon indépendante.

 

Quand j’ai fini la bière du party pendant que tous ont fini de pogner le down et veulent juste rentrer chez eux, c’est le temps de leur envoyer du solide, violent et méchant pour les recrinquer pour la route. On le dit souvent que la Pologne a quelque chose de particulier quand on pense black metal et ces paroles trouvent échos avec Outre, dont vous pouvez apprécier la prestation avec la vidéo en spectacle enregistrée au Klub Prokultura à Katowice (Pologne) pour la pièce «Chant 6: Vengeance» de l’album «Ghost Chants» paru il y a quelques mois via Godz ov War Productions & Third Eye Temple.

 

Le lendemain, j’envoie un courriel de masse aux invités du party qui se remettent lentement de leur lendemain de brosse et leur partage un peu de cuisine avec un épisode de «Brutally Delicious», l’émission sur l’Art Culinaire qui permet de mêler metal, farine, spikes, lait, leather et beurre noir afin de bien s’alimenter et se façonner pour faire face à la vie trépidante des salles de concerts sombres et avoir toute l’énergie nécessaire pour faire sa place dans le moshpit.

Voici donc l’épisode #72 mettant en vedette le groupe britannique de doom, Desolate Pathway qui prépare sa recette de »Doomsday Brownies» pendant que je fais pareil et en profite pour potiner dans la cuisine et annoncer que Kostas Salomidis, guitariste du groupe grec Sorrows Path a fourni 2 solos pour le deuxième album de Desolate Pathway qui devrait paraître au début de 2016.

Quand Mononc’Roger aura savouré le browny de Matante Paulette (au sens propre et aussi au sens d’Urban Aliens…), ils me feront confiance quand j’arriverez au prochain party sans mon bong mais avec des muffins…… et que le party recommence.